• LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    On ne répond pas à une telle question dans la précipitation car le sujet est trop grave pour qu'on s'en saisisse sans réflexion ce que font parfois certains sous le coup d'une humeur subite parfois mauvaise conseillère.

    A la pression que mettent sur Emmanuel MACRON les contradicteurs du projet gouvernemental de la retraite à points dite « universelle » s’ajoutent actuellement certains propos de politiques qui laisseraient, selon le président,  sous-entendre que notre démocratie deviendrait un régime autoritaire voire une dictature…

    Ma première remarque est que les mots ont un sens et qu’il faut les utiliser si possible à bon escient.

    Ma deuxième remarque est que le président Macron, dans ses dernières déclarations à des journalistes lors de son retour d’Israël,  me semble perdre un peu de son sang froid ce qui pour un chef d’état n’est pas à mon sens l’attitude la meilleure d’autant plus que justement je ne pense pas qu’il ait utilisé les mots qu’il fallait pour défendre ce qu’il juge une attaque à "notre démocratie".
    Sur ces deux remarques je vais donc revenir pour essayer de voir dans quelle direction va notre pays du point de vue de la démocratie, entaché qu’il est par les violences tant  langagières que physiques, un mal être latent dans une grande partie de la population notamment vis à vis d’une « réforme » des retraites (mais pas que) qui laisse chacun dans le doute, le brouillard ainsi que je l’ai déjà expliqué dans mes articles précédents. …( http://quaiducitoyen.eklablog.fr/retraites-macron-l-enfumage-deletere-continue-a180078352 et http://quaiducitoyen.eklablog.fr/retraites-macron-ca-pue-grave-a179849578 ou http://quaiducitoyen.eklablog.fr/retraites-macron-un-manque-de-credibilite-a178522834 )

    LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    (Marianne de la démocratie,  Armel Le Coz,  Attribution  (CC BY 2.0)

    LES MOTS ONT UN SENS

    Régime autoritaire, dictature, démocratie autant de mots qu’il faut peut-être sereinement revoir à la lumière de leurs définitions premières. A l’évidence on ne peut s’entendre que si on utilise le même sens pour ces mots sans quoi les prononcer surtout quand elles viennent de responsables nationaux ayant une fonction élective, peut s’avérer provocateur et mettre de l’huile sur un feu qui actuellement n’ a pas besoin de comburant pour s’allumer voire exploser.

    Examinons donc les propos des uns et des autres tout en les confrontant aux faits.

    LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    (dictionnaire :La 6e édition de 1835, domaine public)

    LES PROPOS QUI ONT « ÉNERVÉ »LE PRÉSIDENT

    Il n’a cité personne comme le dit d’ailleurs la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui a indiqué « qu’il n’était pas question pour le chef de l’État de “jeter l’anathème sur untel ou untel”. Elle a pourtant  dit que de son point de vue, “notamment à La France insoumise, des gens accréditent au fond l’idée qu’il y aurait un ‘régime’ qui imposerait sa loi au reste de la population.”

    Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon, président de la France Insoumise : “La violence est du côté du pouvoir et pas du côté des manifestants ou des grévistes. Et maintenant il y ajoute une violence politique (…) c’est vraiment un comportement monarchique”,(Sur BFM TV) 

    Sur RTL, François RUFFIN, député France Insoumise, estime que la société française se trouve dans "un camp de resserrement autoritaire". Il a quelques mots forts en référence à ce qui est pratiqué par la police lors des manifestations :"comme le gouvernement ne parvient plus à entraîner la société, il la domine. Nous vivons dans un temps où le gouvernement s’appuie très fortement sur la force de la matraque".

    Ségolène Royal( sur BFMTV) parle d’ “un pouvoir qui n’écoute pas, qui n’en fait qu’à sa tête, qui assiste à la souffrance des citoyens sans réagir.” “Quand on voit dans le monde entier les images de violence de ce qui se passe en France, dans la rue, il y a beaucoup d’interrogations sur la nature de ce régime en effet »…

    Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, (sur le plateau de BFMTV) indique qu' avec Emmanuel Macron on a un gouvernement qui s’est dit: “Je peux faire du Thatcher… Sauf qu’en France, ça ne se passe pas comme ça. Progressivement, des secteurs de la société française sont en train de trouver les voies de la révolte. Et ils ont bien raison. »

    Je laisse chacun juge de ces propos. Je n’ai pas, pour ma part,  relevé que ces personnes politiques aient prononcé le mot »dictature » pour qualifier le régime d’Emmanuel MACRON. 

