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Si on ajoute à cela une préparation nationale du projet qui n’a pas pris comme base la réalité de la vie des enfants, des écoles, des communes... il ne faut pas s’étonner de la situation actuelle qui ne s’améliorera pas si le gouvernement n’accepte pas de rectifier ses erreurs qui mettent en danger la refondation d’une école qui en a pourtant bien besoin.
J’y avais adhéré il y a plus de deux ans déjà.
(Voir sur ce blog http://quaiducitoyen.eklablog.fr/adapter-les-rythmes-aux-eleves-a46900891 et les articles suivants)
RETOUR SUR L’ERREUR DU XXI ème SIECLE EN MATIERE DE RYTHME : LA SEMAINE DARCOS
Avec Xavier DARCOS et son gouvernement qui ont détruit les rythmes de la semaine en supprimant deux heures de cours aux élèves pour qu’ils aillent quatre jours à l’école, on a habitué les enfants et les parents à avoir un long week-end. L’objectif : contenter les parents et les enseignants qui n’en demandaient pas tant d’ailleurs à l’époque.
Et tout le monde s’est d'ailleurs frotté les mains de satisfaction.
La démagogie avait gagné.
Et tout le monde a pris ses habitudes le samedi.
Pourtant les gouvernants, les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants savaient, comme maintenant, que la rupture du samedi était une mauvaise solution (voir académie de médecine et les chrono biologistes) dont je rappelle les préconisations clés: « Aménager la journée scolaire en fonction des rythmes de performance et enseigner les matières difficiles aux moments d’efficience scolaire reconnus, en milieu de matinée et en milieu d’après-midi.
- Alléger le temps de présence quotidien de l’élève à l’école en fonction de son âge.
- Aménager la semaine sur quatre jours et demi ou cinq jours en évitant la désynchronisation liée à un week-end dont le samedi matin est libre. »
Les enfants dans tout cela ? Ah oui, il y a des enfants ! L’égoïsme des adultes a prévalu. Vogue la galère pour les écoliers.
C’était le premier acte fondateur des aberrations qui ont suivi.
On a ainsi plus ou moins vite constaté des enfants fatigués, des enseignants fatigués.
On a supprimé deux heures de classes avec des programmes toujours aussi lourds voire plus dans certains cas. On les a remplacé par deux heures de travail « personnalisées » après la classe.

A noter pour la petite histoire qu’avant et pendant la semaine « Xavier DARCOS » et ce pour la majorité des écoles jusque l’année dernière, le mercredi non travaillé ne posait guère de problèmes : les parents qui travaillaient confiaient les enfants à la "nounou", aux grands parents ou au centre aéré. Les collectivités locales assuraient aussi dans nombre de villes un accueil périscolaire...bref chacun s’organisait pour que les enfants soient pris en charge.
Pourquoi donc cela poserait-il plus de problème aujourd’hui si on revenait au mercredi non travaillé ?
ABERRATION SUITE : LA SEMAINE PEILLON OU LA POURSUITE DE LA DEMAGOGIE ELECTORALISTE
Vincent PEILLON a voulu revenir à une semaine telle qu’elle se pratiquait avant « Xavier DARCOS » sur 9 demi-journées en remettant une matinée pour mieux étaler les apprentissages et raccourcir la journée.
Soit. Cela partait d’un bon sentiment même si ce n’était pas en demi-journées qu’il fallait repenser l’organisation hebdomadaire.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça n’a pas été bien étudié. Le ministre ne voulait pas, de plus, avoir l’air de revenir en arrière mais faire croire à une évolution par rapport à la semaine de 4 jours et demi précédente.
Car pour revenir à la semaine de quatre jours et demi ou 9 demi-journées deux problèmes se posaient :
En effet, la semaine DARCOS a conditionné les parents à avoir leurs enfants à la maison le samedi.
Monsieur PEILLON n’a pas eu le courage politique de décider de faire du samedi la demi journée de plus obligatoire et en a fait la demi journée dérogatoire. Le mercredi est devenu matinée obligatoire de travail.
Cela a apporté de plus aux parents qui travaillent, le confort d’avoir l’accueil de leur enfant par l’école au moins le mercredi matin.
Cela a conforté les parents dans leurs habitudes d’un long week-end.
Tout cela, bien sûr, en sachant qu’on allait à l’encontre des préconisations des experts (académie de médecine, spécialiste du sommeil, chrono et psycho biologistes).
Ce maintien du samedi non travaillé est la première grave erreur de Vincent PEILLON sur le plan des rythmes de vie de l’enfant. Elle a été imposée contre toute logique alors qu’elle allait à l’encontre de l’intérêt de l’enfant.
Car telle est la vérité : avec le mercredi obligatoire et le samedi « chômé » on fait pire que la semaine de 4 jours et demi (détruite par DARCOS) qui avait au moins le mérite, avec le samedi matin travaillé, de permettre aux enfants d’avoir une coupure du week-end moins nocive pour les apprentissages de la semaine suivante.
On a détruit les organisations des activités du mercredi pour les enfants.
A partir de là, on ne s’est plus préoccupé que des horaires sans penser véritablement de manière précise, cohérente au contenu des apprentissages, aux moments où il faut les faire dans la journée, aux conditions à rassembler, à l’âge des enfants, à la régularité des moments de sommeil... à la formation du personnel.
On s’est basé sur de l’ « à peu-près » théorique et réducteur du « matin meilleur moment » alors que c’est beaucoup plus complexe que cela. On a installé un nouveau carcan horaire pour les élèves, les parents et les enseignants en réduisant ainsi pour ces derniers les possibilités de nouvelles initiatives pédagogiques et les possibilités de remise en cause de leur service, temps de travail, de concertation...

Tout cela pour faire vite...mais pas bien.
Pas de quoi clamer victoire et se féliciter comme le fait le gouvernement d’une « réforme » qui n’en est pas une... pour aller vers l’organisation hebdomadaire « bouche-trous » que l’on connait presque partout.
Le problème n’est pas de tracer un tableau noir de la mise en place de cette « non réforme » mais de lister les difficultés qui montrent à l’évidence que les objectifs ont été biaisés dès le départ par un décret inadapté. Il faut maintenant en tenir compte et faire le nécessaire pour revenir aux fondamentaux : les intérêts de l’enfant dont en particulier un meilleur équilibre de ses temps de vie, de meilleurs conditions d’apprentissages, une diminution de la fatigue quotidienne, ... bref toutes les choses que la soi-disant réforme actuelle ne permet pas par manque de réflexion pratique et de partis pris électoralistes.
A la nouvelle ministre de rectifier le tir et de remettre l’ouvrage sur les bons rails pour avancer ce qui demande remise en cause.
C’est encore possible si elle en prend les moyens... avec courage et détermination.
J’y reviens bientôt, car dénoncer les anomalies n’exonère pas de proposer des solutions...qui ont déjà été formulées.