• EDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre six

    Oui, le ministre passe, le maître reste... C'est la force de ce dernier et nul doute qu’il faut tout au long de sa carrière résister à ce que l’on n’estime pas utile ou bon pour les élèves même s’il faut reconnaître humblement que bien sûr on peut se tromper et qu’on a pas fait toujours les choses comme on l’aurait voulu parfois par manque de temps, de possibilités de traiter individuellement les problèmes d’apprentissages faute de formation ou/et de moyens humains ou opérationnels pour le faire et peut-être aussi par moments de lassitude ou de découragement...

    C’est en tout cas une attitude que j’estime bien meilleure que d’appliquer aveuglement une méthode qu’un ministre estime être la seule et unique valable et qu’il veut imposer ou multiplier des évaluations dont on ne saisit pas bien comment elles peuvent aider les élèves de la manière dont elles sont faites et imposées.

     

    RÉSISTER

    Réfléchir, continuer d’apprendre, s’informer, remettre en cause, critiquer... être l’autodidacte de sa propre formation au contact du réel.

    Et je sais de quoi je parle pour avoir exercé 38 ans face à des « élèves » qui ont été très divers au cours du temps.

    C’est à partir de là que j’ai construit mon enseignement « évolutif », aidé en cela, il faut bien le dire par de bonnes bases de par ma formation initiale qui ne m’a pas enfermé dans un moule et ensuite quelques nombreuses semaines de formation continue en contact avec des théoriciens et pédagogues de terrain.   Mais dans ce temps là une véritable formation continuée existait...ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et depuis de nombreuses années, hélas!

    Cela m’a permis aussi de ne pas obéir comme un « toutou » passif aux recommandations des divers ministres que j’ai vu passer dans ma carrière et qui chacun avait souvent une ou plusieurs « marottes » qu’ils promouvaient sous forme de circulaires.

    Tout cela n'empêchait pas de respecter les programmes nationaux...

    Pour la petite histoire j’en ai connu dix-sept   sous les présidences successives de De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac...

    Sous Sarkozy et Hollande je n'étais plus en fonction mais j'ai continué de suivre et d'agir...

    Il faut donc résister... à la facilité de suivre « la mode » recommandée par un ministre pour ne garder qu’une ligne celle de suivre le programme national élaboré pour tous les élèves. Le reste c’est de la pédagogie : du grec παιδαγωγία, de παιδός (/'paɪdɔr/), « l'enfant », et ἄγω (/'a.gɔ/), « conduire, mener, accompagner, élever ».

    Simple et clair, non ?

    EDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre six

    (Image très parlante "piquée à la FSU"... qui je l'espère ne m'en voudra pas)

    CRITIQUER : L’ARTICLE UN DE LA LOI " POUR L'ÉCOLE DE LA CONFIANCE" 

    La nouvelle loi votée en première lecture à l’assemblée est appelée « pour l’école de la confiance ». En réalité elle est la « nouvelle loi pour l’école de la défiance » ne serait que par ses rappels à l’ordre en direction des enseignants contenus dans l‘article un de la dite loi et qui ouvrent la voie à des restrictions de la liberté d'expression des enseignantes et enseignants.

    Et cela n’est pas admissible.

    Les attaques, il faut y faire face.

    Et il y eut bien des attaques car il s’agit bien d’attaques, le mot n’est pas trop fort et je l’assume. Aujourd’hui, comme hier elles ont été nombreuses.

    En tout cas, pour ma part, j’ai toujours eu la prétention de ne pas m’en laisser conter et j’ai pu agir en tant que militant et responsable syndical (puis plus tard quand je n’étais plus en fonction comme parent) pour faire la critique de ce qui n’était pas bon pour les élèves mais aussi proposer. Et qui mieux que l’enseignant qui est au cœur de l’action et sur le terrain peut le faire ? Il est juste à regretter ce que j’ai constaté souvent, une certaine inertie de la part de nombre des collègues qui ne se sentant pas de suite concernés ne réagissaient pas sauf quand ils étaient atteints eux-mêmes dans leur situation personnelle.

    Alors, quand je vois que le ministre par le biais de sa loi fait des rappels à l’ordre y compris en référence masquée avec le « devoir de réserve », je ne peux que répéter qu’il faut résister en continuant d’exprimer son avis.

