• PRIMAIRE DU PS: DEUXIEME DEBAT - 1 sur 2

    La rencontre numéro deux m’est apparue plus animée. C’est la première remarque que je ferai parce que j'ai eu l'impression que cela a permis de faire ressortir des différences de conceptions sur certains sujets et montré quelques attaques ciblées de la part essentiellement d’Hamon, Montebourg et de manière assez virulente par Peillon sur le bilan du quinquennat porté par Manuel Valls.

    Pour le reste, il me semble aussi que certains des candidats ne se sont pas laissés impressionner par le chrono et la règle des 1 mn 30 en débordant parfois largement ce qui leur a permis d’aller plus au bout de leurs propos ce qui est une bonne chose bien qu’insuffisant quand même.

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    Jean-Luc Bennahmias a continué d’être le personnage parlant le moins la langue de bois de cette rencontre. Sur les réseaux sociaux, d’aucuns le qualifient d’hurluberlu. Si c’est la manière de qualifier un personnage dont les manières d'être ou de penser sont originales, qui sort de l'ordinaire, un peu excentrique et hors norme par rapport au groupe qui était devant les pupitres, soit. Il a apporté, à mon sens, la fraîcheur d’un personnage qui est sur les plateaux de télévision comme dans la vie. J’ai eu l’occasion de le rencontrer dans les années 80 alors que je participais à la mise en place du premier centre de tri français, « Triselec », en tant qu’élu de la communauté urbaine de Dunkerque chargé de la coordination de la mise en en place du tri sélectif avec la fameuse « poubelle bleue ». Ceci dit pour la petite histoire. Bennnahmias n’est pas venu pour gagner mais exprimer des idées souvent intéressantes quoique pas toujours assez précises. Le contraste avec les autres candidats est réel et remet certaines choses à leur place : homme de conviction assez naturel et vrai ce qui ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’il énonce.

     

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    ÉDUCATION, ENSEIGNEMENT

    On aurait pu attendre mieux notamment des deux ex ministres de l’Éducation nationale qui défendent leur bilan que personnellement j’estime bien maigre et ne proposent que quelques mesures pour l’avenir. Je cite.

    Peillon : “Ce qu'a commencé à faire ce quinquennat, c'est le choc PISA. Il fallait faire des postes, 54.000 dans ce quinquennat, et changer les pédagogies. Je pense que jamais autant n'a été fait pour l'école de la République depuis des décennies. Tout le monde le reconnaît. Je pense que personne ne reviendra sur les mesures prises. Il faut poursuivre dans la durée ce qui ne veut pas dire ne pas corriger." « Il faut mettre le paquet sur les premières années [de l'école.] Nous avons mis 5 000 maîtres supplémentaires, il y a 5 000 classes où il y a deux maîtres en même temps. »

    Le recrutement de 54 000 enseignants a permis en effet de remettre des postes qu’avaient détruits Sarkozy et Fillon. Pour ce qui concerne le changement des pédagogies ça reste à prouver et je n’ai pas vu de mesures fortes dans ce domaine notamment au niveau de la formation qui a été remise mais qui n’est pas au top et spécialement la formation continue qui est restée à l’état latent. (Voir mes propos sur le sujet http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-journees-de-la-refondation-de-l-ecole-2-sur-2-a125435126)

    Pour ce qui est de la mesure des « deux maîtres par classe » c’est un progrès mais dire qu’il y a 5000 classes qui en bénéficient est exagéré : à la rentrée 2016 il y avait un peu plus de 3000 classes concernées, en 2017 ce sera effectivement 5000 mais l’objectif initial de 7000 ne sera pas atteint. Dommage d’autant que même 7 000 c’est insuffisant au regard du nombre de classes (environ 32 000 rien que pour l ’école élémentaire publique et 15 000 pour les maternelles) . Pour ce qui concerne l’aide aux élèves en difficulté, si il y eu l’arrêt de la tentative de la suppression des RASED (Réseau d’Aide aux Elèves en Grande Difficulté), les postes supprimés n’ont pas été remis et il est clair que des élèves ne sont pas pris en charge et laissés au bord du chemin faute de moyens humains suffisants.

