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IL FAUT ABROGER LES DECRETS DARCOS ET PEILLON
Il est indispensable d’abroger, pour la prochaine rentrée et pour toutes les écoles, le décret sur la semaine de 4 jours mise en place à la hussarde par Xavier DARCOS et de revenir à l’organisation antérieure avec le travail le samedi.
Ne pas le faire c’est continuer ici avec la semaine de 4 jours et là avec une semaine de 4jours et demi mal organisée car on n’en aura pas pris le temps de la réflexion. Il faut redonner de l’oxygène… Et cela ne sera pas une charge supplémentaire pour les communes.
Il faut aussi abroger le nouveau décret Peillon paru le 26 janvier 2013 parce qu’il jette le trouble et ne mettra en place qu’un faux semblant de réforme et une organisation déjà dépassée, non adaptée.
Il faut donc reporter à 2014, pour toutes les écoles, la mise en place de l’organisation d’une nouvelle semaine pour laisser le temps aux acteurs du terrain de se concerter réellement sur les bases d’une vraie information qui mette chacun au même niveau de connaissances sur les rythmes. Ce n’est pas le cas actuellement. Dire le contraire c’est nier la réalité du terrain. Il ne faut pas que les décisions se prennent en fonction des sondages sur la préférence des parents entre le samedi et le mercredi. Il ne faut pas créer la division entre les partenaires locaux. Il faut s’informer pour débattre réellement et construire.
IL FAUT PREPARER LE COEUR DE LA REFONDATION
Avant toute chose, il faut prendre le temps d’ici la rentrée 2014 de construire les préalables qui permettront de mettre du contenu dans les temps d’activités hebdomadaires et ensuite de les organiser.
Bien sûr, il faut refaire d’urgence les programmes et lancer la réflexion sur l’évolution des pratiques pédagogiques et mettre en place une formation initiale et continue adaptée aux objectifs énoncés.
Cela permettra de fixer le nombre d’heures nécessaires au travail annuel pour bien le répartir sur l’année. En France il est bien plus important que dans d’autres pays qui ont de meilleurs résultats.
Il ne faut pas prendre le problème à l’envers comme cela est fait actuellement en fixant arbitrairement un nombre d’heures qui n’a aucune réalité fondée.
Il faut d’abord s’attacher au contenu de ces heures de travail : permettre de faire acquérir les priorités nationales d’instruction définies par des programmes cohérents qui sont donc à revoir et qui doivent être enseignés aux élèves en fonction de leur âge et des pédagogies pratiquées.
Là est le cœur de la Refondation. C’est une priorité.
Tout le reste suivra pour organiser le rythme de la journée, de la semaine et de l’année scolaire.
Les vacances :
("Repos en lambeau" d'après détail repos du modèle de André Favory,(1889-1937) domaine public)
Une fois fixé le nombre d’heures nécessaires pour acquérir les programmes, il faut réfléchir aux vacances. Plutôt qu’une réflexion qui se base sur le nombre d’heures actuel il faut repenser l’année en fonction des alternances des périodes de travail et de repos .S’ il est prouvé qu’une semaine de vacances c’est insuffisant car les rythmes commencent à se stabiliser après une semaine. Deux semaines sont donc en effet un minimum pour tirer un bénéfice des vacances. Il y a les périodes de travail dont on dit qu’ils ne doivent pas dépasser 7 semaines. Il ne faut cependant pas avoir une vision simpliste de la chose. C’est beaucoup plus compliqué. Il faut considérer aussi les mois ou périodes de moindres ou de bonnes capacités biologiques, en hiver par exemple. Il faut tenir compte des ruptures de rythmes importantes causées par les jours fériés à certaine période comme par exemple les mois de mai voire avril ou juin. Ce ne doit pas être impossible pourvu que l’on se dégage des pressions des lobbies du tourisme ou des vacances des enseignants ou des désirs des parents.
