• LES PROPOSITIONS D'ÉDOUARD PHILIPPE: DEUX TRAINS DE RETARD...

    Les rencontres avec les responsables des partis politiques à MATIGNON se sont déroulées comme prévu à l’agenda.

    Celle d’aujourd’hui avec les « Gilets Jaunes » n’aura pas lieu. Normal. Il n’y a pas de véritables représentants désignés mais que des porte paroles qui peuvent juste rappeler les revendications ce qui me semble inutile, le pouvoir en ayant bien connaissance.

    Les Gilets Jaunes et derrière eux nombre de français, attendaient donc des propositions fortes pour avancer dans leur quotidien.

    ELECTION DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE NATIONALE: UNE BELLE PAGAILLE!

    (Palais Bourbon Palais-Bourbon, VIIe arrondissement de Paris. auteur kimdokhac — Flickr, CC BY 2.0)

    RENCONTRE AVEC LES REPRÉSENTANTS DES PARTIS POLITIQUES

    Il était normal que cela se fasse à plusieurs titres.

    D’une part , parce que certains des partis portent des responsabilités dans la crise actuelle ayant été au pouvoir alternativement depuis des décennies.

    Le Parti Républicain, parti, en résumé, de la droite conservatrice qui a eu plusieurs noms comme l’UDR, le RPR et juste avant l’UMP.  Les dirigeants ont certes changé mais le fond reste le même. Après quelques difficultés, ils ont présenté, désunis, un candidat à la dernière présidentielle. Depuis 1986, Ils ont été au pouvoir pour gouverner soit sous la forme d’une cohabitation (86/88 et 93/95 avec Mitterrand) soit avec un président de la république en titre de 95 à 2012 avec jacques CHIRAC et Nicolas SARKOZY. Ça fait 19 années.

    Le Parti socialiste : de 81 à 95 avec François Mitterrand avec la cohabitation précédemment citée puis lors d’une cohabitation de 5 ans avec Lionel Jospin lors du premier mandat de Jaques Chirac. La dernière législature ce fut celle de François Hollande avec comme ministre, son successeur, Emmanuel MACRON.

    Je veux dire par là que d’une manière ou d’une autre ces partis portent une part importante de la responsabilité dans la non prise en charge de certains problèmes concernant notamment les plus démunis ou les classes moyennes matraquées par la fiscalité, problèmes qui n’ont pas été réglés avec suffisamment ou de volonté ou de compétence, au choix et sans exhaustive sur les qualificatifs.

    Emmanuel MACRON a, par ses réformes brutales, données un coup d’accélérateur à la grogne latente non exprimée qui a fait sauter le couvercle de la cocotte.

    Pour les autres comme le MODEM et François BAYROU qui a participé à nombre de gouvernement de droite on a vu que cela paraissait difficile de proposer des solutions.

    D’autre part, il était important que ceux qui n’avaient pas gouverné comme La France Insoumise, Debout la France , Le RN ex Front national, le NPA... viennent apporter leurs solutions.

    Ils ont tous fait des propositions ce qui était leur rôle. Je ne m'attarderai pas à les lister. Certaines comme l'organisation d'un référendum sont des plaisanteries...électoralistes.

    Apparemment peu des propositions faites ont été reprises par le gouvernement.

    GILETS JAUNES : LE COUP DE POKER DU PRÉSIDENT

    (auteur mrganso , CC0 domaine public)

    LA RÉPONSE DU PREMIER MINISTRE

    Si les mesures annoncées auraient pu déminer le terrain de la contestation il y a deux semaines, aujourd’hui elles sont insuffisantes au vu de la montée de la grogne qui s’est faite depuis par l’élargissement des revendications.

    Emmanuel Macron et son premier ministre ont encore deux trains de retard. Ou ils ne prennent pas la mesure de la gravité et de l'intensité de la situation et ne sont pas conscients des risques auxquels ils exposent la République ou ils sont enfermés dans une gangue idéologique dont ils n'arrivent pas à se sortir.

    Mépris, inconscience, irréalisme, arrogance, orgueil, fierté mal placée,... au choix.

