• PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    On peut certes regarder les sondages journaliers qui n’apportent pas toujours grand-chose de nouveau à la situation de la campagne présidentielle. Les taux fluctuent en fonctions des instituts selon le panel représentatif des sondés qui va de quelques centaines à plusieurs milliers. Les résultats ne sont pas les mêmes.
    Une certitude, Marine Le Pen plafonne en tête et semble stabilisée. Puis c’est Macron et  Fillon. A gauche, Hamon et Mélenchon sont soit à égalité soit Hamon est légèrement en avance sur Mélenchon. Ce qui est la seconde certitude, c’est qu’aucun des deux ne sera au second tour si l’un et l’autre persistent à ne pas vouloir se rassembler.

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    (composition personnelle à partir image auteur Prawny, CC0 domaine public)

    A DROITE ET A L’EXTRÊME DROITE...

    Deux candidats sont mis en cause par  la justice pour suspicion de détournement de fonds publics ou d’utilisation peu orthodoxe d’ indemnités parlementaires voire d’autres affaires qui leur semblent être de l’ordre des broutilles ou de complots fomentés contre eux parce qu’on est en campagne électorale.

    La Justice devrait donc s’arrêter de fonctionner ? Ils demandent tous les deux une trêve... pour refuser que la lumière soit faite sur les affaires qui les minent...

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    (auteur Clker-Free-Vector-Images, CC0 domaine public)

    Pour Marine Le Pen sont en cause entre autres, l’emploi fictif de deux de ses attachés parlementaires qui en réalité travailleraient pour le Front National.

    Attitude de la présidente du Front national convoquée par la police et la justice : je ne me rends pas aux convocations. Elle en a le droit au titre de son immunité parlementaire européenne. Elle invoque aussi bien sûr que les enquêtes ou convocations ne sont pas normales en pleine campagne présidentielle. Bref cela relève, selon elle, du complot contre le Front national et sa candidate.

    Belle image d’une politique qui se veut la blanche colombe de l’anti-système... D’autres affaires sont en cours dans lesquelles il est recherché la manière dont le Front national utilise le « système », tant décrié par Marine Le Pen, pour financer ses activités : attachés parlementaires, subventions européennes ( article de l’OBS du 27 02 2017 : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170225.OBS5773/comment-des-partis-nationalistes-ont-touche-des-millions-du-parlement-europeen.html?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook&utm_term=Autofeed#link_time=1488067579) , emplois fictifs (Marianne  du 25 02 2017 : https://www.marianne.net/politique/nouveaux-soupcons-d-emploi-fictif-au-fn-le-temoignage-accablant-d-un-ex-conseiller-de?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox#link_time=1488059572) . Tout cela est en cours d’instruction. A suivre donc...

    François Fillon c’est du même tonneau. Lui, par contre, s’est rendu aux convocations de la justice et a même demandé à être entendu rapidement puis a brusquement fait volte face et a entamé, comme Marine le Pen le même couplet du « complot » et proclamé, comme elle, qu’il irait jusque l’élection. Le dernier rebondissement de la semaine ne semble pas être en sa faveur. Après avoir écarté le non lieu, le Parquet national financier a annoncé ce vendredi soir avoir ouvert une information judiciaire pour des faits de «détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, trafic d’influence et manquements aux obligations déclaratives à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique». Trois juges d’instruction vont être nommés... La comparution directe est donc écartée et la justice suit sont cours et les enquêtes continuent car il y a sans doute matière à le faire.

    Dans les deux cas un certain électorat suit. Celui de Marine Le Pen qui comme le montre les sondages continue de vouloir voter pour elle. Celui de François Fillon qui, certes, a perdu la confiance de nombre de ses électeurs mais continue d’être plébiscité, lui aussi, par un noyau dur d’irréductibles qui font table rase des soupçons et trouvent donc négligeable le rapport à l’argent de leur candidat.

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    (auteur 1899441, CC0 domaine public)

    J’en tire deux remarques.

