• PRIMAIRE SOCIALISTE: AVANT LE PREMIER "DÉBAT"

    Le 5 décembre 2016, à propos de la primaire de la « belle alliance populaire », je disais que « si le premier secrétaire du parti socialiste et ses dirigeants étaient des gens responsables, ils ne feraient pas de primaires, ne présenteraient aucun candidat. Ce serait plus intelligent que de faire croire qu’ils appellent à l’unité de la gauche qu’ils ont contribué à casser. »  "Cela assainirait la situation et permettrait aux citoyens de gauche de mieux situer leurs futurs votes."

    Je l'admets,  ces propos étaient durs et idéalistes voir un peu exagérés mais empreints quand même de vérité.

    Et ça n'est donc pas comme cela que ça se passera car il faut en effet convenir que si le parti socialiste ne présentait pas de candidat ce serait avouer qu'il n'existe plus. Et cela il ne peut en effet pas le faire.

    Le parti socialiste n’a pas, à mon sens, comme objectif de gagner les présidentielles de 2017 car ses responsables savent très bien, toutes tendances confondues que c’est peine perdue quel que soit le candidat désigné par leur primaire. Ce qui les intéresse c’est de placer le vainqueur de la primaire en orbite pour les élections d’après, celles de 2022 ou trouver un leader pour essayer de faire que le parti ne disparaisse pas. Et puis, si un candidat quel qu’il soit est désigné et ce n’est gagné pour aucun, les autres le soutiendront-ils lors de la campagne ? Seront- ce les prémisses d’un éclatement du PS ou sa reconstruction ?

    PRIMAIRE SOCIALISTE: AVANT LE PREMIER "DÉBAT"

    Va savoir. Le spectacle va se poursuivre...

    J’assisterai donc à l’expression démocratique des candidats de cette primaire qui je l’espère ne sera pas celle de l’accentuation des divisions même si l’objectif est de marquer les différences comme cela s’est fait à droite.

    Quant à dire que j’irai participer par mon vote au choix d’un des candidats, bien qu’étant de gauche, c’est une autre affaire. Il faut que j’y réfléchisse en fonction de la tenue des rencontres et des programmes proposés qui sont maintenant arrêtés. Le problème est qu’après la primaire, on le voit bien à droite avec Fillon, les programmes pour la présidentielle changent en fonction du vent électoraliste. Fillon le prouve chaque jour en reniant certaines de ses propositions ou en les rognant pour essayer de capter un électorat plus large. On appelle cela faire de la politique. Moi j’appelle cela faire de la retape pour être élu et tromper l’électeur car en définitive, celui qui sera au pouvoir fera ce qu’il veut sans qu’on puisse l’en empêcher, les institutions étant ce qu’elles sont avec un parlement élu mais non représentatif de tous les français.
    Si j'allais voter à la primaire ce serait pour tenter de faire pencher la balance pour un candidat qui sera à même de prouver qu’il est susceptible de rencontrer au moins Mélenchon et de tenter qu’il y ait un seul candidat portant les propositions d’une gauche moderne qui permet de sublimer un avenir qui soit le meilleur pour nos enfants tant du point de vue humain que du point de vue d’un cadre de vie qui préserve notre planète et ses ressources.

    On peut toujours rêver...mais je reste à l'écoute.

    Il reste donc sept candidats après les différentes péripéties qui ont bien montré un parti socialiste complètement divisé. Le retrait de François Hollande n’a rien changé à ce niveau. Manuel Valls se présente donc voulant à la fois user de son statut d’ex premier ministre, utiliser le bilan de sa gouvernance quitte à mettre en avant ce qui l’arrange. Il se clame comme l’homme qui veut rassembler la gauche...

    Au final seront en lice : Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et un revenant, Vincent Peillon pour le parti socialiste. Pour faire l’appoint et donc pouvoir donner le titre de « gauche » à la primaire : Jean-Luc Bennahmias, candidat désigné de l’Union des Démocrates et Ecologistes (UDE), groupuscule de Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat du gouvernement et François de Rugy, co-président du groupe Ecologiste à l’assemblée nationale et bien sûr Sylvia Pinel du Parti radical de gauche qui après s’être présentée hors primaire finalement l’intègre...

    La primaire organisé par le parti socialiste est donc intitulé « primaire de gauche » -notamment par les médias - parce qu’elle accueillera d’autres personnalités non socialistes. Cela ne dupe personne. C'est une primaire étriquée.

