• INTERVIEWS TÉLÉVISÉES DU PRÉSIDENT MACRON - 1 sur 3

    Pour faire suite aux deux interviews télévisées d’Emmanuel MACRON de la semaine dernière  , la première en direct à 13 h d’une école rurale sur TF1/LC au « micro » de Jean-Pierre PERNAUT , la seconde ce dimanche sur BFM face à Edwy PLENEL de Médiapart et  Jean Jacques BOURDIN de RMC, la première chose qui me vient à l’esprit est que si la manière d’interviewer le Président de la république a été différente, rien de bien nouveau n’a été découvert sur le fond de la politique d’Emmanuel MACRON entre les deux interviews .

    Pour être franc, je n’ai pas regardé dans leur intégralité les deux prestations de communication parce que je n’avais pas envie de passer des heures à écouter la parole présidentielle qui m’importe moins que ses actes qui sont les réalités de sa politique. Ce que j’en ai saisi me suffit pour en tirer mes propres conclusions.

    INTERVIEWS TÉLÉVISÉES DU PRÉSIDENT MACRON - 1 sur 2

    (auteur misode43, CC0 domaine public)

    UNE COMMUNICATION BIEN CADRÉE

    Le jeu de la communication du président a été celui qu’il souhaitait c’est à dire s’adresser à des publics différents pour répondre quasi les mêmes choses sur les points qu’il y avait en commun dans les deux interviews.

    Dans l’un, en début de semaine il était interrogé par Jean- Pierre Pernaut, dans le cadre calme d’une classe rurale. Ce dimanche, il avait choisi de se confronter au questionnement de deux journalistes réputés plus carrés, plus offensifs.

    Ma première remarque est que finalement Emmanuel MACRON a le droit de choisir ceux avec qui il veut être confronté et est-ce normal ? Ma deuxième remarque est que tout cela est donc bien calculé dans le cadre d’un plan de communication bien arrêté. Mais ça, il ne faut pas être un grand analyste politique pour le dire.

    Son objectif de convaincre du bien fondé de ses réformes a-t-il été atteint ? Nul ne peut pour l’instant le savoir tant l’état d’information de nos concitoyens doit être différente compte-tenu de l’environnement médiatique actuel. (Voir mes précédents articles)

    Même si FRANCE INTER titre ce matin que l’interview d’hier avait « des airs de débat », en réalité de débat il n’y en a pas eu. Les questions ont certes été plus directes et percutantes mais en réalité elles n’ont pas permis de faire apparaître sur nombre de points les « non dits » de la politique du président. Le président n'était pas là pour débattre (avec qui?) mais bien de répondre aux questions qu'on lui poserait et de faire donc un exercice de communication pure.

    L’OBS quant à lui estime que le président était face à des interviewers plus agressifs.

    Je ne donnerai pas le même adjectif pour qualifier l’attitude de PLENEL et BOURDIN. Ils ont un peu secoué « le bonhomme » mais n’était-ce pas là le but recherché par le président lui-même pour montrer qu’il était capable de faire face à toutes les questions?

    Les deux journalistes ont fait leur job bien mieux d’ailleurs que certains de leurs confrères sans doute jaloux qui les ont critiqués ensuite, y compris en trouvant qu’ils avaient manqué de "politesse" en ne mettant pas de cravate ou en n’appelant pas Emmanuel Macron, "monsieur le Président". En faisant ce type de remarques, ils montrent bien qu'ils sont "hors d'âge" et donnent de l'importance à des broutilles convenues au détriment de l'essentiel: savoir poser des question y compris celles qui fâchent ce dont ils ou elles n'ont sans doute pas l'habitude dans leurs pratiques face aux pouvoirs.  Ils auraient fait mieux de prendre quelques leçons de pertinence ou tout au moins féliciter leurs deux confrères de leur pugnacité même si j’estime qu’ils auraient pu être encore plus incisifs sur nombre de points pour aller plus au fond après certaines réponses vagues du président. Certains points comme l’éducation ou le chômage ont été oubliés mais après tout, personne n’est parfait.