    La première est que nous avons des favoris à l’élection présidentielle mêlés à des affaires financières importantes.

    Quelle belle image de la démocratie et quel choix passionnant que d’avoir des candidats de ce type qui dédaignent la justice, eux qui pourraient être appelé aux plus hautes fonctions de l’État !

    Si d’aventure, vu les incertitudes actuelles, Marine le Pen et François Fillon étaient qualifiés pour le deuxième tour, dans quelle situation se retrouveraient la majorité des électeurs que de n’avoir le choix de voter que pour des candidats sur lesquels pèsent les soupçons des affaires que l’on connaît ? L’un des deux étant élu, elle ou il ne pourrait être mis en examen avant la fin de la législature soit 5 années durant lesquelles le soupçon pèserait toujours sur lui ou elle puisque la lumière ne pourrait être faite.

    Comment pourrait être crédible sa parole, comme présidente ou président, premier magistrat de la nation en France et vis à vis de l’étranger.
    Impossible !

    S’ils n’ont rien à se reprocher pourquoi François Fillon et Marine Le Pen ne veulent-ils pas que la justice fasse son travail et accepter de répondre à ses questions ? On est en droit en tant qu’électeur de se poser nous aussi quelques questions et notamment celle de savoir de quel droit on peut se croire au dessus des autres justiciables et citoyens parce qu’on est député, ministre... même et surtout si on est candidat à l’élection présidentielle ? La justice de caste semble être leur crédo.

    Comment des électeurs pourraient-ils voter pour des candidats sur qui pèsent de lourds soupçons afin qu’ils soient élus sauf s’ils approuvent leurs dérives. Leurs programmes – dans la mesure où on y est favorable - ne sauraient excuser le fait de voter pour eux.

    Comme le dit Georges Orwell nous ne devons pas oublier qu’« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice. »  Il faut donc être prudent...et je ne comprends pas que la droite et notamment le LR continue de soutenir un candidat tel que Fillon qui finalement les a pris en otage par chantage. Là est la véritable raison d'une campagne présidentielle perturbée qui ne permet pas la sérénité de la confrontation des idées.

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    (auteur jeanborges CC0 domaine public)

    MACRON ET BAYROU FONT ALLIANCE

    Cet événement "choc", selon les médias, permet à François Bayrou de ne pas se porter candidat à la présidentielle qu’il n’avait guère de chance de remporter et dans cette période dangereuse pour la France de ne pas multiplier les candidatures. Il permet à Emmanuel Macron de relancer une dynamique qui semblait un peu à l’arrêt. Les conditions de Bayrou sont acceptées sans réserve par Macron et notamment « la promesse d'une loi de moralisation de la vie publique notamment s'agissant des conflits d'intérêts. En cette période où justement pour Marine Le Pen et François Fillon c’est ce que la justice met à l’ordre du jour, on peut dire que ça tombe « pile poil ».

    Pour François Fillon notamment c’est un coup dur car une partie de l’électorat qui aurait peut-être pu consolider son socle d’irréductibles, risque de s’orienter vers la nouvelle offre du tandem Macron-Bayrou.

    Les derniers sondages vont dans ce sens d’une relance de la dynamique Macron au détriment de Fillon. Il ne s’agit que d’un instant "T" mais l’image de ce sondage (Odoxa-Dentsu Consulting pour France 2) publié ce dimanche et réalisé après l’alliance Bayrou-Macron mais avant le ralliement de Jadot à Hamon contraste nettement avec celles des sondages de la semaine dernière :

    Marine Le Pen est en tête avec 27% et Emmanuel Macron à 25%, l’écart se creusant avec François Fillon qui n’est plus qu’à 19% au premier tour de l'élection présidentielle. Benoît Hamon est crédité de 13%, Jean-Luc Mélenchon est à 12%, Yannick Jadot à1% (a retiré depuis sa candidature), Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) est 2% des voix, Philippe Poutou (NPA) à 1% et Nathalie Arthaud (LO) à 0%...

