• COVID 19, ÉCOLE ET PROTOCOLE SANITAIRE : LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE

    C’est ainsi que je qualifie aussi  la manière dont le couvre-feu a été mise en place  et comme l’est ce confinement qui a démarré ce vendredi annoncé à grand renfort d’interrogations hypocrites par les médias tout au long d’une semaine marquée par des interventions plus ou moins claires d’un membre du gouvernement, le porte parole de celui-ci ou un premier ministre.
    C’est sans doute pour préparer la population à ce confinement qui succède à un couvre-feu inefficace vu l’ampleur de la contamination … un nouvel  échec de monsieur le premier ministre ex monsieur déconfinement Jean CASTEX. Un train de retard au moins... Ce deuxième confinement lui-même est déjà en proie à un mauvais départ, il me semble, au vu des interrogations qu’il pose quant à la liste des structures qui peuvent ouvrir comme les magasins de première nécessité avec de nouvelles polémiques qui auraient pu être évitées.  C’est pourtant le seul moyen de pouvoir ralentir la contagion et essayer de faire que nos services de santé ne soient pas saturés. Je vais y revenir dans un autre billet car ça urge si on veut un confinement efficace.

    COVID 19, ÉCOLE ET PROTOCOLE SANITAIRE : LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE

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    UN MANQUE D’ANTICIPATION

    Depuis quelque temps, on a une abondance de chiffres sur l’évolution de l’épidémie (ce qui montre d’ailleurs que l’on récolte le fruit des manques de l’été et de la rentrée)  pour justifier des mesures qui arrivent souvent ,  à mon sens,  trop tardivement puisque les effets ne se font sentir en général  que quinze jours plus tard au mieux quand elles sont bonnes.

    Il aurait donc fallu anticiper avec des mesures nécessaires avant d’y être obligé par l’évolution très croissante de l’épidémie. Nous avons toujours un train de retard et ce n’est pas moi qui le dit mais nombre de responsables d’hôpitaux qui voient enfler leurs entrées en réanimation…

    Je le disais début octobre «  Pourquoi attendre  d’être dans une situation de zone écarlate pour prendre des mesures restrictives qui , si justement elles avaient été prises avant, auraient pu, peut-être, permettre de ne pas  arriver à des mesures qui  seront encore plus contraignantes si nous passions en « état d’urgence sanitaire( ...) Faudrait peut-être changer les indicateurs… »

    C’est à ce moment là, dès après le déconfinement,  que l’on aurait dû avoir par exemple  de manière claire et répétée:

    • La confirmation forte de la nécessité de porter le masque partout où nécessaire.
    • L’information que la propagation du virus se faisait aussi par les aérosols.

    et prendre des mesures adaptées tout de suite au lieu de continuer dans  les flous, tergiversations, surenchères...  ( (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-et-querelles-de-chapelles-1-sur-2-a202970170 )  )

    Nous ne serions ainsi pas  dans la situation sanitaire actuelle car nous aurions eu de l’avance   pour maîtriser la propagation du virus. Tel est mon sentiment qu’on peut toujours discuter.

    COVID 19, ÉCOLE ET PROTOCOLE SANITAIRE : LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE

    Anonyme, Domaine public

     UNE RENTRÉE SCOLAIRE MAL PRÉPARÉE

    Il n‘est qu’à écouter ces patrons de petites entreprises, fleuristes, coiffeurs et autres d’une liste longue de ceux qui vont pâtir du confinement qui est la solution choisie une fois encore dans la hâte parce que soi-disant on n’attendait pas «  une telle montée rapide » de l’infection. Effectivement à l’heure actuelle c’est la seule mesure efficace possible. Ce n’est  pourtant pas faute d’avertissements  que je peux citer dont même celui du conseil scientifique que j’ai parfois critiqué mais qui cette fois avait prévenu à bon escient de ce qui se préparait conforté en cela par nombre de scientifiques épidémiologistes , médecins…qui eux sont sur le terrain.

    Une fois encore les « penseurs » gouvernementaux  n’ont pas tenu compte du terrain et des difficultés à mettre en place ce qui n’a pas été préparé et tombe comme un cheveu sur la soupe. De plus on fait durer le suspense : Les décisions on les fait attendre à grand renfort de deux réunions du conseil de sécurité que le président organise après avoir concerté les chefs de partis politiques. Une perte de temps considérable alors que le président lui – même disait dans son allocution d’il y a trois jours que chaque heure comptait.. Va comprendre. Vendredi le confinement a commencé  alors que la décision aurait pu être prise bien plus tôt pour laisser le temps à chacun de s’organiser.

