• NICOLE BELLOUBET MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE - 1-

    Madame Belloubet succède donc à Gabriel ATTAL à l’Education nationale. C’est tout récent et je n’avais encore pas fait de commentaires sur cette arrivée, laissant le temps à la ministre de se positionner dans son ministère qu’on peut considérer comme un des plus importants pour l’avenir de nos enfants et petits enfants. 

    En apparence, c’est même trois personnes qui se préoccupent de près, disent -ils, de ce ministère puisqu’on peut y rajouter Emmanuel Macron lui-même et Gabriel Attal qui, après son rapide passage au dit ministère, suit lui aussi le fonctionnement et les problèmes de notre système éducatif.

    A l’évidence après avoir pu entendre la nouvelle ministre, rien de neuf sous le soleil éducatif puisqu’apparemment, elle continue dans la droite ligne de ce qu’avait programmé son prédécesseur et entre autres l’expérience de l’uniforme à l’école, le redoublement, les groupes de niveau au collège… ( Voir mes propos--> http://quaiducitoyen.eklablog.fr/attal-ministre-hors-sol-a214598785 et http://quaiducitoyen.eklablog.fr/rentree-de-septembre-2023-show-buzz-gadgets-et-bequilles-a214758113  )

    Je me demande quel est le niveau de réflexion sur l’Ecole du groupe que forment ces trois « hauts » personnages de l’État pour mettre en place de telles réformes que j’estime d’un autre âge et en tout cas pas adaptés à la réalité du terrain. Elles font partie de ce qu’ils appellent le «  choc des savoirs », belle formule pour communiquer mais qui s’arrête là quand à la concrétisation de mesures qui puissent être réellement efficaces pour que ce choc advienne. Ça me paraît plutôt être le choc des fantasmes puérils au service de l’électoralisme .Je vais y revenir.

    EDUCATION NATIONALE:  LA CASSE A MACRON  VIA BLANQUER - Chapitre 3

    (extrait de la bibliothèque des affiches de mai 68 en ligne de Jean-Paul Achahrd à voir sur

    http://jeanpaulachard.com/mai/#

    L’EXPÉRIENCE DE L’UNIFORME…

    pour aller vers une généralisation d’ici deux années.
    Madame Belloubet ne revient pas sur cette expérimentation lancée par son prédécesseur et va donc mettre le projet en application.

    Une centaine d’établissements scolaires devraient être concernés à la rentrée prochaine.

    J’utilise le conditionnel car, apparemment, il y a des réticences des élèves , des professeurs et des parents pour participer à l’expérience et il y a déjà des désistements parmi les établissements volontaires .

    Soixante établissements – 39 écoles, 11 collèges et 10 lycées – s'étaient portés volontaires pour expérimenter l'uniforme à l'école. Mais nombre de collégiens et lycéens que des chefs d’établissements ont eu l’intelligence de consulter ont dit « non » au test.

    De plus, le port de l’uniforme dans les établissements scolaires ne peut se faire sans une modification du règlement intérieur, soumise au vote du conseil des maîtres (en maternelle), d’école (en élémentaire) ou en conseil d’administration (dans les collèges et lycées). 

    Ainsi, le collège de Chape à Marseille sur les trois quarts des élèves ayant participé au scrutin, 66 % ont voté contre. Au Mans, les élèves de la cité scolaire Touchard-Washington ont rejeté à 78 % l'idée d'une tenue unique. A Plouisy en Bretagne- la seule commune candidate - la municipalité a vu se lever la contestation des enseignants, parents et élèves notamment pour la manière dont le Maire a voulu lancer l’expérimentation et le conseil de l'école a renoncé à l'expérimentation. Dans l’académie de Poitiers, il n’y a pas d’établissements volontaires pour l’uniforme Dans le Pas de Calais, après un référendum organisé par la ville de Marck (10 000 habitants) un seul groupe scolaire sur 5 a accepté l’expérience. 

    Ce n’est donc pas le grand enthousiasme.