    Lui a prononcé le mot et l' a défini. Je vais y revenir.

    Je note le "comportement monarchique" avancé par Jean-Luc Mélenchon. Dans mon article "Jupiter en majesté à Versailles" (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/jupiter-en-majeste-a-versailles-a130630490 )j'ai eu l'occasion de comparer le style d'Emmanuel Macron à celui d'un  monarque voire d'un "desposte éclairé" ( ) . Il faut dire que de toute part à cette époque on parlait beaucoup, dans les médias,  de Macron  Jupiter à l'Elysée, ceci expliquant cela... Je ne me renie pas même s'il me semble que le président est un peu redescendu de son Olympe.Mais les impressions...

    Je retiens la justesse des propos de Ruffin quant à ce que "le gouvernement ne parvient plus à entraîner la société, il la domine". C'est un peu ce qui se passe en effet avec le passage forcé et précipité au parlement de la "réforme des retraites". Juste aussi ce qu'affirme Ségolène Royal qui  parle d’ “un pouvoir qui n’écoute pas, qui n’en fait qu’à sa tête, qui assiste à la souffrance des citoyens sans réagir.”  Pas fausse la référence à"Thatcher " d'olivier Besancenot  ou "la violence est du côté du pouvoir" de Mélenchon.

    Le mot « autoritaire » est aussi à analyser. J'y reviendrai.

    LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    LES PROPOS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE 

    J’entends par là  ceux qu’il a tenus devant les journalistes lors de  son récent  retour d’Israêl, le jeudi 23 du mois de janvier.

    Le président déclare :

    «Quand la violence tourne, quand la colère monte, elle se fixe sur un point : le point faîtier du système. Et donc il ne faut pas le prendre, je dirais, pour soi ou n’avoir quelque état d’âme»,

    «Par contre, ça veut dire que cette violence n’a plus de cadre. Ça veut dire que, celles et ceux qui portent cette violence, celles et ceux qui, avec cynisme, quelques fois, l’encouragent... Ou ceux qui taisent tout reproche qu’il faut avoir, oublient une chose très simple : nous sommes une démocratie».

    Il est sûr que la colère se fixe sur le président, "point faîtier" du système. Il l'a tout à fait bien diagnostiqué.Et que fait-il pour calmer cette colère? Qu'il en cherche les raisons...

    Pour le reste de ses propos , force est de revenir sur plusieurs points y compris dans les précisions  qu'il a données ensuite.

    Le premier qui est de dire que nous sommes dans une démocratie. Avons nous la même définition  de la démocratie et de sa pratique?

    Le deuxième est sa définition de la dictature ( Selon lui, Une dictature c’est un régime où une personne ou un clan décide des lois. Une dictature c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais).

    Le troisième point est celui de l’expression de la violence dans un pays qui est en "démocratie".

    Le quatrième point que je note c’est celui du principe fondamental du « respect de l’autre ». J'y reviendrai donc sur le respect qui ne doit pas être à sens unique.

    Enfin et pour en finir, l’accusation envers ceux qui se taisent au sujet de la violence…

    Je ne vais donc pas me priver en tant que citoyen d’en parler de cette violence...qu'on trouve à tous les étages du pays. Et c’est par ce point que je commencerai…

    LES VIOLENCES

    Il est vrai que ces dernières semaines, une certaine violence s'est fait montre  en France. Emmanuel Macron  contraint de quitter un théâtre parisien, la semaine dernière, à cause d'une manifestation sauvage improvisée devant l'établissement…

    Comme de coutume des violences ont marqué les manifestations.

    Certains députés LREM ont dû faire face à des intimidations.

    Des coupures d’électricité…

    Les affrontements avec  les forces de l’ordre n’ont guère baissé.

    ...

    La violence politique dans la manière du gouvernement et d 'Emmanuel Macron de vouloir imposer sa "réforme" brouillonne, injuste et discriminatoire.

    Bref, s’il est vrai qu’il y a un climat plutôt électrique, il faut faire la part des choses au niveau des responsabilités ce que le président ne fait pas. Pour lui ce sont les autres qui sont violents. Pas lui et ses amis qui gouvernent ou légifèrent.

