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LES DÉCLARATIONS
On entend des slogans qu’on peut résumer par « c’est nous les meilleurs » ou des affirmations sans arguments comme par exemple « le programme du NFP c’est « la ruine de la France », le RN, "on ne l'a pas essayé"...
Tout cela n’est pas sérieux. Finalement on n’argumente pas ou avec des éléments tronqués qui bien sûr sont là pour affirmer que ce que proposent les autres c’est nul et que « nous » c’est le meilleur choix.
Finalement ces partis demandent aux électeurs de voter pour des apparences le plus souvent trompeuses car superficielles.
La confiance... ça se mérite.
Personnellement j’ai essayé de faire au mieux le tour des programmes.
La difficulté est que la durée laissée aux différents partis et au électeurs est trop courte.
Emmanuel Macron a donc ajouté à la décision de dissoudre l’assemblée des délais à l’esprit peu démocratique même s’ils sont légaux mais sans doute cela fait-il partie de sa stratégie…pour que certains électeurs soient déboussolés.
Mais c’est une grave erreur...de plus car le très court délai d'organisation des scrutins des 30 juin et 7 juillet prochains favorise le Rassemblement national qui a une forte dynamique et des électeurs nombreux qui voteront comme pour les européennes.
A croire qu’Emmanuel Macron fait tout pour que le Rassemblement National gagne les élections . Mais je ne vois pas en quoi ce serait son intérêt. Je penche plutôt pour la théorie d’un Emmanuel Macron complètement inconséquent parce qu’il est trop imbu de ces certitudes pensant comme depuis 2017 qu’il est le seul à avoir la vérité. Ce n’est pas sans raison qu’il a été surnommé « Jupiter ».
Immature, égocentrique, irresponsable, ?... tous ces qualificatifs et autres qu'on entend à propos du président sont peu flatteurs. Chacun choisira les siens ou pas. En tout cas, pour moi, la dissolution qu’il a décidé est d’une inconséquence plus que grave pour notre avenir et celui de notre pays tant en interne qu’au niveau de l’Europe.

LES RESPONSABILITÉS D’EMMANUEL MACRON
Elles sont énormes et pourtant il semble qu’il ne se sent pas responsable de la situation :
Lundi 24 juin, Emmanuel macron a déclaré que le résultat des législatives, au soir du 7 juillet, ne serait "la faute de personne" mais l'expression de la "responsabilité des Français"
Un peu facile et hypocrite de sa part que cette attitude de vouloir demander aux Français si ceux-ci veulent le changement. Il devrait en effet savoir depuis le temps que les signes du désaccord de la population avec sa politique sont clairement exprimés.
Pour mémoire et même sans vouloir remonter à la première élection présidentielle, il n’est qu’à constater les résultats obtenus lors des dernières législatives où il n’obtient pas la majorité absolue à la chambre des députés, les électeurs faisant entrer par leur vote de très nombreux députés de la gauche et un nombre de députés importants de l’extrême droite, le RN.
Un autre signe parmi d’autres fut celui du rejet massif par les Français de sa réforme des retraites qu’il a fait passer en force méprisant les propositions et l’avis unanime des organisations syndicales.
La responsabilité d’Emmanuel Macron de la situation actuelle est donc immense. Emmanuel Macron est un homme « hors sol » qui persiste dans une attitude complètement inconséquente. Il dit encore :
"C'est très dur. J'en ai conscience et beaucoup m'en veulent. Mais je l'ai fait parce qu'il n'y a rien de plus grand et de plus juste dans une démocratie que la confiance dans le peuple."
ll se refuse à engager sa responsabilité politique et donc de vouloir faire le nécessaire pour qu’il y ait la possibilité d’un véritable changement alors que tous les signaux d’alerte lui ont été donnés pour que justement il puisse encore réagir et changer de politique , avant que de décider la dissolution qui nous entraîne vers une situation confuse au sein de laquelle il ne pourra plus agir pour avancer positivement.
Sa manoeuvre politique de dissolution est un fiasco car il est clair qu’il ne retrouvera plus la majorité relative qu’il avait et qu’il renforcera le partie d’extrême droite, le RN, voire lui permettra d’accéder à la gouvernance de la France.
Dans sa tactique ll a fait le nécessaire pour que l’on qualifie la NUPES (transformé par la décision de la dissolution en un « Nouveau Front populaire ») d’extrême gauche , tout en croyant que la gauche allait exploser .Mais c’est le contraire qui s’est passé.
Ceci dit, l’opinion est manipulée. Il faut rappeler que le Conseil d’État, la plus haute juridiction français, est formel : le Rassemblement national est bien d’extrême droite. Par contre, le Conseil d'État à classé le « Nouveau front populaire" à gauche et non à l'extrême gauche, LFI compris.
De plus, le chef de l’État s’étant rendu compte de l’échec de sa stratégie de division fait savoir qu’il estime que les programmes des « deux extrêmes » mènent « à la guerre civile ».
Venant de la part du président de la République, utiliser la qualification « d’extrême » pour la gauche à égalité avec le RN n’est pas respectueux de l’avis conseil d’état.