IL FAUT INFORMER POUR UNE VERITABLE CONNAISSANCE SUR LES RYTHMES
Pour que puissent se travailler les projets pédagogiques territoriaux futurs qui doivent être inscrit comme une obligation (ce n’est pas le cas dans le décret) il faut mettre tout de suite les moyens d’une immense campagne d’information sur ce qui doit être le centre de la refondation de l’école (et y compris au collège et au lycée) : les rythmes, l’importance de l’alternance équilibrée veille/sommeil…
On en parle beaucoup. Mais à tout bien considérer l’info est parcellaire, peu diffusée. Combien d’enseignants et de parents ou de responsables de collectivités locales sont bien informés sur le sujet ? Pour faire des projets cohérents il faut que tout le monde soit au même niveau d’information. Ensuite on peut discuter, réfléchir, se remettre en cause, débattre et proposer, construire dans la transparence.
C’est un point fondamental si on veut pas retomber dans le travers qui a été celui de la mise en place de la semaine de 4 jours mettant parents et enseignants devant le fait accompli d’une décision d’organisation de la rentrée scolaire parce qu’une fois de plus on veut aller trop vite et mettre en place des créneaux horaires avant d’en avoir vraiment élaboré de manière partenariale le contenu .
La rentrée prochaine c’est pour bientôt. Le temps manquera pour qu’il y ait véritablement l’information nécessaire pour mobiliser vraiment toutes les écoles pour que conseils d’écoles puissent proposer une organisation véritablement bien éclairée qui aura été mûrement pensée en partenariat et qui sera dans l’intérêt de l’enfant.
Alors prenons le temps de bien travailler.
Attention : qui dit obligation de projets territoriaux dit aussi moyens pour financer afin qu’il y ait égalité de tous les territoires pour refonder.
REDONNER CONFIANCE AUX PARTENAIRES
Tout cela doit se construire vraiment avec tous les partenaires pour redonner de la confiance, pour avancer. Il faut également dans les académies préparer la prochaine rentrée des classes sans pour autant préjuger des résultats des travaux sur la refondation de l’école. De ce point de vue, ça n’a pas l’air actuellement d’avancer sur le terrain en tout cas dans le Nord où j’observe les évènements. La confiance s’en va.
ET REMETTRE DES MOYENS HUMAINS A L’ECOLE
Il y a urgence, en attendant la refondation, à commencer de remettre des moyens humains à l’école et en accélérer le mouvement car il ne faut pas que les élèves et les maîtres puissent encore souffrir cette année du manque d’encadrement, de non remplacements, du manque de formation des nouveaux enseignants…
Le travail de la carte scolaire commence dans les académies : c’est l’occasion de réactiver la confiance des équipes pédagogiques sans lesquelles il ne sera rien fait. La pauvreté des dotations dont j’ai connaissance pour le département du Nord n’est pas un bon signe. Pas bonne non plus la manière de pratiquer avec les fédérations de parents d’élèves et les organisations syndicales pour les discussions sur la carte scolaire : informations non communiquées de la part du DASEN ou communiquées sans les délais nécessaires à une bonne étude par les partenaires. Ce n’est pas en continuant des pratiques antérieures qu’on changera l’état d’esprit.
IL FAUT REVALORISER LA FONCTION D’INSTITUTEUR ET DE PROFESSEUR D’ECOLE
Indépendamment de la refondation, Il est aussi urgent lancer tout de suite un travail de concertation avec les syndicats des personnels du premier degré sur la revalorisation de leur fonction, leurs horaires, leurs missions.
Il est plus que temps de redonner confiance à ce personnel qui accomplit injustement le plus grand nombre d’heures de service de la catégorie des professeurs avec des charges de travail importantes. Il n’y a par exemple aucune justification à ce qu’ils fassent 27 heures alors que leurs collègues profs de collège et de lycée en font 18 ou 20.
