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EN BREF...
La pauvreté, le travail, le chômage : de quelle manière les inégalités sociales peuvent être prises en charge pour aller vers un mieux vivre pour chaque citoyen ? Où se situe pour chacun d’entre eux la justice sociale par exemple ? De quelle manière la mettront ils en œuvre ? Quel projet économique rigoureux mais juste ? Quelle fiscalité ? Quel système de retraite ? Quelle place en tant que France en Europe et dans le monde pour que nous soyons un pays qui compte, non isolé, souverain dans ses décisions mais partenaire pour faire avancer la sauvegarde de notre humanité pour l’avenir de nos enfants ?
Quel projet pour l’école ? la culture ? Comment assurer la sécurité des citoyens sans le sécuritaire prôné par certains ? Quelles solutions de renouveau pour notre système démocratique qui ne fonctionne pas bien ?
Ce qui précise quand même bien des choses...

(Auteur Eugène Delacroix, Domaine public)
LA DÉMOCRATIE
Il s’agit ici bien sûr des institutions, du fonctionnement démocratique de notre pays.
Bien qu’élus démocratiquement selon le mode actuel du scrutin, il faut bien dire que les parlementaires ne représentent pas bien dans la composition de l’assemblée tout l’éventail sociologique de la population. De plus, le cumul des mandats restreint de fait à tous les niveaux des instances délibératives du pays, la possibilité à de nombreux citoyens de pouvoir prendre des responsabilités électives. Ici ou là existe des « baronnies » qui contrôlent le pouvoir entre les mêmes mains. Une loi a été votée et sera en application très bientôt mais déjà, chez certains candidats, l’intention est de supprimer le non cumul. Tout cela a concouru aussi à démobiliser la citoyenneté, à décourager celles ou ceux qui auraient bien voulu s’engager. Les partis politiques traditionnels se sont endormis sur leurs lauriers. Ils ne produisent plus de projets pour l’avenir se contentant de gérer parfois bien mal au niveau national les problèmes dont ils ne maîtrisent pas toujours les solutions. Les lobbies professionnels ou idéologiques voire religieux sont très actifs auprès des parlementaires. Tout cela ne peut continuer.
Il est clair qu’il faut un changement profond de la manière dont le futur président mettra en œuvre les correctifs nécessaires pour un meilleur fonctionnement démocratique, casser les privilèges de certaines castes et permettre à chacune et chacun de vivre ensemble dans le respect des autres.
La justice sociale doit être mis en place non pas de manière négative en attisant les jalousies des uns envers les autres mais en tirant vers le haut la situation de chacun pour une amélioration.
Les deux candidats font des propositions radicalement différentes, tous les deux voulant améliorer le fonctionnement démocratique.
Emmanuel MACRON reste dans le système de la 5ème république et veut y apporter quelques changements qui, selon lui, devraient permettre une amélioration du fonctionnement et de la représentation.
Jean- Luc Mélenchon commencerait son mandat et appliquerait son programme dans le cadre des institutions qu’il veut modifier pour passer à une sixième république dont les bases seraient jetées par une constituante qui serait mise en place dès le début du mandat et qui y travaillerait le temps nécessaire. Ensuite, la sixième république serait mise en place.
Tous les deux proposent des mesures pour moraliser et responsabiliser la vie publique.
Emmanuel MACRON
« Le cinquième chantier sera celui du renouveau démocratique. Le soupçon qui pèse aujourd’hui sur nombre de représentants, le manque d’efficacité et l’insuffisante responsabilité de nos dirigeants menacent notre démocratie. C’est pourquoi je veux moraliser et responsabiliser la vie publique, et renouveler la représentation nationale »
Je ne citerai pas toutes les modifications intéressantes qui sont faites.
En ce qui concerne la représentation des français, je note qu’il veut instaurer le non cumul des mandats dans le temps et le limiter à trois identiques successifs. EN 2017, la nouvelle loi sur le cumul sera mis en place. Elle permet encore à un député ou à un sénateur d’être élu local, départemental ou régional mais ne peut être occuper un poste d’exécutif local ou de conseil régional ou général. Par contre le cumul de deux fonctions locales est possible. On aurait pu aller plus loin et le limiter à un seul.
Un certain nombre de garanties est apporté en ce qui concerne la fonction de député et sénateur pour tenter de régler les conflits d’intérêts.
Le nombre de députés et sénateurs serait réduit. L’indemnité du parlementaire inclurait tout, serait augmentée et soumise à l’impôt dans son ensemble. Les moyens opérationnels seraient renforcés.
Le régime de retraite serait celui du régime général.
Tout un arsenal de mesures pour accélérer le fonctionnement du parlement sont proposées ce qui est une bonne nouvelle. Il y a cependant quelques contradictions quant à la manière de gouverner.
Il sera demandé aux parlementaires (qui soutiennent l’action du gouvernement) de mettre en place des dispositifs innovants d’évaluation du travail parlementaire (jurys citoyens, compte-rendus de mandat via les réseaux sociaux,...). Il aurait fallu que ce soit une obligation.
De même, les communes seront encouragées à développer des budget participatifs, c’est-à-dire à consulter directement les citoyens sur l’utilisation de l’argent public mais ce sera sans obligation ce qui est dommage.
Le vote électronique sera généralisé pour toutes les élections d’ici 2022. Cette mesure me semble discutable tant qu’on ne garantit pas l’impossibilité de pouvoir hacker les systèmes. Il me semble important de conserver le vote papier qui est le plus sûr à cet égard.
« Nous ferons de la procédure d’urgence la procédure par défaut d’examen des textes législatifs afin d’accélérer le travail parlementaire. »
Cela ne me semble pas favoriser la démocratie.
Emmanuel Macron compte gouverner par ordonnance au début de son mandat.
C’est sans doute ces deux points qui jettent une ombre sur le fonctionnement démocratique amélioré proposé qui est globalement positif si on reste dans le cadre de la cinquième république.
Elle reste toujours un régime présidentiel.

( la Constitution française avec le sceau de la République Française, CC BY 1.0)
JEAN-LUC MELENCHON
Il commencera son mandat en utilisant à plein les institutions de la cinquième république pour appliquer son programme.
Dans le même temps, il veut redonner aux citoyens la possibilité de construire une nouvelle république en convoquant une assemblée constituante.
« Convoquer l’Assemblée Constituante en passant par l’article 11 de la Constitution actuelle.
À la fin du processus, le projet de Constitution devra être validé par le peuple par référendum.
Les membres de l’Assemblée Constituante ne pourront pas avoir été élu.e.s dans les assemblées de la Vème République. Tout ou partie des membres pourrait être tiré.e.s au sort.
La durée des travaux de l’Assemblée Constituante devrait être inférieure à deux ou trois ans et supérieure à 18 mois. »
Les objectifs :
Une République exemplaire : on peut citer entre autres
Permettre l’implication de toutes et tous . Par exemple
Des nouveaux droits dans la Constitution
Assurer l’égalité, garantir la laïcité sans hypocrisie
Pour une information libre et pluraliste
Améliorer le fonctionnement de la Sécurité, Sûreté, Justice.
Du fait même de son appellation de constituante, on ne peut déterminer ce que sera le fonctionnement futur : Y aura-t-il encore un président de la république ? De quelle manière sera composé le gouvernement ? Comment seront désignés les élus ?
Ce seront les français qui décideront par référendum d’adopter la nouvelle constitution.
C'est effectivement une nouvelle république qui commencerait de naître et qu'il faut donc oser permettre de construire.
A suivre... pour les autres points des programmes.