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avis de citoyen sur les actualités, la politique, l'éducation, l'école, les NTIC, l'environnement

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Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?

 LA SPECULATION ALIMENTAIRE INCONTROLEE

S’il ne faut pas tomber dans la phobie car il y a des professionnels honnêtes,  il est quand même temps d’être lucide sur la situation de notre alimentation et faire la part des choses. La vigilance s’impose.

Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?La viande – de cheval ou toute autre viande- est devenue un objet spéculatif qui se balade au gré des prix d’un pays à l’autre pour servir d’ingrédient à des plats congelés ou cuisinés de plus en plus demandés par les populations. C’est une manne pour les spéculateurs et trafiquants de tout genre qui n’ont d’autre intérêt, bien sûr, que le profit, on vient de le constater avec le scandale du « minerai de  viande » de cheval. Peut-on même encore appeler  viande ce "conglomérat" de déchets mélangés au muscle dont on ne sait d’ailleurs pas en quelle proportion ?

(Voir mon article http://quaiducitoyen.eklablog.fr/humeurs-du-debut-de-semaine-a75189983 )

Pas d’étiquetage, pas de traçabilité : mais ça arrive sur nos tables après avoir été « transformé » en France ou ailleurs.

 La « viande » de cheval n’est pas la seule en cause. Petit à petit on découvre que d’autres produits sont l’objet de trafics rémunérateurs : en  Afrique du Sud  du minerai de cheval aurait été retrouvé dans des bâtonnets de viande séchée supposée être de l’antilope. En plus on aurait détecté  de la viande porc, de kangourou et de la girafe… (Source le Canard Enchaîné* du 6 mars 2013).

LES CHINOISERIES  SUEDOISES

Chez IKEA, on importe de Chine des boulettes de « viande de bœuf » qu’on a d’ailleurs retirées  de la vente  ainsi que des tartes au chocolat provenant du même pays car elles contiendraient de la matière fécale…  Hum… un délice non ?  

Il faut dire que la Chine est devenue, au fil des années, un des fournisseurs alimentaires très prisé des pays du monde et surtout des industriels de la malbouffe qui souhaitent s'approvisionner à des coûts toujours plus bas.
Le problème est que l’on ne contrôle pas la manière dont c’est fabriqué : normes et règles de productions  différentes (pesticides, colorants par exemple), manque de formation et d’éducation sur les dangers de la contamination prouvé par de nombreuses  alertes sanitaires en progression constante ces dernières années.

 MADE IN FRANCE ?

Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?Si on n’en revient à nos lasagnes–de cheval ou de bœuf – préparées en France ou à nos raviolis et autres viandes baignant dans une « appétissante »sauce de couleur rouge contenant des tomates, il est fort possible que la dite sauce ait été faite à partir de concentré de tomates de Chine : un tiers de ce produit alimentaire vendu en France en provient. Mais comment est donc fabriqué ce concentré de tomates chinoises?

On pourrait aussi avoir des doutes aussi sur les fraises…des yaourts et autres produits du même genre, faute de traçabilité, d’étiquetage indiquant la provenance des  composants des produits laitiers préparés en France ou ailleurs en Europe …

Ce n’est pas la seule Chine qui est en cause, ce sont tous les endroits où on pourrait avoir des doutes sur le traitement sanitaire des produits. Ce qui est en cause c’est le système legislatif permissif européen qui ne sécurise pas suffisamment notre alimentation et la faiblesse des moyens contrôles.

LES ESCROCS SONT TRANQUILLES

Ces dysfonctionnements passés et présents   de la chaîne dite « alimentaire » vont se poursuivre à moins qu’ « on » ne mette  fin à des politiques ultra libérales fondées sur le profit et non sur le respect du consommateur. « On » c’est l’Europe dans son ensemble et les pays qui la composent.

L'arnaque du « cheval » a  mis en évidence plusieurs failles dont l’EUROPE ne tire de leçons que du bout des lèvres (on pourrait se demander pourquoi) :

- une faille de réglementation  qui n'impose pas aux producteurs de plats cuisinés d'afficher les   données détaillées sur l'origine et la nature de la matière première animale comme cela se fait  pour la viande de boucherie.

- une faille de fonctionnement puisque n’importe quel courtier peut moyennant commission  jouer avec les prix en servant d’intermédiaire entre un abattoir et un préparateur de plats cuisinés.  

(Inspection, image USDA , domaine public)

Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?-une faille qui concerne les contrôles qui n’ont pas été opérationnels (On ne peut  en être étonné quand on voit qu’en France la politique de réduction du nombre de fonctionnaires de ces dernières années  a frappé aveuglement et durement les services vétérinaires et les agents de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.)

De toute façon, l'Europe admet les failles de sa sécurité sanitaire. Le 23 janvier dernier, l'Agence européenne de l'environnement (AEE) a sorti un rapport  Intitulé « Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation »  qui décrit  les failles absolument  stupéfiantes du système de régulation sanitaire et environnementale en vigueur, en Europe et  ailleurs (en anglais sur le site de l’AAE : http://www.eea.europa.eu/publications/late-lessons-2 ). D’après la députée européenne Corinne Lepage, ce rapport est prêt depuis deux ans. (source sur le web :  Rédaction wiki2d, la Provence du 23 janvier 2013). Pourquoi n’a-t-il pas été publié avant ?

