• Refondation de l’Ecole : la Loi à l’assemblée.

    Ce pourrait être l’occasion de revenir sur le décret des «  rythmes » mal nommés « scolaires ».

    Refondation de l’Ecole : la Loi à l’assemblée.Et tout reprendre à zéro.
    Pourquoi  avoir publié à la va vite un décret qui menace, par son insuffisance, la refondation avant d’avoir examiné et fait voter une loi cadre à l’assemblée ?

    Pourquoi parler de l’éventualité de six semaines de vacances l’été et ainsi  installer un débat qui n’est basé, comme pour les rythmes, sur  aucune vraie campagne d’information sérieuse ?

     Les  rythmes de la semaine ont été lancés – mal- que revoici donc les vacances scolaires et l’ habituel cortège des pours, des contres… qui n'apporte rien d'autres que de la confusion tant l'annonce est superficielle. 

    Pour ou contre quoi ? Six semaines ou huit semaines ? La belle affaire !

    Incompréhensible est le seul mot que je peux prononcer devant tant de légèreté de la part de Vincent PEILLON dont je soutiens, depuis le début, l’idée et le projet qu’il faut refonder l’école.

    Le seul problème est que je ne suis pas d’accord avec lui sur la manière dont cette refondation est étudiée, lancée et programmée  car cette manière porte en elle les germes de l’échec par la division qui se crée à cause des molles directives du premier décret sur les «  rythmes scolaires » qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt des élèves et de la mise en place de projets locaux construits en véritables partenariats.

    Le décret sur l’organisation de la semaine scolaire  met en danger la refondation tout entière car il installe le trouble et la défiance.   J’ai eu l’occasion de m’en expliquer ici dans l’article 

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/reforme-des-rythmes-le-nouveau-decret-va-bloquer-la-refondation-a67630185  

    et dans  celui-ci   

    http://quaiducitoyen.eklablog.fr/rythmes-scolaires-le-decret-d-avortement-de-la-refondation-de-l-ecole-a72923305

    Refondation de l’Ecole : la Loi à l’assemblée.IL FAUT DONC ABROGER LE  DECRET SUR LES RYTHMES  QUI SEME  LA ZIZANIE

    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs les parlementaires, c'est par là qu'il faut commencer vos travaux. 

    (Voir mon article  http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-rythmes-pour-la-refondation-de-l-ecole-une-grave-deception-a64767743

     

     

    L’ANNONCE  DES 6 SEMAINES DE VACANCES SCOLAIRES EST-ELLE UNE SONDE ELECTORALISTE?

    EN TOUT CAS ELLE EST INUTILE ET SEME LA CONFUSION.

    Avec l’annonce de l’éventualité de passer à six semaines de vacances, on se demande quel est le jeu actuel du gouvernement. Le jeu de la sonde est-il lancé pour voir comment vont réagir les parents et les enseignants, les lobbies du tourisme et adapter les décrets ou la loi en fonction?  Si cela est vrai, la décision en matière de refondation est tombée bien bas, celui du niveau électoraliste habituel. Il semble bien que ce soit la même pratique qui a précédé le décret sur les « rythmes » de la semaine pour ménager les parents , éventuellement se servir des sondages y compris pour  faire passer les enseignants pour d’affreux réactionnaires…et laisser la place aux collectivités locales de faire ce qu'elles veulent ou pas...

    Je suis obligé de dire, une fois de plus,  que, là aussi, on commence à l’envers: il est annoncé  une quantité d’heures annuelles –celle actuelle-  sans en connaître le contenu.  

    Pourquoi faire de l’enrobage l’essentiel alors que c’est  le  superficiel? Pourquoi  une annonce sans fondements à la place d’un plan bien construit d’une mise en place d’une Refondation digne de ce nom ? 

    Je l’ai dit par ailleurs : Une vraie Refondation doit révolutionner les rythmes et la pédagogie en osant  bousculer les systèmes en place. Et ça ne se fait pas à coup de BUZZ et de débats tronqués mais bien à partir de directives claires et mûrement réfléchies et travaillées. Ce n'est pas le cas actuellement.

     IL FAUT DONC FAIRE L’ANNONCE D’UN PLAN COHERENT d’ACTIONS SIGNIFICATIVES.

     La refondation de l’école ne doit pas être « ratée » et bâclée pour cause d’impatience et de lobbyings. Pour une fois, travaillons sérieusement. Les rythmes sur lesquels on a cristallisé l'opinion ne sont pas, loin delà,  les seuls éléments de la Refondation. 

    Il faut donc clairement annoncer un plan d’actions significatives qui vont permettre de redonner la confiance  afin d’aller vers la mise en place d’une refondation qui ne se fera pas d’un coup de baguette magique - chacun le sait - mais qui sera l’œuvre d’une mobilisation de tous les acteurs éducatifs motivés. 

    Pour ne pas en rester sur le seul plan de la critique, ce qui est toujours facile, voici quelques unes des actions incontournables à lancer.

     Il faut immédiatement recréer dans les académies la vraie concertation et le débat avec tous les partenaires, pour avancer et  pour préparer la prochaine rentrée des classes sans pour autant préjuger des résultats des travaux sur la refondation de l’école. 

    Les sujets de réflexions et d’actions ne manquent pas pour construire tout de suite et redonner la parole. Le CDEN (Conseil départemental de l’Education nationale)  peut être le lieu de cette réflexion.

    Il y a   urgence, en attendant la refondation, à commencer de remettre des moyens humains à l’école et en accélérer le mouvement car il ne faut pas que les élèves et les maîtres puissent encore souffrir cette année du manque d’encadrement, de non remplacements, du manque de formation des nouveaux enseignants, de RASED qui ne peuvent prendre en charge tous les élèves qui en ont besoin...   

