• RETRAITES: Où va-t-on?

    RETRAITES: Où va-t-on?La conférence des partenaires sociaux avec le gouvernement s'est terminée. Voulue  par le président de la république, elle portait notamment sur l'emploi et les retraites. En tant que retraité, je ne peux faire autrement que de parcourir le rapport MOREAU. Il y a quelques mois, j'aurais attendu les propositions du gouvernement en la matière avant d'exprimer un avis. Mais je ne suis plus à ce stade de confiance. J'ai vu notamment de quelle manière on a lancé la réforme des " rythmes dits scolaires" et je suis bien forcé de constater qu'il vaut mieux être en avance dans la prévention et l'analyse plutôt que d'attendre sans avertir. 

    Je commence à être habitué au système des consultations de l’ère Hollande : on fait écrire un rapport par une commission qui fait des propositions  dont vont débattre les « partenaires ».

    Ensuite des décisions seront prises ; cela c’est ici à mon avis pour la "façade".  

     

    En réalité, si je sais encore lire, je trouve d’étranges similitudes entre les propositions de ce rapport et les préconisations de la cour des comptes parues dans son rapport annuel.  Comme si tout cela était savamment préparé pour faire passer quelques pilules amères à avaler et pour les actifs, futurs retraités et les retraités eux-mêmes.  J'aimerai que ce soit unefausse première impresssion...

    ( résumé rapport MOREAU : http://www.gouvernement.fr/porte-parole/le-point-sur-resume-du-rapport-moreau)

    Mais je crois qu'il n'y a pas d’illusion à se faire: à mon avis les pilules sont déjà préparées. Ce qui compte c’est le contexte, l’enrobage, l’atmosphère qui vont être créés pour que le citoyen « lambda » ait bien du mal à se retrouver dans les avalanches de chiffres et d’informations qui tombent ici et là. C'est ce qu'on nomme la "communication".

    Le MEDEF clame sa déception quant aux mesures du rapport MOREAU  pour ajouter à la pression. Cinéma habituel.

    Et puis, il y a les annonces diverses et variées avec les mots bien choisis pour accentuer la peur de l’avenir pour les retraites : En 2020, le Medef annonce un déficit cumulé de 200 milliards d’euros. L’épouvantail du déficit abyssal est brandi et on annonce même des chiffres jusque 2060 !  S’en mêlent bien sûr quelques experts dans les émissions télévisuelles qui vont pouvoir échanger leurs points de vue destinés à « éclairer » le public.
    RETRAITES: Où va-t-on?Il faut donc être vigilant pour éviter qu'on ne fasse  passer des mesures qui n’ont rien à voir avec la justice sociale et une juste répartition des efforts sur laquelle personne, pour l’instant, ne s’attarde.  A quand les moyens effectifs pour rapatrier les milliards  envolés dans les paradis fiscaux ? Où sont les véritables mesures pour trouver des recettes si ce n’est en tapant toujours sur les mêmes catégories de la population  par l’imposition, la taxation tout en réduisant le pouvoir d’achat de chacun ?  A quand des mesures fines sur l’emploi  pour aider les entreprises à se développer et embaucher sans gâcher des milliards  en les octroyant sans contrôle ni contrepartie à des groupes qui n’en ont pas besoin ?... De quelle manière sont contrôlés les 200 milliards d'aides  aux entreprises chaque année? Ces aides sont -elles judiceusement réparties et pour quels effets sur l'emploi?

    Les dites mesures du rapport MOREAU sont dans le droit fil d’une politique européenne qui a amené à la situation que nous connaissons et qui pourrait mener la France droit dans le mur de l’austérité et de la régression sociale.

    L’éclairage, le citoyen « lambda »a du mal à le percevoir d’autant qu’il n’a pas toujours  le temps de s’y intéresser dans le détail pris qu’il est dans la spirale des préoccupations quotidiennes de la vie. Finalement, il s’attache à ce qu’il peut attraper de la forme du sujet et à la superficialité la plus facile à capterqui lui est livrée.

    Je reviendrai plus tard dans le détail sur les incidences d’éventuelles mesures qui sont préconisées. J’attends les premiers  résultats de "la grande conférence sociale" au sommet et la feuille de route gouvernementale qui doit en sortir.  Tout cela me semble précipité et manquer d'épaisseur comme d'ailleurs le rapport Moreau qui contient nombre de lacunes informatives dans la mesure où c'est un rapport qui encore une fois ne met  pas à plat tous les éléments nécessaires pour y voir clair.  

    Pour l’instant, puisque j’ai le temps de m’informer, je fais donc des liaisons qui me font dire qu’une fois encore, on va se diriger vers des mesures qui, si elles sont prises, vont appauvrir les retraités actuels  et donc diminuer leur pouvoir d’achat et promettre des retraites ou des pensions faibles pour les actuels actifs.

