• COVID ET COUVRE-FEU : ET L’ÉCOLE DANS TOUT ÇA ? 3 sur 3

    A quoi sert donc un protocole que certains établissements, tous degrés confondus, n’ont pas toujours  les moyens de mettre vraiment en œuvre ? Il en est   ainsi de l’évitement du brassage, de l’impossibilité d’assurer des repas à la cantine ou en classe sans qu’il y ait danger de contamination. De même où sont les véritables moyens de dépistages massifs annoncés à plusieurs reprises par le ministre ?

    Tout cela fait que des classes et des écoles ferment, que  des enseignants, des personnels municipaux et des élèves sont contaminés et contaminent. Il n’y avait  pas jusqu'ici de chiffres officiels mais cela a été rectifié ces jours-ci ce qui n'empêche pas Jean-Michel Blanquer, ministre, d'en rester néanmoins à  l’appréciation qu’il avait le 16 septembre 2020 , quinze jours après la rentrée, à propos des fermetures de classes et d’écoles : 81 établissements scolaires et un peu plus de 2100 classes à cette époque ce qui selon le ministre était relativement peu car représentant   « autour de 0,13 % des quelques  60 000 établissements scolaires du pays », un chiffre qui lui permet de relativiser l’incidence du COVID dans les écoles. " Quand vous avez 0,13 %, c'est quand même une rentrée qui est bonne", "la meilleure possible eu égard à la crise sanitaire' .

    « On a à peu près 1200 nouveaux cas de Covid d'élèves par rapport à la semaine précédente », a précisé M. Blanquer, en rappelant qu'en règle générale, « on ferme une classe à partir de trois cas » de contamination.

    Aujourd'hui qu'il y a t-il de changé?

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    RESTAURATION SCOLAIRE : DES INSUFFISANCES QUI POURRAIENT SE RÉSOUDRE

    Quand Jean-Michel Blanquer annonce que « si la pression en terme d’effectifs et de brassage est trop forte, le temps de service pourra être allongé ou des repas à emporter proposés » «  en fonction des possibilités et au cas par cas ».  Il devrait savoir, s’il était à l’écoute du terrain, que l’allongement de la durée du service est déjà mise en place par nombre établissements  et dans les autres, il y a déjà plusieurs services. Pour faire ce que préconise le ministre il faudrait donc  étaler encore davantage entre 10h et 15h ce qui  est à l’évidence  inapplicable.

    Une autre hypothèse serait étudiée par le gouvernement à savoir la fermeture des cantines scolaires. Cela montre bien qu’il y a des craintes de la part des autorités quant à la contamination lors de repas, masque baissé, dans les réfectoires notamment dans le second degré et plus précisément dans les collèges. Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat SNPDEN-UNSA, représentant des personnels de direction des établissements scolaires estime (source ses propos sur  BFMTV) : "Dans beaucoup de cas, ça reviendrait (...) à fermer les collèges et les lycées","De très nombreux établissements fonctionnent en journée continue, avec des élèves qui sont accueillis non-stop en fréquentant les transports scolaires de 8 heures à 17 heures. (...) On voit mal comment on gérerait ces populations sans restauration scolaire, qui d'ailleurs a été faite pour ça, justement ». Il craint si cela se faisait"un contrecoup très important sur la fréquentation scolaire elle-même".

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    Pour  la distribution de paniers repas à emporter, et donc demander aux élèves de  déjeuner dans leur salle de classe qui va surveiller toutes les salles de classe dans l’heure de midi, qui va désinfecter, qui va aérer… ? Toutes ces remarques sont faites à partir de remontées du terrain notamment par nombre d’organisations syndicales des enseignants et des chefs d’établissements. Je ne les invente pas .

     Le représentant du syndicat SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale : "J’ai entendu la possibilité qui a été donnée concernant les repas à emporter. On a quand même des normes d’hygiène qui s’imposent aussi dans les établissements scolaires. On ne peut pas déjeuner n’importe où... Et d’ailleurs sous la surveillance de qui ? Ça aussi ça pose question sur la faisabilité de la demande ».   Il précise : « Et puis on peut se demander aussi si on n'aboutirait pas à l'inverse du résultat recherché»

    Une des solutions est donc bien, notamment pour les collèges,  dans la mise place de groupes classes réduit alternant présentiel et distanciel pour diminuer comme cela a été proposé aux lycées mais aussi une aération adaptée des locaux par des systèmes techniques qu’il aurait fallu mettre en place depuis des mois tant dans les salles de classes que dans les cantines, ce qui n’ a pas été fait ou si peu.

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    DES ÉLÈVES ET DES ENSEIGNANTS SONT TOUCHÉS PAR LE VIRUS.