    Il est indispensable d’abroger, pour la prochaine rentrée et pour toutes les écoles, le décret sur la semaine de 4 jours mise en place à la hussarde par Xavier DARCOS et revenir à l’organisation antérieure avec le travail le samedi. C’est vital si on veut casser tout  de suite les incidences nuisibles -qui n’ont que trop duré - de la semaine de 4 jours et pour les enfants et pour les maîtres : fatigue, énervement, saturation, casse du lien parents enseignants… Il suffit d’aller sur le terrain pour constater les dégâts humains.    Il faut redonner de l’oxygène…  Et cela ne sera pas une charge supplémentaire pour les communes.

    Il ne faut pas que  les décisions se prennent en fonction des sondages sur la préférence des parents entre le samedi et le mercredi ou  les désirs des collectivités locales. Ce n’est pas en faisant cela que l’on met en place une vraie politique. 

    Pour que puissent se travailler les projets pédagogiques territoriaux futurs, il faut mettre les moyens d’une immense campagne d’information sur les rythmes, l’importance de l’alternance équilibrée veille/sommeil… On en parle beaucoup. Mais à tout bien considérer l’info est parcellaire, peu diffusée. Combien d’enseignants et de parents ou de responsables de collectivités locales, de parlementaires ou m^me de ministres sont bien informés sur le sujet ?  Pour faire des projets cohérents il faut que tout le monde soit au même niveau d’information. Ensuite on peut discuter, réfléchir, se remettre en cause, débattre et proposer, construire dans la transparence.

     Il est urgent de lancer tout de suite un travail de concertation avec les syndicats des personnels du premier degré sur la revalorisation de leur fonction, leurs horaires, leurs missions. Il est plus que temps de redonner confiance à ce personnel qui accomplit injustement le plus grand nombre d’heures de service de la catégorie des professeurs avec des charges de travail importantes. Il n’y a aucune justification à ce qu’ils fassent 27 heures  alors que leurs collègues profs de collège et de lycée en font 18 ou 21. Il faut leur donner les moyens humains et  les temps de concertation nécessaires pour changer leurs pratiques de prise en charge des enfants durant le temps éducatif scolaire. C’est aussi par-là, c’est-à-dire une justice statutaire et de conditions de travail,   que passe la refondation et si on veut avoir des exigences de mobilisation du personnel, de résultats et de réussite. 

    Ceci doit se faire bien sûr indépendamment de l’objet de l’organisation des rythmes de la semaine  et de la refondation. Les enfants ne doivent pas être  un enjeu de négociations ou salariales ou de statut.    

    En bref, redynamiser, motiver  et remettre  la confiance pour avancer.

    IL FAUT METTRE EN ROUTE LES DISPOSITIFS DE LA REFONDATION.

    Il faut commencer par les choix des programmes et des objectifs

    Refondation de l’Ecole : la Loi à l’assemblée.Ceux-ci   doivent refléter  les priorités nationales d’instruction et ce qui doit être enseigné aux élèves en fonction de leur âge…

    La détermination des créneaux et des rythmes des  vacances doit venir après l’essentiel : Les contenus de l’instruction et la pédagogie.

     Ensuite on saura ce qu’on fera dans le cadre des rythmes journaliers, ceux de la semaine et de l’année. Le problème n’est donc  pas, pour l’instant, de discuter du raccourcissement ou non des vacances d’été, de savoir qui cela va avantager ou pas - parents, professeurs, tourisme... mais bien de mettre tout à plat et construire de manière sensée les dispositifs avec lesquels les enfants et les jeunes vont être pris en charge à l’école en équilibre et en articulation avec leurs autres moments de vie.

    La refonte des programmes pour qu’ils soient adaptés et cohérents,  permettra de traiter véritablement le problème du nombre d’heures annuelles d’apprentissages nécessaires et donc celui des vacances scolaires. Je rappelle que dans certains pays il y a jusqu’à un tiers d’heures de cours en moins qu’en France  (voir mon article http://quaiducitoyen.eklablog.fr/refondation-de-l-ecole-un-rapport-interessant-mais-a57567439) et les résultats sont meilleurs : la pédagogie est différente, les programmes sont adaptés.   Annoncer toute modification des périodes de travail et de vacances scolaires avant ce travail est une aberration.

    La rénovation pédagogique, l’évaluation

     La formation continue et initiale des maîtres doit immédiatement être mise en chantier.

     Il faut se servir des potentialités et des résultats incontestables que nous avons en matière d’expériences et d’innovations pédagogiques.  Espérons que les instituts pédagogiques sauront être créés  pour donner une véritable formation professionnelle qui ne soit pas basée sur un « diplôme »   sans rapport avec  la connaissance de ce qu’est un  élève, la gestion des groupes, de la classe, le travail des enseignants en équipe, l'évaluation, les techniques pédagogiques …  et qui ne recréera pas les travers des formations inadaptées et  souvent infantilisantes des ex IUFM.   

     POUR CONCLURE...PROVISOIREMENT

    La focalisation organisée  sur deux points médiatiques que sont  les" rythmes scolaires" et maintenant  la durée des vacances d'été, masquent la réalité de ce que doit être la refondation dans son ensemble. Il faut arrêter de courir après les effets d'annonces pour faire croire qu'on avance et arrêter de perdre du temps.  Pour l'instant, la refondation s'enlise.

    Il faut, par contre, prendre le temps pour que le changement se fasse en profondeur en mobilisant et en rassemblant plutôt qu’en divisant par l'instauration de débats nationaux stériles car superficiels dans leurs définitions et leurs contenus.

    Il est temps de changer les pratiques de gouvernance d'un autre siècle.

    Ca urge!

    Patrick PATTE

     

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