• C'est bientôt la rentrée...

    la rentrée… des classes et  la  REFONDATION DE L’ECOLE est à l’ordre du jour. C’est le thème sur lequel planche depuis juillet le groupe de travail mis en place par le ministre de l’éducation.   

    L’Ecole est effectivement à refonder sous nombre d’aspects de la maternelle à l’université (et après…).

    C'est bientôt la rentrée...Il est sûr que la rentrée scolaire sera  encore difficile cette année.  Les effets de la politique du gouvernement SARKOZY/FILLON   de destruction des moyens de l’Ecole et les pratiques gouvernementales de ses ministres DARCOS et CHATEL en matière d’éducation ces dernières années, ne seront que très faiblement atténués par les mesures d’urgences prises par le nouveau ministre Vincent PEILLON.  Les moyens humains, on ne les retrouvera pas tout de suite : il faudra d’ailleurs  en repenser l’utilisation optimale pour les élèves et les professeurs.  On ne refonde pas l’école en quelques mois.

                                                                                      (auteur image:Bernard Chenal,GNU Free Documentation License )


     

    Il n’en est pas moins vrai qu’il y a quand même urgence, en attendant,  de la part du ministre de l’éducation à prendre quelques décisions fortes pour que la mobilisation de tous se fasse : enseignants et parents mais aussi élèves.

    Parmi ces signes indispensables à l’attente de la refondation, il faut d’urgence réinstaller sur le terrain la vraie concertation avec les partenaires pour qu’une vraie confiance s’installe pour construire l’Ecole de l’avenir avec ceux qui sont concernés. La refondation ne doit pas essentiellement venir de Paris même si elle doit être conduite et concertée nationalement mais aussi se faire par le débat dans les académies et les départements.

    (Image:Patrick Patte)

    C'est bientôt la rentrée...Le ministre ne doit pas laisser se perpétuer les anciennes pratiques autoritaires et désuètes de fonctionnement de certains Conseils Académiques de l’Education Nationale (CAEN) ou des conseils départementaux (CDEN) qui, bien animés, pourraient mettre en place le dialogue, le débat et des propositions constructives véritablement concertées avec les partenaires. Il en est de même pour les différents comités techniques paritaires professionnels qui ont ces dernières années de plus en plus reculé dans le fonctionnement du paritarisme. Il doit donner les instructions et les obligations nécessaires à ceux qui dirigent les rectorats et académies pour une remise en route du fonctionnement démocratique de l’institution. Rappelons que l’institution est au service de la population ce qu’on a eu trop tendance à oublier ces dernières années en n’écoutant ni les enseignants ni les parents d’élèves : Une forme de mépris ressenti par beaucoup de parents et d’enseignants qui avaient des choses sensées à dire et à proposer.

    Ce sont les premiers signes forts à mettre en route dès la rentrée. Il y en a d’autres qu’il faut laisser le soin au ministre d’appréhender.

    Souhaitons que ce soit une année de transition qui permette de jeter les bases d’une véritable refondation de l’école qui n’écoutera pas les sirènes ni des tenants des idéologies rétrogrades du passé qui ont souvent été sorties ces derniers mois des cartons poussiéreux  marqués du slogan  « c’était mieux avant… » ni des différents lobbies.

    Refonder l’école c’est faire la rupture avec l’existant pour qu’enfin le système éducatif soit à la hauteur des enjeux de nos enfants et de nos jeunes pour leur avenir et celui du pays. 

                                                                                                                                         (image: Piolinfax)

    C'est bientôt la rentrée...Il ne faut donc pas mettre de cataplasmes  ou de sparadraps comme on aurait trop tendance à le faire en période de crise et depuis des décennies. L’organisation, le contenu des programmes et les méthodes pédagogiques de notre école doivent être remises en question, discutées et faire l’objet de propositions concrètes innovantes correspondant aux réalités de la situation tant pour les élèves que pour les professeurs. Une révolution, ni plus ni moins, est à faire. Les idées et les résultats d'expériences constructives ne manquent pas pour avancer. Tout n'est pas à inventer. Il sera aussi nécessaire de sortir des schémas de l’organisation actuelle de l’Education en France n'en déplaise aux conservateurs de service qui se reconnaîtront. Les programmes gagneront aussi à être plus cohérents.

    Les rythmes des enfants et des jeunes doivent être repensés. C'est indispensable  mais on doit dans le même temps, de manière indissociable, reconsidérer  les pédagogies à mettre en œuvre dans les écoles, les collèges et les lycées : des pédagogies pour permettre à tous de réussir au mieux et ne pas laisser de côté comme actuellement nombre d’élèves en difficulté qui pourraient progresser si d’autres pratiques et conditions d’apprentissage étaient mises en place.                                                                    

    Le statut de l’élève,  la  manière dont  l’élève doit être considéré par les adultes encadrants doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie.

