• ELECTIONS EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...

    ( auteur w:User:Nevilley , 2003, licence CC BY-SA 3.0) 
    ELECTION EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...Cet étonnement clamé par certains médias ne s’explique guère. Il est juste une confirmation de ce qu’ils avaient claironnés avant les élections européennes faisant, à l’avance, la promotion des sondages donnant le Front national  grand gagnant de ces élections.

    Ces médias sont d’ailleurs en partie responsables, de manière sans doute inconsciente, du fait que certains français ont voté Front national. Ils ont en effet, pour beaucoup d’entre- eux,  fait leurs « unes » ou le centre des débats des  émissions télévisuelles et radiophoniques sur  la question de savoir si le Front national allait arriver en tête ou pas à l’issue du vote.  Cela allait-il confirmer la poussée des municipales comme si l’enjeu  était national ? Telle était le centre des préoccupations.    

    L’ENJEU DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES A ÉTÉ AMENUISÉ

    Certains médias ont, de ce fait, occulté en partie le véritable enjeu de ces élections à savoir quels seraient les changements possibles au niveau de l’Europe pour que le peuple français  qui n’est pas content du fonctionnement de la communauté européenne, puisse faire les choix utiles nécessaires pour que s'opèrent des modifications susceptibles de faire progresser l'Europe.

    Tout un travail d’explication n’a pas été fait ni de la part des partis majoritaires comme le PS et l’UMP sur le véritable enjeu des européennes ni de la part des médias qui se sont contentés de réduire le vote à des préoccupations nationales.  L’électeur a été encouragé notamment par l’opposition, l’UMP en tête, à voter, non pas en fonction de l’enjeu européen mais en fonction d’une « leçon » qu’il fallait donner à François Hollande. 

    Le seul problème est que l’enjeu était la représentation de la France au parlement  européen et qu’on a fait tout ce qu’il fallait pour encourager à envoyer des députés Front national qui sont contre l’Europe et pour le repli national. Ils n’auront aucun poids pour qu’il y ait un quelconque changement d’autant que les partis de l’extrême droite des divers pays ont des positions très diverses qui ne permettent pas l’entente entre ces partis.

    Et voilà comment un vote « anti Hollande » stérile fragilise la France dans sa représentation au parlement européen ce dont nous n’avons pas besoin.

     APRES LES ÉLECTIONS : DES MÉDIAS MANQUENT DE MODÉRATION

     C’est le résultat d’une étroitesse de vision qui a fait des élections européennes un enjeu électoraliste étriqué centré sur les problèmes nationaux qui ne seront pas résolus parce que 25% des 43% des électeurs ont voté  Front national, parti anti européen.

     Et certains médias de continuer leur matraquage en ne faisant pas de l’information mais une fois plus du sensationnel trompeur :

    -       le FN premier parti de France

    -       Séisme, ouragan...

    -       La France front national ....

    Avec des photos conquérantes de la leader du FN....

    Tout cela de manière très ramassée et ne reflétant pas la vraie réalité des chiffres qu’heureusement des médias sérieux publient.  La vérité n’est pas dans le sensationnalisme qui fait vendre.

    OÙ EN SOMMES-NOUS RÉELLEMENT EN FRANCE?

                                                                           ( Screen capture from the public domain film Carnival of Souls )  

    ELECTION EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...Oui, le front national a fait une poussée dans la continuité des municipales mais regardons quand même les chiffres et comparons ce qui est comparable au lieu de faire les raccourcis trompeurs utilisés par les médias, le Front national lui-même et ceux qui veulent se faire peur plus que de raison.

    Comme le dit le vieil adage : « La peur n’évite pas le danger ». Et on peut dire aussi  que "Si on savait de quoi est faite notre peur, on pourrait sans doute s’en débarrasser."

    Voyons la réalité des chiffres pour rétablir la réalité du soit disant séisme et s’inscrire en faux par rapport à l’affirmation de Marine LE PEN qualifiant  son parti « de premier de France ». Le premier parti de France est sans contexte le parti des abstentionnistes qui représente 57,77% des électeurs. Là est le véritable résultat des élections européennes sur le plan national et c’est de ce résultat dont nous devons tenir compte pour l’avenir de notre démocratie pour déterminer de quelle manière il faut lutter contre l’abstentionnisme pour redonner un sens aux élections quelles qu’elles soient.

    Les différents partis feraient bien de s’y atteler et changer leurs manières de faire de la politique pour redonner aux citoyens le goût de s’y intéresser au lieu de favoriser le désintérêt ou le rejet  par des votes protestataires en faveur des populistes.

    Combien parmi ces électeurs auraient pu voter pour l’une ou l’autre liste ?  C’est une question qu’on peut se poser mais qui ne sert pas à grand chose.

    Rappelons que le Front national est cinquième aux élections municipales,  troisième aux élections présidentielles. 

