• EMMANUEL MACRON ET SON MIROIR AUX ALOUETTES - 2 sur 3

    Pour faire suite donc aux propos concernant les premiers jours de Présidence d’Emmanuel Macron qui semble tenir la tête par son mouvement « La République En Marche » pour les prochaines législatives – d’après les sondages - je poursuis par l’inventaire de ce qui a été dévoilé comme mesures en cette période propice pour montrer ce qui va dans le sens du poil de l’électorat qu’on veut convaincre.

    EMMANUEL MACRON ET SON MIROIR AUX ALOUETTES - 2 sur 3

    (auteur JamesDeMers, CC0 domaine public)

    Je ne m'attacherai qu'à quelques thèmes: la moralisation de la vie publique, les mesures pour l'Ecole, l'augmentation du pouvoir d'achat, la suppression des fonctionnaires, la Task-Force anti-terroristes. Autant de thèmes phares à mettre en valeur pour leur apparence positive mais dont on ne voit pas  forcément les défauts cachés...

     

    MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE :

    Je ne reviens pas sur les divers soupçons quant à certains ministres ou même candidats aux législatives triés sur le volet par la machine électorale « Macron ». A chacun d'y réfléchir.

    Le projet de loi de moralisation de la vie publique préparé par François Bayrou n’est plus appelé comme cela. Il s’agit de plusieurs projets de "loi pour la confiance dans notre vie démocratique". (http://www.vie-publique.fr/focus/confiance-vie-democratique-vers-reforme-constitution.html). Mais qu’importe.

    Si elle contient quelques progrès par rapport à l’existant comme la suppression de la Cour de Justice et le fait que les anciens présidents de la République ne puissent plus siéger au Conseil Constitutionnel, un meilleur contrôle des dépenses de l’enveloppe des indemnités des députés, il n’en reste pas moins vrai que ce n’est pas la limitation à trois mandats successifs pour les députés et les maires ou président des grandes agglomérations qui va véritablement permettre un sursaut démocratique du pays.

    La réflexion dût être poussée plus loin pour, d’une part, voir les conséquences sur le terrain d’une telle mesure et, d’autre part, déterminer quel système mettre en place pour permettre qu’il y ait plus de citoyens qui puissent prendre des responsabilités électives.  

    Pour ce qui concerne les conflits d’intérêts, il n’y a aucune raison de faire des exceptions quant au cumul de la fonction de député et de conseil.

    C’est une loi qui va dans le bon sens mais qui n’est donc pas assez fouillée parce que rédigée dans la hâte pour montrer à l’électeur qu’on veut moraliser la vie publique en cette période d’élections législatives.

    Ainsi, limiter à trois mandats successifs revient à « virer » un Maire ou un parlementaire même s’il a bien fait son travail. A mon sens il faut laisser le soin aux habitants de la commune ou de la circonscription de décider.

    Qu’un député ou un sénateur ne puisse plus être Maire et inversement est une bonne chose. C’était d’ailleurs ce qui devait s’appliquer avec la loi précédente.

    Par contre rien n’est dit quant aux cumuls locaux et par exemple être Maire et Président d’une intercommunalité ou d’un tas de présidences annexes que cumulent en général les Maires qui mais qui pourraient être délégué à nombre de conseillers ou d’adjoints.

    Ainsi les parlementaires peuvent conserver un mandat local non exécutif : conseiller régional, départemental, municipal… voire deux s’il s’agit d’une intercommunalité (comme il faut obligatoirement appartenir à un conseil municipal pour être également élu dans une intercommunalité, ce dernier type de mandat ne compte pas dans le calcul).

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    (Proportionnelle Schéma explicatif du monde de scrutin proportionnel, auteur @lankazame - CC BY-SA 3.0)

    A quand un examen du nombre de députés et de sénateurs qu’il faudrait réellement pour faire fonctionner la France dans de bonnes conditions au niveau parlementaire ? Le programme d’Emmanuel Macron annonce une diminution et des chiffres sans aucune explication.

