• A DROITE TOUTE... 2 sur 2

    Je continue donc la suite de mes observations et impressions quant au débat des candidats aux primaires de la droite. Bien sûr, j’y mets mon œil critique n’étant pas attiré par l’esprit général et les idées  de ce qu’on appelle la droite et ceci depuis longtemps. Néanmoins, étant donné que certains candidats de droite invitent à participer au primaire, dans le but avoué de faire découvrir leurs propositions de droite « modérée » ou du centre mais en réalité pour amasser un maximum de voix contre Nicolas Sarkozy, je vais y voir.

    A DROITE TOUTE... 2 sur 2

    (image efes, CC0 domaine public)

    Du côté du clan Sarkozy, on critique cette manière de faire jusqu’à dire que c’est truquer l’élection. De son côté Nicolas Sarkozy comme d’ailleurs Bruno Le Maire font tout ce qu’ils peuvent, par amis interposés, pour venir faire voter des électeurs du Front national.

    Cela s’appelle, pour eux, le rééquilibrage...

    A « gauche »*,, certains conseillent d’aller aussi signer la charte de la droite pour voter...contre Sarkozy et choisir Juppé ou un autre avouant ainsi que le choix démocratique n’aura pas lieu puisque pour eux la gauche ne sera pas au second tour.

    Chacun appréciera.

    J’y reviens donc à la fin de mon analyse.

     

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    (auteur Clker-Free-Vector-Images, CC0 domaine public)

    HARO SUR LE FONCTIONNAIRE...

    Il est question donc, selon les candidats à la primaire, de supprimer entre 150 000 et 600 000 fonctionnaires voire même en faire disparaître le statut.

    De la pure démagogie quant on connaît la facilité avec laquelle on peut faire monter les français qui travaillent dans le privé contre les fonctionnaires mais qui sont les premiers à râler quand les enseignants ne sont pas remplacés et qu’à l’hôpital, il faut attendre aux urgences. On peut ajouter aussi des conditions d’entrée à la retraite à 64 ou 65 ans et son calcul pour laquelle bien entendu les politiques proposent la solution la plus pénalisante à savoir aligner les règles sur celles du régime général et non pas l’inverse à savoir aligner les règles du privés sur celles du public.

    Facile et démagogique et beaucoup s’y laisse prendre. Diviser pour régner. La vieille tactique que nombre d'électeurs avalent sans doute par manque d’information et de réflexion pointue comme pour beaucoup d’autres sujets...D’où le succès des thèses démagogiques.

    Comme le disait Esope ( VIIe-VIe siècle av. J.-C. - Fables, 27, le Pêcheur qui bat l'eau):

    "Les démagogues font d'autant mieux leurs affaires qu'ils ont jeté leur pays dans la discorde."

    Dans l’ordre de la surenchère :

    Le champion Fillon : propose tout simplement de supprimer 600 000 postes dans la fonction publique pendant son quinquennat

    Le Maire : supprimer "des emplois publics" à raison de 100 000 postes par an pendant son quinquennat.

    Juppé : « que » 250 000 à 300 000 suppressions de postes.  Pour lui 600 000 est impossible à réaliser.

    Sarkozy : 150 000 emplois publics dans la fonction publique d’Etat, 150 000 dans la fonction publique territoriale en ne touchant pas au ministère des forces de sécurité et de la Défense (ce qu’il a pourtant fait lors de son quinquennat)

    NKM : suppression du statut de fonctionnaire sauf pour les ministères régaliens dont ne fait plus partie, pour elle, l’Education nationale.

    Copé : pas de chiffres mais fin de l'emploi à vie des fonctionnaires qu'il souhaite embaucher en CDI

    Poisson : Je n’ai pas noté de précisions sur le sujet.

    Le fonctionnaire, ce nanti : La cible idéale pour faire des économies sans doute parce qu’ils n’ont pas d’autres choses à proposer. Aucun n’a d’ailleurs bien expliqué à quoi serviront les économies...

    Sans doute va-t-on continuer de privatiser la santé, diminuer le nombre d’infirmières, de postes de médecins hospitaliers, privatiser l’Education et supprimer des enseignants bien sûr...rien de changé par rapport à ce qu’a fait Sarkozy lors de son premier mandat mais en pire bien sûr car le maître mot est l’austérité, les économies sur le budget de l’Etat.

