• RAZ DE MARÉE A L’ASSEMBLÉE: LA DÉMOCRATIE EN MARCHE ARRIÈRE - 1 sur 3

    Dans mon dernier article, j’ai montré que le RAZ DE MARÉE qui se profile à l’assemblée nationale pour la « République En Marche » (entre 400 et 450 députés sur 577) alors que l’abstention pour le premier tour des législatives est de plus de 50%, était le signe que notre système démocratique était plus que malade voire moribond.

    L’assemblée nationale ne représentera pas, une fois de plus, mais cette fois –ci de manière « énorme », les électeurs dans leur très grande majorité, le projet d’Emmanuel Macron au travers des candidats de son mouvement n’étant porté que par 6 390 797 des électeurs inscrits soit 13,43% des 47 581 118 électeurs.

    C'est le non changement dans la continuité.

     RAZ DE MAREE  A L’ASSEMBLEE: LA DEMOCRATIE EN MARCHE ARRIERE - 1 sur 2

    (A partir image OpenClipart-Vectors , CC0 domaine public)

    La grande majorité des députés auront « une nouvelle tête » et il y aura plus de femmes mais le système de scrutin qui permet d’avoir une majorité pour celui qui a été élu Président reste le même dans son injustice de représentation de la diversité des citoyens et des opinions.  

    Certains me diront que parmi les futurs députés de la « République En marche » il y en a la moitié qui sont issus de la société civile. Ce n’est pas exactement ce que montre l’analyse du profil de certains candidats. (Voir http://quaiducitoyen.eklablog.fr/emmanuel-macron-et-son-miroir-aux-alouettes-a130426356)

    Le PS et LR récoltent le retour de bâton du système électoral qu’ils entretiennent depuis des décennies pour conserver alternativement les pouvoirs.

    La seule différence est que cette fois, un nouveau mouvement a pris leur place, « La République En Marche », dite de droite et de « gauche » mais qui n’est en définitive qu’une nouvelle illusion destinée à asseoir l’hégémonie d’une politique menée par des libéraux soi-disant sociaux constitué en un nouveau parti. Une droite « bis » en quelque sorte.

     RAZ DE MAREE  A L’ASSEMBLEE: LA DEMOCRATIE EN MARCHE ARRIERE - 1 sur 2

    (CC0 domaine public)

    Car faire croire qu’on est de droite et de gauche est une mystification. (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/faire-croire-qu-on-est-de-droite-et-de-gauche-est-une-mystification-a130263140) .

    Une partie des français s’y est laissé prendre, la faute à l’action destructrice du précédent Président de la République , François Hollande et à l’habile stratégie du nouveau Président Emmanuel Macron qui a utilisé toutes les cartes nécessaires et les brèches du système pour s’imposer avec un pourcentage minime d’électeurs qui l’ont plébiscité. Il a eu aussi de la chance, celle d’avoir en face un parti « les Républicains » qui n’a pas su gérer la crise « Fillon » et ses affaires ce qui a discrédité la droite.

    François Hollande (comme d’ailleurs Nicolas Sarkozy au mandat précédent) qui avait promis de changer le système de scrutin des législatives en y injectant une dose de proportionnelle ne l’a pas fait. Il porte une lourde responsabilité d’avoir empêché le début d’un renouveau démocratique par une meilleure représentation du peuple. On peut ajouter que son action politique sur de nombreux points a été contraire à ses engagements vis à vis de ceux qui l’avaient élu ce qui a amené à la destruction de ce qu’il restait du parti socialiste avec la perte de confiance des électeurs. Nombre de ses membres qui ont soutenu François Hollande ont concrétisé leur trahison en rejoignant le mouvement du nouveau Président Macron.

    Oui, nombre des électeurs se sont abstenus écœurés pour nombre d'entre eux par les promesses non tenues qui s'accumulent depuis de nombreuses années et les trahisons des électeurs par ceux qui les ont portés au pouvoir...

