• SANTÉ : LA CASSE DU SERVICE PUBLIC, "ÇA N'EST PAS BIEN"... - 4A sur 4

    Dans mon précédent écrit, j’estimais que « Pour sortir du cercle vicieux et éviter l'accélération de la spirale infernale dans laquelle est entrainé nombre de personnels, il y a des solutions qu’il faut avoir le courage de prendre si on considère que le service public de l’hôpital est une priorité nationale. »

    Il y a des priorités mais celles choisies ne sont pas les bonnes.

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    (auteur geralt, Pixabay, CC0 domaine public)

    DISSOCIER LA DETTE des HÔPITAUX DU BUDGET DE LA SÉCURITE SOCIALE

    Pour faire face à la crise des hôpitaux et des urgences, l’état doit  prendre ses responsabilités au lieu de faire porter tout le poids de la dette par la sécurité sociale ce qui de fait est à l’origine du cercle vicieux des déficits.

    Quand une clinique privée est endettée et perd de l’argent, ce sont bien les actionnaires qui doivent résoudre les problèmes par des apports de fonds.

    Je pense que de la même manière, c’est à l’état, propriétaire des établissements, qui de par sa politique de santé, depuis nombre d'années, a fait que nous sommes dans la situation actuelle, de prendre ses responsabilités  et d’intervenir financièrement, hors budget de la sécurité sociale pour assainir la dette des hôpitaux en déficit.  Cela remettrait de l’équilibre dans leurs comptes pour continuer sur des bases assainies, leur politique d’investissement, de renouvellement de matériels indispensables, de modernisation technologiques et de recrutements…

    C’est le seul moyen de s’en sortir.

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    (auteur jkoch562, CC0 domaine public)

     

    LA DETTE: UNE PLEINE RESPONSABILITÉ DE L'ETAT

    En ce qui concerne effectivement les responsabilités du poids de la dette, il s’agit bien de celles de l’état.

    Elles ne datent pas d’aujourd’hui, à la décharge d’Agnès BUZIN et d’ Emmanuel  Macron. Le seul problème est qu’ils ne prennent pas les moyens d’en sortir et continuent, comme leurs prédécesseurs,  par la politique menée, d’accentuer les déficits. Une fois de plus la révolution Macron ne tient pas ses promesses.

    De 25 milliards en 2011 la dette des hôpitaux est passée à 30 milliards d'euros en 2013 et à 30,4 milliards en 2014. Aujourd’hui,  elle est stabilisée mais devient de plus en plus lourde à supporter pour les budgets des hôpitaux qui doivent faire face à la baisse des remboursements de certains actes sans que ce soit réellement compensé... Comment dans ces conditions investir dans les technologies de pointe, la recherche, augmenter le nombre de soignants pour faire face aux problèmes d'une population qui vieillit...?

    Pour nombre d’hôpitaux, les emprunts toxiques contractés dans les années 2000  et les investissements réalisés au cours des différents plans hôpitaux de cette époque se font encore lourdement ressentir. Et c’est l’état qui en est responsable : Les  hôpitaux n’auraient dû ou ne devraient pouvoir emprunter qu’auprès d’organismes publics   comme la Caisse des dépôts et ne jamais tomber dans les emprunts toxiques.

    Il y a aussi diverses réformes de l’hôpital depuis 1991 qui ont privilégié la bureaucratie en croyant résoudre les problèmes : informatisation coûteuse inadaptée et vite obsolète, multiplication des strates décisionnaires qui ont permis, en certains endroits, du tout et n’importe quoi décidé par les nombreux administratifs nommés  pour mettre des cataplasmes censés colmater les dysfonctionnements d’un système qui avait besoin de clarté  et une remise à plat pour œuvrer dans le sens de la cohérence de prise en charge des soins avec le nombre de personnels adapté en fonction de la hausse des interventions que ce soit aux urgences ou dans les divers services.

     

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    (auteur 99pixzl, CC0 domaine public)

    Des fortunes ont été par exemple dépensées pour investir dans des équipements dont on peut se poser la question de savoir s'ils ont été utiles  pendant qu’ailleurs le nécessaire n’était pas fait et qu’on fermait des locaux et des lits indispensables au bon fonctionnement pour accueillir les patients. Les exemples sont légion. Il est courant de citer hôpital d’Evry considéré un temps en 2011, comme la vitrine du Partenariat Public Privé, se révèle être un échec sur le plan de la rapidité d’exécution, de la qualité et du coût pour les finances publiques (coût : 1,2 milliard d’euros+ 100 millions d’euros supplémentaires pour les modifications demandées au cours du chantier pour défaut de conception.L'opération est un gouffre financier dénoncé par la chambre régionale de la Cour des comptes qui estime que  la facture n’aurait pas dû dépasser les 760  millions d’euros!)

