• MUR DE CALAIS : J’Y REVIENS... 2 sur 2

    Je poursuis donc mes remarques citoyennes quant aux déclarations faites sur la jungle de Calais, son démantèlement, le mur...

     

    MUR DE CALAIS : J’Y REVIENS... 2 sur 2

    ( Zone portuaire de Calais vu du phare., auteur,Romainberth - Travail personnel, Multi-licence avec GFDL et Creative Commons CC-BY-SA-3.0 et versions antérieures (2,5, 2,0 et 1,0)

    Je reviens encore sur ce qui me parait le plus grave dans le propos tenus par certains responsables de la droite du LR (parti Les Républicains).

    Certains dires me font penser que nous allons vers une dérive qui permet de faire croire à ce qui n’est pas en établissant des confusions ou des non dits quant aux réalités de la situation migratoire en accentuant les problèmes par des éléments de vocabulaire inadaptés. Qu’on dise qu’il y a un problème, cela va de soi mais qu’on exacerbe les problèmes par des propos outranciers sans donner toutes les informations nécessaires pour que les citoyens qui les entendent puissent juger de la situation et se forger un avis, ce n’est pas normal.

    Ce devrait pourtant être le rôle d'un politique digne de ce nom.

    SIMILITUDE DE LANGAGE ENTRE   MARINE LE PEN ET NICOLAS SARKOZY

    « La question est d’éviter que la France ait des frontières qui soient des passoires et qu’on se trouve submergé. » Dixit Nicolas Sarkozy ce 22 septembre 2016.

    Submergé ! Un mot fort qui appartient au vocabulaire de Marine LE PEN, présidente du Front National.

    Celle-ci déclarait le mercredi 19 septembre 2015 : « Messieurs les européistes, vous avez déclenché un phénomène d'appel d'air que vous ne maîtrisez pas et qui va nous submerger. Vous en assumerez la responsabilité devant l'histoire ».

    Le 24 septembre sur RTL et RMC, elle proposait ses solutions : "Fermer les frontières. Lancer le signal que nous ne les accueillerons pas, aider à la mise en œuvre de camps humanitaires (...) Mettre en place une politique dissuasive de l'immigration, faire ce que fait l'Australie, le Danemark. C'est ça la seule politique viable à mettre en œuvre sinon oui nous serons débordés, oui nous serons submergés ».

    Quand on lit ce qui se pratique dans les deux pays cités en référence, Marine LE PEN et le front national dont elle essaie de faire oublier l'étiquette, il y a de quoi se poser des questions qui relèvent des droits de l'Homme.(A lire en bas d'article * et **)

    Curieux comment les discours se ressemblent.

    Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquier et d’autres de leurs amis, par leurs affirmations aident Marine le Pen à rendre crédible ses propos aux yeux de certains français et au lieu de leur attirer des électeurs comme ils le croient, en font gagner au front national.

    Le vocabulaire utilisé est hors de propos. Comment peut on parler de submersion de la France quand le nombre de demandeurs d’asile dans notre pays est de 70 000 alors que nous sommes plus de 66 millions d’habitants bien loin de l’Allemagne (445 000 demandes) ou d’autres pays. 

    La France arrive au seizième rang européen avec mille demandeurs d’asile pour un million d’habitants, contre 5 000 en Allemagne et un record de 17 000 en Hongrie.

    Alors arrêtons d’utiliser des termes impropres à la situation réelle pour faire peur et donc exagérer volontairement une situation parfaitement maîtrisable sur notre territoire.

    MUR DE CALAIS : J’Y REVIENS... 2 sur 2

    (image geralt, pixabay, CC0 domaine public)

    D’une goutte d’eau qui n’est même pas un ru on fait un torrent dévastateur pour renforcer les inquiétudes de certains français.

    Si ça n’est pas pour faire du buzz et faire peur pour quoi est-ce faire ?

    Mais je ne suis pas naïf, tout cela est parfaitement orchestré et pensé par le candidat à la candidature pour essayer de gagner les primaires de la droite en attirant des électeurs très à droite.

    Mais je le redis quand même , qu’on arrête de prendre les français pour des cons et que les politiques expliquent la réalité des situations et proposent des solutions véritables et adaptées. Qu’ils cessent de nous asséner des propos irresponsables car tronqués, inexacts ou mensongers qui ne sont destinés qu’à flatter une clientèle électorale qu’on enfonce dans la désinformation.

    FAUT-IL ARRÊTER DE CONSTRUIRE LE MUR VÉGETAL ENTRE LE PORT DE CALAIS ET L’A16 ?

    Avant de répondre à cette question, il faut faire le point.
    Ce mur a été décidé en concertation entre l’Etat, le Royaume Uni qui le finance et la ville de Calais dans le but de protéger la circulation des camions de transports de marchandises et des usages de la route, souvent bloqués par des barrages mis en place par les migrants pour tenter de monter à bord des camions pour gagner l’Angleterre. Il s’en suit des violences, des blessés, des forces de police très souvent mobilisés,...

