• CORONAVIRUS : MASQUES OU PAS MASQUES POUR TOUS ? 2 sur 2

    Après la déclaration du président de la République et la conférence de presse du premier ministre, je reviens sur cette dernière et bien évidemment sur  le port du masque qui semble, pour le gouvernement, tout à coup devenu indispensable pour la période de dé-confinement.  Les temps changent et les discours varient…

    Pour ma part, j’estime que le gouvernement a jusqu’ici navigué à vue du fait et de la pénurie de masques  et de l’incapacité à produire des tests de dépistage en nombre suffisant dès le début de l’épidémie ce qui aurait permis d’amoindrir celle-ci en faisant un tri, isoler les malades et leurs contacts et ainsi de mieux la contrôler que ce que nous avons fait et sans doute éviter à certaines personnes d’être contaminées voire même de mourir. J’y reviens bien sûr pour étayer mes dires.

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    Image par Myriam Zilles de Pixabay

    AVANT QUE D’EN REVENIR AUX MASQUES

    Je pense que le gouvernement actuel n’a pas la responsabilité du manque de masques avant l’épidémie et il a dû faire avec. Il n’en reste pas moins vrai que si on regarde le calendrier de l’arrivée du virus en France et la lenteur de certaines décisions, commandes de matériels, tracasseries administratives, il est clair que la pénurie de masques si elle semble contenue est encore bien présente pour l’avenir. Cela devrait l’être notamment pour doter tous les français lors de l’application d’un plan de dé-confinement qui ne prend pas en compte tous les risques sanitaires mais est adapté aux pénuries qui vont continuer de sévir notamment au niveau des tests de dépistage ce qui fait courir le risque important de ne pouvoir faire front à une deuxième vague meurtrière d’autant qu’il est estimé que plus de 90 % de la population n’est pas contaminée et qu’on ne sait pas si l’immunité est présente sur ceux qui ont été atteints.

    Comment va-t-on faire pour appliquer la séparation des contaminés de ceux qui ne le sont pas et tester leur entourage ? La production de tests de détection devrait monter à 500 000 pour le 11 mai… Cela est –il suffisant ?

     On joue de plus au poker avec les incertitudes quant à la contagion ou non que peuvent amener les enfants en reprenant l’école alors  qu’ à trois semaines de la date du 11 mai, on ne sait pas encore ce que l’on va faire quand on écoute vraiment les vagues annonces du ministre de l’éducation nationale sauf en ce qui concerne les dates de reprises niveau par niveau… J’y reviendrai dans le détail prochainement car ce point me semble un des plus significatifs d’une mauvaise appréciation de la situation au regard des ombres, méconnaissances et flous que nous avons quand au virus et à sa manière de répandre l’épidémie.  La précipitation que me semble vouloir organiser pour la reprise de l’école le gouvernement n’est pas raisonnable quand on connait la complexité du fonctionnement des écoles et de ce qu’il faudrait mettre en place si on veut rouvrir les établissements dans des conditions de sécurité sanitaires maximales pour les élèves de tous âges et les personnels qui auront à travailler avec eux.

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    Image par Alexandra_Koch de Pixabay

    Tout cela semble en contradiction avec ce qu’affirme une étude réalisée notamment par l’Inserm qui laisse entendre que le dé-confinement « provoquerait une nouvelle vague épidémique si n’était pas mis en place un système de tests massifs et d’isolement des personnes infectées ».  « Le tracement et dépistage massif de cas-contacts pour les isoler rapidement sont nécessaires » pour envisager les stratégies de dé-confinement progressif « tout en maintenant les écoles fermées et les personnes âgées isolées ». Ces travaux ont été réalisés conjointement par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique et Médecine Sorbonne Université.

     Alors pourquoi mettre en action un plan qui ne reprend pas ces recommandations ?

    J’ajoute que le  nombre de patients hospitalisés ne baisse pas de manière significative même si les médias nous abreuvent de courbes encourageantes. Nous avons passé la barre des 20 000 morts ! Bien sûr qu’il y a des lits de réanimation qui se libèrent mais nous sommes encore bien au dessus du seuil normal (5 000 lits dont 90% sont occupés  en temps normal) de plus de  5 683 personnes en réanimation  (7 148 le 8 avril). Une baisse très faible de 61 patients mais c’est très lent et me semble –t-il insuffisant pour croire que le 11 mai nous retrouverons le « niveau  de la mer » selon l’expression du  professeur Eric CAUMES. Pour l’instant la vague est haute. Je ne note pas non plus un solde de malades de moins entre le 20 et le 21 avril : 29 pour 30 000 hospitalisés. Même si le confinement qui est notre seule protection avec les gestes barrières, est suivi par la population, il reste quand même que selon Santé publique France il y a eu en 24 heures 1465 hospitalisations de plus qui ont été enregistrées et 208 admissions en réanimation.

    On est en droit donc de se poser des questions sur le bien fondé de certains points de la stratégie de dé-confinement d’Emmanuel MACRON et de son gouvernement. Même s’il est sûr que nous devons arriver à ce que la vie reprenne plus normalement dans le pays, cela ne peut se faire dans la hâte pour des motifs économiques et au prix d’une sécurité sanitaire au rabais et sur nombre de points irréalistes voire irresponsables qui mettrait en péril la santé de nos concitoyens.
     Mais j’y reviendrai quand le premier ministre annoncera les détails du plan.