    Un autre exemple est la remise à niveau  de la radiothérapie d’Argenteuil   qui a coûté des millions d’euros (4,5)  du fait  de normes qui changent sans cesse  et qui vont faire que  l’agence régionale de santé décide ensuite de fermer le service faute soi disant de manques de patients… Et puis on ouvre de nouveau. Mieux en 2019, on modernise... 

    Le Ministère de la Santé a souvent navigué à vue et a produit des dérapages de coûts à l’hôpital  en  créant des règles et contraintes qui coûtent cher. Mais il est laissé ensuite  aux hôpitaux le soin d’assumer car il n’est pas fait  de bilan médico-économique, y compris pour toutes les charges administratives et réglementaires créées ces dernières années.

     Il n’a pas été tenu compte ou si peu du vieillissement de la population.

    Les pouvoirs politiques n’ont pas eu le cran de poser les véritables problèmes qui font que le système dysfonctionne  et est au bord de l’explosion imminente. Il est préféré faire croire que l’on redresse les budgets mais c'est au détriment des personnels et des patients, le travail de la calculette primant sur la réflexion qui permettrait de prendre les bonnes décisions pour sortir de la crise. Il est  mis des rustines alors que c’est la chambre à air qu’il faut changer.

     

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...

    Pochette de Rustines, années 1990,auteur Paco Girasol                                                                                       GNU Free Documentation License version 1.2 )

    On pourrait aussi citer ce laisser faire du recours massif à des médecins remplaçants  pour notamment  la médecine d'urgence, la radiologie ou encore l'anesthésie réanimation qui coûte trois fois plus cher que les médecins attachés à l’établissement.    « En  moyenne, une journée de travail » d’un médecin intérimaire  coûte « le  triple du coût normal d'une journée de travail par rapport à un médecin titulaire ». Il serait temps de revoir cette anomalie qui met en difficulté certains hôpitaux. »(Source  Fédération Hospitalière de France)

    DE l'INEFFICACITÉ DU SYSTEME  A.R.S.

    Les hôpitaux subissent des décisions alors qu’ils devraient eux mêmes être les décisionnaires. L'ARS ((l’Agence régionale de Santé) décide. Les hôpitaux appliquent et doivent se débrouiller... Un résumé succinct de ce qui se passe et ne fonctionne pas

    La question se pose en effet de savoir à quoi servent les ARS   dont l’action ne semble pas partout efficace au vu de la situation actuelle de crise des hôpitaux : endettement, accumulation des déficits, manque de personnels, déshumanisation des soins... 

    En résumé, le système de l' agence régionale de santé a pour but de "déployer région par région la politique de santé nationale". L’ agence régionale de santé   est aussi compétente "pour réguler l’ensemble de l’offre de santé sur son territoire et échanger avec tous les acteurs de la santé de sa région". Elle doit "rationaliser l’offre de soins"  et "veiller  aux dépenses médicales et hospitalières" (meilleure utilisation des ressources et maîtrise des dépenses). Elle autorise ou non la création d’établissements de soins, puis contrôle leur fonctionnement. A l'évidence dans nombre de régions, au vu des problèmes actuels qui s'aggravent, il faut se demander si ce système n'est pas obsolète car, de fait, même si les échanges ont lieu avec les acteurs de la santé dans les régions, il semble que nombre de problèmes importants ne soient pas pris en compte et que les acteurs ne soient pas entendus.

    Je le disais dans l’article précédent, tous les établissements ne sont pas déficitaires.  Mais la politique de globalisation du budget de « l’ Hôpital » menée « pourrait faire basculer ces établissements   dans le cercle vicieux du fait qu’ils auraient à participer au déficit des autres établissements ce qui diminue  leurs ressources. » 

    Ce que doit faire l'état...c'est l'objet de la suite de cet article.
    Il y aura donc un 4B sur 4...

     

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    (Sinapisme Rigollot. AnonymeImprimé ancien - domaine public)

     

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