    Au lieu de cela, on a continué toute la semaine  à perdre du temps en dramatisant la décision qui aurait déjà dû être prise et on laisse un jour pour que chacun se retourne sur le terrain.

    Dans le domaine de l’École, là aussi c’est flagrant.

    A croire que la manière de procéder du ministre Blanquer déteint sur le Président. Il n’est qu’à se rappeler l’impréparation de la dernière rentrée par exemple au mépris de toute considération des enseignants et des collectivités locales. ( voir mon billet du  16 octobre : chapitre UNE RENTRÉE SCOLAIRE MAL PRÉPARÉE  http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-1-sur-2-a203529418 )

    Le ministre de l’éducation nationale  recommence donc à cette rentrée après les vacances de la « Toussaint » en  laissant « mariner » les écoles durant toutes les vacances pour, à trois jours de la rentrée,   publier un  nouveau protocole sanitaire!

    Oui on  a - enfin ! - ce jeudi 29 octobre un  protocole sanitaire dit « renforcé ». Une fois encore on donne de nouvelles règles dont doivent se débrouiller, en urgence, pour lundi prochain les directrices, directeurs, chefs d'établissements, enseignant, parents et collectivité locales.  Et puis on change les horaires de rentrée qui de 9 h passent à 10h puis il est annoncé hier que finalement ce sera bien 9h. Un signe de plus de l’imprévoyance et un grand « bazar » pour les horaires de rentrée qui fait que les parents n’y comprennent plus rien car pour informer, rappelons à monsieur Blanquer qu’il faut le temps de le faire auprès de toutes les familles. J’ai pu le constater dans les commentaires de la page facebook de la commune où je réside.

    UN PROTOCOLE SANITAIRE RENFORCÉ?

    Le gouvernement reste donc sur   un choix et un pari qui n’est pas celui du principe de précaution.( voir mes billets sur  http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-1-sur-2-a203529418 et http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-2-sur-2-a203701578  ) A partir du moment où il y a doute sur la contamination des élèves et par les élèves, des mesures différentes doivent en tenir compte.

    Ça ne s'organise pas à la va vite…  Nous avons eu tout l’été pour le faire. Au lieu de cela pour la rentrée de septembre,  le ministre dégaine un protocole sanitaire allégé. Cherchez l’erreur. Pourtant il ne regrette pas ce choix comme le rapporte le Café pédagogique (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/10/28102020Article637394709540454745.aspx) :

    Et pour lundi ce sera donc un protocole "renforcé"… Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a  assuré ce jeudi que ce protocole renforcé "permettra l'accueil de tous les élèves, à l'école, au collège et au lycée".

    COVID 19, ÉCOLE ET PROTOCOLE SANITAIRE : LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE

    Image par Leo Fontes de Pixabay

    Les « renforcements » :

    • les masques pour les élèves à partir de 6 ans : : Faire porter un masque par les élèves à partir de 6 ans de manière brutale est digne de l'inconséquence avec laquelle l"école est traitée depuis le début de la contamination. Le problème c'est une fois encore la précipitation imposée par un ministre qui ne travaille qu'à court terme.  IL FALLAIT PRÉVOIR QUE LE PORT DU MASQUE POURRAIT SE FAIRE ET DONC ANTICIPER EN ÉDUQUANT UN PEU À LA FOIS LES ENFANTS À CE PORT CE QUI N'EST PAS SI SIMPLE MAIS POSSIBLE QUAND C'EST HORS DE LA PRÉCIPITATION. Ça n'a pas été fait. Ça sera difficile pour nombre d’enfants de supporter cette nouvelle et brusque contrainte.  Le ministre laisse de plus aux parents et aux enseignants et aux collectivités le soin de « se démerder » ( désolé pour ce terme grossier mais c’est bien ce qui est ressenti par tous ) dans la hâte en plein début de confinement pour trouver des masques « enfants »  ad hoc. Suffit pas de bricoler un bout de tissu… Là aussi rien n’a été anticipé alors que l'épidémie explose depuis des semaines. Et où en sont les livraisons des masques transparents destinés à améliorer l’expression du professeur notamment dans les maternelles ou les élèves en difficulté er annoncés depuis des semaines 

    A propos de masques, quels masques vraiment protecteurs pour les enseignants ? Où en sont les livraisons des masques transparents destinés à améliorer l’expression du professeur notamment dans les maternelles ou les élèves en difficulté et annoncés depuis des semaines ?