    A mon sens, il semble que nombre des manifestants ou grévistes, même s’il a baissé, sont là  présents contre la réforme des retraites et soutenus par plus de 60 % de la population (selon des sondages). Ça fait plus de deux mois que ça dure… Et le gouvernement continue d’être inflexible même s’il fait semblant de négocier avec une conférence sur le financement des retraites qui n’est que de la poudre aux yeux en l’attente que le projet soit voté par les chambres, envers et contre tous.

     

    LA CASSE A MACRON: INVENTAIRE - 1 sur 3

    (auteurWenPhotos, CC0 domaine public)

     

    LA VIOLENCE D'UN PASSAGE EN FORCE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE

    Et c’est bien là que le bât blesse : Le gouvernement veut faire voter à tout prix un projet dont il n’est plus besoin de montrer qu’il a été mal préparé, qu’il repose sur un certain sectarisme idéologique qui n’a que faire des individus concernés. L’incapacité du gouvernement de répondre aux questions essentielles parmi laquelle il y a « combien je toucherait quand je serai en retraite » et l’improvisation évidente pour calmer certaines catégories qui ont réagi fortement, obligées d’ établir un rapport de force pour se faire entendre,  en sont des signes majeurs. Le dernier rendu du conseil d'état qui exclut la possibilité d'augmenter par la loi les enseignants, grands perdants reconnus de la réforme,  concrétise encore ces "oublis"énormes d'un projet mal bâti.

    LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    La situation est donc bien anormale et la violence est là aussi de la part d’un gouvernement qui se croit le plus fort avec sa majorité à l’assemblée nationale comme s’il était légitime de passer en force. 

       Ce passage en force est d’ailleurs dénoncé par les faits : une seule lecture prévue à l’assemblée, quatre jours pour examiner un dossier de 1000 pages, un conseil d’état qui lui-même dénonce les délais insuffisants qu’il a eu pour examiner le texte et qui n’a donc pas pu le faire correctement, … La violence est  forte et prégnante que de vouloir imposer un projet qui ne convient à presque personne sauf à ceux qui l’ont piteusement élaboré et qu’ils qualifient d’universel pour plus de justice et d’équité. Je ne reviens pas sur les procédés utilisés par le gouvernement et le président pour créer les écrans de fumée et brouiller les cartes.

    Comment s'étonner comme le fait le gouvernement et les députés de la majorité qu'il y ait de la part des autres députés un arme pour faire durer l'examen avec le dépôt de 22 000 amendements au texte de loi?

    Le pouvoir parle d'"obstruction". Mais quels moyens ont les députés pour s'opposer à une manière d'organiser les débats "à la va vite" sur une texte plein de lacunes et de cette importance qui engage l'avenir des futurs retraités?

    Le Conseil d’État a pourtant mis en garde le gouvernement contre le grand nombre d'ordonnances auxquelles le texte de loi renvoie, lui faisant « perdre la visibilité d'ensemble ». La disposition consistant par exemple à faire voter une autre loi pour garantir le niveau retraite des enseignants est jugée « contraire à la Constitution ». Les promesses du ministre Blanquer sont donc balayées. Les enseignants risquent bien de se retrouver avec des retraites de misère...

    Le même conseil d' état estime  n'avoir pas eu le temps nécessaire, vu les délais imposés par le gouvernement  « pour garantir au mieux la sécurité juridique de l'examen auquel il a procédé » sur une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir (...) l'une des composantes majeures du contrat social ». Il avertit du risque juridique   de renvoyer un nombre élevé de dispositions à 29 ordonnances sur une « quarantaine de questions », dont des « éléments structurants du nouveau système » comme les moyens de l'équilibre financier en 2027 ou encore les mesures de transition. Cela « fait perdre la visibilité d'ensemble  nécessaire à l'appréciation (...) de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité »Mais apparemment le gouvernement passe outre.  

    Sont-ce les manières qu'il faut avoir d'un traitement démocratique d'une loi dont l'importance est capitale? Je pense que non. Tout est là.

    L’ASSEMBLÉE NATIONALE EN DESORDRE DE MARCHE...


    Alors, LA FRANCE : DÉMOCRATIE, RÉGIME AUTORITAIRE, DICTATURE ?

    J’y reviens… avec ma réponse.

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