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Après la censure historique du gouvernement Barnier ce mercredi 4 décembre 2024, le président de la République se devait de prendre la parole pour dire aux français ce qu’il allait faire.
Il reste le seul qui peut nommer un premier ministre capable de remettre l’assemblée nationale au travail pour que l’état fonctionne.
La première urgence est bien entendu l’adoption d’un budget qui permette à la France de ne pas subir la méfiance des marchés et donc d’aggraver notre dette.
Sur le contenu de l’allocution du Président on peut dire plein de choses et leur contraire et je ne m’y aventurerai pas . Nombre de journalistes, de chroniqueurs ou de responsables politiques se sont exprimés les uns avec justesse d’autres en appuyant sur les points qui allaient dans le sens de leurs idées parfois avec outrance. Il n’ a pas annoncé le nom du ou de la première ministre qui serait nommé rapidement
Le plus important me semble être qu’un processus de remise en route de l’état et du fonctionnement de l’assemblée est possible. Reste à trouver la personne idoine pour que les parlementaires se mettent au travail autour d’une table pour avancer.
Quand on a vécu cette dernière semaine c’est loin d’être gagné pour ne pas qu’on retombe dans les mêmes errements que durant la courte durée du gouvernement Barnier.
On verra très vite dans les jours prochain en fonction du choix fait par le président et l’attitude des divers groupes parlementaires si on a des chances d’y arriver.
On peut noter qu’Emmanuel Macron n’a pas l’intention de démissionner et de rester jusqu’au bout de son mandat.
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L’URGENCE N’EST PAS L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE
Les fantasmes d’une élection présidentielle anticipée réclamée par Jean-Luc Mélenchon et souhaitée par marine Le Pen pour elle avant mars pour des raisons de calendrier judiciaire, pour lui parce qu’il a peur d’attendre 2027 en raison de son âge, tombent aussi.
Comme je le disais dans mon écrit précédent, une démission n’arrangerait à mon sens rien si ce n’est enfoncer immédiatement plus encore la France dans ses problèmes économiques et d'image à l'extérieur ce dont nous n’avons pas besoin si on veut faire face et résoudre les difficultés quotidiennes actuelles de nombre de français car là est la priorité. Le reste n’est que politique politicienne.
De plus, cette anticipation priverait les électeurs , comme pour les législatives, d’une campagne présidentielle sérieuse pour celles et ceux qui se présenteraient pour qu’un véritable choix puisse se faire sur la base d’arguments qui puissent éclairer pleinement les citoyens sur les programmes des uns et des autres et dont il faut débattre. Cela ne s'improvise pas.
Nous avons donc d’autres choses plus urgentes à faire à savoir remettre le fonctionnement de l’état en route pour satisfaire aux besoins urgents des citoyens en matière de pouvoir d’achat, de santé, d’éducation, de sécurité , d’emploi et faire face à notre dette. Pour cela un budget différent de celui proposé par le dernier gouvernement doit être mis en place pour retrouver une sérénité constructive qui permette d’avancer dans le cadre d’une justice fiscale et sociale réclamée par les français.
La satisfaction des égos de certains politiciens peut attendre. L’objectif « être à l’ÉLYSÉE » n’est donc pas une priorité.
Le président n’a plus de majorité à l’assemblée. Si les députés le veulent, c’est le parlement qui peut imposer une gouvernance qui doit permettre d’avancer, Emmanuel Macron ne peut plus dissoudre et ne peut plus que nommer des premiers ministres qui auront l’agrément du parlement.
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Image Geralt -Pixabay
QUEL PREMIER MINISTRE ?
Son nom n’est pas le plus important mais la manière dont il prendra en charge la construction d’une politique qui puisse ne plus être celle d’Emmanuel Macron qui a échoué ceci en mettant autour de la table tous les députés qui voudront bien y travailler ce qui veut dire que chacun ne doit pas proposer ce qui pourra être inacceptable par d’autres mais faire le nécessaire pour échanger et écouter sur des points d’un programme à construire de conserve.
Ce n’est pas chose aisée mais c’est la seule solution. Cela demande non pas l’abandon des convictions que chacun doit garder dans la mesure où elles sont honnêtes et légitimes mais l’ouverture nécessaire à débattre des points essentiels qui permettent d’apporter au citoyen les progrès dont il a besoin dans sa vie quotidienne et qu’il est aisé de lister.
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Le ministère de l'Économie et des Finances à Paris. Image Arthur Weidmann — Travail personnel CC BY-SA 4.0
LE BUDGET
Le budget qui doit être le reflet d’un projet consensuel et non la continuité de celui de 2024 doit à la fois redonner confiance aux milieux économiques mais aussi répondre aux besoins des français qui ont élu les députés de l’assemblée qui se doivent de faire le nécessaire pour que les votes des citoyens aux dernières législatives aient servi à quelque chose à savoir donner à la France une assemblée qui fasse avancer les conditions de leur quotidien.
Le gouvernement Barnier n’a pas permis cela et la censure est le résultat d’une erreur évidente d’Emmanuel Macron qui a fixé un cadre trop étriqué pour que des compromis puissent se faire sous la houlette de Michel Barnier. Ce dernier a privilégié les compromis avec le bloc central et les républicains en ignorant le NFP et s’est laissé prendre au chantage mené par le RN. Le NFP n’a pas non plus aidé à ce que ces compromis se construisent notamment quand Jean-Luc Mélenchon avait annoncé dès l’annonce des résultats des législatives qu’ il fallait que ce soit tout le programme du NFP qui devait s’appliquer. C’était outrancier, complètement utopique et source de blocage. Même si ensuite la position du NFP avait été plus souple avec la candidature de Lucie Castet au poste de premier ministre, Emmanuel Macron n’a pas voulu accepter ce choix prétextant que le NFP ne pouvait avoir de majorité à l’assemblée. En réalité aucun groupe n’a la majorité et le président n’a pas donné sa chance à la gauche de créer une majorité à partir de propositions dont il fallait débattre pour créer des consensus.
En choisissant Michel Barnier il a volontairement voulu faire croire à la construction d’une majorité bloc central/ LR avec la bienveillante neutralité du RN pour continuer dans la voie de la politique qu’il avait mené jusqu’ici en ignorant l’aile gauche de l’assemblée.
C’était une grave erreur que d’avoir oublié que les 2/3 des députés avaient été élus dans le cadre du Front républicain et qu’en l’occurence il aurait dû nommer un premier ministre capable de concrétiser à l’assemblée la suite de ce front républicain.
En choisissant Michel Barnier, il a fait tout le contraire puisqu’il a accepté de nommer au gouvernement des personnalités issus de l’ex LR qui n’a pas pas fait parti du front républicain tout en excluant de fait des personnalités de gauche. Il a donné la possibilité au RN d’arbitrer ou sous forme de chantage à la censure d’avoir des exigences.
Que la censure ait été votée n’est donc pas une surprise. Il a d’ailleurs compris qu’elle était inévitable et c’est pourquoi depuis quelques jours il a fait nécessaire pour pouvoir désigner rapidement un nouveau premier ministre.
POUR CONCLURE TRÈS PROVISOIREMENT
Quand le ou la premièr-e ministre sera-t-il ou elle nommé-e et surtout pour quelle feuille de route ?
Même si ça bouge à gauche comme à droite, il semble que, d’après les réactions des uns et des autres ce ne sera pas facile d’avancer si on ne met pas en œuvre à l'assemblée le front républicain pour donner un budget à la France.
Les heures qui viennent seront décisives mais ça tout le monde peut le dire sans être grand clerc.