    Ces liaisons inquiétantes, je les fais avec la politique d’austérité que veut faire appliquer l’Europe aux pays qui la constituent.  Cette politique d’austérité décrétée et soutenue notamment par l’Allemagne et basée sur les erreurs d'appréciations lamentables de soi-disant experts, a accru la pauvreté de certains peuples européens dont on voit les effets en Espagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal et j’en passe. Incompétence? Tactique pour imposer le dictat d'une régression sociale? ...

    L’exécutif européen a eu l’outrecuidance de recommander à Paris «d’adapter les règles d’indexation, les âges minimum et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux, mais en évitant d’augmenter les contributions des employeurs aux régimes des retraites» et ceci dès cette année. De quoi se mêle-t-il?

    Il ne suffit pas de s’indigner de ces propos comme l'ont fait les dirigeants français et dans le même temps aller dans la direction ultra libérale prônée par Bruxelles.

    Quand  Jean-Marc Hérault, premier ministre français répond qu’il n’y avait pas «de surprise» dans les recommandations de la Commission européenne à propos du système de retraites,  quand les préconisations du  rapport MOREAU vont dans le droit fil des préoccupations de Bruxelles et quand on voit que dans son rapport annuel 2013, la « Cour des comptes » française conseille de prendre des mesures qui peuvent mener à une austérité généralisée  si elles sont appliquées, on a le droit d’être inquiet quant aux décisions qui pourraient être prises après le sommet social.

    L’ensemble des mesures du rapport MOREAU, si elles étaient appliquées correspondraient exactement à la volonté d’accélérer la baisse du pouvoir d’achat des retraités et répond aux exigences de la Commission de Bruxelles.

    Cela irait à l’encontre de ce qu’il faut faire pour justement relancer la consommation et la croissance.

    Il n’est juste à voir comment cela se passe dans les pays alentours du nôtre qui sont en récession.

    De 1945 à 1992, la période a été celle du progrès social pour faire que la retraite par répartition puisse avoir des avancées positives pour l’avenir. A partir de 1991 , nombre de questions ont été soulevées mais jamais  n’ont été  apportées de vraies solutions pour prendre en charge le futur. En 2000, Lionel Jospin qui avait eu le mérite de s’y intéresser avait créé  un fonds de réserve pour les retraites . Son objectif  était d’accumuler 152 milliards d’euros d’ici à 2020 par des recettes exceptionnelles.  Les gouvernements successifs n’ont guère alimenté la caisse mais ont, de plus,  dépensé ce qu’il y avait dans  le fonds. De multiples  réformes ont eu lieu, certaines rencontrant la résistance justifiée de la population. Aucun gouvernement n’a  été capable de proposer des solutions justes, pérennes et acceptables.

    En tout cas, le président de la république actuel et son gouvernement ont intérêt à montrer à l’occasion de la réforme des retraites qu’ils sont en rupture avec l’ultra libéralisme de la politique européenne actuelle en ne cédant pas aux sirènes et aux arguments tronqués  du MEDEF et de la commission de Bruxelles.

    "Le changement c'est maintenant" clamé par le candidat Hollande doit être celui de  révolutionner les idées et les pratiques actuelles en osant  bousculer les systèmes ultra libéraux en place. Dans cette optique, consolider notre système des retraites c'est d'abord une affaire de détermination et de changement en profondeur et donc d'une volonté politique marquée d'oeuvrer pour la justice sociale.

    Il faut espérer que les organisations syndicales sauront être unies pour que sortent des solutions admissibles pour la population y compris s'il est nécessaire d' entrer dans une phase de résistance populaire. 

    Je ne parle pas des propositions de l’opposition UMP qui sait juste s’aligner comme elle l’a toujours fait sur les positions de l’organisation patronale. Elle a montré de quoi elle était capable pour cela  au moins les  17 dernières années où elle a été au pouvoir. Quant aux nationalistes…ils sont en dehors du temps.    

    Ceux qui ont voté pour François Hollande, dont je suis, sauront à l’occasion rappeler avec fermeté que la justice sociale et l’avenir ne se construisent pas avec des mots mais avec des actes forts.  

    RETRAITES: Où va-t-on?

    (La prise de la Bastille durant les manifestations de l'automne 2010 contre la réforme des retraites, auteur image Geoffroy, 12 octobre 2010,  licence Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée)

    Que l’on arrête de prescrire des pilules annoncées comme seuls remèdes miracles au traitement de la sauvegarde du système des retraites alors qu’il  existe d’autres  prescriptions possibles si on va jusqu'au bout des analyses. Problème de diagnostic ...

    Le problème des retraites fait partie d'un tout qu'on nomme justice sociale qui contient bien d'autres aspects qu'il faut considérer ensemble. 

    J'y reviendrai dans le détail si et quand  nécessaire...

     

    Patrick PATTE,

    Retraité, parent et grand parent

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