• CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE : LE VOTE DIT « UTILE »

    Je vais donc essayer d’aborder les projets et programmes des candidats.

    Il est sûr que j’ai déjà quelques « à priori » quant au choix que je ferai. Pour être plus précis, j’ai commencé mon tri par rapport à ce que j’énonçais dans mon article précédent à savoir si le candidat avait, à mes yeux, les qualités requises pour occuper la fonction de président de la république. L’examen du projet et du programme infirmeront ou confirmeront les choix en cours.

    Il reste cependant un élément à traiter auquel je n'avais pas pensé qui est celui de la pertinence du vote.

    CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE : LE VOTE DIT « UTILE »

    (auteur animatedheaven, CC0 domaine public)

    LE VOTE SOI-DISANT «  UTILE » OU VOTE STRATÉGIQUE

    Un élément supplémentaire dont j’entends de plus en plus parler, ici et là et dans les médias, m’amène à examiner ce que d’aucuns nomment « le vote utile du premier tour » pour battre Marine Le Pen...au second tour.

    C’est une possibilité suggérée par les sondages qui, à mon sens, montre à quel point le choix des électeurs pourrait être influencé puisque cela induit un vote au premier tour qui ne pourrait pas être conforme aux convictions réelles de l’une, l’un ou l’autre.

    En effet, les fameux sondages placent  Marine Le Pen en tête. Observons le dernier, en date du 17 mars 2017, publié par Cevipof/Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde pour le premier tour :

    • Marine LE PEN : 27%
    • Emmanuel MACRON : 26%
    • François FILLON : 17,5%
    • Benoît HAMON : 12,5% 
    • Jean-Luc MELENCHON : 11,5%
    • Nicolas DUPONT-AIGNAN : 3,5%
    • Nathalie ARTHAUD : 1%
    • Philippe POUTOU : 0,5%
    • François ASSELINEAU : 0,5%
    • Jacques CHEMINADE : 0,5%

    Et à partir de là, le deuxième tour a l’air d’être joué, Marine Le Pen y étant ,selon les sondages, obligatoirement et donc il est cherché qui sera à même de la battre lors du dernier round. Ici il s’agit d’Emmanuel Macron.

    Comme si donc il faudra voter pour lui au premier tour de manière « utile » afin qu’il batte la candidate de l'extrême droite...au second tour lors d'un deuxième vote...utile!

    Motivant!

    CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE : LE VOTE DIT « UTILE »

    (auteur Hans, CC0 domaine public)

    C’est l’option choisie par nombre d’élus et « responsables » socialistes qui se détournent de leur candidat choisi par la primaire et qui ont rejoint Emmanuel Macron ou ont sous entendu qu’ils allaient le rejoindre.  Au passage, cela prouve bien pour les Valls et autres ministres ou parlementaires concernés qu’ils ne sont pas ou plus de « gauche » et que leur parole n’est plus crédible. Valls comme de Rugy, candidats à la primaire, ont signé un engagement de soutien du candidat élu à l’issue de la primaire. Ils « s’assoient dessus ».

    C’est donc bien là qu’intervient la théorie du vote utile du premier tour pour placer au second celui qui sera le plus à même de l’emporter face à Marine Le Pen.

    En appliquant cette « tactique », un électeur de droite peut être tenté de voter MACRON qui se dit de droite (et de gauche) et qui selon les sondages arrive bien avant FILLON, empêtré dans ses « affaires ».

    Il est vrai aussi que la division à gauche, entre Hamon et Mélenchon désespère nombre d’électeurs de gauche qui pourraient être tentés de voter pour le « moins pire » donc avoir là aussi un vote utile : Macron, qui se dit aussi de gauche (et de droite),  placé en seconde position au premier tour par les sondages.

    Un 2002* bis au second tour est donc anticipé...par sondages interposés.

    La responsabilité historique de François Hollande d’avoir cassé la gauche au profit d’une politique sociale libérale pour laquelle il n’avait pas été désigné, est immense. Je confirme ce que j’écrivais le 5 décembre 2016 :

    « Il ne faudra pas compter sur le parti socialiste complétement cassé par un président qui n’ a pas su rassembler la gauche autour de réalisations programmatiques susceptibles d’emporter l’adhésion de ceux qui avaient voté pour lui. Il avait pourtant toutes les cartes en main et tous les pouvoirs pour le faire. Au lieu de cela il s’est embourbé dans des réformettes décousues et a tracé le sillon que la droite, si elle arrive au pouvoir, va pouvoir ensemencer pour continuer de détruire les acquis sociaux et notamment la loi El Khomri acte 1 de la destruction du code du travail que la droite veut poursuivre avec plus de flexibilité mais moins de protection.