    Car, de tout temps comme aujourd’hui, ce sont les politiciens qui mènent la danse en fonction de la conception qu’ils ont de l’école dont ils se servent politiquement et de ce qu’ils voudraient en faire avec des moyens qui ne sont pas toujours en adéquation avec l’intérêt suprême qui est de servir les enfants, les jeunes et leur avenir.

    Je ne citerai que quelques unes de ces attaques  mais la liste pourrait être beaucoup plus longue.

    EDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre six

    LA LAÏCITÉ A ÉTÉ MALMENÉE PAR LA CLASSE POLITIQUE :

    je pense que c'est une des atteintes les plus importantes pour affaiblir l’école publique ; je n’y reviens pas dans le détail. J’ai écrit de nombreux textes sur le sujet:

    « Au fil du temps les gouvernants et les législateurs ont grignoté la loi de 1905, pilier de la laïcité, en faveur de l’influence catholique et juive et avec une quasi exclusivité. On peut le prouver aisément par les faits. Il ne suffit pas de brandir des grands principes comme je l’entends faire par certains, pour s’exonérer de leurs responsabilités. Encore faut-il ne pas avoir été complice de la désagrégation de la laïcité par des lois et des circulaires qu’ils ont soutenues depuis des dizaines d’années, eux ou leur parti au pouvoir. Des politiciens de tout bord ont cédé sous toutes les législatures soit à l’électoralisme soit ont mêlé leurs convictions religieuses personnelles au droit public et ont donc abandonné certaines bases de la loi de 1905 pour de nombreuses compromissions avec les instances religieuses notamment catholiques. Les partis qui ont été au pouvoir ont donc leur responsabilité de l’affaiblissement de la laïcité avec les gouvernements qu’ils ont mis en place et qui se sont succédé jusqu’à nos jours à droite comme à gauche. Il suffit de se pencher dans la jungle des textes législatifs et circulaires régissant notamment l'Éducation pour s'en convaincre mais pas que..."

    C’est très facile. Il suffit de faire un point d’histoire depuis 1905. A lire sur

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-grignotages-de-la-loi-de-1905-et-la-laicite-2-6-a114804910

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-grignotages-de-la-loi-de-1905-et-la-laicite-3-6-a114853416

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/grignotage-de-la-loi-1905-le-ps-trahit-l-ecole-publique-et-la-laicite-a115020720

    « Pour mémoire on peut, entre autres, citer la loi Guy Guermeur de 1959 qui étend le financement de l'enseignement privé à toutes les dépenses matérielles d’enseignement sous certaines conditions. Les classes élémentaires privées purent ainsi recevoir un financement des communes à condition de répondre à un besoin que l’école publique ne pouvait pas satisfaire en matière d’accueil des enfants de la commune. Le grignotage s’est poursuivi par l’aide à l’investissement : Des institutions scolaires privées obtiennent que leurs emprunts pour des restructurations ou des agrandissements soient cautionnés par des collectivités territoriales, alors que les dépenses d’investissement des établissements privés n’ouvrent légalement droit à aucune caution sur fonds publics. Un assouplissement de la loi a été obtenu qui permet le cautionnement avec des plafonds. Même si loi interdit encore toute subvention publique à tout investissement scolaire privé, on voit bien que tout cela n’est que façade et que tout est fait pour donner plus de moyens y compris de manière indirecte aux écoles confessionnelles. »

    Jean-Michel Blanquer continue avec l’obligation scolaire à trois ans qui n’est fait que pour une fois de plus permettre à l’école privée d’être financée pour les maternelles cette fois-ci. Des dépenses en plus pour les communes et en moins pour les écoles publiques car en cette période de baisse des ressources, il faudra bien prendre l‘argent quelque-part même si l’état promet, au départ, des compensations. Le reste n’est que prétexte : 97 % des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés...