    Comme je le disais dans mon article du 5 décembre 2016 (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/la-primaire-de-gauche-le-mythe-de-l-union-a127707824) : "Depuis des semaines on a assisté à une incroyable comédie du plus haut sommet de l’État en passant par le gouvernement, les députés de la « majorité » et quelques dignitaires socialistes. Un vrai SPECTACLE médiatique où chacune et chacun parade... La comédie continue...Le spectacle s’installe..."
    Ça y est. Les acteurs sont choisis.

    Le spectacle peut continuer.

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    (auteur Pexels, pixabay, CC0 domaine public)

    LES ACTEURS SOCIALISTES

    D’aucuns diront sans doute que ma comparaison avec cet art qui est de jouer un rôle au théâtre ou au cinéma pourrait être insultant pour les artistes. Qu’ils se rassurent, peu de ces politiciens "jouent" bien à quelques exceptions près (ceux qui sont sincères)  dans la mesure aussi où contrairement aux acteurs ou comédiens de métier, ils ne jouent, loin de là, pas souvent pour notre plus grand plaisir sauf si nous prenons de la distance. Mais au bout d'un certain temps, il est difficile de ne pas se lasser d'entendre les mêmes voix entêtantes et les mêmes propos lénifiants de personnages qui dominent le marché politique depuis souvent des décennies.

    Certains ont néanmoins quelques talents, qu’il faut reconnaître, à essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ça marche parfois avec celles et ceux des citoyens qui se laissent emporter par le texte et par la mise en scène et qu’il est fait appel de manière habile aux ressorts des émotions et du ressenti.

    Pour ma part, autant je peux me laisser emporter par le jeu des acteurs ou comédiens et l’histoire contée par une pièce ou un film autant je garde ma distance avec les politiciens qui jouent mal et dont la fausse sincérité masquent mal leurs véritables objectifs. C’est là que je dis : il faut pas nous prendre pour des cons. Ces mauvais comédiens ne devraient pas oublier que leurs actes, déclarations et autres démonstrations passent par l’impitoyable moulinette du "replay" que les médias ne se privent pas d’utiliser ce qu'il faut mettre à leur crédit.

    Je survole ici chacun des candidats sans avoir encore approfondi leurs propositions qui viennent juste de paraître. Je me fie pour le moment comme tout à chacun à ce qui est présenté ici et là à la radio, la télé, sur le net, aux quelques déclarations mises en lumière. Je prends aussi en référence les actions passées de certains.

    PRIMAIRE SOCIALISTE: AVANT LE PREMIER "DÉBAT"

    (auteur PIRO4D, Pixabay, CC0 domaine public)

    Il faut dire, en effet, que cette primaire est organisée à la va vite avec des programmes qui viennent de "sortir". Une erreur fondamentale est de ne pas laisser le temps aux électeurs de les compulser avant les rencontres. Cela montre en tout cas que tous ces gens sont enfermés dans leurs microcosmes, conseillers médiatiques et autres compris. Ils ne se rendent pas compte de ce qu’est la vraie vie, celle où après une journée de travail, le citoyen lambda a encore beaucoup de choses à faire. Une campagne électorale ne s’improvise pas. Ça a tout l’air d’être le cas pour la primaire de la « Belle alliance Populaire »... pour les élites.Ce sera ma première critique.

    Manuel VALLS : après le renoncement de François Hollande et avant la déclaration de candidature de l’ex-premier ministre, j’avais dit qu’un Manuel VALLS candidat serait une erreur  car il n’a aucune légitimité pour se présenter en rassembleur de la gauche, bien au contraire puisqu'il a participé à sa cassure par la politique qu'il a mené. Je n’ai pas changé d’avis. Ces propos récents confortent mon jugement. Après avoir piaffé d’impatience pour se présenter voire peut-être pousser Hollande à se démettre, il a sauté le pas et a commencé de jouer bien mal le rôle du « rassembleur » qu’il ne peut être. Il veut supprimer le 49 .3, lui qu'il a abondamment utilisé à l’insu de son plein gré comme il veut le faire croire. De même, il veut re défiscaliser les heures supplémentaires ce qui est à mon sens une erreur. Je reviendrai sur nombre de ses propositions pour le moins étonnantes... « J’ai changé » dit-il ! Curieux comme on change vite en passant de premier ministre à candidat à la primaire socialiste.

    J’estime déjà cette attitude peu crédible quant à la sincérité de ses propos qui sentent trop l’opportunisme électoral.