    François Hollande a même contribué à mettre en orbite, par manque de jugement, en la personne d’Emmanuel MACRON, celui qui ne se situe ni à droite ni à gauche, élargissant ainsi le panel des candidats ce qui va encore rendre plus difficile le combat qu’il faut mener pour que Marine Le Pen ne soit pas au deuxième tour face à une droite qui s’annonce comme sectaire et destructrice de notre système social et de nos services publics. »

    A droite, François Fillon a fait le nécessaire pour que son parti se délite malgré les apparences d'une unité forcée avant l'implosion finale s'il ne gagne pas l'élection.

    CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE : LE VOTE DIT « UTILE »

     (auteur géralt, CC0 domaine public)

    ALORS VOTER UTILE OU PAR CONVICTION ?
    J’ai donc eu moi-même  cette réflexion, il y a peu de temps.

    En allant plus loin dans l'analyse, cela voudrait dire que l’élection est en partie jouée si on se fie aux sondages.

    Mais cela pose un problème majeur : celui du respect du vrai choix démocratique qui est de moins en moins présent dans notre pays.

    Comme je le disais dans l’article précédent, au moins 30% des électeurs s’abstiendront. Je continue d’aller plus loin dans la réflexion en utilisant les sondages et en prenant celui réalisé le dernier week-end (et confirmé par d’autres) : l’institut Odoxa montre que plus d'un Français sur deux n'a toujours pas choisi le candidat qu'il soutiendra lors de la présidentielle !

    Ce n’est pas rien.

    Mis à part les "inconditionnels", plus de 50% des électeurs sont donc indécis et changent souvent d’avis au gré des sondages. Les résultats des primaires ont désigné des candidats à droite comme au parti socialiste qui ne font pas l’unanimité et ne sont soutenus que partiellement par les personnalités ou élus de leur parti respectif ce qui se traduit par une incertitude quant au vote de leur électorat. La déliquescence, du fait des primaires, de ces partis qui sont sur le point d’imploser ou d’exploser n’arrange rien. Si on ajoute à cela les « affaires » polluantes...

    Tout cela examiné on peut donc remettre les choses à leur juste place et amoindrir cette pression médiatique qui ferait que je devrais penser à voter « utile » au premier tour.

    Suivre cette voie et voter au premier tour pour un candidat qui ne correspondrait pas à mes convictions ce serait en effet se mépriser soi-même et mépriser le candidat qui représente les idées les plus proches des miennes.

    Depuis *2002, quand il y a eu un vote massif Jacques Chirac contre Jean –Marie Le Pen au deuxième tour, il existe cette notion de vote utile. Je m’y suis laissé aller à cette époque. C’était finalement la peur qui occasionna cette réaction. En 2017 c’est toujours la même peur qui est présente, celle de voir la candidate de l’extrême droite accéder au pouvoir. Il faudrait peut-être stopper ce déni de la démocratie et arrêter de voter par dépit et par peur. Car le vote utile actuel c’est cela.

    Dans ces conditions la démocratie agonise.

    Car voter "utile" c’est aussi sous entendre qu’il y a des votes inutiles et donc des candidats inutiles que l’on peut négliger.  C'est grave! C'est donc pire qu'en 2002 puisque le vote utile pourrait commencer au premier tour pour être sûr que le vote "utile" du deuxième tour fonctionne!

    C’est inacceptable pour les idées et les candidats qui les portent et cela montre à quel point notre système démocratique est malade et qu’il faut le réparer d'urgence.

    On ne le fera pas donc pas en votant "utile "car, au contraire, on accentuera la dérive de la démocratie.

    Il reste une solution pour avancer : faire reculer l’abstention en défendant positivement un projet tout en dénonçant les propositions estimées inacceptables des autres.

    Pour cela il faut se remuer et remuer les autres.

    Voter et voter pour mes convictions, là est le véritable vote utile...

    Je poursuis donc l’analyse des projets et programmes.

    Ce sera... utile !

    CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE : LE VOTE DIT « UTILE »

    (La Liberté guidant le peuple, auteur Eugène Delacroix, domaine public)

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 19 Mars à 18:03

    tout à fait d'accord avec la réflexion qui devrait laisser émerger un autre candidat si l'électeur a de la jugeote

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