    Le 15 février, l’appel à candidatures devait s’achever mais faute de nombre suffisant d’établissements volontaires la date limite pour postuler a été repoussée à la mi-juin

    Outre que la notion même d’uniforme à l’école est un problème en soi pour de nombreuses raisons dont j’ai déjà abondamment parlées dans mes écrits précédents :

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/buzz-fantasme-de-l-uniforme-a-l-ecole-le-retour-1-sur-2-a213689491

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/buzz-fantasme-de-l-uniforme-a-l-ecole-le-retour-2-sur-2-a213701909

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/l-uniforme-a-l-ecole-fantasme-de-politiciens-hors-sol-1-sur-2-a145044430

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/l-uniforme-a-l-ecole-fantasme-des-politiciens-hors-sol-2-sur-2-a145122650

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/attal-ministre-hors-sol-a214598785

    - http://quaiducitoyen.eklablog.fr/tenue-unique-a-l-ecole-un-recul-de-la-laicite-a214778893

    entre autres…, il faut aussi considérer le coût d’une telle opération.

    Je considère le port de la tenue unique ou de l’uniforme non pas comme un progrès mais comme une mesure purement électoraliste jouant sur des fantasmes d’une école d’avant 1968 qui n’a jamais existé.

    Je peux en parler car j’ai été « écolier » dans la période où l’on portait la blouse. On la portait pour ne pas salir nos habits quand on allait à l'école (notamment avec l'encre des encriers...). On ne la mettait qu'en entrant en classe. Elle n’était en aucun cas destinée à masquer la situation sociale et financière de la famille de quiconque. Et quand je fus instituteur, après 1968 on a abandonné cette blouse sauf quand on pratiquait les arts plastiques ou des expériences de physique chimie au collège. J’ai moi même abandonné la blouse du « maître » dès que l’encre eût disparu des pupitres de mes élèves, l’écriture se faisant avec un « bic »...

    NICOLE BELLOUBET MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE - 1-

    Photo domaine public

    Ceci pour dire que l’école fantasmée par les politiciens et monsieur ATTAL ou MACRON n’a jamais existé que dans leurs rêves politiciens et qu’ils devraient déjà - puisqu’on parle d’Education- revoir leur histoire au lieu de vouloir faire croire sottement à la population que l’on revenait à une époque où tout était mieux pour l’ordre et la discipline qui n’ont jamais été le fait du port d’une blouse ni même d’un uniforme à l’école publique.

     L’uniforme était porté dans des écoles privées d’où sont d’ailleurs issus nombre de ceux qui actuellement « conseillent » le président , en tête de ligne madame Brigitte Macron, élève au lycée privé du Sacré-Coeur d’Amiens, qui s’est prononcé « pour le port de l'uniforme à l'école », dans un entretien de janvier 2023 publié dans Le Parisien (Source AFP Publié le 11/01/2023 à 18h59) :

    « J'ai porté l'uniforme comme élève : 15 ans de jupette bleu marine, pull bleu marine. Et je l'ai bien vécu. Cela gomme les différences, on gagne du temps – c'est chronophage de choisir comment s'habiller le matin – et de l'argent – par rapport aux marques », dit la première dame. « Donc, je suis pour le port de l'uniforme à l'école, mais avec une tenue simple et pas tristoune ».

    Je laisse à chacune et chacun le soin d'apprécier ce témoignage...et le mien.

    NICOLE BELLOUBET MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE - 1-

    Une proposition de loi du Rassemblement national visant à rendre obligatoire l'uniforme dans les écoles et collèges publics a été déposée et rejetée mi-décembre 2022 en commission à l'Assemblée. La droite LR l’a soutenu.

    Et c’est maintenant au tour de la majorité (… relative) que d’avancer vers cette mesure qui est coûteuse qui flatte les tenants d’une école d’un passé fantasmé qui, selon eux pourraient réduire tous les problèmes actuels d’inégalités, ceci dit sans réels arguments qui tiennent la route. Le "c’était  mieux avant" dans toute sa splendeur simpliste et rétrograde.

    NICOLE BELLOUBET MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE - 1-

    Classe de l'école jésuite Saint-Ignace de la rue de Madrid à Paris (8e arrond.), vers 1900, photographe De Jongh frères, cliché n°30028). Collection privée.  Domaine Public

    Ainsi, monsieur Attal lance une expérimentation sans tenir compte des études et avis circonstanciés de spécialistes de l’éducation sur le sujet alors que les budgets manquent pour résoudre les autres problèmes autrement plus importants que celui de mettre un uniforme à l’école pour des résultats complètement illusoires.

    Mais électoralement, peut-être est-ce le moyen de trouver une entente avec la droite et le RN pour voter une loi recueillant une majorité pour redorer le blason de l’assemblée nationale qui jusqu’à présent n’a avancé que de manière poussive entre 49.3 et loi sur l’immigration vidée de sa substance?
    Tout ceci pour dire que ce n’est pas pas à mon sens l’intérêt des élèves qui est visée mais bien l’intérêt électoraliste d’une « majorité » minoritaire en mal de consensus.

