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LES ENJEUX DU DÉSISTEMENT
Il semble donc que tous les partis aient comme objectif de faire barrage au RN pour ne pas que celui -ci se retrouve avec une majorité absolue voire relative au soir du scrutin de dimanche prochain.
Pour ce faire , le seul moyen est que dans le cadre des nombreuses triangulaires , quand le RN était qualifié le candidat placé troisième se désistait afin de permettre au candidat restant d’avoir plus de chance d’avoir un report de voix qui permettait de battre le candidat RN.
TOUS LES PARTIS (Hors RN) ONT-ILS JOUÉ LE JEU DU FRONT RÉPUBLICAIN ?
A l’évidence non.
Les Républicains ont refusé tout désistement et se place donc dans la perspective de pouvoir favoriser l’élection du candidat RN dans certaines triangulaires.
Le Nouveau Front Populaire a appliqué massivement ce qu’il avait annoncé : le retrait de son candidat quand il était arrivé troisième.
En ce qui concerne l’ex majorité ce n’est pas si clair. Le retrait s’est fait circonscription par circonscription en fonction de l’appartenance du candidat du Nouveau front Populaire à savoir s’il a aussi l’étiquette LFI. Dans ce cas il y a retrait ou pas.
Pour faire barrage au RN avec un maximum d’efficacité il n’y aurait dû avoir qu’un seul mot d’ordre. En ne le faisant pas, l’ex majorité et ses alliés ont pris le risque d’aider le RN à avoir plus de députés élus ce que pourtant ils ne veulent pas. Tout cela est contradictoire. Et révèle là encore une faiblesse de la cohésion de l’ex majorité.
Ainsi depuis dimanche, 221 candidats se sont retirés du second tour.
Le 30 juin, à l’issue du premier tour, 306 triangulaires étaient recensées par le ministère de l’intérieur, pour cinq quadrangulaires et 190 duels. Mercredi 3 juillet au matin, on ne dénombrait plus que 94 triangulaires, une quadrangulaire et 405 duels. 159 opposent le RN au Nouveau Front populaire (NFP), 133 voient des candidats de la majorité sortante affronter ceux de l’extrême droite.
Tour cela est plutôt positif pour faire front au RN et modifier ses chances d'obtenir la majorité absolue.

RIEN N’EST JOUÉ ...
Désistement ne veut pas forcément dire « report » de voix même si il y a consignes de vote aux électeurs.
Ces derniers voteront comme ils le pensent et c’est bien pour cela qu’à mon sens il est bien difficile de faire des pronostics quant aux résultats finaux et donc s’il se dégagera des majorités et si oui de quel type : absolue, relative ou des blocs sans majorité possible sauf à ce qu’il y ait des accords pour une gouvernance sur des objectifs minimaux.
Nous sommes donc dans l’incertitude quant au futur fonctionnement de notre pays.
C’est véritablement aux électeurs qu’appartient le verdict final de ce vote dans le système d’une élection d’un assemblée qui ne permet pas de représenter réellement la population puisque ‘il n’est pas à la proportionnelle comme dans d’autres pays démocratique.
A espérer néanmoins que les dits électeurs ne se seront pas fait leurrer par les miroirs aux alouettes du RN et qu’ils auront su faire la part des choses entre les colères de situations sociales qui peuvent se comprendre et les réalités de ce qu’il pourrait advenir pour la France et les français si le pays venait à être dirigé par un parti d’extrême droite.
La responsabilité de la situation au niveau de la colère est collective. Elle est le fait de la succession sur des décennies d’une alternance des pouvoirs qui n’ont pas su à certains moments et notamment sous les mandats de Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron répondre aux réalités de ce que vivaient les français au quotidien.
Hollande aurait pu commencer à redresser la barre mais il n’en a pas été capable et n’a même pas su installer des élections législatives à la proportionnelle.
SI cela avait été fait, il y aurait eu d’une part une vraie représentation des français à l’assemblée. La crainte était sans doute d’accueillir plus de représentants du Front national mais la situation aurait été tout autre aujourd’hui car les différents pourcentages montrent qu’il n’y aurait pas de blocs majoritaires à l’assemblée. Il est sûr que cela aurait plus difficile de gouverner mais c’est ce qui se produit dans des pays comme l’Allemagne où le système proportionnel obligent les partis en présence à trouver des consensus pour faire fonctionner le pays.
