• ÉDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre cinq

    Le livre que Jean-Michel Blanquer, a écrit en 2016 , intitulé « L’école de demain » a servi, d'après nombre d'observateurs, de base pour écrire le programme présidentiel d'Emmanuel Macron sur l’’Éducation.

    Dans la loi qui a été proposée au parlement et qu’on ose nommer loi de « l’école de la confiance », il suffit d’analyser les rappels à l’ordre en direction des enseignants contenus notamment dans l‘article un de la dite loi et qui ouvrent la voie à des restrictions de la liberté d'expression des enseignantes et enseignants pour se convaincre qu’il s’agit ici plutôt d'une loi pour la défiance, celle que le ministre a pour les enseignants qu'il ne consulte pas mais à qui il se permet de donner des leçons de pédagogie. Il faut en effet y ajouter les attaques à la liberté pédagogique qu’on veut brider par des injonctions sous forme de « recommandations » que le ministre va demander de faire appliquer par une hiérarchisation renforcée. Troisième remarque et pas des moindres, la loi va casser l’école primaire, en la fondant dans un « machin administratif » destiné d’une part à faire des économies par la suppression de postes et d’autre–part à contrôler administrativement le personnel pour le rassembler sous l’égide des chefs d’établissement de collège. Bref casser tout ce qui fait l'école primaire, son fonctionnement... Merci aux technocrates et à leurs inepties!

    ÉDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre cinq

    (Image Tama66, CCO domaine public)

    LA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE

    Je constate deux faits GRAVES.

    Le premier a donc trait à la liberté pédagogique. Il n’est pas du rôle d’un ministre d’imposer la pédagogie aux professeurs. Son rôle n’est pas de faire classe. 

    Je le disais dans l’article précédent, le ministre est légitime pour définir une politique éducative pour la nation mais il n’est pas légitime pour casser le rôle premier et lui aussi légitime des enseignants à être les professionnels dont c’est le métier de permettre aux enfants et aux jeunes d’apprendre.

    Les enseignants ne sont pas des exécutants ce à quoi monsieur Blanquer voudrait les réduire par ses « recommandations » injonctives.

    Monsieur Blanquer, en tant que ministre doit leur donner les moyens d’avoir la meilleure formation initiale possible et une formation continue à la hauteur. C’est de cela qu’il doit s’occuper au lieu de leur donner des leçons de pédagogie.

    C’est au « maître »* et à lui seul de concevoir sa pédagogie pour enseigner. C’est son métier, pas celui de monsieur Blanquer.

    Pour mémoire, c’est la loi Fillon de 2005 qui a juridiquement défini la liberté pédagogique :

    “Art. L. 912-1-1 - La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection" (…)». On ne peut targuer François Fillon d’avoir favorisé l’anarchie.

    Plusieurs fois depuis, le Conseil d’Etat l’a rappelé : « l’Etat définit les contenus d’enseignement et les missions des enseignants. Aussi la liberté pédagogique reste-t-elle celle du choix des méthodes pédagogiques, des démarches didactiques et du type de médiations. Ce principe a toujours été revendiqué comme garantie d’une indépendance de l’école face aux pressions partisanes et celle du respect des règles de la laïcité. Mais c’est aussi un moyen pour l’enseignant de faire « respecter la spécificité et l’autonomie de sa pratique professionnelle » vis-à-vis de la hiérarchie administrative et des familles.

    Cette liberté n’exonère pas les enseignants de leurs obligations comme celles d’informer de leurs démarches. »

    Ce n’est donc pas la possibilité de faire n’importe quoi mais permettre à l’enseignant d' être à la fois autonome et responsable face aux multiples "recommandations" qu’on pourrait lui faire y compris celles venant de l’institution. Avoir la liberté de choisir ses méthodes pour apprendre aux élèves tout en restant dans le cadre des objectifs et contenus des programmes officiels: c’est la liberté pédagogique de chaque enseignant de travailler avec ses élèves en utilisant les méthodes qui leur permettent d’avancer. Ceci brièvement résumé... Et ces méthodes sont multiples en fonction des élèves, de leurs acquis de leur personnalité, de leur vécu...
    C’est le cœur du métier pour un enseignant que d’être autonome et responsable permettant ainsi cette résistance dont je décris l’esprit plus loin, faite d’analyse, de discernement face aux diverses tentatives de ceux qui ont à gérer l’institution de vouloir justement intervenir en fonction du dogme d’un ministre ou d’un technocrate pour imposer ce qui ne doit pas l’être au niveau des pédagogies ou méthodes à appliquer en classe.

    ÉDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre cinq

    LA LOI SUR L ‘ÉCOLE DE LA CONFIANCE

    Le deuxième point donc, c’est l’article 1 de la nouvelle loi qui s’intitule «La loi pour une école de la confiance » et qui est plutôt une loi pour une d’école de la défiance, celle envers les personnels qu’on veut bâillonner pour qu’ils ne puissent critiquer, ceci y compris en mettant une certaine pression administrative. A cela s’ajoute le reste du contenu de la loi qui indique clairement que l’on va vers une ÉCOLE à la botte des politiciens qui veulent en faire un instrument qu’ils peuvent infléchir à leur gré ce qui est un danger pour l’avenir de nos enfants.

    Les enseignants ne doivent pas accepter d’être muselés. C’est un droit et un devoir que de pouvoir par la critique constructive améliorer la prise en charge des élèves et de dénoncer les anomalies qui sont des freins à leurs actions dans le cadre des programmes et instructions qui leur sont donnés.

          NON! ÉDUCATION NATIONALE: LA CASSE À MACRON via BLANQUER - chapitre cinq

    Quand il manque des maîtres ou des maîtresses, quand on ne peut prendre en charge les élèves en grande difficulté dans une classe ordinaire faute de moyens de prise en charge par un RASED réduit à sa plus simple expression, quand l’effectif de la classe de maternelle est à plus de 30 alors qu’on doit travailler la phonologie, quand on n’ a pas eu de formation continue digne de ce nom depuis des lustres, quand le remplaçant n’est pas là et qu’il faut accueillir 10 élèves de plus dans sa classe, ...on devrait laisser faire, ne rien dire ?

    IL EST PLUS QUE TEMPS DE RÉSISTER...

    Il faut dénoncer une loi qui est non seulement liberticide mais contient en germe la CASSE PROGRAMMÉE de nombre de fondamentaux sans lesquels l’école ne saurait librement évoluer pour donner aux élèves le meilleur possible.

    J’y reviens dans le chapitre 6 car, de par cette loi, l’École publique est en danger.

    Il ne faut pas l’oublier, UN MINISTRE PASSE... LE MAÎTRE RESTE !

    Et je sais de quoi je parle...

     

    Patrick Patte

    (plus d'infos cliquer: james morane)

     

    * Maître d'école: c'est ainsi que l'on nommait l'instituteur.  Je l'ai été. Le terme était tout à fait adapté à la fonction et le reste encore. " C'est un Professionnel de la pédagogie ( Ensemble des méthodes utilisées pour éduquer les enfants et les adolescents) dont le rôle est entre autres d' élaborer les contenus pédagogiques, d'évaluer l'acquisition des compétences tout au long de l'année, en ayant une vision globale de sa classe et de ses élèves. Il permet aux élèves de s'approprier les savoirs fondamentaux et éveille chez eux l'intérêt pour le monde qui les entoure. C'est un pédagogue polyvalent ouvert et à l'écoute." (rédigé à partir de http://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid98883/etre-professeur-des-ecoles.html)

     

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