En passant, je me permets de rappeler que cela fait des décennies que cela dure et on a toujours méprisé ce corps des enseignants du premier degré et ceci de la part de tous les gouvernements. On a même créé la fonction de professeurs d’école (en 1989) sans prendre en considération les compétences acquises durant de longues années de pratiques des instituteurs pour ne pas faciliter la revalorisation de leur fonction si ce n’est au prix d’un concours interne indigne. Michel ROCARD 1er ministre et Lionel JOSPIN Ministre de l’Education nationale de l’époque ont fait ce qu’il fallait pour diviser le personnel du premier degré pour faire de la « bonne gestion » et des économies sur le dos des personnels en place. Certains syndicats d’enseignants du premier degré et du second degré ont malheureusement accepté ce qu’on peut appeler une compromission faite sur le dos des instituteurs.
Depuis, les divisions - y compris parmi les professeurs des écoles- n’ont pas cessé de se faire en alternant de multiples solutions d’avancements ou de stagnation de carrière au gré des années en se basant sur une formation initiale mouvante dont on ne peut dire qu’elle s’est vraiment améliorée au fil des ans. On sait comment cela s’est terminé ces dernières années, en faisant disparaître toute formation et en ne se fondant, pour lancer les jeunes enseignants parmi les élèves, que sur les connaissances non adaptées d’un diplôme nommé « Master ». « Master », en français « Maître » ce qui est un comble. On se demande "Master" de quoi : En tout cas, pas de la connaissance des enfants et de la pédagogie. Ceci dit sans vouloir dévaloriser cette génération d’enseignants qui ont dû affronter le métier sans les armes qu’on aurait dû leur donner. Ceci aussi pour des raisons d’économies...
C'est l' ancien instituteur, professeur d'école et directeur que je fus qui le rappelle, sans rancoeur inutile, mais avec le sentiment que les leçons de la mémoire du passé peuvent servir l'avenir... Espérons que la future formation initiale sera à la hauteur des ambitions, vraiment professionnelle et qu'elle sera élaborée en tout indépendance d'intérêt d'un quelconque lobbie. Attention à ce qu'elle ne soit pas un prétexte pour, une fois encore, diviser les personnels dont le statut, le salaire et le service doit être le même pour chacun.
Il faut donc aussi donner aux enseignants du premier degré les moyens humains, la formation et les temps de concertation nécessaires pour changer leurs pratiques de prise en charge des enfants durant le temps éducatif scolaire. L’idée de mettre « plus de maîtres que de classes », reprise par Vincent Peillon, est une des solutions qui fera avancer les pratiques. Il faut en mettre les vrais moyens.
C’est aussi par tout, cela que passe la refondation et si on veut avoir des exigences de mobilisation du personnel des résultats et de la réussite.
POUR CONCLURE
La réussite de tous les enfants est un défi à relever qui doit passer au-dessus des compromis à faire aux adultes. Ce n’est pas le cas actuellement avec le décret.
La refondation de l’Ecole est une œuvre de longue haleine qui peut aboutir dans la mesure où on en prendra les vrais moyens et qu’on sortira de certains vieux schémas désuets et inefficaces conservées dans le formol jusqu’à nos jours par nombre de technocrates et sur lesquels notre Ecole est fortement fondée depuis des décennies.
A défaut, la refondation n’aura pas lieu et on se retrouvera une fois de plus dans un système superficiellement toiletté, avec des béquilles, et qui n’aura aucune chance de relever le défi d’une meilleure réussite pour tous des enfants et les jeunes.
Il faut arrêter de faire des annonces pour contenter ou les uns ou les autres, de naviguer dans les brumes au gré des sondages, sans savoir où l’on va vraiment . Prenons un calendrier réaliste d’objectifs à réaliser pour faire que la rénovation se mette en place au cours d’étapes qu’il faut annoncer clairement et qu’il faut engager dès maintenant.
Les moyens financiers on les trouve quand on choisit les vraies priorités.
Place aux vraies mesures intelligentes et pour une vraie Refondation de l’Ecole !
Le début du changement c’est tout de suite ! Qu'on se le dise!
Patrick PATTE