    L’ABSTENTION ET SES CONSÉQUENCES

    L’abstention des électeurs aux législatives est majeure. Elle représente 51, 29% soit   24 401 132 électeurs inscrits.

    Cela veut dire que plus de la moitié du corps électoral , pour une raison ou une autre qu’il faut analyser, s’est désintéressé du scrutin qui pourtant désigne ceux qui théoriquement devraient nous représenter à l’assemblée nationale.

    Je dis théoriquement car ceux qui sont élus, de par le système majoritaire, ne représentent pas la réalité de la diversité des opinions de la population ni d’ailleurs sa diversité sociale. Mais ce n’est pas nouveau et cela est dit après chaque élection.

    Et c’est probablement, à force d’accumulation du phénomène, une des causes importante de la désaffection de nombre d’électeurs mais pas que... J’y reviendrai.

    Examinons les chiffres édités par le ministère de l’intérieur.

    A ce premier tour des législatives le nombre d’abstentions est donc de 24 401 132 soit 51,29 % des électeurs inscrits contre 10 577 572 lors des présidentielles au premier tour soit 22,23% des électeurs inscrits. Cela fait une abstention supplémentaire de 29,06 % des électeurs inscrits pour ce premier tour des législatives ce qui représente 13 823 560 électeurs de plus qui ne sont pas allés voter pour les candidats de l’un ou l’autre des partis ou mouvements en lice.

    C’est considérable !

    Il faut y réfléchir et arrêter comme le font certains médias de parler uniquement de raz de marée... que provoquerait le vote des français en faveur d’Emmanuel Macron pour qu’il ait une très majorité à l’assemblée nationale au second tour.

    Il n’y a pas une ruée des électeurs pour accompagner ce raz de marée bien au contraire. Il y a à l’évidence la confirmation du fonctionnement d’un système de scrutin injuste qui permettra le raz de marée prévu puisque ce ne sont en définitive que 6 390 797 électeurs soit 13,43% des électeurs inscrits qui permettent à de nombreux candidats de « La République En Marche » d’être au deuxième tour et pour beaucoup d’entre eux en bonne position pour être élu.

    Tout cela montre bien dans quel état lamentable est notre système démocratique qui n’est pas capable de mettre au parlement une vraie représentation nationale.

    Et en 2017, avec l’abstention massive c’est plus apparent encore.

     RAZ DE MAREE  A L’ASSEMBLEE: LA DEMOCRATIE EN MARCHE ARRIERE - 1 sur 2

    ( Liberté, Égalité, Fraternité, auteur Thermidorimage — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

    POURQUOI CETTE ABSTENTION ?

    Je n’ai pas la prétention d’être un analyste professionnel et il est sûr que nombre de données m’échappent. Je ne dis ici que ce qui me semble le plus flagrant.
    Les heures qui ont suivi les élections ont vu fleurir les avis des experts divers et variés en fonction de leur ressenti, d’enquêtes d’opinion ou autres voire de prise de position partisane. A chacun de faire le tri dans les explications données et les chiffres répandus.

    La « macron mania » a bien sûr continué de sévir sur certaines de nos chaines de télé.

    Le soir des résultats , par exemple sur BFMTV, j’ai pu voir couper la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise pour faire place à une déclaration de Richard Ferrant , le ministre mis à mal par les affaires. BFM TV appelle cela priorité ou place au direct »... mais ça dépend de quel côté on favorise le direct. Ici à l’évidence, il paraissait plus important pour BFM de couper le leader de FI qui s’exprimait pour commenter les résultats de son mouvement de son parti.   Il eut été plus honnête de laisser se terminer l’intervention du premier et de passer le second en différé ce qui n’aurait occasionné aucun dommage pour l’information et replacé les choses dans l’ordre de leur venue si ce n’est de leur importance... L’information a été tronquée. Mais passons.

    Une des raisons de l’ABSTENTION me semble être la démobilisation. Il ne faut pas être spécialiste pour le dire.

    Elle a plusieurs causes.


    A suivre...

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