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    Image par Christo Anestev de Pixabay

    LE PORT DU MASQUE "ALTERNATIF" OU "GRAND PUBLIC" APRÈS LE 11 MAI 

    On se demande parfois dans quel pays on est.   Lors de la pénurie de masques – qui n’est d’ailleurs par terminée à ce jour- le gouvernement avait affirmé qu’il n’était pas nécessaire que tout le monde en porte un. Il n’en avait pas à distribuer ni d’ailleurs aux soignants en ce qui concerne les FFP2.

    Il est sûr que si on écoute le discours gouvernemental, le masque est devenu aujourd’hui recommandé parce qu’il protège les autres et que si tout le monde en porte on consolide la protection des gestes barrières et de la distanciation : UN VIRAGE A 180 DEGRES !

    Soit, mais la pénurie est toujours présente et nous sommes incapables de fournir chaque français du nombre de masques qu’il serait nécessaire pour une protection efficace. Nous dépendons toujours des pays étrangers pour nos soignants même si la production de masques en France a été augmentée.  Mais si peu : nous produisons en une semaine ce que d‘autres peuvent produire en un jour…

    La nouveauté est que des opérations de fabrication de masques dits  « alternatifs », réutilisables après lavage  se mettent en place avec appel à des bénévoles pour faire de la couture.

    Quand ces masques sont fabriqués sous le contrôle d’un organisme de santé comme cela se fait au CHU de Lille qui a testé les tissus nécessaires, pas de problèmes. Ces masques seront utilisés par les soignants en priorité ce qui prouve que l’état n’est pas à la hauteur de la fourniture…

    Pour les autres fabrications, il semble que des précautions importantes doivent être prises notamment quant à l’efficacité de la diffusion des projections vers l’extérieur et donc les autres.

    Car là aussi la vigilance s’impose : mettre un masque qui ne sert à rien et laisse passer  le virus qu'onpeut transmettre à l'autre peut être plus dangereux que bénéfique. Attention donc aux « produits maison » qui s’ils partent d’une louable intention doivent quand même être pris avec toute la circonspection nécessaire. Dire « c’est mieux que rien » n’est pas un argument.  Seuls les gestes barrières et la distance de sécurité d’au moins un mètre sont une garantie. Le masque de toute façon n’est qu’un plus qui ne me protège pas d’une part, contrairement à ce que beaucoup pensent, mais s’il est bien adapté peut protéger les autres. Tout est là.

    J’ajouterai pour ma part qu'avant la distribution il faudra informer de manière très précise et répétée sur la manière de le porter et les précautions à prendre pour l’utiliser, le mettre correctement, le retirer pour ne pas se contaminer. Car un masque s’il peut aider à protéger notamment les autres peut aussi être source de  contamination pour soi s’il est mal utilisé, touché en cours de port et retiré sans les précautions ad’hoc faute de quoi ce peut être plus dangereux que de ne pas en porter.

     Il faudra  bien sûr dire combien de temps on peut le porter, que si on l’enlève on ne peut le remettre même si on l’a utilisé peu de temps. Et donc il est important et vital d’informer de quelle manière on devra le décontaminer par exemple par lavage à la bonne température  avec le temps nécessaire ou tout autre procédé fiable et facile. Dire aussi combien de fois on peut le laver sans qu’il devienne une passoire. Un seul masque c’est trop peu… Quand on songe à ceux qui prennent un transport le matin et reviennent le soir et qu’il faut changer le masque au bout de 4 heures…

    Et rappeler encore et encore que le port du masque n’exonère pas de la pratique des gestes barrières. Cela va de soi bien sûr mais ça va mieux en le disant et re disant sans cesse.

    Encore faut-il que tout le monde en porte et c’est pour lors impossible. Peut-être le 11 mai ?

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      Image par Willfried Wende de Pixabay

    CONCLUSION TOUTE PROVISOIRE
    Des  masques,  il en faut encore et encore. Nous sommes toujours à flux tendu pour les personnels soignants et tous ceux qui sont en contact avec le public de par la profession qu’ils exercent au service des françaises et des français.    L’urgence est donc pour l’état de démultiplier la production française.  Pour l’instant elle est peu satisfaisante. A-t-il été fait les efforts nécessaires pour démultiplier celle-ci ?

    L’état doit  mettre en marche et reconvertir d’urgence tout le pan industriel utile  pour faire face à la production massive de ce que nous avons besoin. Il faut arrêter de tergiverser: la production de masques doit s’accélérer, les accessoires d’habillement et autres, les tests, les médicaments. L’heure est à la  réquisition de nos outils de production pour le nécessaire vital.  La production doit être d’urgence planifiée sans faiblesse. Car de longs mois à éviter la progression de la contamination sont encore devant nous avant l’éventuel vaccin que tout le monde attend.

    Pour le moment, je redis la nécessité impérieuse de réussir l'opération confinement pour donner le temps donc les moyens de passer la vague actuelle qui va se prolonger dans le temps et au-delà du 11 mai, date arbitraire qui à mon sens n’est pas raisonnable. Il faudra être patient.

    RESPECTER LES RÈGLES DE CONFINEMENT est donc le seul moyen d’aider les soignants à tenir. Les réanimations sont pleines, la tension est toujours plus qu’importante et entière.  

    Quand au dé-confinement et à l’usage des masques pour tous, on doit y penser comme une mesure complémentaire aux gestes barrières et à la distanciation…à condition que tout le monde sans exception en porte avec toutes les précautions nécessaires. Ça n’est pas gagné…

    Qu’on se le redise. 

    LE PRESIDENT MACRON  DOIT CHANGER DE BRAQUET !!!

    (Image par Mylene2401 de Pixabay

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