    Hamon : "Je propose qu'il y ait un plafond de 25 élèves par classe, et que dès qu'une école dépasse ce plafond, elle crée une nouvelle classe. Il faut un service public de l'aide aux devoirs avec des professeurs qui seraient payés en heures supplémentaires. Il faut le maximum de moyens pour que les inégalités soient attaquées."

    Tout cela est un peu pauvre comme propositions à mettre en avant. 25 élèves par classe est une généralité qui ne veut rien dire. Avant de considérer le nombre il faut d’abord mettre le paquet sur la pédagogie donc la formation initiale et continue des maîtres et on en est loin. Si les pédagogies dans certaines classes n’évoluent pas avec le nombre ça ne sera guère efficace sauf à la marge.

    Monsieur Peillon a déjà fait un grand discours devant les maires de France en 2013 pour affirmer que le primaire était une priorité.  Mais il ne suffit pas de dire comme il l‘a fait à l’époque que  "Pour inverser ce mouvement" - celui du déclin scolaire et l'accroissement des inégalités- il faut donner "la priorité au primaire", faire "en sorte qu'il y ait des professeurs devant les élèves", former les enseignants, "être capable de transformer les pédagogies" et refaire les programmes.  Encore faut –il mettre les actes en corrélation avec les discours. Et cela il ne l’a pas fait aboutir ni d’ailleurs ses successeurs sauf à remettre des postes pour compense les pertes du précédent quinquennat. Des programmes ont certes été avec beaucoup de retard rédigés mais sans consulter vraiment les acteurs de base et en les mettant en relation avec une réforme en profondeur des vrais « rythmes » des enfants et des jeunes. On a préféré éluder cet aspect pour ne pas gêner entre autres les écoles privées et les lobbies des stations de ski et du tourisme.

    Je renvoie à mes écrits de septembre  2013 sur le sujet dans lesquels je détaille mes doutes quant aux actes : (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/vacances-scolaires-le-debut-de-la-reflexion-repoussee-en-2015-pour-cha-a100034386 ) . On trouvera aussi des propositions : http://quaiducitoyen.eklablog.fr/vacances-scolaires-le-retour-a114646014

    Et mes doutes je les ai toujours vis à vis de monsieur le ministre Peillon qui a eu beau se démener pour affirmer que sa réforme des rythmes était la bonne, je rappelle qu’il a persisté à refuser la réécriture de son décret et a donc continué de laisser en place le carcan qu’il a imposé aux élèves et aux enseignants, les collectivités locales ayant le pouvoir de décider des horaires hebdomadaires y compris sans l’aval des équipes pédagogiques et de parents. On est arrivé à une situation confuse qui a démobilisé bon nombre d’enseignants. La réforme n’a rien amélioré pour les rythmes des enfants et de jeunes.

    Pour ma part monsieur Peillon a surtout été ministre du périscolaire communal.

    (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/vincent-peillon-ministre-du-periscolaire-communal-a103919758 )

    Monsieur Hamon n’ a guère rectifié le tir lors de son court passage au ministère.

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/non-monsieur-hamon-le-debat-sur-les-rythmes-n-est-pas-clos-a108295922

    Ne pas revenir sur le décret Peillon c’était continuer de faire avorter la Refondation car rien n’a changé pour des milliers d’école qu’on a continué d’enfermer dans des organisations horaires qui ne répondent pas aux objectifs d’améliorer notamment les conditions d’apprentissages des élèves pour qu’ils réussissent mieux.

    A cette époque je me suis posé la question la question : Pourquoi a-t-on changé de ministre ?

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    (Un cadran solaire à Saint Rémy de Provence, en France, photo personnelle 2012, domaine public)

    François de Rugy pense que "Les moyens, c'est important, mais il faut poser la question des méthodes". "Celui qui est le plus à gauche, c'est pas celui qui propose le plus de créations de poste, mais celui qui encourage les enseignants qui innovent."