    Oui, bien sûr, il attaque le programme de François Fillon sur ce qu’il a de nuisible par la casse sociale qu’il va occasionner mais comment croire l’ex-premier ministre qui a mis en place la Loi El Khomri qui fragilise les protections des salariés face aux entreprises.

    Il fait de la corde raide avec des balanciers bien mal équilibrés... Qui sait ce que cela donnera... Une chute probable...

    Benoit HAMON : ex deuxième ministre de l’ Éducation nationale sous le gouvernement Valls. Il a poursuivi la soi-disant réforme des rythmes « scolaires » sans oser toucher au fond et en se contentant un aménagement qui a un peu amélioré les choses sans plus. Il a certes quitté le gouvernement pour montrer son désaccord avec les orientations de celui-ci. Dont acte. A suivre donc lors des débats pour connaître mieux ses propositions sur l’Éducation, la pauvreté, le chômage. Il semble faire du revenu universel un de ses principaux chevaux de bataille. Sur le sujet, il y a beaucoup à dire pour éclaircir les incidences de cette mesure, positives et négatives selon la conception que l’on en a. Même si l'intention est bonne, derrière son application cela peut être un gadget ou une vraie mesure qui bouleverse tout le système socio-économique français ou une catastrophe qui pourrait laminer le système de solidarité sociale français qui, jusqu'ici, n'a pas si mal fonctionné même si on peut et on doit l'améliorer et le défendre.

    Arnaud MONTEBOURG : Il a des idées intéressantes sur le plan économique et pour une reconquête industrielle ou tout au moins pour ne pas que la France perde plus de son patrimoine industriel bien mal en point ce qui ne date pas de cette législature. A suivre lors des débats qui viendront quant à son positionnement sur l’international, l’Europe et bien d'autres sujets qui préoccupent les français.... Il n’est pas pour un revenu universel. Le débat risque d’être intéressant entre lui et Hamon sur le sujet si tout au moins le temps de débat le permet.

    VINCENT PEILLON : Que vient –il faire là ? J’ai donné mon avis sur sa non réforme des rythmes scolaires et une refondation qui n’aboutit pas. (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/vincent-peillon-ministre-du-periscolaire-communal-a103919758)

    S’il y croyait pourquoi est-il parti au lieu de poursuivre et d’améliorer la refondation en écoutant « la base » ce qu’il n’a pas fait ?  Je le trouve un peu "suffisant" en donneur de leçons. J’ai donc un a priori.

    Même si comme Valls il défend la laïcité selon la loi de 1905 et a quelques idées sur l’Europe, il tombe un peu comme un cheveu sur la soupe comme candidat à la candidature à l’élection présidentielle. Ses propositions sont sans doute à découvrir.

    LES AUTRES

    Je le disais en introduction, il s’agit de ceux qui font « l’appoint » pour pouvoir donner le titre de « gauche » à la primaire.   C’est leur droit d’y être mais à quoi cela servira-t-il ? A faire le nombre nombre et sans doute se faire mieux connaître comme à droite, Jean-Frédéric POISSON du parti Chrétien démocrate ? ...

    Jean-Luc BENNAHMIAS : Passé des verts au MODEM il a intégré un nouveau parti. C’est en effet le candidat désigné de l’Union des Démocrates et Ecologistes (UDE), groupuscule de Jean-Vincent Placé, secrétaire d’État, celui qui a patienté pour entrer "enfin" au gouvernement. Il est de fait comptable à part entière comme Manuel Valls du Bilan de François Hollande.

    François DE RUGY, co-président du groupe Écologiste à l’assemblée nationale. Que va-t-il faire dans cette galère alors qu’il y a un candidat écologiste désigné chez les Verts (EELV),  le député européen Yannick Jadot?

    Une pléthore de représentants de « l’Écologie » qui montre une grande division des idées sur le sujet, un parti des Verts qui n' a pas su non plus rester entier à moins qu’il n’y ait là aussi bataille d’égos. Va savoir !

    Sylvia PINEL : du Parti radical de gauche qui, après s’être présentée hors primaire finalement l’intègre après le retrait de François Hollande. Ex ministre du Logement, elle veut défendre le bilan du quinquennat et, lucide, se présente dans la perspective des élections de l’après 2017. Son objectif est de se faire mieux connaître, elle et ses idées. Pourquoi pas ?