     

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    (Liberte Egalite Fraternite,  Thermidorimage - Own work, CC BY-SA 4.0)

    Ainsi, si on regarde bien les programmes, il n’est en effet pas difficile de voir qui fera les frais des suppressions mis à part tous les français  qui verront leurs services publics complétement exsangues. Ils pourront continuer de râler de plus belle quand ils auront voté pour ces casseurs des services publics afin d’avoir des services hospitaliers d’urgences saturés, des enseignants non remplacés, des soins infirmiers a minima, ... tout cela pour croire qu’ils vont payer moins d’impôts. Enfin c’est ce que promettent certains candidats sauf Fillon et Lemaire qui veulent le plus tailler dans les dépenses de l’Etat mais pas pour un retour vers le contribuable mais vers les entreprises....pour qu’elles se développent et créent des richesses...qui ne reviendront pas comme d’habitude pour améliorer le sort du travailleur « Lambda » dont on augmentera le temps de travail pour une entreprise soi disant plus compétitive. C’est la vieille recette qui ne crée pas d’emplois mais créé de bons dividendes pour les actionnaires. Ça fait plus de 20 ans que ça dure !

    Privatiser semblent être pour certains « la » solution.

    On voit ce que ça a donné pour l’usager avec la privatisation des autoroutes en 2006 : Le 18 septembre dernier, le ministre des transports Alain Vidalies annonce un nouveau plan autoroutier qui prévoit 1 milliard € d’investissement, moyennant une augmentation des péages de 0,3 à 0,4%. L’Etat permet aux sociétés autoroutières de compenser les investissements par une hausse de péages supplémentaires.

    Résultat, c’est l’usager qui paye pour tout, les sociétés autoroutières enrichissent chaque année leurs actionnaires : 1,5 milliard € de bénéfices par an, pour 8 milliards € de chiffre d’affaires. Les dividendes explosent : la distribution passe de 56% à 136%.

    Les salariés aux barrières de péage sont remplacés par des machines : en 10 ans près de 30% des effectifs ont disparu soit 2 700 emplois détruits entre 2007 et 2014.

    La privatisation des autoroutes sous l’ère de la droite a fait disparaître des milliards du budget de l’Etat au profit des intérêts privés. Vive la privatisation !

    (Mon humeur sur le sujet et d’autres : http://quaiducitoyen.eklablog.fr/humeurs-diverses-et-variees-de-novembre-2013-a103412679)

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    (Toll barrier in Hordain (south of Hordain),  Autoroute A2, © Raimond Spekking / CC BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)

    UN DÉBAT DE DROITE AFFIRMÉE

    Je n’ai pas épuisé le sujet et je pourrai encore disséquer le débat plus avant mais, il faut dire qu’au bout d’un moment, je fus lassé parce que cela devenait souvent ennuyeux et sans saveur peut-être du fait de la retenue de certains pour ne pas aller trop loin dans les divergences. Tactique pour rassembler au deuxième tour...sans doute. Ceux qui se présentent font partie de l’équipe de Sarkozy entre 2007 et 2012 mais en ordre dispersé voulu par les égos des uns et des autres et pour continuer de toute manière à reprendre le pouvoir ensemble. Les mêmes et on recommence.... C’est çà la « famille ».

    Ça fait des décennies que ça dure.


    Finalement, nombre de sujets essentiels n’ont pas été abordés : santé, école, justice sociale, justice fiscale, ...

    En tout cas, c’était clairement un débat entre candidats de droite.

    Je ne sais si je regarderai le suivant ayant eu mon soûl du néo libéralisme avec lequel ils comptent mettre au pas la France en utilisant donc de vieilles recettes connues et qui ne fonctionneront pas.

    Sauf peut-être pour Frédéric Poisson, ils sont tous à mettre dans le même sac libéralo sectaire, l’âge du candidat n’ayant rien à faire dans cette affaire n’en déplaise à Bruno Le Maire qui se présente comme « le renouveau de la droite » alors qu’il est tout aussi dépassé que les autres avec les recettes éculées qu’il propose comme ses concurrents. Ce n’est pas l’âge qui fait l’innovation pour avancer.

    Ils ont utilisées ces recettes durant les décennies où ils ont été au pouvoir avec les résultats que l’on connaît tant sur le plan de la gestion budgétaire du pays que des politiques à court terme menées sans vision d’avenir.

    Ils veulent tout simplement aller plus loin à la manière de Margaret Thatcher dont François Fillon est paraît-il fan et qui, au temps bien lointain où elle était au pouvoir en Grande-Bretagne comme premier ministre, avait appliqué les soi-disant solutions économiques semblables : réduction de l’impôt sur le revenu, réduction des dépenses publiques, hausse de la TVA sans oublier de combattre le pouvoir des syndicats pour « mater » les travailleurs en grève.

    Les vieilles recettes donc entendues hier lors du débat.

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    (Margaret Thatcher, Rob Bogaerts / Anefo - Nationaal Archief 19 september 1983, CC BY-SA 3.0)

    LES VIEILLES RECETTES DE MARGARET THATCHER

    La « dame de fer » comme on l’appelait commença à sévir, sur le Royaume Uni en 1979, avec ses solutions libérales et ce pendant près de 11 années. Je ne vais pas en faire l’inventaire en me permettant de résumer son action qui fut à la fois positive et négative selon les observateurs.