    • nettoyage renforcé:   un nettoyage quotidien jusqu’à présent même pour les surfaces touchées fréquemment par les élèves (poignées de porte par exemple). On sait très bien que c’est insuffisant et ça va à l’enconre de tout ce qui est prescrit pour éviter la contamination par contact. .(http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-2-sur-2-a203701578 ). Il faut aller au-delà bien sûr, il en est plus que temps,  mais là encore, on va demander aux collectivités locales, à la va vite, de mettre en place du personnel supplémentaire. Le pourront elles au pied levé ?  L’autre solution est de limiter le nombre de salles et donc celui des jours de classe pour les élèves ce que ne veut pas le ministre.   
    • Aération renforcée: on ne peut qu’être d’accord mais pourquoi ne l’avoir pas prévu déjà pour la rentrée de septembre ce qui donnait deux mois pour les collectivités locales pour préparer techniquement quelque chose  de très important mais qui n’est pas simple à mettre en œuvre  et qu’on demande de rendre opérationnel en deux jours ce qui dans de nombreuse écoles est impossible. On aurait dû acheter des systèmes de purification. Sinon c’est l’ouverture des fenêtres en grand et en hiver ce n’est pas le top… A vos bonnets, gants et anorak quand il gèlera dehors .
    • Restauration scolaire maintenue : OK. La restauration scolaire est "maintenue pour des raisons sociales, en veillant à espacer les élèves d'un même groupe d'un mètre, autant que possible". Le « autant que possible » est gênant. Et quand ce n’est pas possible ?...

    Tout cela est insuffisant :

    • Aucun matériel supplémentaire n’a été commandé pour permettre la distanciation là où c’était nécessaire (pour que chaque élève ait par exemple une table à bonne distance).
    • Trop peu d’enseignants  supplémentaires ont été  recrutés  pour organiser des petits groupes, pour aider à prendre en charge ceux des élèves qui sont restés à la traine durant le confinement et pour remplacer les personnels qui pourraient être touchés par le virus. Va-t-on encore devoir surcharger les classes pour cause de non remplacement?
    • On doit dédoubler les classes par exemple là où c'est nécessaire.

    Bref il manque les prévisions pour plein de choses de bon sens à étudier et à mettre en place... ce que n'a pas fait le ministre Blanquer qui assène à 3 jours de la rentrée un protocole mal réfléchi.

    LES ANNONCES EVENTEES D'EMMANUEL MACRON: PEU SATISFAISANTES - 1 sur ...

    (Expression du mépris,Inconnu — Popular Science Monthly Volume 36 - domaine public)

    LE MÉPRIS TECHNOCRATIQUE EN GUISE DE PRÉVOYANCE

     De qui se moque-t-on? Qu'on ne me dise pas que la montée de la contagion n’était pas prévisible. L’École est bien le parent pauvre de la lutte contre le Covid 19 mais elle permet aux parents d’aller au travail.

    Je constate par les faits énoncés plus haut  le mépris technocratique renouvelé pour les enseignants, les élèves, les parents et les collectivités locales. Une fois de plus  le terrain est considéré comme  « la valetaille » qui doit faire le travail sans qu’on prenne en considération les difficultés.  Il est fait montre en plus d'une impréparation de la rentrée! Cette impréparation est permanente et dure depuis mi-mars. Et je ne suis pas le seul à le dire. C’est aussi l’avis des organisations représentatives des personnels.

    Inadmissible!

    A espérer que les « clusters » écoles collèges et lycées ne se multiplieront pas… Le risque existe même si pour les enfants atteints par le COVID il y a très peu de formes graves et de décès ( mais il y en a ), qu’en sera-t-il du degré de contamination des adultes qui les encadrent ou des adultes de la famille ? Les avis divergent comme le montrent certaines études. Quant aux lycéens et aux collégiens, ils sont contaminants.

    (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/22-juin-2020-les-mesures-sanitaires-improvisees-du-retour-a-l-ecole-a192701914  et http://quaiducitoyen.eklablog.fr/covid-19-l-ecole-parent-pauvre-de-la-prevention-sanitaire-2-sur-2-a203701578  )

    A chacun de juger.

    COVID 19 : L’ÉCOLE, PARENT PAUVRE DE LA PRÉVENTION SANITAIRE - 1 sur 2

    Image par PIRO4D de Pixabay

    Pour ma part, j'estime que l'école est bien le parent pauvre de la prévention sanitaire face au COVID 19.

    Le mépris du terrain, disais-je…et je suis poli.


     

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