Au lieu de cela, les différents partis n’ont eu de cesse que de vouloir faire qu’il y ait une majorité absolue pour gouverner sans voir l’évolution possible su sytème démocratique.
Et puis le pouvoir est passé aux mains d ‘Emmanuel Macron qui n’a pas compris les messages forts que lui ont pourtant donnés entre autres les résultats des élections de 2022 : la présidentielle mais aussi les législatives.
http://quaiducitoyen.eklablog.fr/en-route-pour-les-legislatives-2022-a212484217
http://quaiducitoyen.eklablog.fr/apres-les-legislatives-a212937307
Il fallait à ce moment là, comme je l’indiquais dans mes articles de l’époque, tenir compte des avertissements du vote : mais l’attitude du Président de la République n’a été fait que de « paroles » non suivis d’effets :
« Elle (son attitude)ne change en rien sur le fond même si sur la forme, il reconnaît qu’il ne pourra gouverner comme avant et que donc ça allait changer...pour mieux prendre en compte l’expression des français qui ne lui ont pas donné la majorité absolue à l’assemblée…
Très vague...
Je constate simplement qu’il ne revient sur aucun des points de son programme comme par exemple la retraite à 65 ans et que finalement il ne cherchera après des députés que des accords temporaires pour faire passer les lois…pour faire la politique qu’il a prévu et que les français ont rejeté. »
‘Il est vrai qu’avoir seulement une majorité relative change la donne mais le président se refuse à abandonner son programme qu’il essayera de faire passer dans les lois.
Dans le fond il n’a pas compris le signal donné par les électeurs et va à mon sens vers des tensions sans doute à l’assemblée nationale mais surtout dans la rue qui risque de se réveiller surtout en cette période de perte de pouvoir d’achat pour laquelle les solutions proposées par le gouvernement ne sont pas satisfaisantes même si certains gestes sont faits….()
Les oppositions se font entendre du côté de la NUPES, le RN est prêt à voter certaines réformes et fait le beau en essayant par la forme de se faire considérer comme un parti comme les autres ce qu’il n’est évidemment pas. Le seul fait d’entrer le premier jour en costume/cravate en dit long sur le niveau de réflexion de ce parti qui prend les électeurs pour des gogos comme si la cravate allait changer quoi que ce soit . »

(auteur felipeblasco, CC0 domaine public)
POUR CONCLURE TRÈS PROVISOIREMENT AVANT LE DEUXIÈME TOUR : SOYONS OPTIMISTE!
Le président Macron n’a pas saisi l’occasion de mettre en place un gouvernance qui pouvait être celle d’une certaine cohésion nationale mais bien au contraire s’est enfoncé dans le déni et a continué de vouloir appliquer brutalement son programme. L’épisode de la réforme des retraites en est l’exemple flagrant.
Maintenant qu’il a échoué dans sa stratégie avec la dissolution, le « feu » sera dans l’assemblée quels que soient les résultats de dimanche.
Il a risqué de faire tomber la France aux mains de l’extrême droite.
Ce sera sa faute mais aussi celle des électeurs qui voteront RN dimanche prochain comme les anglais ont voté le Brexit et dont ils subissent maintenant les amères conséquences.
Comment la France sera-t- elle gouvernée lundi prochain ?
Difficile à dire mais je reste optimiste. Les sondages parait-il ne prévoit plus une majorité absolue pour le RN ce qui serait une bonne nouvelle. Mais ce ne sont que des sondages…
Si comme je l’espère, l’assemblée se constitue avec des groupes de députés et que le RN ne peut avoir ni la majorité absolue ni une majorité relative qui puisse tenir la route pour gouverner, on se retrouve donc dans une situation où force sera bien pour les autres parties de trouver des solutions pour que le pays soit gouverné et fonctionne.
Nombre de pays qui nous entourent se retrouvent après des élections législatives dans cette situation comme l’Allemagne ou la Belgique. Les groupes parlementaires sont donc obligés de trouver les moyens pour agir ce qu’ils font. Nos députés ne sont pas plus bêtes que ceux des autres pays. Ils n’ont pas encore la culture du compromis qu’il faudra qu’ils acquièrent et développent. Je ne crie donc pas au catastrophisme que certains chroniqueurs télé concourent à développer en criant que la France sera dans l’immobilisme.
J’ y reviens.