    Je le disais hier : Avec le temps d’attente de réponses qui ne venaient pas « s’est développé naturellement une connaissance des problèmes des uns et des autres et le sentiment qu’on était pas "tout seul dans ce cas là"... Une auto information politique s’est donc faite dans le sens de la recherche des causes des conséquences. Il fallait l'exprimer, faire savoir qu'on existait... Les revendications se sont donc confortées, étendues et la détermination s’est renforcée pour exprimer une juste colère. »

    Le premier ministre annonce :

    • une suspension de 6 mois sur les taxes sur les carburants,
    • la convergence des prix de l’essence et du diesel est reportée de 6 mois
    • le nouveau contrôle technique est reporté de 6 mois
    • la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier, le GNR, est aussi reportée de six mois
    • Pas de hausse des tarifs de l’électricité et du gaz pendant l’hiver

    Dans le même temps il est annoncé du 15 janvier au 1er mars, un "large débat sur les impôts et les dépenses publiques", une concertation qui "ne doit ressembler à aucune autre. Il s'agit d'un dialogue au niveau national, mais le débat doit avoir lieu au plus près des Français. Il faut définir une organisation pour que tous les Français puissent s’exprimer, démultiplier les façons de participer. Ce débat devra déboucher sur des solutions concrètes ».

    Le SMIC serait augmenté de 3%.

    QUELQUES COMMENTAIRES PERSONNELS :

    • suspension ne veut pas dire suppression, ce qui était demandé par les Gilets Jaunes
    • report veut dire qu’à l’issue des 6 mois on reverra le nouveau contrôle technique
    • après l’hiver, la hausse du gaz et de l’électricité se fera sans compter sans doute un rattrapage comme nous avons pu l’avoir lors de la précédente suspension ce qui veut dire qu’il n’y a aucun gain à faire pour le pouvoir d’achat sur ce point si ce n’est un répit pour payer

    Pour ce qui est de l’augmentation du SMIC ce n’est pas la réalité. C’est un effet d’annonce qui n’apportera rien de plus que ce qui était prévu en 2019. En effet, le premier ministre le dit lui-même : « Avec la prime d'activité et l'augmentation légale du SMIC au 1er janvier, nous constaterons une hausse du SMIC net de 3% au 1er janvier ».En réalité le SMIC n’augmentera que de manière automatique et légale comme cela est prévu chaque année, sans coup de pouce, à partir des critères habituels de l’inflation et du salaire moyen ce qui représentera, en 2019, 1,8% et non 3%.

    Edouard Philippe ajoute l’augmentation de la prime d’activité (qui passe de 531,15 € à 551,51€) et qui est attribuée sous conditions de ressources. Il y ajoute l’effet de la suppression des cotisations sociales. Une manière de globaliser qui est sujet à caution pour faire croire à une augmentation du SMIC conséquente. Ce qui n'est pas la réalité.

    Le « large débat » sur les impôts et la dépense publique est une annonce qui ne coûte rien et veut donner l’impression que les français auront leur mot à dire. Qu’en sera-t-il en réalité ? A voir.

    Je rappelle que les élections européennes ont lieu au mois de mai 2019 et que curieusement on suspend ou on reporte les augmentations durant cette période. L’art de faire de la politique politicienne...

    Si on considère la mesure consistant à suspendre les augmentations des taxes sur les carburants, cela fera une non recette pour l’État de 2 milliards d’euros.

    Pour financer cette non rentrée, il a été donné des instructions pour rechercher de quelle manière on pourra faire des économies sur le budget.

    Cela veut-il dire que l’on va encore couper dans le fonctionnement des services publics comme l’Éducation, la santé ou supprimer des fonctionnaires ? C’est probable.

    D’autres solutions existent pourtant. Elles n’ont pas été prises car elles remettent en cause les cadeaux faits par le biais de l’ISF supprimé ou la politique de pérennisation du CICE.