    A quand une modification de la loi électorale pour permettre aux français d’être mieux représentés grâce à la proportionnelle ?


    La composition de la liste des candidats de « La République En marche » me fait douter de la volonté de changement clamé par le nouveau Président. (Voir mon précédent propos http://quaiducitoyen.eklablog.fr/emmanuel-macron-et-son-miroir-aux-alouettes-a130426356 et l’article des Décodeurs du Monde http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/06/06/qui-sont-les-candidats-de-la-republique-en-marche-l-enquete-du-monde_5139646_4355770.html)
    Apparemment si nombre de ces candidats étaient élus, ils accentueraient le déséquilibre représentatif de l’assemblée.

    Peut donc beaucoup mieux faire !

    ÉDUCATION

    Le nouveau ministre, à peine arrivé dans son ministère et sans avoir consulté quiconque, fait des annonces, détricotant d’ailleurs ce qu’a fait la collègue qui l’a précédé.

    - 12 élèves par classe en REP, mesure alléchante pour le grand public mais qui aura comme conséquence la suppression de la mesure « un maître de plus par classe » qui produit des effets et qui n’a pas encore été évalué. Il ne pourra en effet pas mettre un maître pour 12 élèves par classe dans les CP de REP sans les prendre sur le contingent actuel des REP même s’il dit créer 5 000 postes pour le faire. Il en faut au minimum 10 à 12 000 ! DÉSHABILLER FRANÇOIS POUR HABILLER EMMANUEL, ceci dit pour moderniser la vieille formule déshabiller Paul pour habiller Jacques. ( (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-eleves-et-les-enseignants-ne-sont-pas-des-pions-a130154650 )

    Le type même de la mesure prise sans réflexion sur les incidences à tel point que le flou commence à s’installer sur la possibilité de le faire à la rentrée.

    Mais nous sommes en campagne électorale. Ceci explique sans doute cela.

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    tomber de Charybde en Scylla

               ou inversement

     

     

    - La semaine de 4 jours : le retour...

    Les réformes de Darcos et de Peillon n’étaient pas des réformes mais juste des modifications électoralistes qui n'ont jamais, si ce n'est de manière amplement négative, apporté de changements fondamentaux pour tenir compte des rythmes (tous les rythmes) des enfants et des jeunes. La preuve en est: on ne parle que de "rythmes scolaires" ce qui ne veut rien dire. Il faut refuser ce terme. Continuer de débattre sur le semaine de 4 jours ou 4 jours et demi pour mettre des cataplasmes sur une jambe de bois est inutile.

    Avec monsieur le ministre Jean-Michel Blanquer, chaque commune fera ce qu’elle voudra et on va recommencer les consultations...des parents. (Des communes l’ont déjà annoncé dans le Nord).

    Il faut aller beaucoup plus loin sur les rythmes. Et c’est le rôle de l’institution éducation nationale que de le faire non pour réorganiser les activités extra-scolaires après la classe comme cela a été fait jusqu’alors mais pour prendre réellement à bras le corps et en compte « les rythmes des enfants et des jeunes ».

    Comme quand Peillon a   sorti son décret, je redis que ce qu’il fallait proposer c’était une vraie refondation qui tienne compte des programmes et du temps qu'il faut pour que les enfants puissent apprendre, les pédagogies qu'il faut diversifier (sous entendu aussi une formation des enseignants digne de ce nom ce qui n’est pas le cas actuellement). Une fois évalué le temps à passer pour apprendre, on pourra organiser les "rythmes" (tous) qu'ils soient journaliers, hebdomadaires et annuels non pas en fonction des désirs souvent égoïstes des adultes dont les politiques se servent de manière électoraliste, non pas en fonction des lobbies du tourisme mais bien en fonction des élèves que ce soit à l'école ou ailleurs, l'enfant ou le jeune étant un tout et non seulement un élève... et pas un pion.

