• 3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    Olympien est le terme caricatural avec lequel je pourrais qualifier le discours du Chef de l’État français, le 3 juillet 2017, devant le Congrès réuni à Versailles.


    Mais je n’irai pas jusqu’à cette caricature pour dire que les propos du Président de la République durant une heure et demi n’ont fait que confirmer une philosophie qu’il a abondamment exprimé par petit dose lors de sa campagne présidentielle.

    La seule différence est que l’on a pu avoir le paquet entier, bien emballé d’ailleurs, de sa vision de la France pour les cinq voire dix années qui viennent.

    3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    (auteur image4you, Domaine Public)

    QUELQUES POINTS QU’IL PARAIT INTELLIGENT DE TRAITER

    Quand on entend les propos sur un certain nombre de points on peut être d’accord  comme quand il affirme « Notre premier devoir est tout à la fois de retrouver le sens et la force d’un projet ambitieux de transformation de notre pays et de rester arrimés au réel. De ne rien céder au principe de plaisir, aux mots faciles, aux illusions pour regarder en face la réalité de notre pays sous toutes ses formes. »

    Ou bien même « Il ne peut y avoir de confiance si le monde politique continue d’apparaître comme le monde des petits arrangements, à mille lieues des préoccupations des Français. »

    Je peux être d’accord avec l’affirmation : « Je souhaite que ce renouvellement scelle le retour du débat que n’aveuglent pas les dogmes, du partage d’idées que ne dénature pas le caporalisme. C’est aussi pour cela que je crois à la vertu du pluralisme, au respect plein et entier des oppositions. Non parce qu’il s’agirait d’un usage. Mais parce que c’est la dignité du débat démocratique et votre ardente responsabilité. La représentativité reste toutefois un combat inachevé dans notre pays. »

    Ainsi sur le parlement quand il affirme : Je souhaite qu’au Parlement la majorité comme les oppositions puissent avoir encore davantage de moyens pour donner un contour et une exigence à la responsabilité politique de l’exécutif. », je peux trouver le propos intéressant.

    Mais il ne me semble pas pour l’instant au vu de ce à quoi j’ai assisté avec la mise en place de la nouvelle assemblée que les propos correspondent aux actes.

    3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    (Le serment du Jeu de paume est considéré comme le début de l’histoire parlementaire française, Jacques-Louis David —  Domaine public)

    De la même façon quant à l’indépendance de la justice il semble proposer un progrès : «  Je souhaite que nous accomplissions enfin cette séparation de l’exécutif et du judiciaire en renforçant le rôle du Conseil supérieur de la magistrature, et en limitant l’intervention de l’exécutif dans les nominations des magistrats du parquet. A tout le moins ce conseil devrait donner un avis conforme pour toutes les nominations de ces magistrats ».

    Mais la justice ce n'est pas que cela. La justice c'est aussi celle du quotidien pour les victimes. 

    Quand il dit : En matière économique, sociale, territoriale, culturelle, notre devoir est d’émanciper nos concitoyens. C’est-à-dire leur permettre de ne pas subir leur vie mais bien d’être en situation de la choisir. (...) Je crois à cet esprit des Lumières qui fait que notre objectif à la fin est bien l’autonomie de l’homme libre, conscient et critique. Trop de nos concitoyens se sentent encore prisonniers de leurs origines sociales, de leur condition, d’une trajectoire qu’ils subissent. », c’est une évidence mais encore faut-il voir de quelles manières concrètes cela peut se résoudre.

    Pour la défense des libertés je retiens : « D’un côté, je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne, parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte. ».... « La laïcité en est l’indispensable corollaire. » Soit...

    Il faudra donc y revenir car beaucoup de problèmes se posent y compris sur la notion même de laïcité pour certains politiciens et leurs pratiques.

    3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    (Bird's eye view of the Calais Jungle, malachybrowne , Flick.com, CC BY 2.0)

    Et enfin, je note une philosophie importante quant à la France, patrie des droits de l’Homme : « Nous ne pouvons pas, par exemple, continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection émanant d’hommes et de femmes menacés par la guerre, la persécution politique, religieuse, ethnique et sexuelle ».

    Pas sûr que ce que j’ai vu jusqu’à présent de l’action notamment du ministre de l’Intérieur vis à vis des migrants de Calais et Grande-Synthe me porte à croire à cette belle déclaration sauf à ce qu’effectivement le gouvernement se mobilise effectivement sur le sujet et écoutent les acteurs de terrain au lieu de les mépriser.

