• DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...

    (Pochette de Rustines, années 1990,auteur Paco Girasol                                                                                       GNU Free Documentation License version 1.2 )

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...Au lieu d’essayer de mettre des rustines à un « décret » qui a crevé avant de rouler, il est sans conteste indispensable de le modifier en profondeur ou de l’abroger pour le réécrire, impulser la mise en place de véritables projets locaux concertés, élaborés et construits au sein des conseils d'école avec tous les partenaires qui agissent ensemble pour améliorer les rythmes de vie de l'enfant qui doivent être considérés dans leur ensemble.

    Le paradoxe du décret PEILLON a été de vouloir faire croire à une réforme des rythmes « scolaires » alors que l’on a traité que du temps des activités périscolaires, le temps scolaire n’étant que minoritairement pris en compte.

    Comme je le disais dans mes écrits précédents : ce décret n’a favorisé aucun changement dans les classes au niveau des pratiques, des conditions d’apprentissages des élèves pour leur permettre un meilleur équilibre des temps et des moments d’apprentissages, au niveau de la prise en charge des enfants et notamment ceux en difficulté.

    Car là est l’essentiel pour essayer de mettre en place une école de la réussite* pour tous les élèves. 

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...TOUT EST À REFAIRE

    Le décret, d’abord, qui doit être réécrit pour permettre

    -       plus de souplesse et d’autonomie de fonctionnement des équipes pédagogiques  indispensables si on veut un changement en profondeur des pratiques notamment durant le temps scolaire

    -       de redonner le pouvoir d’élaboration des projets et le pouvoir de décision à la communauté éducative et pas de manière séparatiste aux seules collectivités locales.

    Cela ne casse pas ce qui est en cours mais permet de rectifier et de donner le temps de bien faire. 

    Ensuite, le calendrier d’application de mise en œuvre est à revoir.

    En rester pour toutes les écoles à une application à la prochaine rentrée relève de l’hypocrisie. Je l’ai dit : « La fin de l’année scolaire avec sa surcharge de travaux à faire dans les écoles (passage de classes, orientation, ...) n’est pas propice à permettre de revenir sur des projets dans le cadre d’une vraie concertation de tous les partenaires. Une vraie concertation ne se fait pas à la va vite et rien ne pourra changer sans cela. » 

    DES PROPOSITIONS :

    Elles sont sans prétention, à enrichir et à débattre pour aider à sortir de l’ornière...

    Là où des projets ont été sérieusement discutés et décidés en vraie concertationon pourra démarrer à la rentrée 2014 dans le cadre décisionnel d’un nouveau décret qu’il est facile de sortir en mai 2014. 

    Pour les écoles qui ont dû mettre en place la réforme à la rentrée 2013vu les conditions dans lesquels certaines « organisations » ont été déposées dans la précipitation et la non concertation, le mieux est de permettre de modifier les projets dans le courant de l’année scolaire 2014/2015 et exiger des rectifications là où cela a été mis en oeuvre au profit de véritables projets élaborés  en véritable concertation conformément à un nouveau décret qui en fixe les modalités et les obligations.

    La mise en œuvre du projet modifié pourrait se faire à la rentrée 2015.

    Pour toutes les autres écoles, Il faut prendre le temps et donc reporter à la rentrée 2015, la mise en place de l’organisation d’une nouvelle semaine pour laisser le temps aux acteurs du terrain de se concerter réellement sur les bases d’une vraie information  qui mette chacun au même niveau de connaissances sur les rythmes et d’un nouveau décret qui ne sera pas un carcan pour les écoles et les équipes pédagogiques.  Ce n’est pas le cas actuellement. 

    Dire le contraire c’est nier la réalité du terrain.

    POUR EN REVENIR AUX VACANCES

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...En annonçant les possibilités d’assouplissement - comme la réduction de la journée scolaire- on prend le problème à l’envers et on en profite pour s’attaquer de manière aléatoire aux vacances sans prendre le temps d’y réfléchir sérieusement avec le risque qu’on s’engage ici ou là dans du « n’importe quoi » plus favorable aux préoccupations des adultes qu’à celles des besoins des enfants.

    C’est vrai qu’il faut revoir l’organisation de l’année scolaire et donc aborder le sujet des vacances  scolaires. Mais une fois encore, il faut cesser d’aller dans le sens du simplisme qui n’appelle pas à une vraie réflexion sur le sujet et ne pas mettre la charrue une fois encore avant les bœufs pour aller vite…et dans le mur d’un faux changement.                                                                                                                                               

    On doit  partir de l’optique que ce n’est pas la quantité et donc notre nombre d’heures de travail annuel qui est le plus important : C’est prouvé quand on constate les meilleurs résultats obtenus dans d’autres pays comme par exemple  la Finlande (608 heures annuelles pour les 7 à 8 ans, 640  pour les 9 à 11 ans), le Japon (709 heures et 770,  l’Allemagne  (635 et 790).    En France c’est  840  pour les 7 à 8 ans et 902 pour les 9 à 11 ans.  « Dans le primaire entre 2001 et 2006, la France est passée du 18e au 27e rang, avec 32% des écoliers français jugés faibles ou très faibles pour une moyenne européenne de 25%. »(OCDE 2010).

    Ca prouve bien que quelque chose ne tourne pas rond en France.

    Il faut donc avant toute chose considérer la qualité de ce qui sera fait durant ces heures, avec la cohérence et le contenu nécessaire des programmes, les organisations pédagogiques et les moyens nécessaires. Si refondation il y a, elle sera en grande partie pédagogique ou ne sera pas.