    Ce n’est pas apparemment le chemin qu’a pris le nouveau ministre.

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    (Cadran solaire Cadran solaire à Saint-Rémy-de-Provence, auteur Greudin — Photo personnelle, en 2002. domaine public)

    - Le redoublement : Là encore une annonce faite sans réflexion en pleine campagne électorale pour faire croire qu’on agit. Je le disais en décembre 2012, après l’annonce inverse faite par Vincent PEILLON dans le cadre de la refondation de l’école de réduire le doublement des élèves.

    On ne pouvait être que d’accord sur cet objectif d’autant que l’on sait que le redoublement n’améliore pas, dans la grande majorité des cas, le niveau des élèves.

    Mais il ne suffit pas de le dire : Le problème est de quelle manière sont pris en charge les élèves à l’école pour qu’ils puissent avancer et apprendre.  Il faut que l’on considère  chaque élève selon  ses difficultés dues à son milieu socio culturel, ses rythmes …

    Le redoublement est donc de nouveau considéré en France comme le moyen  le plus apte à  remédier aux problèmes scolaires ce qui est une erreur. Sans doute est-ce plus facile que de mettre les véritables moyens pour améliorer la prise en charge de tous les élèves et notamment ceux en difficulté.

    Le débat du pour ou contre le redoublement est donc un faux débat.

    - Le serpent de mer des devoirs :

    Une mesurette de plus qui bien sûr ne prend pas en compte le rythme des enfants et des jeunes. On annonce que l’on fera prendre en charge l’aide aux devoirs par des retraités, des bénévoles, des jeunes du service civil... Là encore une annonce à la va vite sans réflexion quant à ses modalités et la prise en charge concrète.

    - Les stages de CM2 l’’été

    « Dès cette année, nous allons donner aux élèves de CM2 la possibilité de bénéficier de soutien gratuit, avant l'entrée en sixième. » avec des « stages d'une semaine », qui se dérouleraient fin août dans les collèges, « au moins en éducation prioritaire, et si possible plus largement ».

    « Des enseignants volontaires, rémunérés sur la base d'heures supplémentaires » les assureraient. Ces stages seront « centrés sur le français et les mathématiques [pour] faire en sorte que tous les élèves sortent du primaire en sachant lire, écrire, compter et respecter autrui », poursuit le ministre de l'Education.

    L’enseignant que je fus est mort de rire quand il entend ces propos. Du grand n’importe quoi ! Comme si c’était avec un stage d’une semaine qu’on allait « faire en sorte que tous les élèves sortent du primaire en sachant lire, écrire, compter ».   Pour arriver à cet objectif il faut que l’on mette en place, par exemple, les véritables moyens d’une pédagogie différenciée dans les classes, une vraie formation initiale et continue des maîtres qui pour l’instant sont largement insuffisant. Faire croire que l’on va corriger les dérives de l’école par des rattrapages extérieurs durant les vacances est une ineptie de plus.
    C’est à l’école qu’on doit apprendre...

    Je l’ai dit par ailleurs « Le programme pour l’école d’Emmanuel Macron n’est pas le reflet d’un vrai projet cohérent pour l’école pour laquelle aucun moyen supplémentaire véritable n’est attribué si ce n’est à la marge. Il me fait l’effet d’une accumulation de mesurettes qui ne pourront pas améliorer sensiblement la prise en charge des élèves pour une meilleure réussite de chacun. »

    Les premières décisions qui viennent d’être annoncées pour la prochaine rentrée scolaire confirme cette conclusion et montre que le nouveau Président, dans sa course à vouloir montrer qu’il va agir "vite", ne tient pas compte du terrain, des enfants, des parents, des enseignants et des collectivités locales et du travail qui y est menée.

    Cela augure mal de la suite.

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    A suivre dans la partie 3...

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