    La vraie question est : les réponses d’Emmanuel MACRON ont-elles été satisfaisantes ? 

    L’HUMANITÉ estime que le président a été 3 heures sur le grill. Il n’a pas été brûlé pour cela car sans doute s’était-il préparé avec l’onguent habituel du politicien averti qui lui a permis de marcher sur les braises sans trop se souffrance sauf certaines fois où l’on a pu discerner un certain agacement ou une pointe d’agressivité qui l’ont aidé à donner le change et confirmé qu'il avait une certaine susceptibilité qui pouvait le déstabiliser...un peu.

    Sur l’ensemble il a été donné au président les moyens de confirmer sa position de ne céder sur rien. L’arrogance du despote soi-disant éclairé était bien au rendez-vous.

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    (auteur inconnu, domaine public)

    Je crois donc que les deux journalistes de dimanche ont fait leur métier d’interviewer comme ils savent le faire. Le président a essayé d’avoir réponse à tout, même si ses réponses n’étaient pas satisfaisantes, à mon goût. Mais c’est le lot de ce type d’exercice qui en définitive permet à l’interviewé de répondre comme il l’entend y compris en éludant certains points ou en adoptant une tactique de contre attaque. Une interview n'est pas fait pour débattre. Ici c'était la mise en valeur des qualités de l'interviewé qui était l'objectif.

    Emmanuel MACRON en sort –il vainqueur sur la forme ? Qu'importe. Tout dépend du degré de sympathie qu’on a pour lui. A chacun de se prononcer. On peut dire qu'il a tenu bon pour faire front et contenir les assauts. Il a voulu du spectacle. Il en a eu.

    Sur le fond, c’est l’état de prise de conscience de ceux qui ont écouté et vu qui peut faire que l’on soit convaincu ou non des propos tenus.

    En tout cas, ces deux interviews qui ont pratiquement traité les mêmes thèmes auprès de publics différents dans  deux "cadres" bien marqués et  voulus par la communication « Macron » n’ont guère servi qu’à confirmer des choses que l'on connaissait plus que de donner de nouvelles vraies informations : sur les bombardements en Syrie, on en reste au flou de la version officielle, sur la SNCF il est réaffirmé ce qu’on entends chaque jour à la télé , sur les universités on fait passer le mouvement pour minoritaire, sur la ZAD de NDDL on confirme la fermeté... J’y reviendrai.

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    (Jupiter Smyrna Louvre , Marie-Lan Nguyen et un auteur supplémentaire — Travail personnel,

    Domaine public)

    UN PRÉSIDENT DÉTERMINÉ

    La confirmation de la détermination du président à mettre en place ce qu’il appelle ses réformes est faite. C’était sans doute son objectif pour montrer d’une part qu’il ne céderait pas y compris sous la pression de la rue et d’autre part qu’il était bien celui qui savait et décidait.

    C’est son droit et il en assumera les conséquences. L’exercice d’être interviewé y compris par des journalistes ayant une réputation de « puncher » ou d’opposant à sa politique, ce qu’Emmanuel Macron a voulu n’est pas innocent.

    Ces interviews d’un an après la prise de fonction ont été bien voulues aussi pour consolider la stature du président jupitérien capable de ne pas tenir compte des oppositions qui se font connaître et qui ne l'arrêterons pas. On sent bien que du dialogue avec les cheminots, il n’en a rien à faire, preuve en est que ses « godillots » de l’assemblée nationale sont prêts à voter la réforme en l’état. Pour ce qui est des universités, agitez-vous : de toute façon le processus de sélection est engagé. Pour les retraités, la CSG, c’est fait et il les remercie.

    Ce qui leur fait "une belle jambe"...

    A suivre...

     

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