    Il est difficile d’avoir des chiffres  sauf quand l’administration locale est transparente. Pour avoir une idée , j’ai relevé que dans le département de l’Ain (Source syndicat FSU selon les chiffres émanant de la Direction académique des services de l’Éducation nationale de l’Ain (Dasen) ) sur la période du  2 novembre 2020 au 11 janvier 2021, 648 élèves du premier et du second degrés, 50 enseignants et personnels de l’Éducation nationale et 11 autres adultes ont été testés positifs. Ils sont respectivement 2066, 82 et 31 à avoir été désignés cas contacts.(sous réserve que tous les cas aient été  remontés).

    Enfants et professeurs ne sont pas immunisés face à la maladie. De fait, 64 établissements scolaires sont actuellement fermés en France en raison de détections de cas de Covid. En sept jours seulement, le nombre d'établissements fermés a triplé.

    On constate une plus grande propagation du virus dans les écoles primaires : 47 établissements ont dû fermer leurs portes. 13 collèges et quatre lycées ont également dû fermer en raison de cas de Covid-19. Le gouvernement veut rappeler que ces chiffres ne sont pas excessifs : cela ne concerne que 0,11% des structures scolaires sur le territoire. 371 classes ont également été fermées en raison de cas confirmés, contre 138 la semaine dernière.

    Jean-Michel Blanquer commence à envisager  de multiplier les fermetures de classes, afin de lutter contre la propagation du variant anglais. « Ce que nous serons sans doute amenés à faire, c’est fermer plus rapidement et plus nettement dès qu’il y a peut-être même moins de trois cas » (sur France Info le 19 janvier2021). Cela c'est nouveau et c'est sage.  Il indique qu'une "trentaine d'écoles et une centaine de classes" étaient fermées et que ce chiffre "risque d'augmenter un peu ces prochains jours", mais que la France n'est "pas dans une situation d'explosion de la contagion" à l'école : " On a la même courbe qu'au retour des vacances de la Toussaint".

    Le 22 janvier,  le ministère de l'Éducation nationale donne des chiffres et  précise que, sur les sept derniers jours, 10 003 élèves ont été testés positifs au coronavirus avec  une progression de 1 657 élèves en seulement 24 heures soit 30%. Du côté des enseignants, , il y a 1 686 cas confirmés, avec une hausse de 268 cas en plus en 24 heures soit 40%. Au total, les cas confirmés représentent 0,08% de la totalité des élèves et 0,13% des enseignants.  Un prochain confinement n’est pour l’heure « pas certain » pour le ministre. « nous savons qu’il faut faire face à une situation compliquée », « nous verrons bien »…

    Sans doute, mais quand on est sur le terrain, élèves,  enseignants, parents d’élèves, personnel communal et qu’une école est touchée, la réalité est toute autre que l’appréciation des statistiques et on ne peut se retrancher derrière elles pour estimer que la contamination est négligeable. Quel que soit le nombre de contaminations, d’écoles fermées ou non, reste la situation réelle des gens. Ne serait-ce qu'au niveau des remplacements du personnel malade...Ainsi l’exemple d’une de ces écoles , une maternelle : « Cinq personnes ont été contaminées dont trois enseignants de la section maternelle et deux enfants qui sont hospitalisés dans un état préoccupant » (Source municipale, ville de Bourbourg). , La section maternelle a été fermée jusqu’au jeudi 28 janvier toutes les actions nécessaires ayant été faites. Il n’en reste pas moins vrai que cela entraine les frères et sœurs d’enfants scolarisés en maternelle qui restent chez eux et l'inquiétude de tous les parents y compris dans l’école élémentaire qui occupe le  même bâtiment et dont les élèves ont l’autorisation de rester chez eux. Deux élèves ont été hospitalisés et un adulte est en réanimation.

    On pourrait citer aussi une école du Plessis Belleville dans l'Oise fermée après que 22 enfants et 5 adultes aient été testés positifs,  ce qui n’est pas rien…

    Oui, à l’école la contamination existe…et j’estime que le ministre Jean-Michel Blanquer et le gouvernement prennent trop à la légère la situation sanitaire de celles-ci par le  fait du manque de véritables moyens mis en œuvre pour qu’au moins les  protocoles s’appliquent bien  partout ce qui à l’évidence n’est pas le cas alors que  les recommandations faites par le ministre comportent trop de « au cas par cas », « exceptionnel » ou « si possible »…ce qui confirme le manque de mesures de fond notamment pour alléger  les effectifs des groupes classes qui permettraient de mieux faire face aux risques des brassages pour véritablement sécuriser les écoles, collèges et lycées.

