• GILETS JAUNES: VA-T-ON DANS LE MUR?

    Dans mon dernier article fait après les annonces du premier ministre ce dernier mardi, je concluais :

    « En réalité, les annonces faites ne remettent rien en cause de la politique d’Emmanuel Macron. Les suspensions et reports des hausses des carburants et de l’énergie n’apportent rien au pouvoir d’achat immédiat  de nombre de français et donc des Gilets Jaunes qui ne sont pas stupides et continueront, avec raison, de poursuivre leur mouvement de contestation contre les injustices fiscales , sociales et représentatives.

    A espérer que cela n’engendrera pas de nouvelles violences ... Rien n'est moins sûr.

    GILETS JAUNES : UN MOUVEMENT EN QUETE DE COHERENCE

    (auteur code 404, CC0 domaine public)

    LES VIOLENCES

    Paradoxalement si on ne peut être d'accord avec les violences, il est sûr qu'elles sont, en partie, à l'origine du "petit recul" du gouvernement qui a la responsabilité du maintien de l'ordre dans le pays. Les blocages pacifistes sont l'autre partie qui fait reculer le pouvoir. Leur conséquence est aussi de toucher au fonctionnement économique du pays ce qu'observe avec attention le gouvernement et qui pèse sur les reculs qu'il pourrait faire. Et puis il semble qu'il y ait comme une sorte de contagion qui se propage avec les transporteurs, les lycéens, les étudiants, les agriculteurs...

    Les violences c’est ce que ne veulent pas  nombre de gilets jaunes mais pas tous, certains estimant en effet qu’elle est inévitable pour faire « bouger » le gouvernement et ceux-là seront présents samedi si manifestation il y a.

    Ils ne seront pas les seuls sans doute et il est à craindre que, comme samedi dernier, les « casseurs non Gilets Jaunes » soient aussi présents avec d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec les revendications actuelles.
    Le risque d’un embrasement sur Paris, voire ailleurs dans d’autres grandes villes comme cela a commencé, est bien réel.

    A mon sens, cette violence pouvait être évitée si le gouvernement avait fait le nécessaire en donnant des gages concrets et clairs lors de la dernière intervention du Premier ministre.

    Cela n’a pas malheureusement pas été le cas.

    La dernière déclaration du premier ministre annonçant que la suspension des taxes était transformée en suppression pour l’année 2019 est un signe clair que la situation est jugée grave par le pouvoir.

    Il lui reste à aller plus loin s’il ne veut pas que ça s’enflamme et que samedi, les forces de l’ordre soient face à des réactions très violentes qui mettront en danger la vie de ses agents et des manifestants sans compter les destructions matérielles de biens publics et privés.

    CRISE POLITIQUE ET SOCIALE: UNE SEMAINE DÉCISIVE?

    (auteur openicons, CC0 domaine public)

    L’APPEL AU CALME DU POUVOIR

    Lors de son compte-rendu du conseil des ministres, ce mercredi 5 décembre, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a relayé l’appel du président de la République  demandant « aux forces politiques et syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme » en appelant chacun « au sens des responsabilités » et « au respect du cadre républicain ».

    Ce même mercredi, dans l’après-midi, le Premier ministre Edouard Philippe a lui aussi, devant les députés, fait « un appel au calme » et « à la responsabilité». « Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions » complète-t-il.

    Jusque là j’estime en effet que c’est leur rôle de faire cet appel. Mais n'est-ce pas vain quand on sait que les gilets jaunes rejettent les partis ou même les syndicats?

    Mais quand le premier ministre avertit«Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes, citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent. Oui, je lance ici un appel à la responsabilité », j’estime qu’il aurait pu se dispenser de prononcer de telles paroles qui n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu qu’ont continué ensuite d’attiser les différents groupes politiques par le biais de leurs déclarations à la tribune.

    Je répondrai uniquement en tant que citoyen que le premier ministre appelle à la responsabilité.

    CAMPAGNE PRESIDENTIELLE : UN GRAND « MICMAC »... 2 sur 2

     

    CITOYEN RESPONSABLE

    Mes responsabilités je les ai prises, à mon humble niveau, en dénonçant, ici même sur ce blog, les errements de la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement qui ont amené à la situation de crise actuelle. Par ses réformes brutales, il a été donné un coup d’accélérateur à la grogne latente non exprimée qui a fait sauter le couvercle de la cocotte.

    Je l’ai déjà dit : « Emmanuel Macron et le gouvernement par leur immobilisme de ces dernières semaines sont face à leur responsabilité qui est pleine et entière pour ce qui concerne le présent quinquennat même si ce qui se produit est le résultat exacerbé des carences latentes des multiples gouvernements précédents. »

    Je persiste et signe.

    Bien que n’étant ni journaliste, ni spécialiste déclaré de la chose politique, les différentes analyses que j’ai pu faire tant sous la législature de François Hollande que sous le début de cette dernière montrent les injustices et les aberrations d’un certain nombre de politiques menées dont certaines ont conduit à la situation présente alors que d’autres solutions étaient possibles et dont j’ai montré l’existence.

