• PACTE DE RESPONSABILITE: infos de dernière minute...

    PACTE DE RESPONSABILITE: infos de dernière minute...A la suite de la  première journée de réunion sur le pacte de responsabilité qui s'est tenue hier, nombre de points montrent que le fameux pacte  sera difficile à mettre en place.
    Je disais récemment que l'on jouait peut-être une partie de poker menteur, que toutes les cartes n'étaient pas distribuées, qu'il y avait sans doute un leurre (voulue ou non)  de l'annonce.
    Cela se confirme déjà sauf à ce qu'il se produise un évènement majeur et un changement de cap du président de la république.

    La première surenchère du MEDEF

    Pour le MEDEF, il faudrait 60 milliards pour relancer l'emploi. La surenchère commence...fort. Fi des 30 milliards sur lesquels le MEDEF ne s'engagera pas. Cela confirme les propos de mes écrits précédents.

    Je pense qu'il ne pourra pas y avoir accord et j'espère que les organisations de salariés résisteront pour ne pas s'engager dans une voie qui ne peut qu'aboutir à retirer à l'état des moyens pour la protection sociale sans aucune contrepartie affirmée et engagée.  J'espère qu'elles feront des contre-propositions qui existent pour avancer. C'est le moment pour elles de jouer leur rôle pour construire. 

    Pour d'autres solutions

    Il y a d'autres solutions que l'Etat peut prendre pour relancer l'emploi en travaillant finement avec les petites et moyennes entreprises. La recherche de financement en est le départ comme je l’indiquais dans mes précédents écrits.

    Il ne faut pas s’illusionner. Le retour à l’emploi est une œuvre de longue haleine et les mesures sérieuses qui seront prises ne porteront leurs fruits que sur les trois années qui viennent notamment dans le cadre d’une reprise de la croissance ce qu’il faut préparer de suite pour avoir les meilleurs chances de réussite, cela sans sacrifier la solidarité sociale. Il est inutile de faire des annonces qui ne trompent personne et mettre en danger la protection familiale par des mesures comme celle de l’abandon du financement des prestations par les entreprises sans donner de certitudes claires quant aux autres financements de la solidarité si ce n’est d’hypothétiques économies dont nous n’avons pas clairement le détail (voir mes articles précédents). 

    Je crois aussi qu’il n’a pas été assez exploré ce que pourrait créer une nouvelle direction de la croissance dans le domaine de l’écologie. Il n’y a pas de politique clairement affirmée dans ce domaine ce qui est dommage car cela pourrait donner une impulsion essentielle vers la création de centaines de milliers d’emplois durables qu’on ne pourrait délocaliser. Il serait temps que soient affirmés les grands axes et les décisions pour la mise oeuvre de mesures pour un développement économique lié à l’écologie et à l’environnement.. Le ministre du redressement  productif et celui de l’écologie devraient peut-être s’y atteler car ça fait partie de l’avenir et celui de nos enfants. 

    Les propositions de l’opposition

    L’UMP, le front national et autres partis de droite se disent soupçonneux par rapport à la proposition Hollande. Soit, c'est leur rôle mais ils ne proposent rien.

    Le président de l'UMP ne fait aucune contre proposition sérieuse si ce n'est pour accroître encore plus sans contrepartie le financement à donner aux entreprises ce qui ne résoudra rien, tout le monde le sait.  On connait la manière de procéder de l'UMP qui a soutenu le précédent président de la république qui a su faire les cadeaux fiscaux nécessaires à ceux qui n’en avaient pas besoin. Il ne faut pas compter sur ce parti divisé par l'électoralisme pour défendre le rôle de l'Etat dans ce qu'il doit avoir de régulateur pour défendre les conditions de vie des citoyens. Il est idéologiquement libéral et on sait de quel côté il fait pencher  l'injustice sociale. Ces dernières  années l'ont prouvé dans nombre de domaines. Le président de l'UMP a une super proposition de lutte contre le chômage: que le ministre du travail, Michel Sapin, démissionne parce que l'inversion de la courbe du chômage qu'il a en effet annoncé n'est pas au rendez-vous! Du grand n'importe quoi politicien!  Risible !

    Une autre idée de droite pour flatter les égoïsmes de l'électorat: diminuer le temps de perception des indemnités de chômage. Il parait que trop élevées et trop longues, elles freinent la recherche d'emplois! Merci pour les millions de chômeurs qu'on considère globalement comme des "fainéants" ne faisant pas les efforts nécessaires pour retrouver un travail. S'il est vrai que, sans doute, une minorité de chômeurs se contente des indemnités , ce n'est pas le cas de toutes celles et ceux qui veulent vivre normalement dans la société. Peut-être, il y a t-il des efforts à faire pour améliorer le fonctionnement de l'usine à gaz de l'emploi qu'est le "Pôle emploi" créé sous le gouvernement Fillon avec la seule idéologie de faire des économies et sans mettre en oeuvre les moyens humains nécessaires pour accompagner vraiment celles et ceux qui cherchent un travail.