    Alors que le ministre de l'Économie et des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique, monsieur Bruno Le Maire,  annonce qu’il recherche au moins dix milliards d’économies pour redresser la barre de nos déséquilibres budgétaires dont il a d'ailleurs  la charge depuis de nombreuses années (Ça fait presque 7 ans...), on va consacrer pour habiller d’un uniforme à 200 euros (en moyenne) les quelques 25 000 élèves qu’on va lancer à la rentrée dans l’expérimentation soit une somme de 5 millions d’euros comme participation de l’état et 5 millions pour les collectivités , ceci pendant deux ans... Où est la cohérence?

    Il n'y en a pas alors que nombre de problèmes ne sont pas financés pour l’école : quelles rallonges budgétaires ont été prévues pour

    - allonger la formation des enseignants,

    - mettre en place une formation continue digne de ce nom

    - réduire la taille des classes,

    - prendre en charge véritablement les enfants ayant un handicap dans une démarche inclusive en mettant dans les classes le personnel nécessaire pour les accompagner (Il manque actuellement cruellement d ' Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) ou d’Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap (AESH) , métiers qui ne sont pas attractifs , à la formation légère et qu’on utilise de manière parfois sporadique pour des élèves qui devraient être accompagnés de manière plus continue. Pourquoi la majorité d’entre eux sont employés à temps partiels ?...)

    - étoffer les RASED

    - pallier aux absences des professeurs

    - pallier au manque d’attractivité du métier d’enseignant en revalorisant les salaires pour qu’ils soient au niveau de ceux pratiqués dans nombre de pays voisins de l’Europe et permettre vraiment qu’il y ait un professeur devant chaque classe comme ce n’est pas le cas actuellement malgré les promesses d’ Emmanuel Macron et de Gabriel AttaL. (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/rentree-de-septembre-2023-show-buzz-gadgets-et-bequilles-a214758113 )


    De même on peut constater le manque d’argent au niveau de certaines collectivités départementales ou régionales qui ne mettent pas les moyens de rénover leurs locaux (voir certains lycées et collèges ) ou des communes qui ont bien du mal à boucler leur budget (du fait, entre autres de de la disparition de la taxe d’habitation qui n’est pas bien compensée par l’état ou de l’augmentation des coûts de l’énergie que l’état a laissé partir à la hausse).
     

    A Béziers, commune qui n’a sans doute pas de problèmes financiers, le port de l’uniforme a même été anticipé puisque le lundi 26 février 2024 , 732 élèves ont revêtu l'uniforme dans le cadre de l'expérimentation à laquelle le maire de Béziers a immédiatement adhéré. Ça représentera 73 200 euros qu’il eut peut-être été plus profitable d’investir dans des moyens pédagogiques ou humains pour encadrer les élèves. Mais peut-être que tous les besoins éducatifs sont comblés dans les écoles de Béziers. Au total cela fait quand même un budget de 146 400 euros pour les deux années d’expérience.

    OUI VA FALLOIR RÉAGIR - 2 sur 2

    Faisons les comptes au niveau national :

    Pour généraliser l’uniforme de la maternelle à l’université c’est à dire équiper environ plus 11 millions d’élèves à 200 à 400 euros en moyenne (variable selon l’âge) on pourrait estimer la dépense pour une année à env 3 à 4 milliards d’euros moitié pour l’état et moitié pour les collectivités si on en reste à la gratuité pour les parents.

    Mais l'uniforme à l'école pourrait être payant. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, le vendredi 15 décembre 2023 au micro de RTL.

    On peut ajouter que ces uniformes, on ne les portera pas le week-end, l’été ou durant les vacances. Il faudra donc, en plus, prévoir d'autres vêtements pour la vie à l'extérieur de l'école. L’uniforme serait donc un coût supplémentaire pour les familles. Du simple bon sens.