    Seuls des programmes enfin dépoussiérés  de leurs lourdeurs, de leurs incohérences  et de leurs inutilités permettront de régler nombre de problèmes actuels de notre système éducatif y compris les rythmes, la durée de l’année scolaire parce qu’enfin on pourra estimer  combien d’heures il faut consacrer à l’enseignement et qu’on pourra ainsi déterminer les périodes durant lesquelles l’élève sera enseigné dans le cadre d’une continuité cohérente.

    Si on accélère la refonte des programmes, on pourra connaître le nombre d’heures nécessaires aux apprentissages et revoir au plus tard pour la rentrée 2016, après une année de travail des équipes éducatives sur leur projet, l’organisation des rythmes journaliers hebdomadaires et annuels. C ‘est une deuxième phase de l’affinement des projets.

    UN DERNIER POINT : POUR EN FINIR AVEC LA SEMAINE DE 4 JOURS

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...Il semble donc indispensable d’abroger, pour la prochaine rentrée et pour toutes les écoles qui ne se sont pas encore engagées, le décret sur la semaine de 4 jours mis en place à la hussarde par Xavier DARCOS et de revenir à l’organisation antérieure avec le travail le samedi sans plus d'obligation.  Ne pas le faire c’est continuer ici avec la semaine de 4 jours et là avec une semaine de 4 jours et demi mal organisée car on n’en aura pas pris le temps de la réflexion.  

    Il faut redonner de l’oxygène…  Et cela ne sera pas une charge supplémentaire pour les communes.  

    Les rythmes de vie de l’enfant et du jeune ont en réalité été quasiment absents de la réflexion qui a mené à « pondre » le décret. Il a amené à faire des organisations qui tournent souvent autour de créneaux horaires scolaires en bouchant les trous avec des activités périscolaires sans rien changer pour une meilleure prise en charge des élèves pendant le temps scolaire. Deux organisations s’enchainent souvent sans réelles complémentarité sans parler des difficultés d’organisation souvent peu réfléchies en amont de la mise en place.  

    LA CONCERTATION ET LE PARTENARIAT

    Le partenariat doit se définir comme une association active de différents intervenants qui, tout en ayant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser des objectifs communs. Dans ce cadre  ils doivent y avoir un intérêt, une responsabilité, une motivation mais aussi une obligation acceptée qui les engagent conjointement.

    Ce n'est pas le plus facile à obtenir.

    Je le répète : Le CONSEIL D’ECOLE* est le seul lieu où doivent se concerter et se décider pour proposition au DASEN des projets qui auront vraiment été élaborés par la communauté éducative. C’est à cette dernière que doit être redonnée la décision de proposition que le décret a fait confisquer au profit des seules collectivités locales.

    POUR TERMINER ET AJOUTER UN PETIT CAILLOU DANS LA MARE ou l’OCEAN DE LA REFLEXION 

    Pourquoi l‘école privée n’est-elle pas tenue de mettre en œuvre la « réforme » ? Pourtant ,la plupart de ces écoles sont sous contrat d’association avec l’Etat.

    Le gouvernement de gauche accentue la concurrence entre l’école publique et l’école privée qui s’organise comme elle veut sans doute au nom du « saint libéralisme » qui semble être la nouvelle doctrine du parti socialiste.

     

    J’y reviendrai...aussi...car refonder le système éducatif ne doit tolérer aucune exception...

    DECRET SUR LES RYTHMES : CE QU’ON POURRAIT FAIRE ...

     (sentier de la mare, auteur Michal.sfinks, domaine public)

     

    * Une école de la réussite pour tous les élèves : est-ce une utopie, un défi, une réalité accessible ? (Question posée au congrés de la FCPE Nord de juin 2012)

    Ce sont bien sûr les trois à la fois : il faut proposer des solutions réfléchies de mise en œuvre des conditions et des moyens nécessaires pour que nos enfants réussissent à l’école et donc continuer à relever le défi de la réussite pour tous. Pour cela il faut les efforts conjugués de tous les acteurs qui comptent dans l’acte éducatif : enseignants, parents et élèves, qui doivent travailler ensemble pour que l’enfant ou le jeune ait une scolarité de qualité.

    Il ne faut pas bien sûr oublier que l’École n’échappe pas au contexte social de son époque.

    Ceci étant dit, les conditions de la réussite des élèves dépendent bien entendu aussi de l’organisation et du fonctionnement du Système Éducatif, et l’École a pour mission de proposer des formes variées de réussite. La pédagogie y a sa place majeure et la difficulté scolaire un état qui ne doit pas rester figé définitivement pour l’élève dans la mesure où l’école doit aider à la surmonter par des moyens , des dispositifs variés, des mesures adaptées... Facile à dire ...et pas facile à faire mais il faut continuer de s’y atteler.

     

    *Conseil d’école : « Le conseil d'école est l'organe qui prend les grandes décisions dans la vie de l'école, notamment le vote du règlement intérieur de l'école et l'organisation de la semaine scolaire. »

    On trouvera la composition et les attributions du conseil d’école sur le site officiel de l’Administration française : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1399.xhtml

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  • Commentaires

    1
    Samedi 3 Mai 2014 à 16:21

    A lire comme le ministre devrait le faire, l'avis éclairé de Claire LECONTE, Professeur émérite de psychologie de l' éducation  sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1196936-.html

    Monsieur Hamon devrait écouter celles et ceux qui oeuvrent sur le terrain... 

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