La manipulation a consisté à cataloguer cette gauche du nouveau Front populaire dans l’extrémisme pour la diaboliser. Le pire est que de nombreux médias ont participé à cette tactique en utilisant dans leurs commentaires et notamment ceux de nombreux chroniqueurs , ce terme d’extrême gauche pour qualifier et la Nupes puis actuellement le nouveau Front Populaire, ceci sans faire aucune nuances et en se rendant par le fait consciemment ou non complice de la manœuvre macroniste.
En mettant sur le même plan la gauche et le RN en les qualifiant tous deux « d’extrêmes » menant à la « guerre civile »,le président Macron utilise maintenant la peur pour tenter de reprendre la main.
J’ai eu l’occasion dans un de mes articles de me pencher sur la manière d’être du Président Macron quand, en 2017, lors de son discours du vendredi 8 septembre , devant la communauté française à l’école française d’Athènes, faisant écho à ses déclarations du 24 août à Bucarest où il avait dit que « la France n’est pas réformable » et « les Français détestent les réformes », il affirmait :
« Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d’avoir, chaque jour, la même détermination ».
Piqué au vif, je me suis donc posé la question :LE PRÉSIDENT MACRON EST-IL EXTRÊMISTE, CYNIQUE ET FAINÉANT ? Et j’y ai répondu :
« Chacun d’entre nous peut être cynique en fonction de son vécu, de ses convictions. Celles d’Emmanuel Macron et les miennes n’ont rien d’identiques et les bases de nos cynismes respectifs sont donc différentes. Il n’est pas mauvais d’être cynique mais encore faut-il en maîtriser les abus possibles et les conséquences. Le cynisme peut servir à avancer et à proposer mais ne doit pas être un enfermement.
«...dans la pratique, le cynisme, lorsqu’il est poussé jusqu’à l’excès, risque de transformer la prétention de lucidité en aveuglement, en prison ou, pire encore, en stupidité. » ( Alex Gagnon dans « Nous autres, cyniques » - Littéraires après tout).
Ne serait-ce point là l’abus de cynisme que ferait Emmanuel Macron dans son jusqu’au-boutisme de réformes ou de « transformations » - selon la nouvelle expression qu’il avait à cette époque formulée? » (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/le-president-macron-est-il-extremiste-cynique-et-faineant-2-sur-2-a131657176)
J’avais conclu qu’Emmanuel Macron était un président cynique. Ses actes passés et actuels le confirment.
Mais j’ai estimé à cette époque que c’était aussi un président extrémiste.
En effet, une des caractéristiques de l'extrémisme est une pensée dogmatique qui refuse toute alternative aux idées avancées et qui conduit à vouloir les imposer par des méthodes radicales ou violentes. Jusqu'au-boutiste ce qui est une forme d’extrémisme, Emmanuel Macron a expliqué en 2017 puis en 2022 qu’il continuerait à réformer, « faire ce pour quoi les Français [l]’ont élu sans hésitation » : réforme du droit du travail, l’assurance-chômage, la politique du logement et des transports.
Mais je dois bien rappeler qu’il n’a pas été élu « sans hésitation » ainsi qu’il le clame et que les résultats des législatives de 2022 aurait dû le conduire à revoir sa copie et tenir compte justement qu’il n’avait pas obtenu la majorité absolue.

(auteur stevepb, CCO domaine public)
Au lieu de cela il a fait gouverner avec une brutalité qui n’a rien à envier aux extrémistes :
- Il y a brutalité quand on veut gouverner par ordonnances pour aller vite en matière de droit du travail.
- Il y a brutalité quand on commence à casser le fondement du système de protection sociale basé sur les cotisations de ceux qui sont concernés en évinçant à terme leurs représentants qui n’auront plus leur mot à dire.
- il y a brutalité quand on passe en force sa réforme des retraites dont personne ne voulait.
C’est donc bien un « jusqu’au-boutiste » puisqu’il estime par les actes que son programme n’ a pas à être modifié malgré une adhésion que l'on peut qualifier de faible ou minoritaire de la part des français.
En ayant dissous, l’assemblée » nationale il a fait perdre toute chance d’agir pour mettre en place un gouvernement d’union nationale pouvant revenir sur la politique qui a été menée jusqu’ici,mettre tout à plat et durant les trois années qui lui reste de pouvoir, utiliser celui-ci pour construire un projet consensuel de réformes.
Ce n’est pas la voie qu’il a choisie. Son jusqu’au boutisme allié à un certain narcissisme , par la décision de prendre le risque de plonger la France dans l’inconnu, lui confère le titre de président extrémiste.

Image Geralt pixabay
POUR QUI VOTER DIMANCHE ?
Ce ne sera pas pour moi pour un représentant de Renaissance. Il est aisé de comprendre pourquoi. Le programme présenté par le premier ministre ATTAL n’est pas à la hauteur d’un changement profond de politique et n’est pas de nature à modifier quoi que ce soit au niveau de la justice fiscale et sociale.