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    Le ministre de l'éducation nationale: « Le taux de positivité en milieu scolaire n'a pas changé, il est de 0,3 % sur des milliers de tests que nous faisons en milieu scolaire, notamment dans les lycées et les collèges, sur les adultes et les élèves »  déclaration su RTL vendredi dernier).« Nous restons sur une sorte de plateau » Pourquoi n'y y a -t-il pas concordance avec les chiffres de Santé publique France qui semblent être supérieurs et différents : les dernières données communiquées la veille indiquent un taux de positivité  à 7,6 % chez les 10-19 et à 8,4 % chez les moins de dix ans sur la semaine du 12 au 18 janvier ? Même si  tous les enfants et adolescents de moins de vingt ans ne vont  pas à l'école, au collège ou au lycée, il semble que l'écart entre les chiffres est très important.  Tout cela s'interprète bien sûr mais je constate que la contamination des élèves existe et qu'elle ne doit pas être considérée comme négligeable. Santé publique France, au 25 janvier 2021, donne un taux général de positivité de 7,1% sur l'ensemble des tests effectués en France...

     

    LES TESTS DE DÉPISTAGE :

    C’est la troisième annonce de tests massifs  depuis novembre.  Mais dans les faits, peu de tests ont été faits. Un million de tests antigéniques sont « prêts » à être utilisés à destination des personnels, des lycéens et des collégiens, selon le ministère qui évoque « une montée en puissance dès début janvier ». À ce jour, seuls 10 000 tests ont été réalisés sur la base du volontariat dans des lycées dans une dizaine d’académies depuis la fin novembre.
    Cette fois on précise que ce sera  1 million de test par mois ce qui est plus mais peu et un déplacement rapide d’équipes pour tester les élèves et les adultes dès que 3 cas positifs sont repérés dans une classe. Sera-t-on capable de faire mieux alors qu’il y a plus de douze millions d'élèves qui  fréquentent les écoles, collèges et lycées de notre pays? Ils sont accueillis par près d'un million d'enseignants, de personnels d'éducation, d'administration et de direction.  Faites les comptes…

    Le Snes-FSU , premier syndicat du secondaire , estime qu’ « On est loin d’un dépistage massif »,  « Le gouvernement doit être plus réactif et déployer ces tests massivement, peut-être aussi au collège mais dans un délai court »,   Pour Guislaine David, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, « l’inquiétude de la troisième vague, du variant britannique qui toucherait davantage les enfants, nous amènent au principe de précaution : il faut tester massivement et vite, même en école élémentaire »

    Si l’idée est bonne a-t-on les moyens de l’appliquer  avec le personnel qu’il faudrait? Et puis il ne suffit pas de faire du chiffre mais avoir la capacité de tracer et d’isoler pour bloquer efficacement la circulation du virus dans les établissements et les quartiers qui pourraient être concernés. Pour cela il faut des troupes...

    Pourtant ça urge… le variant anglais est dans le pays. Les épidémiologistes s'inquiètent en effet de son apparition en France. Le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique estime que “Pendant le mois de février, le problème va rester la circulation des virus classiques et c’est au mois de mars que le variant anglais va prendre le dessus, voire peut-être d’autres variants et c’est ça notre inquiétude. (...) Les effets sur le système de santé se feront sentir au printemps", 

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    POUR CONCLURE TRÈS TRÈS PROVISOIREMENT

    Après 11 mois de crise sanitaire dont deux vagues importantes, le ministre agit comme s’il venait de découvrir les problèmes et propose des mesures qui n’ont rien d’un protocole sanitaire renforcé !

    C’est pourtant tout de suite qu’il faut prévoir ce que n’a guère su faire le ministre et agir pour renforcer la protection des écoliers, collégiens, lycéens, enseignants, personnels de service et familles ce qui fait bien plus que 13 millions d’individus concernés mais bien toute la population.  Il n’y a  pas assez de mesures adaptées avec les moyens nécessaires  sur les effectifs ou l’aération des salles par exemple afin de sécuriser les écoles, collèges, lycées , les cantines pour permettre  que les établissements scolaires restent ouverts – ce que tout le monde souhaite - tout en protégeant les personnels, les élèves et leurs familles.

    Avec son protocole dit « renforcé » Monsieur Blanquer  continue de faire comme si, au regard du nombre d’élèves et d’enseignants touchés, il n’était pas utile de prendre des mesures mieux accompagnées  laissant croire que le virus avait du mal à franchir la porte des écoles … grâce sans doute à son protocole.  Pas sûr que ceux qui ont été et seront touchés par le virus auront le même avis…

    Chacune et chacun appréciera.

     

    A suivre…

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