    Arriver premier à une élection encore différente pour laquelle il y a 57% d’abstention ne fait donc pas du Front national le premier parti de France. Marine Le  Pen affirme même, lors de ses hautes envolées,  que 25% des électeurs avaient voté pour les idées qu’elle défend.   Et vient bien sûr sa rengaine habituelle de la demande de « dissolution » de l’assemblée nationale ».
    C’est aller un peu vite dans l’analyse et il convient de remettre les choses à leur juste place.

    Le FN obtient 24,95 % des suffrages soit  4,71 millions d’électeurs sur 46 555 253. C’est inférieur à la performance de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002 (4,8 millions de voix) ou à celle de Marine le Pen en 2012 soit 6,4 millions de voix.

    Bref, si on considère le résultat du FN cela représente donc 10,11% des électeurs inscrits sur les listes électorales.  Mais il ne faut néanmoins pas s’y tromper: l’avertissement est sérieux. Le FN n’a jamais réalisé de scores aussi haut aux européennes. Il obtient  un quart des suffrages et donc   près de quatre fois son score de 2009 (6,34 % des suffrages). Il progresse alors que tous les autres régressent.

    Il faut relativiser mais il est temps de réagir : Les idées du Front national font et continueront de faire leur chemin si on ne les remet pas à leur place en en démontant les absurdités qu’elles contiennent. 

    OÙ EN SOMMES-NOUS EN EUROPE ?

    En ce qui concerne l’Europe, peu de changements pour l’avenir dans les rapports de force décisionnel au parlement européen.

    L’abstention est là aussi de presque 57%.

    Il est vrai que les partis nationalistes ont gagné  des sièges au détriment des partis traditionnels.

    Néanmoins, les alliances traditionnelles conserveront la majorité des sièges pour appliquer leur politique sans avoir à se préoccuper des nationalistes qui restent minoritaires. Ceux-ci tentent néanmoins de s'organiser pour s'offrir une nouvelle tribune et des moyens en essayant de constituer un groupe au parlement.

    Les décisions se prendront donc comme de coutume au gré des alliances traditionnelles. Ce qui n'est pas non plus réjouissant.
    Pour qu’il y ait des changements, il faudrait que les chefs d’Etat tiennent compte de l’avertissement donné par les résultats au profit des partis nationalistes. Cela aura-t-il des effets en faveur de politiques plus sociales ou continuera-t-on à faire une politique libérale au service des marchés et des lobbies et fera –t-on le pacte transatlantique ? Tout l’enjeu est là pour notre avenir, ce que n’ont pas compris ceux qui ne sont pas venus voter pour changer la donne en votant pour des partis aux idées progressistes.

    IL FAUT EN TIRER DE VRAIES LECONS

    Le PS et l’UMP ne se sont pas mobilisés  pour expliquer les véritables enjeux parce qu’ils ne proposent pas de changements majeurs au niveau de l’Europe.  Il ont fait leurs preuves négatives  à ce niveau que ce soit la droite avec Nicolas SARKOZY et la « social démocratie » avec HOLLANDE. Et leurs discours ne changeront rien aux faits. De la politique de la communauté européenne actuelle, ils en sont aussi pleinement responsables.

    Ils ont été plus préoccupés à faire de cette élection un enjeu électoraliste national, ne sachant ni combattre les idées du Front national qu’ils ont continué de diaboliser comme si là était tout l’enjeu du vote.

    Grave erreur d’autant qu’à force d’un manque de pratique de la démocratie de terrain, d’une gouvernance du pays  qui a montré « au moins » leurs failles de gestionnaire, ils ont perdu de leur crédibilité aux yeux de nombre d’électeurs qui de ce fait ne sont pas allés voter.

    Ils se sont, à force du temps,  disqualifiés. Seuls les inconditionnels ont voté pour eux. Les autres se sont abstenus.

    Si ces partis  veulent revenir dans le jeu, il faudra qu’ils changent leurs pratiques. Ils ont intérêt à refonder le fonctionnement, les idées et les propositions de leurs partis pour re motiver leurs militants pour agir sur le terrain  au lieu de faire du clientélisme, de laisser en place des « baronnies » qui ne fonctionnent qu’avec une poignée de technocrates et qui disparaissent dès que le vent tourne à force d’éloignement des préoccupations quotidiennes de la population. Ils devraient aussi se poser la question de savoir pourquoi ils ont de moins en moins d’adhérents et ils avanceront vers des solutions.

    Ceux qui ont voté Front national l’ont fait en toute conscience, mobilisés par des idées certes simplistes mais auxquelles ils adhérent et par rejet des pratiques éculées des partis traditionnels comme le PS et l’UMP ou le dégout des scandales actuels de financements obscurs voir détournés.  Ce n’est pas à mon sens un simple vote protestataire. Cela est plus complexe et c’est à cette complexité qu’il faut s’attacher pour analyser et déterminer ce qu’il faut faire pour l’avenir afin que la gangrène des idées nationalistes irresponsables ne gagne encore du terrain et que l'abstentionnisme se renforce.