    Mais ce ne sont que des sondages...

    A GAUCHE, ON JOUE A CACHE-CACHE...
    Depuis mon dernier article sur le sujet, on assiste à des promesses entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon de se rencontrer mais ils se dérobent.

    Cela ne saurait durer. Comme je l’ai dit dans un de mes récents écrits le 19 février dernier et depuis ça n’a guère évolué vers le positif d’une rencontre et d’une entente indispensable. Chacun a ses arguments pour ralentir le rapprochement ce qui n’augure rien de bon....

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

    (auteur Jan Verhas - À cache-cache, domaine public)

    A eux de montrer collectivement qu’ils sont à la hauteur des espoirs placés en eux. «  La meilleure des choses est donc  possible à savoir un candidat unique de la gauche au premier tour pour représenter les citoyens se déterminant autour de Jadot (EELV), Mélenchon (Les Insoumis) et Hamon (La belle alliance Populaire).

    Hamon ne pourra pas rassembler ceux qui ne veulent déjà pas se ranger derrière lui au sein du PS. Il n'a pas à mon sens à être inquiet de cela bien au contraire. L’important ce sont les électeurs et pas la fraction du PS qui n’est plus de gauche qui a composé le gouvernement et nombre d’élus de l’assemblée nationale pour mener une politique qui a sapé les fondements de la confiance des électeurs. Le reste n’est que littérature.

    Les trois intéressés ont intérêt, devant les électeurs de gauche, à trouver l’accord nécessaire pour que la gauche soit présente au deuxième tour. »

    Si cet accord ne se fait pas, cela annihile toute chance à un candidat de progrès de gauche d’être présent au deuxième tour. Seul ce rassemblement des forces de gauche peut entrainer une dynamique de tous les électeurs qui peut la faire gagner.

    Pour cela, doivent être travaillées les convergences des programmes qui contiennent en germe les éléments nécessaires pour une gouvernance moderne et adaptée à notre siècle qui tient compte de l’avenir de nos enfants dans une France qui met l’humain au centre des préoccupations tout en tenant compte du monde qui l’entoure et au sein d’une Europe dont il faut modifier les politiques économiques et sociales tout en lui donnant la capacité de résister aux dangers qui nous menacent.

    Un accord peut et doit donc impérativement et rapidement être trouvé.
    Dans le cas contraire, le risque sera l’éparpillement des voix des déçus vers une abstention massive.

    Le pire qui puisse arriver c'est qu'il ne soit pas trouvé un accord pour cause d'égo...

    Je ne veux pas voter au premier tour pour jouer à compter les points pour connaître celui qui perdra le mieux...

    Je n’ai pas changé d’avis quoi qu’ils disent l’un ou l’autre...

    Ou il y a une candidature unique sur un programme commun ou ils sont candidats tous les deux et acceptent volontairement que les électeurs de gauche ne soient pas représentés au deuxième tour et en seront responsables.

    Vouloir nous faire croire le contraire serait nous prendre pour des imbéciles...

    La décision prise sera historique... Espérons qu’elle ira dans le bon sens et que le bon sens l’emportera.

    DERNIÈRE MINUTE:

    Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon ne feront pas campagne ensemble sous la bannière d'un seul candidat. Ils viennent de l'annoncer. "Aucun de nous deux n'est surpris" dit Jean-luc Mélenchon...

    Moi je suis déçu... et j'en tirerai les conséquences et les actes de vote nécessaires.

    J'y reviens bientôt car cette décision inepte est grave pour les électeurs de gauche et mérite bien plus qu'un simple commentaire sur une tactique électorale que j'estime suicidaire pour la France.

    PRÉSIDENTIELLE 2017 : POINT DE SITUATION

     (auteur Counselling; CC0 domaine public)

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 1er Mars à 08:51

     Sommes nous dans une campagne électorale... ou bien dans un "vaudeville" ?

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