• LE POPULISME SELON MARLÈNE SCHIAPPA

    On pourrait aussi intituler cela : de la manière dont madame Marlène SCHIAPPA conçoit l’information...

    Elle aurait pu dire aussi «  On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » mais ça ne serait pas gentil pour les téléspectateurs considérés comme des mouches et pour « Envoyé spécial » et « Cash investigation », le vinaigre. Chez Hanouna, le miel ?...

    Un peu simpliste...peut-être.

    LE POPULISME SELON MARLÈNE SCHIAPPA

    DU MIEL OU DU VINAIGRE ?

    Marlène Schiappa, Secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes déplore en effet "une forme de populisme" chez "Envoyé spécial" et "Cash investigation":

    (https://www.ozap.com/actu/marlene-schiappa-deplore-une-forme-de-populisme-chez-envoye-special-et-cash-investigation/576608)

    « Je trouve que quand on montre sans cesse, sur le service public de surcroît, aux gens, des exemples de politiciens corrompus, d’hommes et de femmes politiques véreux, de gens qui détournent de l’argent […] Quand on ne montre que ça, je crois qu’on installe dans l’esprit des gens 'Wouah, ils sont tous comme ça. Et je trouve que c’est un peu une forme de populisme de dire ils sont tous pourris. » ( Interview site de Télé Loisirs du jeudi 28 mars 2019)

    En bref, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ?

    Cash Investigation a répondu sur le compte Twitter officiel de l’émission :

    «  Lorsque Cash Investigation enquête sur le plastique, la surpêche, les implants, l’optimisation fiscale et les conditions de travail des salariés, pour vous c’est 'une forme de populisme'. Pour nous ce sont des sujets d’intérêt général. »

    La même Marlène Schiappa affirme sur la chaine « public sénat » :

    «Si vous voulez faire parler d’un sujet politique, il faut mettre Cyril Hanouna dedans»

    Elle avait déjà expliqué avant le débat que « C’est une « bonne initiative que d’aller s’adresser à 700 000 personnes qui regardent l’émission de Cyril Hanouna et qui peut-être n’auraient pas su comment participer au grand débat national ».

    Comme je le disais à ce propos dans un article du 25 janvier 2019, le jour de l’émission: « Tout cela est plein de sous-entendu vis à vis du public concerné. Ne serait-il pas capable sans cela de s’intéresser à ce type de débat parce qu’il est spectateur assidu des émissions de Cyril Hanouna ? Après le show de la tournée des départements par Emmanuel Macron, c’était le show débat spectacle télévisé animé par une ministre. » (Mes propos sur http://quaiducitoyen.eklablog.fr/le-grand-debat-peut-on-faire-exploser-la-nasse-a158456688).

    LE POPULISME SELON MARLÈNE SCHIAPPA

    Tout le monde ne regarde pas les émissions de Cyril Hanouna et même si dans les faits, la participation de madame Schiappa a augmenté l’audience ce n’est pas cela qui fait que l’émission était de qualité. A mon sens, lors de cette émission, et pour ce que j’en ai vu, il manquait les personnes expertes nécessaires pour donner des informations importantes permettant de débattre sur le fond de nombre de choses. La Secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes a estimé que son passage dans "Balance ton post" sur C8 a joué un rôle décisif dans le "succès du grand débat national". C’est son point de vue. Ce n’est pas le mien.

    Succès ? Quel succès ? Le grand débat national n’est pas un succès. J’y reviendrai.

    MADAME SCHIAPPA ET LE POPULISME.

    Je me rends finalement compte que « populisme » est un mot utilisé un peu par n’importe qui ou tout le monde, médias compris , n’importe comment aussi, pourvu qu’il soit utile à celui qui l’utilise et en l’occurrence le politicien. Un mot à la mode...en quelque sorte mais qui sert à mon sens à brouiller les idées pour peu que celui qui l’emploie en connait la signification ce qui justement n’est pas si simple.

    Je ne vais pas m’amuser à recopier tout ce qu’on trouve dans les dictionnaires ou sur Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique) concernant ce mot.

    Quand on utilise un terme vaut mieux s’informer sur ce qu’il signifie.

    Ce que j’ai fait. Bien m’en a pris sinon je ne me serai contenté que de critiquer la déclaration de la ministre ce qui en définitive ne servirait à rien d’autre qu’à exprimer ma mauvaise humeur. C’est déjà çà mais me semble insuffisant.

    Et quand c’est le terme « populisme », il y a de quoi faire à s’informer et on peut ouvrir un débat infini qui peut difficilement se clore.

    Le terme « populisme » n’a donc été utilisé ici par madame Schiappa que dans un sens qui pourrait être celui de discréditer les émissions d’information citées. Cela est facile puisque, s’adressant au grand public abreuvé par la répétition du terme mis souvent dans un contexte péjoratif, il en advient que qualifier quelque chose de « populiste » revient à discréditer.
    Car en réalité, qui sait bien ce qu’est le « populisme »?

    LE POPULISME SELON MARLÈNE SCHIAPPA

    (auteur geralt, CC0 domaine public)

    On pourrait en effet tout à fait retourner la critique, si c’en était une, à madame Schiappa qui ferait du « populisme » en participant à l’émission de Cyril Hanouna pour faire de l’audience pour une émission qui n’a pas été de débat mais plutôt une consultation des téléspectateurs sur des propositions triées lors de l’émission. C’est donc, en somme une sorte de référendum à choix multiple qui a été organisé auprès de téléspectateurs anonymes qui eux n’ont pas échangé mais choisi « sept idées » parmi d’autres.