    Il faut revaloriser aussi, tout de suite,  la fonction enseignante.

    La première revalorisation passe par la formation professionnelle initiale et continue. Il ne suffit pas d’énoncer des beaux principes : savoir enseigner n’est pas inné, ça s’apprend.  Rien ne sera fait si les enseignants ne se forment pas aux pédagogies de la réussite et si la formation des maîtres n’est pas une  formation solide, bien construite et qui prend le temps d'être faite. Et à ce niveau, il faut tout revoir,  tout reconstruire à neuf en faisant table rase des formations en IUFM qui n’ont pas bien fonctionné et bien sûr celles des dernières années au contact de l’Université qui ont été scandaleusement inexistantes : 3 jours de "formation" avant la rentrée pour le jeune prof qui débute ! Une honte, un scandale, les mots manquent pour qualifier l’irresponsabilité de celles et ceux qui ont mis cela en place.

    Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révèlent qu'au sein d'un système scolaire, les excellents élèves sont d'autant plus nombreux que les élèves en grande difficulté d'apprentissage sont rares. L'adaptation pédagogique de l'école aux élèves les plus démunis culturellement est donc primordiale. Il faut changer complétement d’état d’esprit et arrêter de procéder  à une sélection par l'échec comme cela se fait encore beaucoup à tous les niveaux de l’école. (Il en est d’ailleurs de même pour l’Université qui en la matière est une championne de cette sélection par la négative et qui elle aussi est à refonder de la même manière.)

    Il faut affirmer par exemple avec force  que le redoublement est inefficace ce qui est d’ailleurs prouvé et rechercher de quelles manières autres que celles actuelles  on va faire progresser tous les élèves : voilà le véritable enjeu. Ne pas le faire c’est se montrer incapable de changer cet état d’esprit nécessaire à la refondation de l’école qui est d’innover dans les approches pédagogiques au service des réussites des élèves.

    C'est bientôt la rentrée...La formation des enseignants doit donc être  pensée et construite non pas seulement avec les acteurs  actuels des inspections générales ou les seuls « penseurs » ou personnalités nationales mais aussi avec des vrais praticiens et chercheurs de terrain  qui s’appuient sur des réalités et des expériences et qui doivent confronter leurs idées. Il doit en sortir un véritable projet national de formation aux pédagogies adaptées aux élèves de France. Et cela doit être vite mis en place , ce qui est possible si on y met les moyens opérationnels et qu’on casse les lourdeurs administratives ou les freins d’un bureaucratie nationale inadaptée.

                                                                                                                                              (Photo PE Weck 2005)

    Elle doit aussi être construite avec les intéressés en formation qui doivent s’approprier les connaissances et « avoir leur mot à dire » plutôt que d’infantiliser les élèves professeurs comme on l’a vu faire dans certains  IUFM. Celles et ceux qui y sont passés peuvent en témoigner. Il faut aussi rendre  la profession de "profs" attractive et recréer l'envie de la choisir.

    La revalorisation doit passer par un débat sur les salaires, les horaires de services, les statuts des enseignants qui sont multiples et qui ont été mis en place pour diviser le personnel. L'inégalité des situations est flagrante et à modifier d'urgence.   

    C'est bientôt la rentrée...Enfin, ce qui me semble déterminant, c' est le combat contre la pauvreté qui peut seul réduire les inégalités entre les classes sociales. Il ne faut pas avoir peur des mots. Ces classes existent. Il ne faut pas les opposer mais réduire les écarts entre elles. Alors on avancera sur le chemin d’une meilleure égalité des chances à l’Ecole et dans la vie. Il n’est pas besoin de grandes études statistiques pour constater que des élèves ont d’autres préoccupations que "la leçon du jour" - et ce quelle que soit la pédagogie employée - car dans la tête ils peuvent avoir un souci, dans leur environnement familial, qui les mine. Cela n’est pas toujours dû à la pauvreté mais c’est souvent la pauvreté qui en est la cause...

    (image: Scale_of_justice_2.svgDTR)

    Si la volonté politique de mener de front et de manière coordonnée tout cela  est véritable : on y arrivera ! Les intentions du nouveau ministre semblent empreintes de sincèrité.  Des acteurs –parents et enseignants organisés – sont prêts à s’investir pour refonder l'école. Il ne faut pas les décevoir et dès maintenant mettre en place les vrais moyens d’y travailler concrètement sur le terrain et pas seulement à Paris. 

    Il ne faut rien lâcher des exigences à avoir mais chacun doit aussi faire l’effort de s’ouvrir au vrai dialogue et laisser de côté ses « a priori », exprimer ses avis argumentés…sans croire qu’il a toute la vérité.  

    Le vrai changement passe par là sinon il ne reste que le discours.

     Patrick PATTE

     

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