    Je traduis la préoccupation de l’évolution de la pédagogie. Il aurait fallu ajouter « mettre le paquet sur la formation des maîtres et y inclure justement ces innovations de certains enseignants qu’il faut faire connaître , étudier pour que chacun puisse , dans le cadre d’un vrai liberté pédagogique, utiliser les moyens nécessaires pour faire progresser les élèves, tous les élèves ». Cela fait des décennies qu’on marginalise les innovations parce qu’on ne veut pas qu’elles puissent se généraliser, certaines d’entre elles demandant des moyens en postes d’enseignants mais aussi en formation et en matériel pédagogique

    Montebourg fait une remarque à laquelle je m’associe car prouvée par les faits : «Il y a une fuite des inscriptions vers le privé". C’est la conséquence de la mise en place de la semaine de cinq jours que les écoles privées ne sont pas obligées d’appliquer comme d’ailleurs ils ne sont pas obligés d’afficher la charge de la laïcité et bien d’autres choses encore.

    Mais il ne suffit pas de le dire. Il faut agir pour ne pas laisser devenir l’école privée comme une concurrente de l’école publique.

    « Il faut développer les établissements scolaires privés sous contrat" :

    Ce fut une des mesures préconisées par le groupe de travail " cohésion sociale" du parti socialiste dans un rapport, publié le 15 janvier 2015, à propos de l'organisation de la place de l'Islam en France. Et elle était cos-signée par le président de l’observatoire de la laïcité ! (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/la-laicite-n-est-pas-negociable-a115041474)

    A ce sujet, Sylvia Pinel déclare : « Je veux attirer l'attention sur le verrou que veut faire sauter François Fillon sur le financement des écoles privées (...), [il veut] organiser une concurrence accrue entre le privé et le public. Cela voudra dire que les enfants issus de milieux modestes ou fragiles ne pourront plus avoir les mêmes chances." Un bon point pour elle.

    Jean-Luc Bennahmias  fait part « d’une énorme insatisfaction au collège. Au collège, il faut beaucoup plus d'adultes. Deux enseignants par classe : un qui fait le cours à 80%des élèves, qui suivent et un autre, éducateur ou accompagnateur, qui s'occupe des 20% qui décrochent. »   Un peu simple dans la solution mais le diagnostic est bon. Pour le lycée il estime que l’on doit y préparer à l'entrée en faculté. C’est exact.

    Ces affirmations et propositions des candidats me sont apparues bien disparate et il a été impossible de discerner un vrai projet, tout au plus quelques moyens techniques ou intentions sans grandes visions.

    Mais cela n’a duré que 21 minutes soit en moyenne 3 minutes par candidat...
    ceci explique peut-être cela.

    J’ai regardé sur le net, le détail des programmes par candidats. Il n’y a pas un vrai projet global mais quelques mesures dont certaines intéressantes mais peu fouillées. J’y reviendrai lors du dernier « débat ».

     

    La suite des remarques bientôt....

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 19 Janvier à 20:05

    Notre logiciel est-il dépassé? Et si nous allions vers le pire? La fin de l'histoire avec l'épuisement des grandes idéologies...     

     

    Ce pire qui poserait un avant et un après absolus avec deux aspects paradoxaux et presque contradictoires: quand le pire n'est pas là, il est irreprésentable, inimaginable, mais quand il survient il est aveuglant et on ne pense plus qu'à lui.

     

    Penser au pire redonnerait peut-être un sens, celui de construire une communauté humaine qui nous protège contre elle. Elle obligerait à modifier notre rapport au temps. Ce "pire" serait à la fois l'urgence et un temps extrêmement long.

     

    Ce"pire" redonnerait-il un sens à l'histoire ? Avec une forme de sagesse qui consisterait à l admettre comme un fait naturel, comme un cycle où alternerait progrès et catastrophes...

     

    Mais la vraie catastrophe serait pour l'homme de renoncer à ses principes au nom de ce ."pire"...

     

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