    PRIMAIRE SOCIALISTE: AVANT LE PREMIER "DÉBAT"

    (auteur ingenio, pixabay, CC0 domaine public)

    LE SPECTACLE

    Mis à part les émissions où sont reçus les candidats individuellement à la télévision ou à la radio, l’arène télévisuelle permettra 4 rencontres avant les votes des 22 et 29 janvier 2017.

    Cela veut dire un temps ramassé entre les rencontres ce qui permettra peut-être de ne pas perdre le fil entre les différentes propositions des candidats mais aura aussi le risque de lasser. La première rencontre se tiendra en simultanée sur TF1, LCI, Public sénat et RTL avec l’OBS en co-organisateur.

    Les deux autres avant le premier tour ce sera le 15 et 19 janvier. Les deux finalistes du premier tour débattront en face à face le 25 janvier.

    Ma conclusion ne sera guère différente de celles que j’ai exprimées les 2 et 5 décembre sur ce blog.

    La primaire socialiste qui n’est pas une primaire de toute la gauche n’est tout au plus qu’une manière de dégager un candidat autre que François Hollande qui fera un score meilleur au premier tour que si le président s’était présenté. Ce n’est pas ce qui permettra d’avancer. Cette primaire n'ajoutera qu'un candidat se disant de gauche sans rien résoudre à la situation d'éparpillement des voix des électeurs. Là est l'irresponsabilité.

    Pour le parti socialiste, le vainqueur de la primaire sera placé en orbite pour les élections d’après, celles de 2022. Le résultat du second tour amorcera-t-il les prémisses d’un éclatement du PS ou sa reconstruction ? C’est à mon sens tout ce qu’on peut en attendre sauf si celui qui en sera issu a l’intelligence de faire autrement c’est à dire permettre qu’il n’y ait qu’un seul candidat pour la gauche comme je le disais début décembre dernier. Mais j'ai des doutes.

    "Emmanuel MACRON et Jean-Luc MÉLENCHON, sans compter les autres, déjà candidats doivent eux aussi se rendre compte que si tout cela reste en l’état, les voix des français seront divisées au premier tour des présidentielles.

    Si les candidats à la candidature et les autres, déjà candidats, passent au dessus de cette réflexion, ils montreront que leur égocentrisme ou leur narcissisme passe avant les intérêts supérieurs de la France et de sa population menacés par une éventuelle élection d’un Fillon destructeur des acquis sociaux et aux propositions obsolètes ou d’une Marine Le Pen qui mènerait la France à la catastrophe économique et sociétale."

    Je dirai donc comme le 18 novembre 2016 à l’occasion de l’arrivée du Beaujolais nouveau:( http://quaiducitoyen.eklablog.fr/humeur-politique-du-17-novembre-2016-a127491650)

    « Le seul espoir pour la vraie gauche est que ce soit un Montebourg ou un Hamon qui sorte vainqueur de la primaire socialiste et qu’il puisse décider, devant la catastrophe annoncée, d'appeler les électeurs à voter Mélenchon pour espérer que la gauche soit au premier tour avant Marine Le Pen ou le candidat de droite. Idem pour les Verts. Ce n’est pas gagné.

    Mais Macron sera une gène puisqu’il sera présent, sa candidature étant « irrévocable » comme il dit.

    Les 35% de potentiel de vote pour la gauche étant ce qu’il est, c’est là, peut être, qu’il faudrait avoir l’intelligence pour une fois de voter utile tout de suite.

    Sinon pour la gauche, la vraie, c’est cuit. »

    PRIMAIRE SOCIALISTE: AVANT LE PREMIER "DÉBAT"

    (auteur animatedheaven, Pixabay, CC0 domaine public)

    Aux électeurs de réfléchir.

    Je vais donc suivre les rencontres ce qui me donnera l'occasion d'éclaircir mes idées et  donner mon avis sur les programmes pour voir s'ils sont compatibles avec ma conception de la gauche, une gauche qui, sans qu'on en oublie les valeurs, doit aller  de l'avant pour les français et une France moderne débarrassée des castes nuisibles et qui s'adapte au monde mais qui agit en Europe pour ne pas faire des peuples les oubliés des technocrates et les exploités de la finance internationale et de ceux qui s'enrichissent exagérément sans vergogne au détriment de l'Homme, des êtres vivants et de l'avenir planète.

    Le suivisme n'a que trop duré...Il faut passer à l'action. Et l'action passera au moins par le vote et tout ce qui vient avant: l'écoute, la réflexion, l'implication pour choisir. Ce que j'essaye de faire.

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