    Chiffres de la préfecture du Pas de Calais : 22 000 intrusions sur la rocade pour le mois de juin 2016.

    Pour avoir une idée de l’ampleur du mur des grillages et du futur mur:

    Sur la carte :

    En ROUGE, les grillages installés autour du port (pour une trentaine de kilomètres au total)

    En VERT, le futur MUR en béton de 4 m de haut sur 1km sera VEGETALISE du côté de la circulation

    MUR DE CALAIS : J’Y REVIENS... 2 sur 2

    La « jungle » compterait entre 10 000 et 12 000 personnes selon les sources.

    Les avis :

    Le PDG du port de Calais est favorable à la construction de ce mur à proximité du terminal des ferries, là où la rocade est prise d’assaut par les migrants pour monter dans les camions qui vont en Grande-Bretagne par le ferry.

    Depuis l’annonce du démantèlement, la Maire de Calais ne veut plus du mur qui a commencé à se construire et veut l’arrêter. Elle estime que Calais sera enfermée. "Si le démantèlement de la 'jungle' comme annoncé par le ministre s'avère effectif dans les semaines à venir, un mur végétalisé n'a plus lieu d'être.» Un point de vue qui se comprend.

    Pour les associations, le nouveau mur peut accroitre le danger du fait de la réduction des possibilités de passer : prises de risques plus importantes, déport du passage vers l’A16 où la circulation sera rapide et donc risque de plus d’accidents. C'est vrai aussi.

    Pour l’État : le mur doit être un signe fort pour dissuader d’aller vers le Royaume Uni. Il se veut aussi sécuriser les automobilistes, les camions, les riverains et les agriculteurs du secteur. C'est un fait: se déplacer sur l'A16 à proximité du port devient difficile et dangereux pour les migrants comme pour les conducteurs de véhicules.

    Certains parlent donc de polémiques. Moi je dirai plutôt des avis divergents chacun ayant une part de vérité mais en définitive, rien n’est satisfaisant. 

    Les solutions sont difficiles à trouver, on ne peut le nier. Les polémiques politiciennes sont stériles et ne font rien avancer. Il faut donc que toutes les parties avancent ensemble pour essayer au moins de limiter les atteintes aux personnes: migrants, riverains, routiers ou automobilistes, forces de police, pompiers et services de santé...
     

    Comme je le disais dans un article du  31 décembre 2014 :

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/a-propos-du-mur-de-la-honte-au-port-de-calais-a114055448

    "Le choix actuel du traitement du problème ressemble à une politique de l’usure à coups de mesures sécuritaires et sans mesures humanitaires qui peuvent atténuer les violences dues à des situations intenables de précarité."

    Je ne peux que confirmer mes propos et ceux contenus dans l'article et qui restent d'actualité. Il semble néanmoins qu'il y ait évolution sur le plan humanitaire si le démantèlement de la "jungle" est fait comme annoncé. Car s'il est bien organisé en amont, cohérent par rapport à la situation de chacun des migrants, on peut espérer un progrès. A suivre...

    Mais il est clair que le flux de réfugiés n’est pas appelé globalement à se tarir - même si on ferme la jungle de Calais- si d’autres mesures ne sont pas prises de manière coordonnée au niveau européen et si la Grande-Bretagne ne fait pas des efforts d'accueil notamment  en ce qui concerne les enfants ou les migrants qui ont leurs famille sur son territoire.

    C’est la triste réalité et la polémique n’arrangera rien. 

    Dans le journal le MONDE du 15.09.2016 , « Olivier Clochard, géographe à Migrinter (CNRS, université de Poitiers) et membre du réseau Migreurop, observatoire des frontières, la construction de murs tels que celui de Calais ne freine nullement les migrations. » Il cite le chiffre de 80 000 migrants qui ont été arrêtés par des gardes frontières en France. Selon lui, les exemples de la Grèce et du Maroc montrent qu’un mur ne freine pas les arrivées. Les migrants prennent d’autres chemins souvent plus « difficiles et dangereux ». (http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/15/mur-antimigrants-a-calais-ces-obstacles-ne-freinent-pas-la-migration-ils-la-compliquent_4998287_3214.html)

    Avec un mur, on peut donc juste bricoler...

    LE BRICOLAGE PAR DÉFAUT DE SOLUTIONS EUROPÉENNES ET INTERNATIONALES

    Car pour l’instant, à Calais on a bricolé pour empêcher les migrants de passer au royaume Uni. Ailleurs on bricole pour les empêcher de passer en France comme à Vintimille, en Italie où la frontière franco-italienne ne laisse plus passer les migrants vers la France depuis le mois de mai. Une mini jungle se met en place...Ailleurs encore, même système de retenue pour les empêcher de passer en...Europe.

