• COVID A L'ÉCOLE ET RENFORCEMENT DES PROTOCOLES : UNE BLAGUE?

    La situation de la contamination à l’école ne cesse d’empirer. C’est un constat.

    Devant la réaction des enseignants mais aussi de parents qui, dans nombre d’écoles ne savent plus trop bien si leurs enfants  sont ou non en sécurité, la seule réponse du gouvernement par la voix de son ministre de la santé, fut ce jeudi 25 mars, lors d’une conférence de presse :

    "La fermeture des écoles est une décision de dernier recours"  "Nous savons qu'elle a des conséquences sur la santé des enfants et le quotidien des parents. Nous ne nions pas que le virus peut se transmettre à l'école, puis de l'école vers les familles (...) Toute la communauté éducative veille à ce que la vie dans les écoles, les collèges et les lycées puissent continuer en limitant au maximum les risques de transmission ". « L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde », a-t-il déclaré, en citant Nelson Mandela.

    Il annonce des protocoles « renforcés » pour faire maximum pour que les écoles ne ferment pas.

    Le ministre a également rappelé que des campagnes de dépistage se déroulent dans les écoles. 

    « Fermer une école relève avant tout d’une décision locale, et non d’une décision directe de l’Etat. Lorsqu’un département inquiète particulièrement les autorités sanitaires, une consultation avec les élus est de rigueur » 

     Le ministre  la Santé justifie le fait que les écoles restent ouvertes  parce que « le virus ne circule pas partout de la même manière. « En témoignent les départements de la Nièvre, du Rhône et de l’Aube placés pour quatre semaine en confinement, ou encore les 29 départements dont la situation sanitaire est jugée particulièrement inquiétante. »

    Et puis ce vendredi, c’est au tour du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer d’annoncer des mesures et protocoles dits renforcées.

    Quand j’en prends connaissance, c’est là que je pense que c’est une blague…

    COVID  ET COUVRE-FEU : ET L’ÉCOLE DANS TOUT ÇA ?  3 sur 3

     

    LES PROTOCOLES « RENFORCES »

    « A partir de la semaine prochaine (lundi 29 mars), dans les départements faisant l'objet de mesures renforcées, nous fermerons chaque classe au premier cas de contamination". Une nouvelle mesure qui concernera tous les niveaux scolaires (école primaire, collège et lycée) et qui entraînera par conséquent plus de fermeture de classes et d'écoles

     Les moyens de remplacements seront également renforcés avec la possibilité de recruter du personnel.

    D'ici fin avril, la vaccination des professeurs pourra commencer à se déployer avec une priorité aux personnes les plus vulnérables et exposées au Covid.

    Enfin, "dans les 19 départements, nous préconisons de bien veiller aux gestes sanitaires, particulièrement dans les activités physiques et sportives, qui devront être organisées davantage en extérieur".

    Comme si cela n’était pas encore fait que de veiller aux gestes sanitaires, enfin quand c’est possible … 

    "Pour les lycées qui sont déjà pour plus des deux tiers, en demi-jauge, ils basculeront en totalité dans ce fonctionnement". Mais cela c’est dans les départements aux mesures renforcées. Pour les collèges, RIEN.

    Pour mémoire, le 18 mars, le gouvernement avait annoncé de nouvelles mesures pour les 16 départements les plus touchés par l’épidémie, mais aucune mesure nouvelle n’avait été annoncée pour l’école, sauf la généralisation de la demi-jauge en lycée et …la reprise normale des cours d’EPS au gymnase et à la piscine. Un comble pour renforcer …la contagion.

    "Mon objectif est de maintenir le calendrier scolaire tel qu'il est prévu (...) Nous avons maintenu les écoles ouvertes, mais aussi les dates des vacances, c'est un élément fondamental de la vie collective. Il se déroule en ce moment, une catastrophe éducative mondiale, nous sommes en train d'éviter cela à la France"(sur LCI )

    Les universités  continuent à fonctionner selon le rythme actuellement en vigueur.

    Quand j’entends ces déclarations, je ne peux que dire : « c’est une blague » sauf qu’elle n’est pas drôle car la réalité c’est qu’on ne peut pratiquement rien renforcer du tout.

     COVID A L'ÉCOLE ET RENFORCEMENT DES PROTOCOLES : UNE BLAGUE?

    Image par Gerd Altmann de Pixabay

    LES CHIFFRES DE LA CONTAMINATION A L’ÉCOLE

    La situation au 25 mars à 13h :  116 écoles, 22 collèges et 10 lycées fermés ainsi que 3256 classes fermées.

    Sur les 7 derniers jours, 21.183 élèves sont positifs au Covid, soit une augmentation de 4025 cas en 24h, et 2515 cas chez le personnel de l'éducation.