    (Daniel Cohn-Bendit  le 10 mars 2010, auteur                                                                                             Marie-Lan Nguyen, licence CCP 3.0)                              

    ELECTION EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...Les autres partis comme le Front de gauche ou les Verts ou même « Nouvelle Donne » ont expliqué les vrais enjeux mais leurs voix portent mal pour mobiliser.  Les scores en témoignent. C’est dommage Ils n’ont pas réussi à motiver la masse abstentionniste.  Ils avaient pourtant des propositions très intéressantes pour changer positivement le fonctionnement de l’Union européenne. 

    Pour l’électeur de base, noyé dans le quotidien, les messages ne passent pas car ils ne sont pas mis à sa portée de manière simple et motivante. 

    C’est à ce niveau qu’il faut travailler.

    Jean-Luc Mélenchon, tout excellent orateur qu’il soit fait un malheur dans ses meetings mais il prêche des convaincus. La retransmission de son dernier meeting à la télé témoigne de sa capacité à donner de l’élan au discours. Le problème est que cela ne suffit pas et qu’à un moment ou un autre, il faut savoir faire passer les messages autrement.   Le score du Parti de gauche n’a pas évolué depuis 2009 pour ces élections.

    Il doit donc changer sa tactique pour mobiliser sur ses idées.

    Idem pour les verts qui sont inaudibles et ont, de plus,  perdu un bateleur en la personne de  Dany Cohn Bendit. Ajouté à cela, leur participation passée au gouvernement...  Pourtant, leurs propositions pour changer l’institution européenne sont, elles aussi, intéressantes.  Ils sont en net recul par rapport à 2009.

    Ces partis  n’ont pas non plus été aidés par nombre de médias notamment télévisuels qui ont préféré s’attacher au « combat » FN, PS, UMP. En ce sens les médias ont aussi leur responsabilité sur la non prise en compte des idées.

    ELECTION EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...

    ( Besancenot, Bové, Mélenchon - gare Saint-Lazare, mai 2005, auteur Sam Hocevar,  Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée). )   

    Tout cela fait que la convergence des  propos continus, depuis des années, des politiciens qui ont été au pouvoir en prenant l’Europe comme la mère de tous les maux nationaux et une information tronquée par la majorité des médias,  a amené à un découragement voire un désintérêt de l’électorat pour une élection qui est pourtant vitale pour leur avenir.

    Si on ajoute à cela le conditionnement à ne regarder que les digests des journaux télévisés  qui ne vont pas au plus profond des sujets...

    Pourtant d’excellentes émissions qui traitent du fond de l’actualité existent mais elles ne sont suivies que par des habitués, d’autres téléspectateurs préférant regarder, et c’est compréhensible, le film, le match de foot ou l’émission de télé réalité. .. C’est ainsi.

    Cela ne veut pas dire qu’il faut ignorer la poussée du Front national qui fait avancer ses idées, des idées auxquelles sont sensibles une masse d’électeurs qui se laisse berner par un certain simplisme argumentaire.

    Le danger est là.

    Au simplisme des idées nationalistes, il faut opposer une argumentation sur le fond qui peut simplement rétablir des vérités et balayer des idées fausses et populistes dont le Front national a fait sa spécialité.

     Il est plus que temps de le faire et  pour certains partis qui se disent "de gouvernement" d’arrêter de se voiler la face en ne se contentant que de diaboliser le Front national. Ils ont un train de retard. Cette diabolisation ne sert à rien. Elle est même stérile voire nuisible et les manifestations contre le Front national n’y changeront rien.

    CE QU'IL FAUT MENER C'EST LA BATAILLE DES IDÉES 

    ELECTION EUROPEENNES: UN ETONNANT ETONNEMENT...Là est la vraie mobilisation pour construire et avancer non pas contre le front national mais pour la démocratie qui doit combattre les illusions nationalistes, le repli sur soi, les égoïsmes et les ségrégations stériles.

    Oui les idées du Front national gagnent du terrain mais nombre d’entre elles ne recueillent pas, loin de là, selon nombre d’études faites, l’approbation d’une majorité des français comme le rétablissement de la peine de mort, la sortie de l’Euro, la préférence nationale...  

    A jouer avec le feu comme l’a fait l’UMP et Nicolas Sarkozy aux dernières présidentielles, les partis responsables se doivent d’être clairs sur ces sujets et rejeter les ambiguïtés en argumentant clairement contre les idées rétrogrades.

     Et puis, le Président de la République actuel a intérêt à se reprendre et à changer de politique, tout de suite. Mais ça, ...je l’ai déjà dit.

    J'y reviendrai...

    Le changement c’est maintenant...

     

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