• 10 DÉCEMBRE 2018 : INTERVENTION DÉCEVANTE D’EMMANUEL MACRON - 1 sur 2

    Cette déclaration étaient attendue sans doute de manière très diverse par les français : méfiance chez ceux qui, comme moi, ne se faisaient pas d’illusion, espoir pour certains qui voulaient voir terminer la crise ou espéraient que les annonces allaient permettre d’aller de l’avant dans leur vie... Après les annonces décevantes de ces dernières semaines du premier ministre ou des ministres de la République, Emmanuel MACRON a fait les siennes hier soir, de manière solennelle pour tenter de calmer la grogne des Gilets Jaunes et derrière eux nombre de français qui n’approuvent pas les décisions politiques qui les malmènent dans leur quotidien.

    Trop attendue sans doute, une fois de plus... 

    GILETS JAUNES:  VA-T-ON DANS LE MUR?

    (Emmanuel Macron aux cérémonies du 11 novembre 2017 à la statue Clemenceau, auteur Remi Jouan - CC BY 4.0-)

    DES ANNONCES DÉCEVANTES

    Ces nouvelles annonces qui auraient dû être fortes sont de mon point de vue décevantes car elles ne remettent en aucune manière en cause le cap de la politique gouvernementale. Tout au plus, assiste-t-on à des reculs provisoires ou à des accélérations de mesures déjà décidées mais rien qui permet de dire qu’Emmanuel Macron ait vraiment entendu ceux qui manifestent et par délégation les nombreux français qui les soutiennent.

    Des artifices mêlés à de nouvelles parties de jeu de bonneteau semblent se poursuivre pour garder le cap d’une gestion de nos deniers publics que j’estime catastrophique autant pour l’avenir de notre économie et de l'équilibre de nos budgets que pour celui de notre système social qui pourra être remis aux mains de n’importe quel pouvoir qui pourra décider de manière autoritaire de ce à quoi ont droit les français.
    C’est ce qu’Emmanuel Macron a commencé à faire en supprimant peu à peu les cotisations sociales. C’est ce qu’il a l’intention de faire en faisant des économies pour financer ses fausses « largesses » sur le dos de nos services publics.

    A observer les commentaires divers et variés à la télé et après avoir analysé le discours de Président et les annonces y étant contenues je pense qu’il n’a pas atteint la cible qu’il espérait à savoir donner un coup d’arrêt au mouvement des Gilets Jaunes.

    Sans doute une partie des français se laisseront abuser par certaines mesures c’est pourquoi il est bon de les analyser pour en montrer les dessous.

    Je vois certains écrire sur les réseaux sociaux des phrases du type «Vous avez eu ce que vous voulez les Gilets jaunes, arrêtez le « bordel » et retournez au boulot ».

    Ou ces gens n’ont écouté superficiellement ce qui a été dit ou égoïstement ils ne pensent qu’à leurs petites habitudes dérangées par un mouvement social de grande ampleur. Qu’ils se rassurent, il n’est pas encore terminé. Et même s'il y a une trêve pour les fêtes, il pourrait reprendre car beaucoup de français s'apercevront de la réalité notamment ceux des classes moyennes qui ont été ignorés et continueront de payer et ceux des retraités pauvres et les autres d'ailleurs qui n'auront rien de plus dans leur porte monnaie et s'apercevront qu'on les en quelque sorte pris pour des "buses". J'y reviendrai pour le démontrer.

    Le président a dit qu’il avait compris les attentes mais à l’évidence ce n’est pas le cas au vu de la faiblesse de ce qu’il a annoncé pour répondre immédiatement aux préoccupations d’une hausse du pouvoir d’achat et de l’injustice fiscale et sociale et faire cesser ou pauser le mouvement.

    MACRONITE : ALERTE AUX MIRAGES FISCAUX

    (auteur 1820796, CC0 domaine public)

    LA TONALITÉ DU DISCOURS

    Il a peut-être reconnu quelques erreurs mais cela aurait dû être fait dès le début du discours et notamment en demandant que les français excusent l’attente de ses réponses et en expliquant pourquoi il avait ainsi agi. C'eut été "classe".

    Au début du mouvement, les Gilets jaunes demandaient des réponses immédiates sur la taxation des carburants ce qu’il n’ a pas su donner et a entraîné au fur et à mesure de l’attente la situation de blocage que l’on connaît dont il est entièrement responsable avec son gouvernement. Après, il céda mais était trop tard.

    Il a préféré rappeler dès le départ qu'en tant que président de la République,  il incarnait l’ordre républicain. Il a dénoncé ensuite le jeu des «opportunistes» et des «irresponsables politiques» qui ont tenté de «profiter des colères sincères» pour «bousculer la République, cherchant désordre et anarchie». Cela ne m’est pas apparu opportun justement parce qu’il est président de la République et qu’il devait se situer au dessus des jeux politiciens.

    Un début donc sous forme de gravité avec une condamnation des débordements et de la violence qui me fait réagir non sur le fond parce qu’il fallait qu’il le fasse mais parce qu’à mon sens commencer aussi par cela ne me semblait pas non plus approprié à la situation.

    Là n’était pas l’essentiel dans ce que les français attendaient. Mais ce fut son choix.

    Il faut quand même rappeler que de la violence, il en est en grande  partie responsable du fait de sa lenteur à prendre la parole. J’ai pour ma part eu l’impression qu’il attendait que la situation pourrisse et qu’il croyait qu’ à force le mouvement s’éteindrait .

    Cela n’excuse pas la violence mais en dehors des casseurs professionnels ou des opportunistes venant voler, il ne faut pas qu’il oublie que l’exaspération pour certains de ne pas avoir de réponses peut entraîner à des actes qui dépassent la raison. C'est comme cela que commencent les Jacqueries puis les insurrections dans notre histoire.

    10 DECEMBRE 2018 : INTERVENTION DECEVANTE D’EMMANUEL MACRON - 1 sur 2

    (auteur niekverlaan, CC0 domaine public)

    Je dirai à propos du ton compassionnel du discours qu’il me semble fardé d'apparence forcée et sonner faux quand on découvre ensuite les mesures annoncées qui ne résolvent en rien l’immédiateté de la détresse de nombre de nos concitoyennes et concitoyens dans leur vie de tous les jours : retraités aux maigres pensions et ressources, famille monoparentale dont le chef est souvent une femme dans la galère...

    Oubliés les étudiants qui ne joignent les deux bouts que parce qu’ils doivent sacrifier une partie de leurs études et les rallonger pour cause d’insuffisance de revenus n’ayant pas de parents pour les aider sans parler des impasses qu’ils font sur leur santé. C’est cela la réalité. Oubliés les sans abris, les mal logés et toutes celles et ceux qui ne survivent que grâce aux associations caritatives. Oubliés...

    Pour le reste quand il parle des propos blessant ou de l’injustice de la hausse de la CSG appliquée à certains retraités (pas tous comme si d'autres avaient démérités) , cela ne ressemble pas à des excuses mais plutôt à des explications quant aux malentendus qui lui ont fait faire certaines erreurs...qu'il a continué de faire en annonçant des mesures insatisfaisantes.

    Je m’arrête là...

    Et j’en viens donc aux annonces dans la suite...

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