• SANTÉ : LA CASSE DU SERVICE PUBLIC, "ÇA N'EST PAS BIEN"... - 3 sur 4

    Sur la CRISE actuelle - une de plus – je reviens donc et notamment sur ce que j’ai appelé le cycle infernal   dans lequel nos gouvernants ont enfermé l’hôpital public et nombre de ses services. Cycle parce qu'il revient chaque année, infernal parce qu'il met les hôpitaux dans un cercle vicieux * dont ils ne peuvent se sortir et dans lequel on les enferme.

    SANTÉ : LA CASSE DU SERVICE PUBLIC, "ÇA N'EST PAS BIEN"... - 3 sur 4

    (auteur geralt, Pixabay, CC0 domaine public)

    LE CERCLE VICIEUX 

    Les problèmes des hôpitaux ne sont pas nouveaux.  En octobre 2015, je faisais un bilan de l’action de la gouvernance Hollande en la matière : « Suppression à venir de postes de soignants dans les hôpitaux publics, non paiement des heures supplémentaires des infirmières ou impossibilité pour celles –ci (ou ceux-ci) de récupérer les RTT, urgences saturées, suppressions de maternités de proximité, internes des hôpitaux surchargés de travail et souvent mal encadrés alors qu’ils sont en formation, désertification médicale fruit de l’incompétence de nos gouvernants à prévoir ou limitation d’un numérus clausus durant des décennies sous la pression de certains lobbies de médecins ayant peur de voir diminuer leur clientèle ...la liste est longue des problèmes de notre service public de santé et de l’organisation de notre médecine y compris libérale.

    Tous ces problèmes ne datent pas donc pas d’aujourd’hui... mais qu’est-il fait pour les solutionner ? »

    Le cercle vicieux se pérennise…Les conséquences en  sont désastreuses pour le personnel et les patients dans nombre d'établissements…

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    (image Free-Photos, Pixabay, CC0 domaine public)

    EMMANUEL MACRON FAIT COMME SES PRÉDÉCESSEURS.

    Il continue d’installer « l’hôpital »  dans une spirale économique déficitaire de plus en plus infernale pour les personnels et dont il ne prend pas les moyens de sortir. Annoncés à grand renfort de communication, les deux milliards de budget en plus pour 2019 ne sont pas à la hauteur de la situation puisqu’ils n’apportent qu’un goutte d’eau dans l’océan des financements qui seraient utiles pour sortir de la crise humaine qui s’aggrave du fait des conditions de travail actuelles dont pâtissent les salariés et les patients. Je ne reviens pas sur la grève actuelle des soignants qui en est un des symptômes.

    Ce cercle vicieux  est prouvé par les faits : forte dette des hôpitaux (un hôpital sur 3   était  « en situation d’endettement excessif en 2016 soit 319 établissements selon un rapport publié par la Cour des Comptes en 2018)  mais qui pour se stabiliser doit  donc  baisser des investissements qui sont pourtant nécessaires pour un développement d’une meilleure prise  en charge des soins pour les patients.  

    La dette actuelle de 30 milliards d’euros « impacte forcément la capacité d’investissement des hôpitaux »,d’après Cécile Chevance, directrice financière de la Fédération Hospitalière de France. Pour rénover et moderniser l’hôpital,  on est passé d’une enveloppe de 6 milliards d’euros en 2012 à 3,9 milliards d’euros en 2017. C’est clair. La directrice explique aussi que l’Hôpital a besoin d’investir dans le numérique où la France est en retard et  dans les bâtiments « qui se dégradent » et les matériels « qui sont moins à la pointe ».

    Ainsi,  Il est par ailleurs imposé une baisse importante des tarifs de remboursement des actes sans compensation d’une augmentation du nombre d’actes du fait du développement de l’activité ambulatoire. On a là un exemple d’incohérence dans les décisions de nos gouvernants. C’est pourtant sur ces incohérences qu’est construit de budget de l’hôpital public.

    Tout cela amène à imposer de faits des économies…sur le dos du personnel avec peut-être des suppressions de postes  et  qui déjà dans nombre de services de certains hôpitaux sont en nombre très insuffisant . Les soignants n’en peuvent plus.
    (D’autres facteurs pourraient aussi être pris en considération : les salaires notamment des soignants et de certains médecins qui ne sont guère attractifs et peuvent amener à force, les mauvaises conditions de travail aidant,  à  faire fuir certains personnels vers d’autres rivages plus sereins psychologiquement et matériellement. A analyser sans doute de manière plus approfondie ...)

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    (Image par Steve Buissinne de Pixabay)

    Pour 2019 donc, Il n’y aura   pas de modifications dans la manière de gérer l’enveloppe « Hôpital » ni d’amélioration des problèmes puisque, au milieu des injonctions contradictoires du ministère,  «  l’Hôpital »   doit réduire ses dépenses de 650 millions d’euros. (C’était 950 millions d’euros en 2018). L’estimation du déficit des hôpitaux dépasserait le milliard  pour 2019.

    Tous les établissements ne sont pourtant pas déficitaires.  Mais la politique de globalisation du budget de « l’ Hôpital » pourrait faire basculer ces établissements   dans le cercle vicieux du fait qu’ils auraient à participer au déficit des autres établissements ce qui diminue  leurs ressources. Cela pourrait les faire tomber, eux aussi, dans le déficit pour conserver leur personnel et la qualité de leurs soins ainsi que poursuivre leurs investissements.

    L'Etat, propriétaire des établissements,  demande en effet à l'assurance-maladie de combler les déficits d'exploitation. C’est là qu’est l’anomalie du système. C’est donc bien les établissements qui n’ont pas de déficit qui  voient ou verront leurs ressources diminuer  car tout ce qui est utilisé pour combler les déficits  ne leur sera pas versé.   Une vision comptable aveugle, règne de  la calculette.     

    La question qu’il faut se poser  est de savoir si c’est à  l'assurance-maladie de financer les déficits.

    Je réponds non dans la mesure où tous ces déficits sont finalement le résultat d’une politique de gestion bancale de la santé qui dure depuis nombre d’années du fait de  gouvernants qui prennent des décisions parfois contradictoires  qu’elles imposent à la sécurité sociale et aux établissements. Et cela n’a pas changé  en  2017, s’est accru en 2018 et  2019 où la situation de l’endettement va encore s’aggraver.

    COMMENT EN SORTIR ?

    Pour sortir du cercle vicieux et éviter l'accélération de la spirale infernale ** dans laquelle est entrainé nombre de personnels , il y a des solutions qu’il faut avoir le courage de prendre si on considère que le service public de l’hôpital est une priorité nationale.

    On pourra me rétorquer que tout est prioritaire. Que nenni…

    J’y reviens dans la suite avec des solutions qui ont été déjà proposées pour en sortir.

     

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     (Image par Free-Photos de Pixabay)

    * Cercle vicieux:   "Situation contraignante, dangereuse qui a tendance à empirer. Origine : Le terme "vicieux" est composé du "vice" qui désigne ici un danger réel. On peut y associer facilement l'image d'une situation critique. La notion de cercle signifie que la situation s'aggrave progressivement, que les problèmes s'acculent et qu'il devient de plus en plus difficile d'en échapper." (définition l'internaute.fr)

    **spirale infernale: " Évolution rapide et incontrôlable d'un phénomène."

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