    Je me contenterai de quelques éléments de son bilan social qui m’importe le plus car après tout les gouvernants s’ils doivent faire tourner un pays doivent en premier chef le faire pour améliorer les conditions de vie de ses habitants et en diminuer les injustices sociales. Ce ne fut pas tout à fait le cas de la politique menée à ce sujet par Margaret Thatcher.  

    On peut noter :  

    - des privatisations qui ne bénéficient pas aux consommateurs, avec des prix plus bas ou une offre de produits et services de meilleure qualité mais à de nouveaux oligopoles (comme le résultat actuel de la privatisation des autoroutes en France)

    - la réduction du pouvoir très puissant des syndicats et détermination d’un règlement strict du droit de grève. (La loi El Khomri va dans ce sens et la droite veut faire encore pire)

    - la dégradation des infrastructures due à un manque de financement, une dégradation du secteur public. (Ce sera ainsi avec la suppression massive de postes de fonctionnaires)

    - une augmentation de la précarité salariale qui est toujours d’actualité au Royaume Uni (Et pourrait être d’actualité bientôt en France)

    - la baisse de qualité de l'éducation en raison du manque d'enseignants ou de classes surchargées ou d'une baisse du niveau général, avec creusement des inégalités entre établissements (monsieur Sarkozy avait commencé avec la suppression de 60 000 postes d’enseignants. Sans doute voudrait-il recommencer lui ou les autres)

    - le doublement du nombre des pauvres et l'accroissement des disparités sociales et régionales. « Le niveau de vie britannique a en moyenne augmenté, mais les inégalités de revenus se sont creusées : entre 1980 et 1990, la part des 10 % les plus pauvres de la population a un revenu moyen en baisse de 10 %, tandis que les moyennes des revenus de tous les autres déciles augmentent. »

    Huit ans après son arrivée au pouvoir, une personne sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté officiel (deux fois plus que lors de son arrivée au pouvoir).

    Les candidats de la primaire de droite n’ont simplement que quelques trente années de retard sur la dame de fer , c’est dire s’ils vont réussir avec leurs recettes éculées à permettre aux français de mieux vivre dans une France apaisée où règne plus de justice fiscale et sociale.

     

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    (composée à partir image de domdomegg — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

    POUR CONCLURE...

    Ces constats me poussent à dire pour finir que « OUI, C’EST BIEN UNE PRIMAIRE DE DROITE » et je ne m’en mêlerai pas en allant y voter.

    De Sarkozy à Juppé, en passant par Le Maire, Fillon et les autres c’est bonnet blanc et blanc bonnet et aucun ne me conviendrait même face à Marine Le Pen qu’on dit présente au deuxième tour face à la droite. « On » ce sont les médias, les instituts de sondage et des politiciens de droite, du centre et de la « gauche* »

    Je ne l’abaisserai pas à participer à choisir « le soi-disant moins pire » de droite comme si l’élection était faite comme les sondages et mes médias veulent le faire croire.

    « Doit-on alors encore se rendre aux urnes ? » est la question que l’on peut se poser.

    Je pense que oui. D’ici là il y a du chemin à parcourir.

    Il paraît qu’il y aura une primaire de « gauche*». Peut-être serons nous invités à aller voter pour éliminer l’un ou l’autre des candidats. Pour l’instant le panel n’est pas convaincants et ressemblent plus à une brochette d’individus qui n’ont pas su se rassembler dans un parti en pleine déliquescence dirigé par un secrétaire général acquis à l’hypothétique candidat Hollande qui, pour moi, s’il se présente disqualifie la primaire annoncée comme de "gauche*".

    Il reste la gauche, la vraie, celle de nombre d’électeurs déçus du Hollandisme et qui n’ont pas abdiqué leurs valeurs. Encore faut - il se rassembler. Cela semble difficile mais pas impossible. Le proche avenir le dira.

    C’est en tout cas pour cette gauche là que je voterai au premier tour de la présidentielle et pas celle issue du Hollandisme.

    Pour ne pas se retrouver au second tour avec l’extrême droite de Marine le Pen, il suffit de ne pas voter pour le Front National.

    J’y reviendrai.

     


    Gauche* : avec des guillemets car il s’agit de s’entendre sur ce que l’on appelle la gauche. Le parti socialiste n’est plus de gauche comme tous les membres actuels du gouvernement et nombre de députés de la majorité.

    Les mots et leurs valeurs sont affaiblis par le mauvais emploi qu’on leur fait.

    Quand François Hollande, Manuel Valls et les autres cités plus haut utilisent le terme de « gauche », ils le galvaudent du fait de leurs actes.

    Il en est de même de certains journalistes et médias quand ils utilisent maintenant le terme « extrême gauche » pour situer Jean-Luc Mélenchon et quand ils n’utilisent plus le terme « extrême droite » pour qualifier le Front National.

     

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