    Le mur de Calais c’est cela : Le symbole d’un bricolage qui a commencé, en France, avec les accords du TOUQUET en attendant qu’enfin une politique européenne et mondiale digne de ce nom se mette en place avec les moyens adaptés pour permettre à ces réfugiés - fabriqués par les guerres que nous n’avons pas su arrêter du fait du manque de réalisme et de détermination de l’Europe, des USA et de l’ONU- de retourner chez eux. Que de temps perdu au niveau de l'Europe à ne rien voir venir et ne pas faire grand chose d'efficace si ce n'est retenir le flux aux frontières de pays qu'on"paye" pour cela: la politique du mur ou du grillage ou du camp de rétention : Plus de douze ans ans déjà !

    Pour l’instant, les migrants quittent leur pays et essayent de survivre ailleurs. Il voudrait bien ne pas fuir...

    Mais que peuvent –ils faire d’autre ?

    Et le pire est qu’ils se retrouvent devant un mur, notre « mur » ici, un autre mur ailleurs...

    HONTEUX !

    Il est donc prouvé que les murs pour empêcher les migrants de passer ne freinent pas les passages : au Maroc, en Grèce ça n’a rien freiné mais a augmenté les risques pour les réfugiés qui empruntent d’autres solutions ou parcours pour passer avec une augmentation du nombre de morts. Selon les chiffres du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, depuis 2014 plus de 10 000 migrants sont décédés en méditerranée pour rejoindre l'Europe...

    Il faut donc passer à d'autres solutions.

    Pour ma part j’estime que la chose la plus importante que nous pouvons faire c’est de mettre en place partout où nécessaire en France, des conditions d’un accueil qui soit celui de la dignité pour celles et ceux qui demande l’asile...
    en attendant que l’Europe et l’ONU se remuent enfin.

    A nos gouvernants et à ceux des autres pays d’agir VITE et de MANIERE DETERMINEE y compris par la PRESSION pour impulser le changement.

    CA URGE...depuis longtemps.

    C’est de leur responsabilité.

    Et ça doit et peut se faire sans bricoler...

    EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE

    Les politiques européenne et internationale doivent répondre dignement à l’afflux des migrants et réfugiés dont le nombre va augmenter dans l’avenir notamment du fait du réchauffement de la planète dont les pays dits développés sont en grande partie responsables. Tout cela doit se maîtriser pour regarder l’avenir du monde en face avec la nécessité d'arrêter les guerres avec détermination comme cela ne s'est pas fait jusqu'à présent. La Syrie en est un exemple flagrant. De la situation actuelle, l'Europe, les États Unis et l'ONU en portent la responsabilité de ne pas avoir agi quand il était encore temps de le faire malgré l'appel d'un certain nombre de pays européens dont la France.

    Ce n’est pas gagné et ce n’est pas en élisant aux prochaines présidentielles l’un(e) ou l’autre candidat populiste qui ne mettent en avant que la peur des migrants, divisent la population et pratiquent la politique de manière obsolète ou qui nient les réalités concrètes des incidences du climat sur l’avenir de notre planète qu’on avancera pour stabiliser un monde dont l’environnement doit s’équilibrer pour que nos enfants et petits enfants puissent vivre dans un futur de paix débarrassés des nuisances mortelles de la guerre qui actuellement s’amplifie dangereusement.

    Là est l’important et il faut le réaffirmer pour faire quelque chose chacun à son niveau en refusant de se laisser manipuler.

    MUR DE CALAIS : J’Y REVIENS... 2 sur 2

    (image modifiée par P.P. deYomare pixabay CCO domaine public)

     

    * En Australie :

    Le Premier ministre libéral australien, Tony Abbott a mis en place, en 2013, un système nommé "Frontières souveraines" :

    -interception des bateaux de migrants en pleine mer et renvoi vers les points de transit souvent en Indonésie

    -emprisonnement en pleine mer dans les eaux internationales pour interrogatoire

    -pour les migrants qui débarquent en Australie : placement automatique dans des camps de rétention administrés par l’Australie, sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, sur l’île de Nauru, dans l’océan Pacifique, ou encore sur l’île Christmas, dans l’océan Indien ou au Cambodge, pays pauvre et corrompu, avec lequel l’Australie a passé un accord en y transférant par bateaux des réfugiés en échange d’une aide de 28 millions d’euros. Amnesty International a donné l’alerte à plusieurs reprises et a mis en cause la "capacité du Cambodge à accueillir des réfugiés" en raison des droits humains qui y sont en vigueur.

    Pas de possibilité de demander l’asile. Dans ces camps de rétention des ONG dénoncent des trafics sexuels, des viols y compris sur des mineurs...

    Tout cela est couvert par le secret défense ce qui induit le silence sur les pratiques dans ces camps.

    *Au Danemark : Copenhague a rétabli les contrôles à la frontière avec l’Allemagne et une loi votée en janvier 2016 (adoptée à 81 voix sur 109 par les députés) prévoit notamment de confisquer les biens des migrants au-delà de 1.340 euros. Le gouvernement a fait marche arrière sur la confiscation des bijoux face aux critiques venues de l’étranger.

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