    L’expérimentation va probablement se tenir. J’estime  qu’il serait bon qu’elle soit rigoureuse ce qui est indispensable si on veut qu’elle donne des résultats utiles à une réflexion plus globale sur l’Ecole et la prise en charge des élèves et non à une décision opportuniste d’imposer un uniforme ou pas aux élèves . Des critères prédéfinis doivent être listés en fonction des objectifs visés et en contrôlant tous les autres facteurs qui pourraient expliquer les améliorations observées dans les établissements volontaires. A part les annonces qu’on allait faire une opération de « grande ampleur » à propos du port de l’uniforme je n’ai pas vu de points très précis dans l’annonce du ministre : «Je serais intéressé de voir ce qu'une expérimentation de grande ampleur donnerait comme résultats en matière de climat scolaire et en matière d'élévation du niveau de nos élèves. » 

    L’expérimentation est destinée, selon le ministre, « à réduire les différences sociales » ce qui à mon sens est plutôt permettre de masquer les apparences vestimentaires et non à lutter contre les différences sociales  qui seront toujours présents uniforme ou pas. En bref on masque les problèmes avec une tenue unique cosmestique au lieu de les résoudre. Quant à lutter contre toutes formes d’inégalités et de prosélytisme, un cache misère n’a jamais permis cela .

    NICOLE BELLOUBET MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE - 1-

     

    Il ne faut pas prendre les élèves pour des incapables : Monsieur Sébastien Goudeau, maître de conférences en psychologie sociale à l’université de Poitiers révèle que « De nombreuses recherches montrent que les enfants sont capables de détecter l’origine sociale des autres sur la base de nombreux indices, comme la façon de se tenir et de parler.»

    Questions :

    - Comme à l’évidence, selon moi mais aussi nombre d’acteurs du terrain scolaire, l’uniforme ne saurait à lui seul entraîner des modifications du climat scolaire, va-t-on mener une réflexion globale sur le sujet qui pourrait amener à de vraies mesures quant à l’amélioration de ce climat ?

    - Si cela se généralisait, comment les familles les plus défavorisées pourront financer cet uniforme sauf à créer de nouvelles inégalités pour les familles les plus pauvres. Comment feront les communes pour les aider notamment celles qui ont un fort taux de population défavorisée? 

    Avant que de se lancer dans une expérience coûteuse aux résultats plus qu’incertains au niveau de l’efficacité, Monsieur Attal eut été bien inspiré de réfléchir à ce que nombre de spécialistes de l’Education émettent comme remarques quant à l’utilité et l’efficacité du port de l’uniforme à l’école. L'a-il fait? en tout cas il n'a guère communiqué sur ce sujet. Mais sans doute le soucis de communiquer pour masquer les manques de moyens - ci-avant énumérés- a été le plus fort . Je suis persuadé que nous allons perdre deux années et des moyens financiers ce qui est d’une incohérence grave alors que nous savons déjà que les problèmes à résoudre sont ailleurs comme je les ai en partie listés plus haut. Mais apparemment ce ne sont pas des priorités.

    Une fois de plus, on veut mettre des cache misères et on monte en épingle des mesures insignifiantes pour faire croire qu’on agit ce qui veut masquer les vrais problèmes qui ne sont pas pris en charge ni résolus dans le cadre de ce qui devrait être une vraie refondation de notre système éducatif qui n’est jamais pensée de manière globale mais à chaque fois parcellaire à coup de cataplasmes sur des jambes de bois. C’est ce qu’a fait monsieur Jean-Michel Blanquer (CF http://quaiducitoyen.eklablog.fr/education-nationale-la-casse-a-macron-via-blanquer-chapitre-un-a159819964 ) et que Monsieur Gabriel Attal a apparemment l’intention de continuer de faire via Madame Nicole Belloubet.  CF à lire car montre la continuité de l'action d'Emmanuel Macron pour l'école depuis qu'il est élu Président. Mes constats et conclusions n'ont pas changé...cinq ans plus tard.  

    A suivre donc...

     

    EDUCATION NATIONALE : LA CASSE A MACRON via BLANQUER- Chapitre deux

    ( Couverture de "La Poudre aux yeux" (René Boylesve, 1909), CC0 domaine public)

    * "La poudre aux yeux": Sous ce titre , René Boylesve, pseudonyme de René Tardiveau, écrivain français, né le 14 avril 1867 publie une série de cinq nouvelles dont la première et la plus longue et qui donne son titre à l'ouvrage.Avec des arguments différents, ces cinq nouvelles abordent le même thème, énoncé dans le titre du recueil, celui de l'être et du paraître, de l'impression que l'on donne aux autres, à dessein ou involontairement. (source Wikipédia).

     

    « NON À LA BANALISATION DES GUERRES Nicole BELLOUBET MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE - 2 - »

    Tags Tags : , , , , , ,