     

    PRIORITE A L’ ECOLE PRIMAIRE

    (utilisateur Froud, modif PP, domaine public)

    LES SERVICES ET LES SALAIRES DES ENSEIGNANTS :

    UN MOYEN POUR DIVISER LES PERSONNELS

    Je notais dans un document concernant  les écarts de salaire  entre les enseignants du primaire et du secondaire : « Dans la plupart des pays de l’OCDE, le salaire augmente avec le niveau d’enseignement, mais les écarts sont plus marqués en France. Ainsi, en France, les enseignants du 1er cycle du secondaire (équivalent du collège) avec 15 ans d’exercice gagnent 9% de plus que ceux du primaire (contre 5 % en moyenne dans les pays de l’OCDE) »« Autre grande différence entre les deux niveaux d’enseignements : le temps de travail en classe est plus de 40% supérieur dans l’enseignement primaire par rapport au secondaire en France... »

    Les divers gouvernements qui se sont succédé depuis des décennies ont une lourde responsabilité dans cet état de fait et bien que le sachant, ils n’ont rien fait pour rectifier véritablement l’écart. Certains syndicats du primaire et du secondaire portent aussi cette responsabilité.

     Je redis ce que j’affirmai en octobre 2012 en faisant un peu d’histoire…

    « Je me permets de rappeler que cela fait des décennies que cela dure et on a toujours méprisé le corps des enseignants du premier degré  et ceci de la part de tous les gouvernements.  Les syndicats du second degré n'ont d'ailleurs jamais eu la volonté d'aborder le sujet, les enseignants du second degré ayant eux -mêmes des situations très diverses.  On a même créé la fonction de professeurs d’école (en 1989)  sans prendre  en considération les compétences acquises durant de longues années de pratiques   des instituteurs pour ne pas faciliter la revalorisation de leur fonction si ce n’est au prix d’un concours interne indigne.  Michel ROCARD 1er ministre et   Lionel JOSPIN Ministre de l’Education nationale de l’époque  ont fait ce qu’il fallait pour diviser le personnel du premier degré pour faire de la « bonne gestion » et des économies sur le dos des personnels en place.  Certains syndicats d’enseignants du premier degré et du second degré  ont malheureusement  accepté  ce qu’on peut appeler une compromission faite sur le dos des instituteurs.

    Depuis, les divisions - y compris parmi les professeurs des écoles- n’ont pas cessé de se faire  en alternant de multiples solutions d’avancements ou de stagnation  de carrière au gré des années en se basant sur une  formation initiale mouvante dont on ne peut dire  qu’elle s’est vraiment améliorée au fil des ans.   

    On sait comment cela s’est terminé ces dernières années, en  faisant disparaître toute formation  et en ne se fondant, pour lancer les jeunes enseignants parmi les élèves, que sur les connaissances non adaptées d’un diplôme nommé « Master ».  « Master », en français « Maître » ce qui est un comble. On se demande "Master" de quoi : En tout cas, pas de la connaissance des enfants et de la pédagogie. Ceci dit sans vouloir dévaloriser cette génération d’enseignants qui ont dû affronter le métier sans les armes qu’on aurait dû leur donner. Ceci aussi pour des raisons d’économies... »

    Et la suite on la connaît avec Xavier Darcos, Luc Chatel et maintenant Jean-Michel Blanquer car pourquoi donc avoir choisi un ministre qui sous la présidence de Nicolas Sarkozy a été le directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO) au ministère de l'Éducation nationale si ce n’est pour continuer la casse ?  A l’époque, on a vu supprimer une formation pédagogique qui, de légère mais qui avait le mérite d’exister, est passée à l’état zéro par sa suppression.

    Merci aux ministres concernés qui se reconnaîtront.

    LES JOURNÉES DE LA REFONDATION DE L’ÉCOLE - 2 SUR 2

    LA FAUSSE REFONDATION DE L’ÉCOLE :

    Ce fut un lamentable manque de courage politique des ministres de l’éducation de François Hollande au profit d’un électoralisme de mauvais aloi.   On a leurré ou écœuré parents et enseignants notamment avec ce qui a été improprement nommé « rythmes scolaires »...( http://quaiducitoyen.eklablog.fr/hollande-ca-va-mieux-c-est-lui-qui-l-dit-education-1-sur-2-a125863252 )

    Le nouveau ministre de l’Éducation nationale d’Emmanuel Macron n’a eu aucun mal à poursuivre dans le sillon tracé pour retrouver la semaine de 4 jours de son ex patron, Xavier DARCOS.

    (voir mes nombreux écrits sur le sujet et entre autres http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-journees-de-la-refondation-de-l-ecole-1-sur-2-a125428044 )

    L’enseignant est un garde fou pour le bien des élèves et doit le rester y compris en donnant son avis, en critiquant quand il n’est pas d’accord, en proposant... Encore faut-il que le ministre concerné ne l’ignore pas ce qui est le cas actuellement.