Ce ne sera pas non plus pour un représentant du Rassemblement National pour nombre de raisons que j’ai déjà exprimées sur le présent blog depuis 2017. Je ne saurai être dupe de l’action menée par Marine LE PEN et Jordan Bardella pour banaliser son parti. Le Rassemblement national reste pour moi un parti d'extrême droite dont l'idée centrale, à savoir la préférence nationale, porte l'affirmation qu'il existe au sein de la nation française deux catégories d'individus bien distinctes : ceux que le droit considère comme des citoyens français et ceux dont les circonstances de la naissance les interdisent d’être des citoyens à part entière. Sébastien Chenu, a défendu ce jeudi 13 juin la suppression de la double nationalité.Pour mémoire Marine Le Pen demandait il y a deux ans l’interdiction de certains emplois pour les binationaux. Elle a supprimé cette mesure de son programme pour les législatives mais continue de distinguer plusieurs catégories de Français. Le RN a comme intention d’ inscrire dans la Constitution l’interdiction, pour les binationaux, d’accéder à certains emplois publics. Sur le sujet, Jordan Bardella fait des lapsus ou évite d’en parler. Un député RN, Roger Chudeau, sur BFMTV ce jeudi 27 juin, dérape concernant les Français ayant une double nationalité : « Je pense que les postes ministériels doivent être détenus par des Franco-Français ».
Les autres motifs pour lesquels il me serait impossible de voter pour le RN tiennent bien sûr au programme que chacun peut avoir lu s'il en a eu le temps:
- des propositions d'un autre âge pour l'école comme le port de l’uniforme (voir mes articles sur le sujet) et des propos pour l’école complètement hors sol comme le vouvoiement de l’enseignant, le tri précoce des élèves avec un collège "modulaire" comme dans les années 70, un examen en CM2 qui conditionnera son passage en sixième, en quatrième, choix entre un parcours professionnalisant, avec des stages et de l'apprentissage, ou un parcours général, destiné à ceux qui veulent faire de longues études, disparition des réseaux d'éducation prioritaire. Rien de solide sur la formation des maîtres, le recrutement, la revalorisation de la fonction, les remplacements notamment dans le premier degré…
- des dépenses non compensées par des recettes si ce n’est fictives ou à long terme. Par exemple l’augmentation de 10 % des salaires sans charges patronales ce qui une fois encore supprime des cotisations, des aberrations comme l'exonération de l'impôt sur le revenu pour tous les actifs jusqu'à 30 ans qui finalement a été abandonné en cours de route ce qui montre le non sérieux des propositions faites.
- un financement en économisant 3,5 milliards en privatisant le service public radiophonique et de l’audiovisuel qui n’est qu’un prétexte pour porter atteinte à la liberté de l’information publique
-….
Pour ce qui est du Nouveau Front Populaire que je classe à gauche et non à l’extrême, il est clair qu’il a fait l’effort de se rassembler pour se mettre d’accord sur un programme qui peut tenir la route y compris au niveau des financements. Nombre d’économistes l’ont montré comme Thomas Piketty qui affirme que « « Le Nouveau Front Populaire est le seul à dire comment la France va trouver des ressources pour investir dans l'avenir ». ( voir l’article de la Tribune : https://www.latribune.fr/economie/france/thomas-piketty-le-nouveau-front-populaire-est-le-seul-a-dire-comment-la-france-va-trouver-des-ressources-pour-investir-dans-l-avenir-1000907.html ou l’interview sur BFMTV : https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/legislatives-pourquoi-l-economiste-thomas-piketty-soutient-le-programme-du-nouveau-front-populaire_VN-202406280377.html ) . On peut citer aussi Esther Duflo, lauréate du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques , Julia Cagé, Michaël Zemmour… Si on regarde de près cela s’avère vrai et je ne me contente pas des affirmations partisanes anti LFI de certains médias. Bien sûr cela remet au centre du débat la justice fiscale et sociale sans laquelle aucun progrès ne pourra se faire. Il y a un seul bémol qui est celui de la France Insoumise qui doit régler ses problèmes internes de gouvernance et maîtriser les prises de paroles de certains de ses membres.
Chacun a sa manière de faire son choix.
Pour ma part je me fonde non pas sur les apparences mais plus sur les contenus des programmes quand il y en a. Celui de renaissance n’apporte rien à la situation actuelle des français, celui du RN est peu consistant dans la mesure où il change chaque jour au gré des faiblesses qu’il fait mine de découvrir. . Celui du Nouveau front Populaire est carré, social et positif pour les citoyens, construit pour avancer pour plus de justice fiscale et sociale et bouscule les équilibres économiques et budgétaires.
Pas difficile donc de choisir quand on ne veut pas la reconduction de la majorité actuelle ou d’un gouvernement mené par l’extrême droite dont on connait les dangers sur le plan des libertés et du repli nationaliste. Reste donc à donner sa chance à une gauche qui peut faire avancer notre société.
C’est un risque bien moindre que celui que nous a imposé un président de la république inconséquent.

(Marianne de la démocratie, Armel Le Coz, Attribution (CC BY 2.0)