Le problème est que notre « super institution » européenne ne fait pas grand-chose pour que ça change. Au lieu d’imposer l’étiquetage et la traçabilité des produits, elle traîne des pieds .Au dernier Salon de l'agriculture, le président de la République, François Hollande,  a réclamé, avec raison,  un « étiquetage obligatoire » sur l'origine des viandes utilisées dans les plats cuisinés. Il a indiqué que les industriels ne devaient pas attendre les directives de l’Europe  pour le faire car il sait que la commission européenne est réticente.  Et de fait, il n'est toujours pas question d'un règlement communautaire qui imposerait cette obligation aux industriels !  

Pourquoi ?

 CHERCHEZ L’ESCROC RESPONSABLE.   

Cela est-il si difficile? Depuis des années, tout a été fait pour que le consommateur soit formaté  par l'idée que l'alimentation doit être la moins chère possible. C’est tout simple. Les traders et les fonds financiers investissent massivement dans l'agro-industrie et veulent donc faire des profits : c’est leur unique métier. Ils savent très bien utiliser les failles européennes. La qualité n’est pas leur préoccupation : c’est le prix qui compte pour faire vendre à bas coûts... ce qui attire bien sûr les consommateurs.

Le seul problème est que la qualité alimentaire a un coût incompressible. Et puis, notre vigilance s’estompe et on ne fait plus toujours attention à ce qu’on achète.

La tentation de frauder  est  devenu attractive pour ceux qui sont dans la chaîne de production car c’est le moyen de faire baisser les prix pour être « compétitifs »  et gagner plus.

D’où l' on assiste aux découvertes des scandales actuels car les fraudeurs sont allés trop loin, sans doute rassurés par les réglementations laxistes européennes qui garantissent une certaine impunité.
On cherche alors tout azimut les boucs émissaires.   Chacun porte plainte contre un autre s’affirmant non responsable de ce qu’il a livré à la consommation.
Chacun se réveille pour contrôler ce qu’il aurait dû contrôler avant… 

Tout ce cirque continuera jusqu’au moment où les consommateurs se seront de nouveaux endormis ou auront « oublié » comme pour la « vache folle ».

La preuve, récemment, il a été annoncé par la commission européenne - qui, elle, ne devrait pas « oublier » -  le retour de l’autorisation des farines animales  pour nourrir cette fois les porcs, les poissons et les volailles et pour lesquelles nous pouvons craindre qu’il n’y aura aucune garantie de surveillance et de conformité.

Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?ET PUIS ENCORE : Bruxelles va autoriser ce qui est demandé depuis longtemps par les lobbies des industriels du steak (l’Union européenne du commerce du bétail et de la viande) : l’utilisation de l’acide lactique pour réduire, en les badigeonnant, la contamination microbiologique de surface des carcasses de bovins. La porte ouverte à du grand n'importe quoi!

Super !

Il est vrai que ça se pratique couramment aux USA, un pays « exemplaire » de la malbouffe.

 (carcasse saine, image Dino Pardo, 2007, domaine public)

 

POUR CONCLURE AVANT LE DEJEUNER :

(J'hésite entre un bon steak de cheval d'origine contrôlé  et  un petit cassoulet fait avec des produits locaux . Il ne faut pas se laisser couper l’appétit car il existe de nombreux bons produits à déguster notamment français.)

Je n’ai pas de leçons à donner, chacun mange ce qu’il veut. D’autres, hélas,  doivent manger ce qu’ils peuvent, ne l’oublions pas.

D’aucuns diront : « t’as qu’à pas manger de viande, de plats cuisinés...Les légumes, c’est bon. »  Ouais... mais tout le monde n’a pas le temps de cuisiner et tous les goûts sont heureusement dans la nature. Et les légumes…sont pas si « tracés » que ça.  D’autres affirmeront : mangez BIO !   Je répondrai que, là aussi, même si c’est écrit sur l’étiquette, j’invite à regarder de plus près. C’est un marché porteur dont certains « gros » industriels sont en train de se saisir…Tout n ’est pas contrôlable ou contrôlé…

A chacun sa vigilance.

ATTENTION LE POULET A L'EAU DE JAVEL NOUS GUETTE!

Malbouffe : du bœuf de cheval au poulet javellisé ?Aux USA, toujours, on blanchit les carcasses de volailles contaminées en les faisant tremper dans des bains d’eau javellisée ! Les lobbies seraient en marche pour que l’Europe adopte ce mode d’assainissement de la viande de poulet. Rappelons qu’en mai 2008, la Commission européenne a proposé d'autoriser la commercialisation de poulets désinfectés au chlore. Heureusement  plusieurs Etats membres dont la France ont bloqué cette décision. Onze ans auparavant, les poulets javellisés avaient été interdits en Europe...                                                                                                        (hypochlorite de Sodium, domaine public)

A suivre …Miam !

 

*le Canard Enchaîné : journal satirique mais plein de vérités paraissant le mercredi.

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