    Le ministère a également enregistré, sur la semaine du 15 au 22 avril, 320.285 tests proposés, parmi lesquels 200 404 ont été réalisés. Suite aux résultats des tests effectués dans les établissements scolaires, 0.49% se sont avérés positifs.

    LA BLAGUE DES MESURES RENFORCÉES A L’ÉCOLE

    Si comme le dit le ministre de la Santé « Toute la communauté éducative veille à ce que la vie dans les écoles, les collèges et les lycées puissent continuer en limitant au maximum les risques de transmission », ce dont je ne doute pas le problème est que cette communauté éducative n’ a pas sur le terrain, dans nombre d’établissements , les moyens de limiter au maximum les risques de transmission.  Dans les faits, il y a des établissements de tous les degrés où il est impossible de faire appliquer les protocoles actuels par manque de moyens :

    • enseignants absents non remplacés,
    • aération déficiente car impossible du fait de la vétusté de certains locaux,
    • aucun matériel pour renouveler l’air,
    • protocoles allégés par le ministre lui-même

    Quand je parle de blague…

    BLAGUE quand on met en demi-jauge les lycées dans les zones et qu’on va attendre que la situation se dégrade pour faire la même chose dans les autres départements et quand on ne met pas au même régime les collèges alors que le danger de contamination est le même.

    BLAGUE quand on annonce qu’on va recruter des remplaçants et qu’on fait mine de découvrir les problèmes de fermetures d‘établissements parce que le nombre de remplaçants n’est pas suffisant pour remplacer les professeurs  absents lors que l’on admet que la contamination se fait.  Et on se retrouve dans des situations difficiles qui se traduisent dans les écoles par une répartition des élèves dans les autres classes où il devient impossible de faire respecter les gestes barrières, les distanciations…

    Le 1er décembre dernier, l’éducation nationale a annoncé le recrutement de 6 000 contractuels dans le premier degré (pour 50 130 écoles publiques) , jusqu’aux vacances de février et 8 000 assistants d ’éducation (AED) pour les collèges et lycées (pour 7 230 collèges et 4 150 lycées et   Erea). Il fallait  trouver ces nouveaux enseignants rapidement et cela  pose question concernant la qualité de l'enseignement car les personnels recrutés ne vont pas être formés  et ce sont des remplacements de quelques mois

    Une fois de plus, le ministre n’a pas anticipé et est resté sur les bases anciennes de remplacement (soit 80.000 professeurs remplaçants) malgré les difficultés habituelles que l’on connait chaque année : "Depuis des années, on coupe dans les personnels des brigades de remplacement et sur des épisodes comme celui que l'on vit, on le paye",    dixit Guislaine David (porte-parole du premier syndicat du primaire SNUipp-FSU).. Selon elle, "cette crise est venue exacerber toutes les difficultés que l'école rencontrait déjà parmi lesquelles figurent les difficultés de remplacement". "Tout ce qu'il se passe était prévisible, tous les ans entre novembre et janvier, avec les maladies de l'hiver, ont est déjà confrontés à des difficultés de remplacement ; cela vient s'ajouter aux congés maternité dans une profession qui, on le sait aussi, est très féminisée."  Au sein de l'Education nationale, les "personnels vulnérables" représentent 8 % à 9 % des effectifs  soit entre 70.000 et 80.000 fonctionnaires. Faites les comptes … La marge est donc bien trop faible puisqu'il faut donc ajouter à ces profils à risque les enseignants positifs au Covid, les "cas contact" et les arrêts pour tout autre motif. Voilà où on en est de la situation actuelle qui n’est pas prêt de s’améliorer au vu de l’augmentation de la contamination parmi le corps enseignant.

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    Image par Alexandra_Koch de Pixabay

    Depuis la fin de la première vague, il n’y a donc pas eu les efforts   nécessaires pour que des moyens véritables soient mis en place dans nombre d’établissements scolaires et donc permettre de limiter  « au maximum les risques de transmission » comme le dit le ministre de la Santé Les protocoles Blanquer ont certes été modifiés, renforcés ou allégés mais tout ceci sur le « papier » en ignorant complètement de la part du ministre les demandes en moyens des acteurs de terrain. Si on avait consolidé au fur et à mesure les moyens dans un souci de mieux protéger et d’anticiper une  propagation de l’épidémie qui s’est accentuée au fil des mois, nous ne serions pas dans la situation actuelle où en peu de temps, il faut renforcer les protocoles sanitaires pour ne pas fermer les écoles ce qui est impossible car les moyens sont absents ou insuffisants.