    Il est vrai que les municipales approchent et que l'UMP veut  créer chez l'électeur l'esprit de revanche comme si cette élection locale avait un lien avec la situation politique nationale. Encore du grand n'importe quoi: En tant qu'électeur, merci de me prendre pour un "con"!

    Monsieur Morin, de l'UDI, président du Nouveau Centre, ancien ministre de Nicolas SARKOZY,  propose néanmoins des solutions qui sont malheureusement libérales dont chacun pourra mesurer l'efficacité. Selon lui, la France a des atouts dus à la qualité professionnelle de ses travailleurs, sa recherche.... Jusque là on ne peut être que d'accord.  La France à des potentiels pour s'en sortir. Selon lui, pour redevenir compétitif, il faut allonger le temps de travail des salariés de 35 à 39 heures avec le même salaire, diminuer les charges des entreprises de 6% (moitié pour les salariés, moitié pour l'entreprise et à financer par une hausse de la TVA) et faciliter les licenciements pour redonner aux entreprises la confiance pour qu'elles embauchent.

    On voit bien là encore que ces propositions vont demander l'effort aux seuls salariés et à toute la population en utilisant l'injuste TVA puisque ça revient à continuer d'augmenter l'impôt. Allonger le temps de travail sera un frein à la création d'emplois (comme la mesure des heures supplémentaires défiscalisées).  Faciliter les licenciements sans mesures compensatoires pour assurer une continuité de la perception de revenus comme dans les pays du Nord , reviendrait à livrer les travailleurs à plus de précarité et d'incertitudes matérielles qui ne feraient que renforcer la flexibilité de l'emploi qui, sans garde-fous, peut s'avérer humainement catastrophique .  De plus, cela ne permettra pas d'embaucher car n'étant pas dans un période de croissance suffisante l'entreprise qui n' a pas de marchés ne créera pas d'emplois.

    LE MODELE ALLEMAND REFAIT SURFACE

    Dans mon dernier article, j’esquissai le rapprochement politico-idéologique qu’il me semblait percevoir entre François Hollande et l'ex chancelier Allemand social démocrate Gerhard Schröder - entre 2003 et 2010. Le chef de l’Allemagne avait, à cette époque, fait voter quatre lois appelées Hartz du nom de l’industriel allemand qui inspira les réformes  qui simplifièrent les procédures d’embauches. Furent mises en place, notamment, une réforme des retraites et la possibilité de convention sur des types de contrats précaires, moins taxés appelés “minijobs” avec des salaires compris entre 400 et 800 euros par mois pour 15 heures par semaine. Ces contrats concernent encore actuellement 20% des employés allemands. La quatrième loi, très controversée en Allemagne, divisa par trois le temps indemnitaire des chômeurs. Le chômeur de longue durée peut même être embauché à des salaires inférieurs aux conventions collectives au taux d’environ un euro de l’heure...

    J’apprends que monsieur Peter HARTZ a été reçu, il y a environ deux mois, par le Président Hollande. Ce n’est pas un bon signe pour la France si la rencontre avait pour objectif d’aller chercher- peut-être - conseil auprès de celui qui fut l’inspirateur de l’abandon d’une partie de la solidarité de l’Etat allemand envers ses travailleurs. 

    Je l’ai déjà dit : l’Allemagne n’est pas un modèle de réorganisation du travail quand on connaît bien la situation de ce pays même si madame PARISOT, ancienne présidente du MEDEF,  en faisait l’éloge dans son texte, appelé  « Le Nouveau Pacte Fiscal et social pour la compétitivité de la France »,Tout l’argumentaire du MEDEF était basé sur la comparaison de la situation de la France avec celle de l’Allemagne alors que ces deux pays ne saurait se comparer sur nombre de plans. (Voir mon article sur  http://quaiducitoyen.eklablog.fr/l-allemagne-modele-du-medef-a59188683 )  

    Rappelons simplement que monsieur Gerhard Schröder n’a pas su vaincre le chômage ce qu'il a reconnu. Il n'a su faire baisser les chiffres que de manière artificielle en créant, comme d’ailleurs en Grande-Bretagne actuellement,  la catégorie des travailleurs précaires. Quant aux chômeurs, dans ces pays, ils ne peuvent attendre grande solidarité de l’Etat pour éviter de tomber dans la pauvreté. 

    D'autres solutions existent que de toujours mettre en difficulté les mêmes. Il faut les mettre en oeuvre même si on sait que le redressement sera long car là est la vérité. Une politique se mène non par des coups et des annonces mais par des explications claires qui montrent les objectifs dans le temps.

    Question de vérité et de pédagogie dont il faut prendre les véritables moyens pour informer.

    Vigilance donc...

    « IL FAUT FINANCER AUTREMENT LE PACTE DE RESPONSABILITE HUMEURS DU PREMIER WEEK-END DE FEVRIER 2014 - partie 1 »

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