    Je ne cite donc que les passages du discours qui me semble correspondre aux points qu’il est nécessaire de traiter. J’en exclu pour l’instant ce qui a été dit sur l’Europe qui mérite un traitement particulier.

    Mais au delà de la philosophie, je peux aussi dire qu’entre les lignes ou dans les paragraphes qui complètent les idées intéressantes du discours, je perçois pour les solutions proposées pour atteindre les objectifs des flous importants ou des affirmations nombreuses qui me posent questions et sur lesquelles je reviendrai donc.

    Je le ferai d’une part en confrontant les idées avec les intentions et les actes déjà effectués et d‘autre part avec les solutions qui seront proposées par le Premier ministre dans son discours de politique générale, ce mardi à l’Assemblée nationale.

    3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    UN PRÉSIDENT UN PEU TROP DONNEUR DE LEÇONS

    Pour ce qui concerne le côté négatif de l’intervention, je crois que le plus apparent est quand même, une certaine forme de mépris de tout ce que les autres, les prédécesseurs qu’ils soient présidents, ministres ou parlementaires on fait depuis trente ans comme si l’on allait démarrer une nouvelle ère magnifique dont, lui, Emmanuel Macron, serait le grand créateur. Un peu d’humilité s’imposerait.

    J’ai eu l’occasion à de nombreuses reprises de critiquer l’action des politiques notamment depuis cinq ans dans les pages de ce blog. De là à dire qu’il n’y a rien eu de fait depuis 30 ans, je crois qu’il ne faut pas exagérer. On ne saurait se limiter à trente années mais bien au moins partir de 1958, date de la création de notre constitution pour analyser l’histoire et se rendre compte des avancées et des reculs dans tous les domaines. Cette connaissance est importante et on ne peut en quelques mots ne pas en tenir compte sans une vraie analyse pour dire en quelque sorte, "avec moi, une nouvelle ère commence".
    Quand par exemple, Emmanuel Macron parle de Laïcité et qu’il affirme après en avoir fait « l’indispensable corollaire » de la Liberté : « A ces principes et à ces ambitions, la République a su ne rien céder car ils sont la condition même de l’autonomie de nos concitoyens », c’est aussi faire table rase de tout ce qui a porté atteinte à cette laïcité depuis plus de trente ans et qui l’a affaibli dans les faits. Emmanuel Macron est-il prêt, après analyse, à faire le nécessaire pour corriger concrètement les dérives qui se sont installées ce qui est nécessaire pour avancer?

    (Ma série d’articles sur le sujet dans LES GRIGNOTAGES DE LA LOI DE 1905 ET LA LAÏCITÉ : http://quaiducitoyen.eklablog.fr/les-grignotages-de-la-loi-1905-et-la-laicite-1-6-a114757868 ou http://quaiducitoyen.eklablog.fr/grignotage-de-la-loi-1905-le-ps-trahit-l-ecole-publique-et-la-laicite-a115020720   entre autres)

    Il en est de même pour ce qui est de la représentativité de nos concitoyens à l’assemblée nationale. L’histoire montre que des tentatives ont été faites, certes peu nombreuses, pour essayer de ne pas tomber dans le désintérêt actuel des électeurs mais que bien vite les responsables politiques ont fait le nécessaire pour que cette représentativité soit détournée au profit de leurs ambitions partisanes et personnelles ?

    (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/raz-de-maree-a-l-assemblee-la-democratie-en-marche-arriere-3-sur-3-a130498810 )

    Les propositions qui sont ou seront faites sur ce sujet tant du point de vue du cumul des mandats que ce qui concerne « la dose «  de proportionnelle » à l’élection législative seront –elles à même de faire progresser la démocratie ? Je n’en suis pas convaincu du tout pour l'instant surtout après avoir assisté à la mise en place des responsabilités à l’assemblée nationale dont la composition ne me parait en rien représenter plus les français que dans les législatures précédentes. (http://quaiducitoyen.eklablog.fr/election-du-bureau-de-l-assemblee-nationale-une-belle-pagaille-a130623522 )

    J'y reviens.

    De la philosophie, il faudra passer aux actes...en restant philosophe.

     

    A suivre...

    3 JUILLET 2017 : EMMANUEL MACRON EN CONGRÈS

    (auteur Einfach-Eve, CC0 domaine public)

    « JUPITER EN MAJESTÉ À VERSAILLES4 JUILLET 2017 : EDOUARD PHILIPPE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE - 1 sur 4 »

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter