• Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…… pas avariées.

    Chaque semaine a son lot d’infos qui parfois amène à réfléchir et réagir. Quand je vois la masse d’informations qui passent dans les médias, je me dis qu’heureusement, j’ai un peu de temps pour m’arrêter. Je ne traîne pas sur les « sensationnelles » qui attirent le client et parasitent souvent les vraies infos, celles qui concernent notre vie actuelle et future. Et quand en on saisit une ou deux, il faut creuser…

    Je pense à celles et ceux qui n’ont pas le temps de le faire et se contentent de fait à effleurer la nouvelle en regardant le « journal télévisé » ou écoute la radio le matin en allant au boulot.  Le rythme de vie n’est pas tellement bien fait pour trouver aussi le courage de se mettre  à l’ouvrage de s’informer vraiment sans tomber dans le superficiel.

    C’est ainsi…

     

    LE NON CUMUL DES MANDATS…

                                                                                                                                   (image domaine public)

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…Encore un serpent de mer qui se mord la queue… 

    Le sénat a voté la loi proposée sur le non cumul des mandats mais les sénateurs se sont exclus du dispositif…

     Bel exemple de résistance au changement avec une conception de la démocratie complétement obsolète qui veut conserver les habitudes de la concentration des pouvoirs entre les mains de quelques uns tout en empêchant une meilleure représentation plus élargie des citoyens. Et chacun d’y aller de ses arguments que, pour ma part, je ne trouve pas convaincants.

    Je ne rentrerai pas dans le débat du cumul des indemnités. Ce cumul est plafonné et mettre l’accent sur ce point masque le fond dont il faut vraiment débattre à savoir la représentation plus démocratique des citoyens qui est loin d’être satisfaisante.

    Par contre il faudrait, à mon sens, revoir le statut de l’élu, la rémunération…ce qui ne devrait pas poser de problème dans le cadre d’un non cumul des mandats et quelle que soit la responsabilité élective qu’elle soit nationale, régionale ou locale.

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…

    (auteur Edouard Baldus, domaine public - Palais du Luxembourg)

    Dans un article publié sur le présent blog le 19 Septembre 2012 et le  21 février 2013, je donnais quelques éléments qui, à mon sens, militaient en faveur du non cumul des mandats. On peut les relire ici : http://quaiducitoyen.eklablog.fr/cumul-ou-non-cumul-that-is-the-question-a52431165                    et

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/non-cumul-des-mandats-le-recul-a77892487  

    Je disais entre autres :

    « Pour ma part, je ne vois que des avantages à ce qu’enfin on avance vers le non cumul ce qui va permettre d’associer plus de femmes et d’hommes aux responsabilités politiques. Il en est plus que temps. Le cumul des mandats a en effet freiné  l’accès aux responsabilités de nombre   d’hommes et de femmes capables et généré confusion des rôles, concentration des pouvoirs autour de certains« cumulards » locaux. …

     …Cela pourra permettre de dégager de nouveaux responsables   pour renouveler la classe politique locale…                                                              

    …Le rôle du parlementaire est d’aider par la loi à la résolution des  problèmes nationaux qui pèsent sur les citoyens et pas de défendre des intérêts locaux.

     Il est tout à fait possible aux élus concernés de rester élus locaux de base pour rester au contact des réalités françaises mais sans participer à l’exécutif municipal, intercommunal, départemental ou régional. Ils peuvent aussi faire partie d’associations loi 1901. »  

    Je reste néanmoins réaliste :

     « Il ne faut pas être naïf, députés et sénateurs sont très sollicités pour intervenir dans tous les domaines ce qui doit être pesant. Mais cela veut aussi dire que deux maires de villes comparables n'ont pas le même pouvoir si l'un est député ou sénateur et l'autre non. Cela veut donc bien dire que le système ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde. …L’efficacité d’un maire ou d’un président d’un organisme de coopération intercommunale  ne devrait pas être basée sur le « poids » du député ou du sénateur et de ses relations « pour faire avancer » un dossier local  mais plutôt grâce au travail à mener pour établir les liens nécessaires  avec les diverses administrations ou les collectivités territoriales. »

    Malheureusement, ce n’est pas ainsi : nous sommes dans un système mal fichu, désuet et inégalitaire ce qui prouve bien qu’il faut en changer.

    « Il faut alléger les députés et les sénateurs de ces problèmes locaux qu’il ne leur appartient pas de régler. » 

     

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées… Quand je vois l’attitude et les propos de certains sénateurs (pas tous), je ne m’étonne plus que les amendements de bon sens proposés pour modifier le texte de loi sur  la refondation de l’école n’aient pas été pris en compte. Certains parlementaires fonctionnent toujours sur de vieux schémas qu’ils ne veulent ou n’osent pas, pour la majorité d’entre eux ,remettre en cause. Pour eux, le changement ce n’est pas maintenant, c’est plus tard…  Et pour la refondation de l’Ecole, alors que c’était l’occasion unique de le faire, c’est raté.

    Pour l’évolution vers plus et mieux de démocratie, ce sera pareil si on n’y prend garde. Les freins sont bien serrés… Une chance qu’une majorité de députés se soient déclarés pour (avec des nuances) et voteront pour le non cumul…

    Sur l’application, on a déjà reculé car la loi votée ne sera applicable qu’en 2017 …si le Congrès (réunion des deux chambres parlementaires) ne s’en mêle pas.

    Il faut pourtant refonder la politique et le fonctionnement démocratique de notre pays qui inspire de moins en moins confiance  à la population. Il n'y a qu'à lire les courbes montantes de l'absentéisme aux élections nationales pour s'en convaincre.

     L’application de ce non cumul à l’occasion des élections municipales de 2014  aurait été un signe fort de la détermination du Président de la république et de sa majorité  d’amorcer un vrai changement… maintenant ! (slogan de campagne)

    C’est raté aussi ! 

    Quant à l’opposition, elle affirme que si la loi est votée et que s’ils reviennent au pouvoir - ce qui n’est pas souhaitable vu leur bilan calamiteux -  ils l’abrogeront !  

    Pour conclure provisoirement, si par chance la loi était votée, il faudrait  ensuite aller beaucoup plus loin.  Il faudra amorcer une révolution démocratique : le statut de l’élu doit être examiné, il faut revoir les rôles des deux chambres et le mode de désignation des parlementaires pour que les chambres représentent vraiment le peuple ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui…  Il faut ajouter à cela une réflexion sur les rapports de pouvoirs entre l’exécutif et le législatif.  On ne peut nier que nous sommes dans une sorte de « monarchie républicaine » qu’il conviendrait de revoir pour aller vers une réelle démocratie ce que ne permettent pas les institutions actuelles. 

    On y reviendra.

     

    LE TIERS PAYANT

    (auteur Verdy p, 2006, domaine public)

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…Voilà une bonne initiative. Cela devrait permettre à ceux –nombreux- qui ont des fins de mois difficiles de ne pas hésiter avant d’aller consulter pour se faire soigner. Je pense aux enfants, aux étudiants notamment mais aussi aux personnes âgées qui ont une petite retraite et qui hésitent à débourser l’avance de la « sécu » car ils sont « un peu juste » au niveau budget.
    Tout le monde n’est pas, heureusement d’ailleurs, titulaire de la CMU mais les revenus de nombre de français ne sont pas forcément très élevés. Il semble que pour une fois la décision soit équilibrée et tienne compte des réalités . Une réflexion approfondie  sur la généralisation devrait aussi avoir lieu pour éviter les dérives toujours possibles quand justement on généralise sans finesse. 
    Il reste que cela ne s ‘appliquera que pour les médecins et praticiens de santé conventionnés et pas ceux qui dépassent voire explosent les plafonds. La médecine à deux vitesses existe quoi qu’on dise.

    Dans le domaine de la santé il y a aussi une refondation à faire mais c’est un autre sujet.

     

    CONSIDERATION, POLITIQUE DU « HOCHET»  OU RETOUR DU « BLING, BLING » ?

     Dans une lettre adressée aux recteurs, Vincent Peillon souhaite que les enseignants innovants fassent partie « des candidatures aux ordres nationaux du Mérite et de la Légion d’honneur. »

    Sans doute cela part –il d’une bonne intention pour aller vers la reconnaissance de tous ces enseignants qui se sont lancés dans l’innovation parce que ça les passionne. II est vrai que depuis des décennies, on n’a pas pris soin de considérer à leur juste valeur les expériences réussies, des résultats incontestables , l’éducation nationale étant ancrée dans son immobilisme . A défaut de promouvoir l’innovation chaque ministre a plutôt changé les directives, les programmes … 

                                                                                                  ( couronne de laurier en or,3è ou 42siècle avt JC, 2007

                                                                                                    auteur Andreas Praefcke, domaine public)

     

    Non cumul, tiers payant, médailles ou humeurs variées…Mais une médaille est-ce bien ce qu’il faut ? D’aucuns se sont lancés dans l’innovation par passion, pour défier la routine, pour que les élèves et eux-mêmes soient bien dans leur classes… Mais qui les a aidés à part quelques Inspecteurs (j’en ai connu) ouverts qui ne se contentaient pas d’inspecter.

    Ce qu’il eut fallu et qu’il faudrait  faire c’est donner des moyens, permettre et diffuser l’expérience de terrain, ce qui marche… Mais quand on voit qu’après des décennies, on commence à peine à  saluer les écoles qui se sont inspirées de Freinet et d’autres grands innovateurs, il serait plus que temps de prendre le taureau par les cornes notamment dans le cadre de la formation initiale et continue en y mettant vraiment les moyens.  Parler de l‘innovation et lui rendre hommage ainsi qu’à ses praticiens c’est bien mais diffuser les innovations et permettre qu’elles s’intègrent dans la pratique dans le cadre de la liberté pédagogique c’est beaucoup mieux.

    Pour innover, il faut réfléchir sur la pratique, essayer, évaluer, échanger avec les autres  et cela demande du temps que l’on a jamais donné notamment aux instituteurs puis aux professeurs des écoles débordés par le quotidien. On a toujours parlé de l’enseignant seul dans sa classe. C’est toujours une réalité. La nouvelle répartition du temps de travail des enseignants est, elle, insuffisamment innovante pour permettre que dans les écoles ça change beaucoup. L’éducation nationale mégote sur une heure et pire encore, le décret sur les rythmes scolaires bride les enseignants du premier degré en les contraignant à des découpages horaires qui ne permettent plus une autonomie d’organisation qu’ont d’ailleurs les professeurs du second degré. On a préféré faire croire qu’on innovait avec des activités péri éducatives municipales qui, de la manière dont elles sont mises actuellement en place, n’apportent pas grand - chose au projet éducatif global au service de l’amélioration de la vie de l’enfant. Sans projet global avec l’école, les évolutions pédagogiques en classe et l’innovation ne sont pas favorisées. L’apparence, toujours l’apparence… 

    Pour un enseignant, innover devrait aller de soit…

    Donnons des médailles mais qu’est-ce que cela changera ?

     

    Patrick Patte

    Officier dans l'ordre des palmes académiques

     

    « Vacances scolaires : le début de la réflexion repoussée en 2015…pour changer en 2017?Jean-François COPE et "les rythmes dits scolaires" »

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