    PAS DE LEÇON A RECEVOIR

    Ceci étant dit, je précise que la très grande majorité des  citoyens dont je suis et la très grand majorité des Gilets Jaunes ne souhaitent pas la violence qui s'est exprimée ce dernier week-end mais n'ont pas de leçons à recevoir de ceux qui, par leur politique et leur incapacité à percevoir la réalité des malaises de ceux qui manifestent,  ont l'entière responsabilité des désordres qui ont eu lieu.

    Les casseurs sont aussi, bien sûr, responsables même si le problème de leur distinction est complexe. (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/apres-mai-68-decembre-2018-a153554770)

    Une autre remarque : Que le président de la république par porte parole interposé et le premier ministre demandent aux forces politique et syndicales et aux responsables patronaux d‘appeler au calme, c’est normal. Il est de leur rôle de le faire. Mais à l’évidence cela ne semble pas suffisant.

    Que le porte-parole ajoute que cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront" ne me semble pas non plus aller dans le sens d’inviter à ce que l’appel au calme soit lancé.

    "Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir la présidence de la République à l'AFP, tandis que se multiplient les appels à une nouvelle mobilisation des contestataires partout en France.

    La lucidité semble être enfin à l’ordre du jour au sommet du pouvoir.

    Les premiers comptables et responsables de la situation actuelle quant aux troubles sociaux sont Emmanuel MACRON, le gouvernement et les députés qui ont soutenu d’une manière ou d’une autre les lois votées et qui n'ont pas su faire le nécessaire pour CALMER LES ESPRITS il y a plus de deux semaines face au mouvement des gilets Jaunes. J’y ajoute un certain nombre de responsables politiques des législatures précédentes qui n’ont pas fait ce qu’il fallait pour éviter que ne s’accumulent des inégalités et des injustices qui ressortent aujourd’hui à force de ras le bol.

    Il faut maintenant que le gouvernement et le président de la république apportent les moyens véritables d’une sortie de crise faute d'avoir su convaincre ceux qui contestaient par des mesures insuffisantes et tardives pour rectifier une politique qui ne convient pas aux français ce dont ils sont en premier lieu responsables.

    C'EST D'ABORD ÇA L'APPEL AU CALME!

    GILETS JAUNES:  VA-T-ON DANS LE MUR?

    (Emmanuel Macron aux cérémonies du 11 novembre 2017 à la statue Clemenceau, auteur Remi Jouan - CC BY 4.0-

    LE PRÉSIDENT DOIT SORTIR DE SA TOUR D'IVOIRE

    Pour  concrétiser cet appel au calme, le président MACRON  doit,  AVANT SAMEDI, s’adresser directement aux français en faisant de véritables propositions d’apaisement.

    C'est sa parole que les français attendent.

    C’est le seul moyen d’éviter plus de violence s’il arrive à convaincre par l'annonce d' actes forts prenant vraiment compte les revendications essentielles des "gilets jaunes" et des français qui les soutiennent .

    Dans le cas contraire, s'il laisse passer samedi et garde donc le silence , j'espère que le gouvernement, comme c'est son rôle, a pris les dispositions nécessaires pour protéger les français de la violence des casseurs.

    Une petite remarque qui a son importance: Sur les 412 interpellés, seuls 16 appartiennent à des fichiers permettant de les catégoriser d’ultra droite ou d’ultra gauche. Le préfet distingue deux temps : avant 18h, où les personnes interpellées étaient des hommes, provinciaux, entre 35 et 45 ans, et après 18h, où « la situation s’inverse » et les interpellés ne sont plus que 20 % de provinciaux. Le préfet constate que « des allumeurs de feu viennent tôt » mais qu’ensuite, « par mimétisme, la violence s’installe. » Soit, mais pourquoi les forces de l'ordre n'ont pas interpellé ces centaines de casseurs "professionnels" de l'ultra gauche et l'ultra droite pourtant annoncés en nombre de 500 sans compter les délinquants venus de la banlieue pour casser et voler et qui apparemment ont pu échapper aux forces de l'ordre vu les chiffres annoncées par le ministre de l'intérieur lui-même lors de son audition au sénat?  

    Ensuite, que fera le président si cela se passe mal ?

    Peut être ne lui restera-t-il plus qu’à faire comme Jacques CHIRAC en 1997 à savoir dissoudre l’assemblée nationale et laisser les urnes décider de la suite ?

    Pas sûr que ce soit la meilleure solution pour l’avenir de la France car là aussi tout et n'importe quoi peut arriver car je le rappelle, le système électif de l'assemblée nationale n'aura pas changé pour cela ...

    J’y reviendrai.

     

    ELECTION DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE NATIONALE: UNE BELLE PAGAILLE!

    (Palais Bourbon Palais-Bourbon, VIIe arrondissement de Paris. auteur kimdokhac — Flickr, CC BY 2.0)

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