    Cela plait à certains , c’est populaire donc sans doute populiste?

    Ces moyens hors normes pour organiser un référendum pour tenter de faire participer des téléspectateurs est-il bien normal ? N’est ce pas populiste ?

    On peut se poser la question.

    Celui qui a nommé Marlène Schiappa comme ministre, à savoir le président Emmanuel Macron, a dénoncé le système des partis comme facteur d’immobilisme. Il mène ses « réformes » ou plutôt ce que j’estime ses « destructions » des piliers de la solidarité nationale au service d’un néo libéralisme qui favorise les « élites méritantes » en opposant les travailleurs du privé et les fonctionnaires du public, par le biais de la jalousie statutaire, ceux qui ne sont pas « protégés » contre ceux qui sont « soi disant protégés » et puis les actifs contre ceux qui sont une charge pour la nation les retraités par exemple qu’il faut faire contribuer plus... Diviser pour régner.

    On pourrait dire aussi que c’est du « populisme », non ? !

    Et dans ce cas, pourquoi ne pas affirmer qu’Emmanuel Macron a acquis le pouvoir en faisant du populisme avec ses formules « à droite et à gauche » ou en «  en même temps » en direction des électeurs pour détruire le poids des partis. Il mène sa gouvernance en ignorant les corps intermédiaires, en organisant un illusoire « grand débat » image même de la manière de faire croire au peuple qu’il a son mot à dire alors qu’il continue d’imposer sa politique.

    FAIRE CROIRE QU'ON EST DE DROITE ET DE GAUCHE EST UNE MYSTIFICATION

    (auteur Clker-Free-Vector-Images, CC0 domaine public)

    L’organisation du grand débat n’est- il pas une forme de populisme ?

    Discréditer comme il est fait par le pouvoir le mouvement  des Gilets Jaunes et aidé en cela par certains médias,  n’est ce pas populiste vis à vis des autres citoyens ?

    C’EST CELUI QUI LE DIT QUI L’EST

    Je ne voudrai pas me faire accuser de machisme par madame la Secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, je rectifie donc «  C'EST CELLE QUI LE DIT QUI L’EST »... populiste.

    Comme le dit très bien Florence d'Assier de Boisredon, (dans Écouter, un art de la présence, éditions Desclée De Brouwer, 2011), « La projection permet aussi de mettre à l’extérieur et d’attribuer aux autres ce que nous refusons de voir en nous. L’expression populaire : « C’est celui qui dit qui l’est ! » l’exprime bien. »

    Comme quoi, le populisme semble se nicher partout et qu’on peut l’appliquer à tout en fonction des intérêts de celui qui l’emploie.

    Le contour du mot "populisme" est donc bien flou et varie selon celui qui l'utilise y compris en mettant dans le même sac des partis qui n’ont rien en commun comme le Rassemblement National ou la France Insoumise parce que cela sert les intérêts de La République En Marche.

    Dans ce cas, en suivant de stupides et générales appréciations, comme certains médias, chroniqueurs ou politiciens le font c’est à dire sans nuance, sans finesse, je pourrais mettre tous les autres partis dans le même sac, LREM compris mais aussi le LR, le PC, le PS.... Dire « populiste », ça permet de classer et de ne pas approfondir les actes et les idées.

    Il n’est pas possible de faire ainsi si on a pour le moins conscience de la gravité et de la portée des propos qu’on tient.

    Ainsi je ne qualifierai pas le Front national de parti populiste mais de parti d’extrême droite et nationaliste ce que n’est pas la France Insoumise qui a une toute autre vision de la société et des hommes pour peu qu’on se soit intéressé à ses idées. De même je ne qualifierai pas La République En Marche de mouvement ou parti nationaliste mais en regardant de près l’action de ceux qu’il soutient de mouvement qui prône des idées néolibérales qui comme le fait bien comprendre Emmanuel Macron dans ses discours et ses actes n’ont pas d’alternatives. Je pourrai continuer ainsi avec les Républicains, Debout la France, le PS, le PC, Lutte ouvrière, le NPA... pour ne citer que ceux-là. Mais ça serait hyper long...

    Pour ma part je préfère ne qualifier les partis ou organisation que par rapport à ce qu’ils distillent comme idées ou par observance des actes qu’ils opèrent. C’est cela qui me fait choisir les directions politiques auxquelles je peux m’attacher et pas à de vagues considérations comme quoi une fois qu’on a dit que « c’est populiste » on a tout dit et c’est rangé dans « le sac » avec une étiquette qui n’est que du vent.

    Je bannis donc les mots « populiste » et « populisme » de mon vocabulaire... et préfère donc appeler un chat un chat.
    Miaou...

    LE POPULISME SELON MARLÈNE SCHIAPPA

    (auteur Schmidsi, CCO domaine public)

     

     

    * Florence d'Assier de Boisredon, : Psychologue, psychanalyste, je suis engagée dans l’accompagnement et la formation à l’écoute. J’ai travaillé pendant dix-huit ans aux côtés de Simone Pacot.

    J’exerce actuellement comme formatrice, conférencière et superviseur. Je suis également l’auteur chez Desclée de Brouwer de Écouter, un art de la présence.

    (https://www.ecouteetpresence.com/lauteur/  )

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