    GILETS JAUNES : LE COUP DE POKER DU PRÉSIDENT

    ( Henri Rousseau Le Navire dans la tempête Orangerie RF1960-27,

    Travail personnel, 2002-12-18 - CC BY-SA 3.0)

    EMMANUEL MACRON NE CHANGE PAS DE CAP

    Tout cela veut dire que le gouvernement maintient bien son CAP de ne pas remettre en cause la suppression de l’ISF ni de revoir sa politique de transformation du CICE en taxe pérenne pour les entreprises.

    En réalité, tout cela n’apportera pas du POUVOIR D’ACHAT SUPPLÉMENTAIRE AUX FRANÇAIS qui est la principale revendication faite mais SUSPEND JUSTE DES DÉPENSES qu’il y aurait eu à faire en SUPPLÉMENT.

    La tactique est claire : GAGNER DU TEMPS pour que le mouvement s’épuise et se délite.

    Car il ne faut pas oublier que, s' il y a des problèmes de pouvoir d’achat pour nombre de français c’est que bon nombre d’entreprises  se contentent de recevoir les exonérations fiscales sans qu’il y ait augmentation significative des salaires pour  permettre aux salariés de vivre décemment.

    Le gouvernement, en ne donnant pas un coup de pouce au SMIC et en favorisant la baisse des cotisations sociales pour augmenter de manière fictive le pouvoir d'achat, incite donc indirectement le patronat à freiner les augmentations de salaire.


    Emmanuel MACRON persiste et signe et continue sa politique de diversion.

    Pas sûr que les français , et parmi eux les gilets Jaunes, se laissent berner pour une apparence de résultat qui ne résout rien sur le court terme pour l’augmentation du POUVOIR D’ACHAT. Les réactions sur les points d'actions le montrent. Les Gilets jaunes ne sont pas prêt à lâcher.

    RIEN DE PLUS DANS PORTE MONNAIE POUR FINIR LA FIN DU MOIS c’est ce qui ressort des propositions.
    Quant au long terme... mystère.

    L’Élysée a communiqué que le président "assume parfaitement" ce qu'a déclaré le Premier ministre et ne "s'exprimera pas à ce stade.

     

    MACRONITE : ALERTE AUX MIRAGES FISCAUX

    (auteur 1820796, CC0 domaine public)

    LES RÉACTIONS DES PARTIS POLITIQUES

    Sans surprise je constate que, mis à part le parti du président, les autres ne sont pas satisfaits des mesures annoncées.

    Celles de certains partis politiques relèvent de la haute hypocrisie politicienne habituelle.

    Je citerai parmi ceux là le PR dont j’ai montré précédemment la part de responsabilité que sa gouvernance passée avait dans la crise qui était en latence. En réalité, sans le dire, ils rêvent que l’on dissolve l’Assemblée nationale pour tenter de reprendre la main et donc que le mouvement puisse continuer ne les gêne pas.

    D’autres comme la France Insoumise ou le PCF, l’ex FN ont déclaré publiquement que si les mesures n’étaient pas satisfaisantes ils demanderaient la dissolution de l’Assemblée nationale.

    Une motion de censure sera aussi déposée au parlement par la FI, le PCF.

    CRISE POLITIQUE ET SOCIALE: UNE SEMAINE DÉCISIVE?

    (auteur openicons, CC0 domaine public)

    MA CONCLUSION

    On peut se préparer à un nouveau samedi de manifestations avec son lot de blocages dans les régions et une manifestation à PARIS qui a été annoncée et qui risque d’être tumultueuse avec tous les risques de dérapages que cela comporte.

    En réalité, les annonces faites ne remettent rien en cause de la politique d’Emmanuel Macron. Les suspensions et reports des hausses des carburants et de l’énergie n’apportent rien au pouvoir d’achat immédiat  de nombre de français et donc des Gilets Jaunes qui ne sont pas stupides et continueront, avec raison, de poursuivre leur mouvement de contestation contre les injustices fiscales , sociales et représentatives.

    A espérer que cela n’engendrera pas de nouvelles violences ... Rien n'est moins sûr.

    CAMPAGNE PRESIDENTIELLE : UN GRAND « MICMAC »... 2 sur 2

     

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