    Jean-Michel BLANQUER a commencé à se forger une "bonne"  réputation auprès des parents à coups de mesurettes / gadgets pour servir les soi-disant fondamentaux de l’école. Je n’y reviens pas ayant amplement abordé le sujet. Il a même affirmé qu’il ne faisait pas de réforme...tout en entreprenant, dans le cadre de sa loi, une modification administrative profonde de l’École pour en diminuer le coût et les moyens, les rationaliser aux dépens des élèves et des personnels mais aussi encadrer la pédagogie, contrôler. Sous des dehors de bienveillance affirmée, la réalité est tout autre. J’y reviendrai.

    EDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre six

    LA LISTE DE LA CASSE ACTUELLE, APPARENTE OU MASQUÉE...

    Après avoir fait le buzz à propos de mesures ineptes ou mineures reprises abondamment par les médias comme la scolarité dès 3 ans, le drapeau français dans les classes, un avis positif et des encouragements pour le port de l'uniforme à l'école et le faux débat sur la lecture méthode syllabique VS  méthode globale pour endormir les parents électeurs, il est fait voter une loi qui va saper en profondeur l’institution « École » en en cassant le fonctionnement, ceci sans aucune concertation mais en appliquant des dogmes issus de la plus pure technocratie mais bien ciblées car là est le danger de la loi Blanquer.

    Je peux citer par le biais de diverses déclarations ou recommandations:

    • la « liberté pédagogique » et les atteintes qu’on veut lui porter
    • les préconisations inquiétantes du « rapport Villani » et notamment ses « solutions clés en main » exportées de l’étranger. La liberté pédagogique me semble ici aussi remise en question.
    • L’encadrement du choix des manuels scolaires et quatre circulaires parfois en contradiction avec les textes de référence.    
    • La guerre ridicule relancée à propos de la méthode globale en lecture et la méthode syllabique et qui met en exergue un faux problème pour faire du BUZZ
    • La dictée
    • ....

    Avec la loi :

    • la fusion des écoles maternelles, élémentaires et des collèges et les catastrophes organisationnelles pour les élèves qui en découleront : effectifs chargés, économies sur les postes d’enseignants... J’y reviendrai dans le détail
    • la fin des écoles de secteur et du choix d’être scolarisé au plus près de son domicile
    • Possibilité pour des contractuels sous payés de faire classe... pour remplacer un enseignant absent, sans exigence de diplôme et sans formation et pour faire des économies
    • accroître la dépendance de l’École vis à vis des instances ministérielles, contrôler, imposer par la pression...
    • rendre l’école « rentable »
    • renforcement des inégalités d’accès à l’université : modification du baccalauréat en lien avec la sélectivité de PARCOURSUP
    • ...

    Curieusement, les médias ne font pas le BUZZ à propos de cette loi...qui pourtant cassera l’École au lieu de la faire évoluer pour aider le plus grand nombre de jeunes à affronter l’avenir.

    Dans le prochain article, il sera donc bon de détailler nombre de points pour montrer que cette casse va se faire avec plusieurs préoccupations de la part du ministre :

    • agir insidieusement avec une loi qui va permettre au gouvernement de faire ce qu’il veut par décret et sans contrôle
    • de contrôler et d’imposer – la pédagogie
    • d’avoir la main mise sur le contenu de la formation
    • des expérimentations imposées
    • des évaluations directement sous son contrôle
    • des économies sur la masse de personnel

    entre autres et tout ceci sans rien apporter en réalité de positif pour les élèves tant dans les conditions prise en charge car dans sa loi, rien ne permet d’avancer pour que l’école se rénove pour de meilleurs réussites pour les élèves mais on va accroître les inégalités et favoriser l’élitisme.  Ce n'est pas le CP et le CE1 à 12 élèves en REP qui fait une politique si ce n'est celle de l'apparence trompeuse d'une théorie qui pour avoir des résultats sur un nombre restreint d'élèves ne saurait se contenter des moyens très limités mis en place et dont la plupart sont des redéploiements et qui  ne peuvent avoir des effets sur tous les élèves en difficulté qui... ne sont  pas  tous en REP.

    Et oui c’est un long inventaire mais ça le vaut bien...

    EDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre six

    Car les parents sont concernés...

     

    Patrick Patte 

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