    Quant à la vaccination des enseignants promises depuis la fin de l’année dernière par le ministre Blanquer, enfin on va y arriver. C’est peut être la seule chose qui n’est pas une blague mais qui n’aura pas d’effet sur la situation actuelle de la contamination à l’école. D’ici fin avril et les effets de la première injection du vaccin,…

    La mesure de la fermeture d’une classe dès le premier cas de contamination est une bonne chose. Cela permettra peut-être de voir les réalités de la contamination…

    Pour le reste…
    Pour mémoire,  mes propos sur le présent blog en janvier 2021 (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-et-couvre-feu-et-l-ecole-dans-tout-ca-1-sur-3-a205165262 et suivants) et en octobre 2020 (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-1-sur-2-a203529418 ) ou en avril de la même année (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/un-plan-de-de-confinement-sans-consensus-chapitre-1-l-ecole-a186167176 )

    COVID 19, ÉCOLE ET PROTOCOLE SANITAIRE : LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE

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    POUR CONCLURE

    Que l'on veuille laisser les écoles ouvertes on ne peut être que d'accord mais encore faut il mettre les moyens opérationnels de le faire ce qui n'est pas le cas. Le ministre Blanquer n'a mis en place depuis un an que des protocoles "papier (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-ecole-et-protocole-sanitaire-le-mepris-technocratique-a204069700 ) sans les assortir des moyens nécessaires ce qu'il aurait pu faire au lieu de dire que les élèves ne contaminaient pas ce qui est faux et prouvé depuis un bout de temps. Pas de vrais masques protecteurs pour les enseignants, pas de personnel en plus, pas de remplacements, des protocoles allégés qui vont même tout récemment jusqu'à reprendre la piscine...j'en passe.  

    OUI DONC , hélas,  IL FAUDRA SE RÉSOUDRE  A FERMER LES ÉCOLES et ce sera grâce à l'incapacité du ministre Blanquer, du président Macron et de son gouvernement à prendre en temps utiles les décisions qui s'imposaient. La situation n'est plus maîtrisée car on attend...d'être au bord du gouffre pour freiner.  

     Monsieur Blanquer et son gouvernement attendent…  comme le président Macron a attendu plutôt que de prendre des mesures fortes fin janvier comme cela avait été recommandé par le conseil scientifique et nombre de scientifiques .

    Je renvoie à mon précédent billet (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/freiner-le-covid-l-occasion-manquee-d-emmanuel-macron-a207241378 ) qui, même si le président réaffirme qu’il a eu raison, montre à l’évidence, selon moi,  qu’il a eu tort et cela  pourrait nous coûter cher du point de vue économique mais aussi humain et prolonger la situation d’angoisse que nous vivons depuis janvier car si nouveau confinement il y a il risque d’être plus long  et donc plus coûteux. Et ce n’est pas la vaccination encore insuffisante qui nous permettra d’y échapper de suite même si cette vaccination s’accélère car il faut du temps pour que les effets se fassent sentir soit trois semaines après la première injection en moyenne.  Au vendredi 26 mars 2021 ,  7 550 454 personnes ont reçu au moins une première dose de vaccin contre le coronavirus en France, soit 11,30 % de la population Française. 2 635 356  personnes ont reçu une seconde dose de vaccin ce qui représente 3,90 % de la population.   Je souhaite bien sûr  qu’en  mars et en avril, la France  reçoive  les 22 millions de doses espérées et que d’ici l’été 30 millions de personnes puissent donc avoir été vaccinées. Mais c’est dans 3 mois. D’ici là…

    Nous sommes fin mars et le virus lui n’attend pas, il progresse à vitesse grand V et nos hôpitaux sont en majorité saturés. Si on ne fait rien et qu’on continue d’attendre des décisions vitales , où allons nous ?

    COVID  ET COUVRE-FEU : ET L’ÉCOLE DANS TOUT ÇA ?  3 sur 3

    Image par 12222786 de Pixabay

    Les services hospitaliers sont plus que saturés dans nombre de régions comme en Ile de France et dans les Hauts de France.

    Dans le Journal du Dimanche du 28 mars 2021,    41 médecins réanimateurs et urgentistes ( directeurs médicaux des urgences de 39 hôpitaux de l'APHP) "alertent sur la réalité du terrain, face à la dégradation de la situation sanitaire": "L'épidémie de COVID 19 est de nouveau en progression constante dans toutes les Régions, et l'Île-de-France se retrouve malheureusement parmi les Régions en première ligne. Dans les quinze prochains jours, les contaminations ayant déjà eu lieu, nous avons une quasi-certitude sur le nombre de lits de soins critiques qui seront nécessaires et nous savons d'ores et déjà que nos capacités de prise en charge seront dépassées au terme de cette période."

    Ils avertissent: "Nous serons contraints de faire un tri des patients"

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de neuf médecins de l’AP-HP demande à l’exécutif « d’assumer devant la société tout entière sa stratégie » face à la troisième vague. « En imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite »

    Ces soignants me paraissent en colère... et il me semble  il y a de quoi.

    J'y reviens...

     

     

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